transducteurs

bien plus qu'une boîte


France

 

Appelez Green*K design qui pourra vous faire une présentation soit à Bouée soit dans ses bureaux nantais.

 

 

Que de belles évolutions depuis la toute première Boîte Concept en 2008.

 

Une gamme complète de jolis « meubles hifi connectés », dont certains incluent une platine vinyle. Connectée.

 

Un soin particulier donné à la qualité sonore, bien sûr, qui dépasse amplement et généreusement les dimensions des charges utilisées.

 

Des technologies propriétaires, des idées en pagaille et toujours un sens subtil de la déco et l'intégration.

 

Car, quel que soit le modèle "La Boite Concept", on admire une présentation élégante et variée sous forme de consoles, bouts de canapé, ou enceintes à poser sur une étagère, toutes propositions déclinables en finition variées…

 

Un beau cadeau à faire ou à se faire…


un symbole


 

Je me demande dans quelle mesure la gamme FP n’est pas la plus représentative de la démarche du fabricant hORNS.

 

Rendement élevé obtenu par un transducteur de basses fréquences léger mais de fort diamètre relayé par une chambre de compression 1 pouce chargée par un pavillon…

Dans les standards de finition particulièrement élevés de la marque !

Incluant les 20 finitions bois vernis mat, satiné ou brillant, et la façade en résine minérale dans n’importe quelle couleur RAL.

 

Personnellement, j’aime beaucoup ces formats « vintage » rappelant quelques gloires de la haute-fidélité d’antan. Et pas seulement d’antan : somme toute, quelques JBL « revival » ou Harbeth, des ATC, PMC, Graham et j’en oublie, continuent de proposer ce type de format d’enceintes qu’on n’osera qualifier de « bibliothèque » ; disons : compact.

Toutes ne partagent pas l’équilibre des dimensions de la ligne FP de hORNS ni l’esthétique globale. Ni la noblesse de présentation.

Ces formats imposent certes un pied, mais hORNS ayant le bon goût d’en proposer, adapté à chaque modèle, ce n’est pas un problème majeur.

 

Dès le premier modèle, FP10 MK 3, 365 x 560 x 305 mm (et 30 kg + 25 kg de pied !), c’est du bonheur émotionnel garanti !

 

On s’en doute, les vertus expressives de la gamme Aria sont intégralement transposées mais aussi sublimées !

Energie démoniaque d’un taureau de la ganadería Miura, exceptionnel pouvoir de résolution fine d’un Leica dans un délié plus flexible encore que la gymnastique rythmique d’une Danseuse au Ruban. Incluant la vélocité éblouissante du ruban.

On entre de plain-pied dans ce que seul ce type de conception (grand diamètre rapide et compression + pavillon) peut offrir mais en réfutant tous les aprioris (statistiquement vérifiables) d’agressivité, de tonique, de projection etc…

Au contraire, la scène est prodigieusement ample et respirante, en 3D véritable et qui permettra de suivre tous les mouvements du ruban (celui de la gymnaste que je viens d’évoquer).

Bien sûr à condition de ne pas se tromper d’éléments amonts puisque le revers de ce type de transducteurs est bien évidemment de débusquer les faiblesses de ce qui l’alimente.

Parallèlement et pour les mêmes raisons, avec un tel rendement et des haut-parleurs légers et rapides, on peut enfin envisager des amplificateurs de faible puissance, tels des mono-triode chers au cœur de quelques audiophiles cultivés ou mélomanes.

Et sans se ruiner. Côté enceintes, je veux dire, parce que côté ampli, vous pouvez envisager sans hésiter jusqu’à un Ongaku d’AudioNote Kondo !

3 Modèles dans la ligne FP :

- FP10 MK 3 embarquant un 25 cm ; 365 x 560 x 305 ; 30 kg ; rendement : 96 dB sous 8 ohms

- FP12 MK 2 embarquant un 31 cm ; 443 x 655 x 417, 35 kg ; rendement : 93 dB sous 8 ohms

- FP 15 MK 2 embarquant un 38 cm ; 520 x 710 x 380 ; 50 kg ; rendement : 96 dB sous 8 ohms

 

Les prix ? De 5 300 à 8 500 €, la paire (et même 12 000 € pour la version Béryllium de la FP15) ; quelle que soit la finition ; sans pieds (rajouter environ 800 €).

Je doute que, côté rapport expressivité pure/prix comme qualité/qualité, il y ait beaucoup d’équivalent.

En vérité, je suppose que non. Je crois savoir que non.

 

 


on dirait le sud


 

France

 

Présentée chez GREEN*K DESIGN

 

On pourrait finir par croire que nos choix portent obsessionnellement sur des marques françaises.

Pas du tout !

Mais quand une marque française présente des produits hors norme, pourquoi devrions-nous nous en priver ?

Depuis une bonne paire d’années (euh… plus de 15 ans), les deux compères de Montauban, Gilles Douziech et Eric Poix, concoctent des « enceintes » très particulières, autour d’une technologie rarement employée, en tout cas en large-bande, à savoir le transducteur isodynamique souvent appelé ruban. D’où les guillemets autour du mot « enceinte » et l’envie d’utiliser le terme générique que nous préférons : transducteurs.

A l’exception des paravents très… typés et pas franchement beaux (?) d’une célèbre marque américaine, nous ne connaissons guère d’entreprises qui se soient lancées dans ce type de transducteur pourtant bien tentant sur le papier.

Or, il suffit de goûter quelques notes de musique sur un modèle Diptyque pour se rendre compte que, maîtrisée et fabriquée au micron, la pratique rejoint la théorie.

Le premier modèle que Green*K design a choisi d’intégrer est le modèle intermédiaire, DP140, haute et large colonne par ailleurs très fine, d’une folle élégance grâce à ce mélange bois clair et métal noir, qui peut s’intégrer facilement dans des intérieurs très divers, d’autant que Diptyque propose de personnaliser la façade des enceintes via le document photographique de votre choix.

 

La DP140 est désormais accompagnée chez Green*K design du très élégant modèle DP107.

 

L’écoute ?

Une petite précaution s’impose : il faut quand même un bel ampli pour accompagner les hautes dames et pour deux raisons :

  • La qualité musicale, ça va de soi
  • Mais aussi les Diptyque (toutes) avouent une belle gourmandise énergétique qui ne conviendra pas aux paresseux ou aux amorphes.

Dès que les conditions requises sont, euh ?.. réunies ? eh bien on n’a que le meilleur des panneaux sans les défauts de la grande majorité des électrostatiques.

La scène musicale est large et profonde, soit, mais sait aussi être précise. Les chanteuses avec des grandes bouches et les pianos dont les touches font 1 m et encore : 1 m flou !.. Ce n’est pas le genre des Diptyque. Bon, faut quand même faire attention à la mise en oeuvre.

Tout en profitant du bonheur typique des « panneaux », à savoir éviter la sensation - fréquente avec des enceintes bass-reflex ou closes - d’un son qui sort d’une boîte, qui plus est accompagné de toniques de charges ; mais avant tout les Diptyque ont cette capacité des meilleurs panneaux à vous placer en immersion dans la musique, vous entourer, vous enrober, vous plonger dans un bain sonore chaud, une scène tridimensionnelle qui prend possession de votre espace pour l’agrandir et vous dorloter comme un grand cocon.

Les timbres sont correctement différenciés, montants si l’ampli n’est pas à la hauteur, d’une grande fraicheur prodiguée par l’air qui circule entre les musiciens ou les instruments. Le grave est parfois isolé si on ne prend garde à un placement précis (mais pas handicapant) des panneaux dans la pièce (moins sensible sur la 107).  Quand l’intégration est réussie, il fait preuve d’une belle ampleur dynamique, sans être un puncheur toutefois.

Admirable résolution, dynamiquement plutôt homogène (cf la réserve ci-dessus), cette sensation de transparence débarrassée de tout son de boîte étant quand même le point fort de ce style de produit, les DP réussissent en outre à reproduire une densité cohérente des évènements musicaux, une charpente qui ne se confond pas avec la lourdeur ou l’épaisseur de nombreux panneaux de toute technologie. Je crois que c’est ce qui nous a séduits, Magic Philippe K et moi.

La facilité à suivre et nuancer les modulations complexes et croisées dépendra évidemment de l’ampli (et la source) mais les DP prouvent qu’elles peuvent aller loin dans ce domaine, du côté des meilleures « enceintes » même si rapidité et expressivité restent en dessous de nos jalons, Mulidine, Atlantis Lab ou Living Voice.

Une approche très séduisante de la plausibilité musicale, de beaux objets, une proposition qui évite les écueils morbides de la hifi au profit d’une vocation à propager le rapport filial à la musique pour un prix plus que contenu. Que demander de plus ?

 



le pas de côté


Dans le cadre du développement en cours d’un mégaprojet sur plusieurs années, ppfff a profité des études pour créer une nouvelle version de AVA, AVA II donc, qui vient se placer en parallèle de la I, ne la remplace pas, mais, alors qu’elle n’utilise pas d’électro-aimant, va plus loin dans la transparence, la définition et la sensibilité, au prix, peut-être d’un peu moins de « confort ».

 

Totalement anti-spectaculaire ou racoleuse, AVA II est à la fois somptueuse, d'une sensibilité à fleur de peau et d'une densité permanentes, ce qui signifie qu’elle préserve l’évidence organique sur les notes les plus faibles, mais est capable de pousser les murs quand il le faut.

 

Modulation à tous les étages, des decrescendo jamais entendus, une véritable expérience troublante de vivre cette atténuation progressive des incursions dynamiques, une capacité à structurer la mise en scène architecturée par les musiciens (quand c’est le cas évidemment).

Ainsi, la théâtralité inouïe du génial « Anarchytektur »  d'Einstürzende Neubauten (16/44) où soudain la puissance tellurique explose mais tout en maintien, donnant presque l'impression d'une moindre dynamique que d'habitude (même si nous n'avons pas éprouvé le besoin de comparer) tant c'est contrôlé, accompagne des effets de scène millimétrés, une prise de possession de l’espace multidimensionnel transformant l’œuvre en une scénographie palpable visible car c’est à ça que nous invite l’ensemble qui nous transporte : on est au spectacle, on voit cette chorégraphe jouée dans un théâtre pourtant synthétique, le show est total par son intensité physique, sa folie perturbante soulignant l’expressionisme parfois glaçant et toujours envoûtant d’Einstürzende Neubauten.

 

Les jeux de boisé d'un naturel suprême sur le Quatuor n°8 opus 110 de Shosta par Borodine (1960) en HR ne forment plus un disque d’accrétion mais une matière noble qui soutient les modulations curvilignes des cordes où le grain des archets fleure bon la colophane, totalement débarrassé de l'acidité habituelle révélant une hyper expressivité dans le haut du spectre, une douceur fruitée, des vibratos sensibles délimitant l'espace de chacun, des nuances sur les vagues entremêlées mais ici si parfaitement délimitées dans la vérité de timbre et de matière de chaque instrument.

 

Il faut redire que la façon de l’ensemble (Lumin U1 + Majestuoso II + Kondo Ouverture II + ppfff AVA II) de délinéer les espaces sonores sur ce quatuor de Shosta, ou sur les harmoniques sublimes et la vocalité frémissante de Janine Jansen jouant Debussy où Yves (les habitués comprendront) pensait écouter un fichier HR (pas du tout) ne connaît aucun équivalent, sauf à la rigueur en vinyle.

 

Même sensation des matières créant leur propre structuration spatiale dans l'orchestre de Mason Bates (HR) où, évitant la plus extrême confusion, la lisibilité impose une vérité de chaque instant plus structurée qu'au concert.


Inflexions prodigieuses dans l'extrême grave sur « Why » de Dani Siciliano (16/44) où j'ai vu mes collaborateurs bondir sur des notes d'infra grave jamais entendues et là poussées avec force. Sur le même titre, le piano devient un vrai piano, prenant place très en devant des enceintes, alors que les voix sont plusieurs mètres derrière, les « re-re voicodés » parfaitement étagés et quasiment exempts des distorsions qu'on a l'habitude d'entendre, en dépit d'une hygrométrie à 25%, un record bas au magasin qui durcit la restitution.

Là encore, la réalité de la scénographie composée avec maestria par l’ingénieur du son prend tout son sens…

Mêmes constats sur « keep me in your shake » extrait d’Adrian Thaws (HR), où nous sommes surpris d’entendre au bout de quelques mesures une voix parlant distinctement et jusqu’alors entremêlée au débit si particulier de Tricky qui s’enrichit d’une densité nouvelle, d’un sens de l’articulation au service du mot, un phrasé véritable et unique. Le génie du son du Kid est ici parfaitement inscrit, comme le dit un auditeur indépendant venu nous rendre visite, dans une quatrième dimension, au-delà de la prise de possession de l’espace et du temps où les gémissements entre sensuels et douloureux de Nneka placée nettement en arrière et comme en surplomb du Kid, prennent un sens profond dans les courbes narratives de l’opus. Mais la plus grande surprise vient précisément des battements dans l’extrême grave déphasé (Shake) qui dans le meilleur des cas passent de droite à gauche en semblant creuser le sol et avec le Majestuoso II partent loin derrière la ligne de front principal pour revenir à gauche avec une totale séparation des lignes harmoniques des battements et de l’effet d’infra abdominal qui suivent un chemin différent pour se rejoindre au final. Stupéfiant. Là encore, grâce aux AVA II, bien sûr, l’effet ne s’entend pas partout.

C’est d’autant plus intéressant que le Majestuoso II ne sublime rien ; à preuve « Strange Fruit » extrait de New Moon Daughter (HR) de la grande Cassandra Wilson où précisément un mixage très audiophile (au sens où tous les effets sont appuyés et donnent une sorte de gros son en apparence très buriné et précis) révèle des placements dispersés au bonheur dans l’espace qui n’en constituent jamais un ni plausible, ni réinventé, mais simplement grotesque, une trompette qui fait des allers-retours d’avant en arrière dans un tuyau évasé, une guitare de dimension surnaturelle et une voix placée à peu près n’importe comment, surlignée à l’excès par une présence surchargeant une interprétation déjà pas très sobre au moins compensée par une richesse de timbre, une profondeur vocale qui pardonne beaucoup à un surjeu façon Sarah Bernhardt d’autant plus regrettable que Cassandra Wilson est indubitablement une immense artiste.

 

Et dans le même exercice, le « tango till they’re score » de Madeleine Peyroux (HR) révèle au contraire une complicité pleine d’humour entre les musiciens, tous à leur place, sans emphase en dépit d’une mise en onde légèrement outrée, le DG68 Accuphase enrichit copieusement le timbre de Madeleine, sépare nettement la chanteuse de « l’environnement de la contrebasse » mettant en valeurs des nuances de chants, des sourires dans la voix, des clins d’œil, une distance lyrique évitant de se prendre au sérieux, c’est absolument jubilatoire !

On continue ?

Allez :

Le piano de Dariil Trifonov dans les études transcendantes de Liszt (HR) acquiert une dimension physique donnant un poids et un aplomb plausible à l’instrument qui prend place dans la pièce sous le déferlement rythmique des phalanges d’acier du jeune prodige et révèle qu’avoir la tête dans un piano n’est pas promesse que de beauté, lorsque les entrailles s’entendent comme c’est le cas ici. Mais quel beau disque, indispensable !

 

Le 5ème mouvement du concerto pour violon de Ligeti sous les doigts agiles et espiègles de Patricia Kopatchinskaja et la direction de Peter Eötvös prend un sens différent et en devient facile, tout en nous contraignant à une concentration de chaque seconde tant les idées se bousculent, les élans foutraques, les fougues inspirées, l’ironie jubilatoire, le tout dans un festival de couleurs, le violon de la demoiselle si à son aise dans l’exercice alambiqué, ardu, est concrètement implanté dans la pièce, tout comme les éclats de gemme d’un orchestre au moins aussi inspiré par son chef qui, lancés dans un dialogue anti-neurasthénique, diffusent un bonheur tout à tour frémissant, puissant, errant, amusant, perturbant, enthousiasmant, décryptant avec une facilité déconcertante cette apparente farce grimaçante ou maligne.

 

Le Chant de la Terre, version Ludwig / Klemperer, « der Abschied » est si bouleversant, placé par un DG68 Accuphase (et le système complet intégrant l’Overture II) dans Kingsway Hall, un saut dans le temps presque dérangeant nous invitant à suivre les mouvements de Christa Ludwig dialoguant avec les musiciens très exposés par le choix de direction d’Otto Klemperer où soudain apparaît qu’ils ne sont pas infaillibles, même dans le prestigieux Philharmonia, des petits instants d’hésitation, des notes un peu écourtées ou tremblées donnent une humanité plus vive encore à ce bouleversant moment de musique, on regarde les musiciens disséminés en profondeur dans la grande salle chacun dans son espace, répondant à la plainte frémissante de Madame Ludwig, car Klemperer n’a pas voulu un écrin tel Bruno Walter pour l’immense Kathleen Ferrier, mais un échange où chacun prend la parole, participe, enrichit le texte.

 

Anne-Sofie von Otter chantant « Pierre » accompagnée par Brad Meldhau (streaming HR depuis Qobuz) suggère un instant d’intimité si soutenu que la rue bruyante qui jouxte le magasin semble s’imposer le silence, car la densité des silences habités sculpte jusqu'à l'espace extérieur. Le DG68 retire toute préciosité à l’exercice de la noble Anne-Sofie, met en exergue sa minutie délicate, le respect du texte, le chant irréprochable et débarrassé de tout accent, encore un moment d’exception. Et bien sûr, le devoir de se lever pour un baisemain lorsque la dernière note s’éteint lentement, remercier Madame Von Otter pour sa trop brève visite.

 

Le mystérieux « Transit » de David Sylvian (16/44) voit la dimension ténébreuse accrue encore par la très grande définition du Majestuoso II, le clair / obscur révèle une trame plus fine, un grain plus délicat et une gamme de gris plus veloutée, un verdict impressionnant.

 

Et enfin, à la demande d’Yves, nous allons aussi écouter Bridge n°1 de Marc Ducret et ses complices où les astuces, complexités, croisements rythmiques ou harmoniques, les échos de chaque musicien dans les angles détors de l’autre, renforcent la sensation d’une complicité faite de sourires mais aussi de niches et clins d’œil, d’idées très écrites et de petites fantaisies créatives dans les espaces de liberté qu’on découvre soudain plus nombreux.

 

Je pourrais continuer longtemps comme ça car chaque disque révèle des pépites créatives, des trésors enfouis parfois, sans jamais transformer à la mode « hifi » l’ombre en lumière, mais faisant apparaître un délicat modelé dans les parties sombres, des jeux glissants de lumière dans les éclats solaires, des liens coloristes dans une palette infinie et infiniment changeante, mettant en évidence des inepties parfois aussi, aberrations de prise de son ou mixage ou masterisation ou pire encore, révélant qu’un artiste bien aimé est en fait assez pâlot, mais tant pis, tant que le lien est artistique, telles précisions musicales sont les bienvenues !


décryptons !


Décidément, Davis n’arrête pas !

 

Une gamme qui, fidèle à la tradition du fabricant troyen, porte un nom de peintre : Krypton.

Si, c’est un peintre ! Mais il n’est pas d’ici.

C’est un extra-terrestre. Comme la Krypton 6, première née de la gamme !

 

Elle reprend partiellement la ligne Courbet (un peintre de notre planète celui-là), à savoir une colonne inclinée.

 

En tarif, elle ne se situe pas loin de la Balthus 70. (1 500 € la paire contre 1 250 €)

Alors que, musicalement, elle cible plus la délicatesse de la gamme Courbet ; la 4 surtout.

Si elle est moins immédiatement engagée que la Balthus, elle est aussi plus souple, plus nuancée en modulations comme en timbres. La scène sonore est étonnamment large et semble largement sortir du cadre des enceintes ; large, profonde, et surtout particulièrement respirante. Un régal sur la Symphonie n°2 de Prokofiev par Jurowsky. Où en outre elle dégage une énergie qui outrepasse ses dimensions. Mais pas que...

 

La Krypton 6 choisit délibérément une forme de douceur, sans sombrer dans la facilité de la paresse ou du manque de résolution. Elle procure un plaisir immersif sur tout type de musique, pour de longues heures de partage sans lassitude ou fatigue.

Pour autant, elle ne craint pas qu'on la bouscule, qu'on force un peu sa nature et sait se montrer bouillante sur du rock puissant façon Living Colour !

 

A ce prix et dans ces dimensions, c’est un petit miracle.


figuratif


Thomas de Davis - qui est un malin - nous avait aussi préparé lors de la première rencontre les Balthus 70, haute colonne dans une catégorie de prix bienvenue (1250 €).

Honnêtement, c’est un moyen d'accéder à une forme d'excellence expressive sans se ruiner. Ajoutez le jouissif Tsakiridis Hermes et hop, vous êtes embarqués pour quelques année de vie musicale.

La Balthus va vraiment dans le sens de ce que nous aimons, à savoir des enceintes qui expriment un véritable amour des musiciens, un sentiment de liberté communicatif, sans le moindre esprit racoleur, sans austérité non plus évidemment :  vives, aérées, dotées d’une éloquente pertinence, on en a pour bien plus que son argent sur de nombreux critères.

Pas de zone critique, d’excès où que ce soit, la résolution est harmonieuse, fine à défaut de toujours subtile (mais bon, eh, oh, 1 300 euros !!!!), les timbres cohérents, distincts, dans une totale assiduité tonale et rythmique.

Esthétiquement, on ne va pas se pâmer, mais au moins l’ensemble est sobre, chantant, animé, du vrai bonheur musical assuré !

 

Formidable.

 

Le reste de la famille est à l’avenant et dépendra beaucoup de l’environnement : une Balthus 90 dans une trop petite pièce ou mal contrôlée par le reste des éléments pourra vite devenir un peu épaisse dans le bas. Mais sinon, les vertus sont les mêmes.


mulidine





Pas tenté par la lumière des projecteurs, Marcel Rochet a toujours été patient et obstiné (têtu ?) dans sa quête de la reproduction musicale. Jamais l'envie de voir sa société passer à la vitesse supérieure ne l'a tenté : trop de risques de voir s'échapper l'âme de ses chers transducteurs…

Son digne successeur, Marc Fontaine, est du même bois : celui dont on fait les meilleurs instruments. La gloire importe peu, la qualité de l'ouvrage seule compte.

Je n’hésite pas à affirmer qu’il est à la fois plus exigeant et plus rigoureux que son mentor.

Alors oui, quand on sort une nouvelle enceinte tous les trois ans, on n'est pas trop présent dans la presse, on n'a pas forcément les moyens ni l'envie de placardage publicitaire.


Je me souviens avec amusement du client d’un confrère qui me racontait la richesse évidente d’une marque canadienne célèbre puisqu’elle avait invité ses meilleurs revendeurs pour un voyage d’une semaine au Canada, grands hôtels, chasse photographique à la baleine, le grand jeu. Je lui ai répondu que mon cher fournisseur m’offrait généreusement un bon steak mais au moins je savais où passait l’argent : dans la réalisation des enceintes pas dans la promo façon labos pharmaceutiques…
Ah certes, les Mulidine ne font pas de cadeaux aux électroniques et ne méritent que le meilleur…

Pas gourmandes, elles s’accommodent très bien d’un (excellent) classe A, voire d’un ampli à tubes dont elles respecteront idéalement l’expressivité. Ou plus précisément celle des musiciens si l’ampli la transmet.

Car le terrain de jeu des Mulidine c’est incontestablement l’éloquence musicale, rythme, timbres, nuances, vibrations sensibles, panache et virtuosité, intériorité et concentration, extraversion ou expressionnisme…

Essayez donc de suggérer à un propriétaire de Mulidine de changer d'enceintes !

Mulidine fabrique des outils pour mélomanes.
Je sais, la formule est galvaudée ; elle a néanmoins parfois ( très très rarement ! ) du sens.

Les enceintes Mulidine sont enthousiastes, chantantes, délivrant une gamme d'intonations déconcertante de richesse.

Inconditionnels du baroque ?
Les Mulidine sont faites pour vous, leur rapidité, leur finesse, leur précision vous combleront de bonheur à l'écoute de vos révérés instruments anciens.

Amoureux du classique ou du romantique ?
La table d'harmonie d'un piano sous les doigts de Zimmerman, le violon de Milstein, ou les déferlements océaniens du Wiener Philharmoniker réjouiront vos sens : les Mulidine sont faites pour vous !

Accro au rock ou à l'indus ? Vous serez surpris de l'énergie développée par ces enceintes somme toute compactes, à condition que le travail de production soit judicieusement dosé et les divers limiteurs, compresseurs, noise-gate ou autres perturbateurs de la production artificielle soient administrés avec goût ! Eh oui, les Mulidine sont faites pour vous !


Dès les débuts de staCCato, les Mulidine étaient présentes comme une évidence après des années d’écoutes diverses.

Depuis, de nombreuses concurrentes sont passées entre nos oreilles, souvent grotesques, parfois séduisantes, même quelques fois alléchantes comme peuvent l’être certaines beautés exotiques sur papier, mais aucune n’a su réunir aussi évidemment les qualités de compacité et de sensibilité artistique sans esbroufe d’une Mulidine.

Aussi, malgré nous, elles sont restées un peu seules dans nos audis dans cette gamme de volumes et de prix…

 

Ah, et puis nous avons aussi en présentation une version un peu spéciale des Cadence, des Cadence + en quelque sorte.

Rendez-vous à la page qui leur est consacrée...



décidément...


Allemagne

Présentée par Green*K Design (06 63 02 72 72)

 


Décidément, vous n’êtes pas au bout de vos surprises.

 

Ça fait très longtemps que j’observe Avantgarde, depuis l’époque de la distribution par Audionote France (ou plutôt Triode & Cie), c’est dire.

Une chance que j’aie d’abord approché cette marque par le biais de Philippe Heitz, certes il y a longtemps, certes sur des versions anciennes portées par des électroniques onctueuses, expérience m’amenant à garder un œil bienveillant sur les concepts sculpturaux d’Avantgarde. Car Avantgarde a beaucoup souffert de salons ou démonstrations qui restaient à la lisière (ou très en dessous) des possibilités des produits de la marque pour souvent n’en montrer que le panache démonstratif digne au mieux de la sono de luxe.

Toutefois la curiosité restait cantonnée à une attention lointaine car pour rentrer un modèle Trio avec Basshorn, faut quand même un peu de place.

Pardon ? … Et pas mal d’argent ?

Oui, soit… Tout de suite les sujets qui fâchent…

Ce qui est bien dommage pour au moins une raison : ça a de l’allure.

Dans la foultitude d’objets disgracieux de la prétentieuse hifi haut-de-gamme qui oppose des copies de copies d’enceintes bass-reflex alambiquées sorties du même moule à des formes lourdingues voulues novatrices, rares sont les exceptions qui se distinguent un minimum par une présentation originale, affirmée et… réussie.

Et plus rares encore ceux qui soient à la fois présentables, inscrits dans le temps et ?... Et écoutables !

Bravo.

Dans la shortlist : Avantgarde Acoustic évidemment.

 

De l’allure et des vertus expressionnistes réunies dans une gamme de sculptures surprenantes, un peu encombrantes donc.

 

Puis, il y a quelques années, Avantgarde sort un objet vraiment racé, sobre, qui, dans sa version blanche, évoque un monolithe minéral : le modèle Zéro One.

Beau, inédit et logeable. Qui malencontreusement (de mon point de vue de marchand) est aussi un concept d’enceintes actives communiquant entre elles par un système propriétaire, qu’il suffit de connecter une source. Novateur, certes, mais destiné à une clientèle ciblée qui cherche à ramener la reproduction sonore au strict essentiel en privilégiant le design de l’objet plutôt que l’évolutivité.

Dommage me dis-je alors, parce que ça aurait vraiment pu me plaire.

 

Mais : le nouveau distributeur de la marque m’apprend au début de l’année 2017 que le modèle Zéro One est désormais décliné en Zero Teil Aktiv, qui, comme son nom l’indique, n’est que partiellement amplifié, la partie grave évidemment, laissant libre cours à des combinaisons de tout genre pour le reste !

Génial, non ?

J’en parle à mon ami Philippe (Green*K Design) précisément en quête de produits lui permettant de se démarquer un peu de mes propositions magasin et collant idéalement à sa volonté d’objets au design attesté et même, osons-le, beaux !

- " Et la musique ? " me demande-t-il, pas forcément rassuré par ce qu’il a écouté naguère sur les salons.


 - " Dans la mesure où on peut peaufiner l’association et où on aime bien le côté athlétique et florissant des Avantgarde, franchement face à la banalité des propositions HdG qui nous agacent, ça me convient parfaitement ", réponds-je ; " à nous d’en tirer le maximum, et puis ça va quand même dans le sens de la reproduction engagée et probante que nous défendons avant tout, n’est-ce pas ? " 

Hum... Est-ce que je parle aussi pompeusement ? Euh, pas impossible...

 

C’est décidé : on prend.

Enfin lui.

Parce que c’est plutôt chez Green*k Design qu’il faudra aller les écouter.


Bon, si ça pose un problème, on pourra aussi l’envisager chez staCCato centre-ville. Sur rendez-vous de toute façon.

D’ailleurs je les ai eues en premier pour apprendre à les connaître et déterminer les combinaisons possibles.

 

Philippe (Green*K Design) n’a pas le temps, il a un métier lui, il passe, fait : « mouais... ». Ou « bof... ». Ou « non !». Ou « ah oui, là d‘accord ! »

 

Parce qu’il faut quand même les maitriser, les bougresses. Oh, sans forcément s'infliger le prix d’un voilier de luxe. Ou d’un câble haut-de-gamme. Un rapide test avec le réjouissant tout-en-un Frankie D procure des satisfactions de premier ordre avec le monolithe.

Mais quand même.

 

Tout d’abord, ne rêvez pas : le rendement élevé et le grave amplifié ne suffisent pas pour envisager n’importe quel 300B de 8 W, sauf peut-être en essayant de brancher l’ampli de grave en XLR et encore. Rien d’impossible, mais à condition d’avoir un 300 B très énergique dans le bas, pas le cas plus fréquent.

Car même si le grave est autonome, la personnalité dans ce registre de l’ampli en amont en change clairement la fermeté et la tenue, l’intégration au reste du spectre dévolu, rappelons-le, à des pavillons dont le rendement est annoncé à plus de 100 dB.

Et évidemment la bonne rapidité sur les transitoires, ou plus précisément sur les attaques, ne pardonne rien aux amplis un peu lents, soit la grande majorité, ni aux trop simplificateurs, l’autre grande majorité. (? Oui, c'est possible)

 

Une combinaison gagnante ? Dac/Lecteur réseau Grandinote Volta (quel engin !!!!) + Accuphase E650.

L’E650 procure une poussée endiablée parfaitement appropriée à l’hyperréactivité de l’Avantgarde Zéro mais lui confère aussi un sens des nuances indispensables et la densité physique pour poser un piano dans la salle d’écoute. Mais j’aurais pu citer le Grandinote Shinai.

Une combinaison gagnante moins coûteuse mais ébouriffante de musique et de tenue ? Le tout en un Serblin & Son Frankie D1000 « + » (3500 € ! une merveille).

L'écoute ci-dessous :


l'étoile du nord


Angleterre

Dans la jungle ténébreuse des non-valeurs qui peuplent la planète hifi, de temps en temps on fait de franches bonnes découvertes…

En était-ce vraiment une ?

Pas sûr.

J’avais gardé un bon souvenir de l’écoute rapide d’un (?) modèle Living Voice il y a déjà une bonne poignée d’années ; de siècles ? ; mais en l’absence de distribution, j’avais un peu oublié la rencontre.

Jusqu’au jour où un homme très courtois pousse la porte du magasin, se présente et explique qu’il représente quelques marques, parmi lesquelles…

 

… Living Voice.

 

Ben oui, hein, sinon l’anecdote n’aurait aucun sens.

Il hésite un peu, ne sait pas encore ce qu’il va faire, oui il adore, oui Living Voice est de ces marques derrière lesquelles il y a un type bourré de talent, mais… les marges sont faibles, je vous préviens…

Oui, bon, en ce qui nous concerne, ce n’est pas nouveau. Alors une de plus une de moins…
J’insiste pour faire un test et nous recevons en prêt quelques semaines plus tard une paire de Living Voice Auditorium Avatar IBX-R2

Si ce n’est pas une référence, ça !

 

Et l’aventure commença.

Depuis la gamme a évolué, diverses générations soit, toujours autour de la même philosophie.


En gros comment ça marche chez Living Voice ?

Une base d’ébénisterie commune (très sobre, élégamment proportionnée, finitions diverses, très logeable (103 x 21,5 x 27), les dames nous remercieront !), qui commence avec le modèle R25A, ouvre ensuite sur une succession d’évolutions entre deux séries parallèles (Avatar R4 (4ème génération), IBX (filtre dans l’enceinte) ou OBX  (filtre extérieur)) par changements de haut-parleurs et/ou de composants de filtrage faisant passer les gradations de 6700 € la paire à un peu plus de 20 000 €. Ainsi l’IBX R-4 coûte environ 9500 € la paire selon les finitions. Notons que les modèles ne sont pas Up-gradable.

Autrement dit une philosophie qui nous plaît, celle d’une conception saine autour d’un thème unique de plus en plus affiné.


 Car le rendez-vous musical espéré a bien eu lieu : nous avons été conquis !

Au point de revenir les dimanche et lundi pour peaufiner la relation, travailler les combinaisons, détecter les failles… Mais surtout écouter des disques de bout en bout !
C’est rare qu’un produit nouveau donne envie de revenir bosser le dimanche, croyez-moi ! Rare qu’un appareil nous inspire à ce point.

La suite plus bas :


on commence par 5 ?


France

 

Le petit Poucet

 

C’est un peu exaspérant à la longue que le salut vienne de marques qui peinent à se faire une réputation.

 

Davis est de celles-là.

 

On a beau faire passer obstinément des castings soigneux à ces marque anglaises ou danoises emblématiques qui marquent les esprits par leur torse plus chargé de médailles qu’une ruine militaire soviétique, rien à faire, musicalement ça va de ennuyeux à… amusant ? Pour ne pas dire infect. En termes d’expression, je veux dire. Pas de beauté sonore ou de raffinement ou de délicatesse, ça, on le trouve de temps en temps.

Mais la musique demande bien plus que ça.

Or, à la longue, MulidineLiving Voiceppfff ont mué de muses en imago.

On continue d’espérer. D’y croire. Renouveler l’expérience PMC par exemple.

Lorsqu’un attaché commercial de Davis propose de nous présenter des nouveaux modèles, on accepte sans trop y croire, du bout des lèvres : on ne va pas devenir ostracistes, ce serait un comble. C’est français et plombé par une côte moyenne, soit, mais quand même !

Pourquoi Davis ne parvient pas à bâtir une notoriété dans le haut-de-gamme ? C’est curieux parce que, çà et là, on en a entendues, on en a même eues au magasin, sans jamais trouver le résultat mauvais et même au contraire toujours intéressant, éventuellement pas totalement ou idéalement abouti, mais au moins dans la bonne direction : celle d’une vitalité musicale trop rare dans la morne steppe du prestige.

Pourquoi alors ? L’inconstance des lignes et performances d’un modèle à l’autre ? Des choix esthétiques souvent discutables ? C’est français ? Ça s’appelle Davis ? M. Visan n’était pas parvenu à rentrer dans le cercle étroit de l’aristocratie française ? Des dérives de stratégies commerciales ?

 

Il se trouve que le modèle qu’est venu nous présenter le sympathique Thomas a vraiment de l’allure (on a vérifié avant) et rentre dans une gamme de prix (+/-3000€) où je suis en recherche depuis des années.

Il s’agit de la Courbet 5.

Sa ligne fine, disponible en noir ou blanc satiné, au profil légèrement incliné façon PMC Twenty, posée sur un socle en bois épais et large mais pour une fois justifié est vraiment réussie sans ostentation.

Bravo.

 

L’écoute ? On ne peut que s’en réjouir après un petit temps d’adaptation, cache en place ou pas, un petit travail sur la disposition et surtout pointes indispensables alors que Thomas ne les a pas vissées immédiatement.

Je vis avec ces objets depuis quelques mois et ne m’en lasse pas : faciles à vivre, enjouées, elles soulignent les timbres par une légèreté de traits éveillés, les errances rythmiques de tout type de musicien sont illico perceptibles grâce à une belle rapidité des attaques et un prolongement des enveloppes de notes pas si fréquent.

L’homogénéité tonale dynamique est constante, la plage d’utilisation étendue bénéficiant d’un grave tendu, piqué, réactif, jamais épais ou lourd, optimisant la perception du swing mais aussi des couleurs. Un registre d’autant plus réussi que l’enceinte est quand même de petit volume.

De fait, la résolution fine et précise procure précision et transparence, entrainant surement aux oreilles déformées de certains la sensation d’un léger déficit de densité organique (quand le grave est rapide on entend souvent ce commentaire, pas aidé, c’est vrai, par ma pièce qui manque de corps).

La scène respire, faisant disparaître l’enceinte en gommant toute tonique de charge ou de caisse (pourtant chez Davis on a quelques souvenirs contraires) et la sensation de profondeurs étagées est confortable et très stable ; pas mal pour une 3 voies encore humble.

Pas tordue ou compliquée, la Courbet 5 permet de faire joujou avec de petits amplis joyeux ou subtils sans se ruiner ; mais en s’amusant à les accompagner par du plus lourd (Accuphase E380, décidément une valeur très très sûre) on sent qu’elles ne rechignent pas à s’ouvrir, offrir le meilleur sans se laisser déborder.

 

Evidemment comme pour Atoll, il va falloir passer du temps à tordre le coup aux aprioris, mais on ne va quand même pas rentrer des daubes sous prétextes qu’elles sont respectées.

A propos d’Atoll : une évidente composition pour ces Courbet 5 s’accompagnera évidemment du fantastique (il n’y a pas d’autres mots) IN300, dont le succès croissant rassure ceux qui comme moi se demandent si la qualité peut parfois primer sur l’image de marque. Qui soit dit en passant évolue très favorablement depuis quelques temps.

 

Souhaitons le même bonheur aux Courbet 5.

 

La suite ci-dessous :


ppfff Adelaïda


France, fabriqué en France

Drôle ou exaspérant, je ne saurais qualifier le constat que la vie nous assène parfois, quand par exemple, alors qu’on se complaît à l’idée d’avoir conquis des réponses rassurantes, stables, à une question donnée, on se prend en pleine figure quelques temps plus tard qu’on avait tort.

Quelle vérité est définitive ? - me direz-vous… A l’exception peut-être des « vérités sanctionnées » définies par Bachelard ? Soit, admettons. Ou du dogmatisme ? Définitivement nul et inacceptable.

L’évolution donc ? Les vérités mouvantes ou en progression ?

Oui sans doute.

Drôle ou exaspérant ? ppfff…. C’est drôle ou exaspérant, ça ? Et citer Bachelard alors qu’on n’a pas lu Bachelard depuis… hum… ? ppfff

Le constat vaut bien sûr pour des sujets fondamentaux voire métaphysiques, existentiels, transcendants, mais aussi pour de plus triviaux, des choses du quotidien qui nous rassurent, nous confortent dans des étapes de vie.

Moi par exemple j’avais trouvé, dans ma quête un peu maladive (euphémisme pour « franchement monomaniaque ») de sensations ou agitations musicales, une forme de sérénité avec ADA et AVA de ppfff.

Sérénité. Le mot vous fait sourire me connaissant ? Mmmhhh. Pas faux…

Sachant, pour avoir écouté quelques perles de la reproduction musicale, tels les monstres CessaroAvaton de Tune Audio (en dépit de détails perfectibles) ou encore Vox Olympia de Living Voice, que surpasser mes piouf était possible soit, mais de quoi parlait-on alors ? D’objets dont l’acquisition aligne 5 zéros derrière l’unité, et pour la plupart envahissant quelques mètres-cube d’espace. Or, notre magasin est tout petit. Mon seul problème.

Dans les modèles plus raisonnables, les productions de SoundKaos par exemple nous ont enchantés, c’est vrai. L’intention est la bonne et les objets ont de l’allure. De là à remettre en question ADA, sa narration engagée et sans faille des intentions des musiciens, ou AVA qui, dans un encombrement très logeable et pour un prix encore abordable (euh, j’en vois qui s’étouffent…), réussit la quadrature du cercle : vivifier l’inspiration sensible que l’on réclame à cor et à cri (ça s’écrit comme ça ?) tout en sachant flatter la petite fibre d’audiophile en nous par une capacité au grand spectacle qui, dépourvue de toute finesse, est souvent la seule vertu des ventrus systèmes de la hifi haut de gamme. Je sais, ce n’est pas la première fois que je ronchonne.

Adelaïda, entrée de gamme de « Parangon », ligne luxe de ppfff, est sur le papier une évolution de ADA.

Elle reprend donc les principes de charge et la même base de haut-parleurs que ADA. Même base, mais à l'arrivée cahier des charges différent dois-je préciser cependant.

Ainsi pensions-nous flegmatiquement (pourquoi faire simple ?) pouvoir supposer les progrès de précision ou affirmation d’Adelaïda par rapport à la formidable ADA, d’autant que nous avons déjà livré des versions un peu poussées des ADA, câblées en Tim-Ref d’Absolue Créations (je rappelle que la version base est câblée en Ul-Tim)…

 

Adelaïda donc…

Théoriquement un produit auquel je n’aurai pas accès car prévu pour un marché exotique.

Adelaïda, le vrai nom d’ADA dans le roman éponyme de Vladimir (l’écrivain, pas le dictateur), est un objet que nous avions hâte de découvrir soit, porte-parole étendard d’une marque que nous aimons, supposant, comme écrit plus haut au moins deux fois, que les « améliorations » apportées par les divers points particulièrement poussés qui la différentient de ADA seraient de l’ordre d’un changement de câbles ou de condensateurs de liaison dans un ampli à tubes : perceptible et appréciable mais pas extraordinairement significatif. Exercice où on se dit, en comparaison directe : « ah oui quand même », mais sans entraîner une frustration immédiate.

Eh ben Adelaïda ce n’est pas ça du tout.

L’écart est même violent.

Oui, c’est le mot.

Le bouleversement est profond. Adelaïda revendique une personnalité forte dans l’esprit d’un moniteur d’une intolérance sans équivalent. Sans évidemment rien retirer à ADA à qui on ne voit toujours pas de rivale même bien au-dessus de son prix par sa précision musicale, son intransigeance et sa discrétion qui la fait disparaître au profit de la musique, jamais arrangeante, jamais dérangeante non plus, sauf pour les musiciens médiocres. Ou les hifistes. Vous savez ce que j’en pense.

Je reconnais que je suis un peu mal à l’aise pour exprimer notre ressenti, car ADA avait balayé si loin les ringardises de la hifi que j’avais déballé la panoplie des superlatifs. AVA m’avait ensuite obligé à remonter le seuil.

Et par conséquent, Adelaïda (et Pandora) me mettent à l’épreuve côté vocabulaire, expression et émotions(sss)... Et croyez-moi, ça m’énerve. Ça me vexe. Ça m’humilie. Ça me plait aussi, c’est vrai.

 

Adelaïda reprend les mêmes thèmes que ADA, soit, il y a filiation, soit, il y a une même volonté d’explorer l’histoire musicale, soit…

Soit.

Certes.

Alors comment décrire la sensation qu’on a pourtant affaire à une mutation radicalement divergente tout en appartenant clairement à la même famille, la même approche, la même logique ?

Être le même en étant si différent de celui qu’on était.

Je ne sais pas.

Je ne sais pas, c’est quand même un peu court.

Je sais une chose : je ferais mieux d’arrêter là ; mais vous vous doutez bien que j’en suis incapable.

 

Il y a, par la voix d’Adelaïda, une pertinence musicale qui affirme avec une autorité perturbante : quoi que vous ayez écouté auparavant, vous étiez dans l’erreur. « J’ai raison, en tout point, sur tous les critères » - avertit-elle.

Tout simplement.

Seule Pandora, par une plénitude supérieure, peut rivaliser !!!!! Bon en creusant un écart important quand même bien sûr, mais la parenté est flagrante.

Alors que j’étais personnellement plongé dans les affres du doute (gasp…), inquiet à l’idée de m’embastiller dans une vision intégriste de la perception musicale, les divers individus, habitués ou non, qui ont écouté Adelaïda ont tous eu la même réaction sur des musiques diverses et contradictoires ; d’abord déstabilisés puis secoués, puis suffoqués comme par une révélation.

Non non, je n’exagère pas, le ressenti est de cet ordre.

L’écoute in extenso des morceaux ou opus est un signe qui ne trompe pas : on n’interrompt pas le flot musical.

Au début on est surpris par l’ultra-précision du grave qui définit les matières comme personne, (même dans ma pièce dont le déficit de corps est cruel) diffusant un swing absolu, d’une justesse sur laquelle il n’y a pas l’ombre d’un doute, ancrée bien sûr à une fidélité rythmique folle sur l’étendue sidérante du spectre.

Le swing, ce moteur de la musique si subtil dans ses caprices, ses secrets, ses dandinements mutins et déhanchements lascifs…

Le piqué a quelque chose de surnaturel. Parce que la distance au micro n’est pas celle de l’auditeur à l’instrument en live, sans doute, ce qui avec Adelaïda devient concret. Mais ce pouvoir discriminant s’accompagne heureusement d’un modelé qui évoque la différence entre de très bonnes optiques idéales au banc de mesure et quelques Leica d’anthologie où l’exploration au compte-fil des clichés prouvait une capacité au relief subtil des zones d’ombre, au modelé, qu’aucun concurrent ne savait atteindre. Oui, je devine que les sceptiques seront sceptiques. Mais qui a procédé à ces expériences ? Mmmhhh ?

La rapidité incandescente des transitoires déploie une myriade d’attaques, maintiens et extinctions quasi-infinie, créant des fondations au silence, précisant avec acuité des évolutions de timbres et matières et espaces inattendues au point qu’on redécouvre proprement non pas les disques mais les interprétations via le lien sensible ou cérébral à l’œuvre prenant une dimension quasi-métaphysique ou totalement émotionnelle, liée à sa personnalité, sa propre capacité à accepter le bouleversement.

Là encore, ce refrain vous l’avez lu maintes fois un peu partout ; oui, mais non.

Que ce soit le grandiose « Black Rainbow » de St Vincent pour l’un des auditeurs, où l’intelligence du placement de la voix, sa délicatesse aussi bien que la palette de jeux harmoniques sonores, le grain jamais entendu lors de la grimpée finale et surtout l’incroyable densité dramatique de cette sorte de canon créant une fusion à l’œuvre qui dépasse l’émotion, mènent au sublime, à l’envol.

Que ce soit le « Sacre du Printemps » par Karajan pour un autre, la version enregistrée en une seule prise par le Philharmonique de Berlin en 77, tardive réponse de Karajan bloqué par l’invective de Stravinsky 15 ans plus tôt lui reprochant un « Sacre de salon », où jamais nous n’avions « vécu » la maîtrise supérieure des nuances pastellistes et cadences, des enchaînements acrobatiques nacrés d’une narration supérieure, des jeux sur les accélérations ou ralentissements, les contrecoups de lumières en constante évolution sur les pupitres, l’inconcevable fertilité d’une création qu’on croyait pourtant connaître par cœur où Karajan superpose ou oppose les registres, de la ductilité insidieuse à la barbarie effroyable, sans aucune perte de contrôle, se jetant droit sur tous les écueils pour dévier d’un déhanché de danseur, se sortant de toutes les embrouilles de la partition avec un brio probablement jamais produit dans les quelques 70 versions dont je dispose, et ce quelle que soit ma passion pour les unes ou les autres.

Que ce soit « Requiem pour un Con » pour un troisième larron. Où les pizzicati tournants de guitare rebondissent dans les percussions si célèbres comme un ricochet subtil parfaitement écrit mais si difficile à entendre d’habitude, virgule pointée des percus, un instant de génie qui outrepasse le talent. Et la voix de Gainsbourg, d’une présence inhabituelle, sans aucun artifice.

Etc…

 

C’est très difficile de surmonter « l’expérience » Adelaïda, car autant vous prévenir : on ne baigne pas dans le confort, dans la facilité, mais bel et bien dans l’intransigeance, pour les musiciens à l’évidence, qui ne peuvent rien cacher, rien maquiller, ce qui les rend d’autant plus humains toutefois, car le lien devient celui d’une complicité ou amitié sans concession, mais aussi pour l’auditeur qui, happé par l’écoute, se voit sollicité impérieusement, contraint à participer, vivre, réfléchir peut-être, ou subir les éclats artistiques sans refuge possible dans un flou paresseux.

Mélomanes, vous vous y retrouverez naturellement à condition d’accepter que vous avez pu méjuger bon nombre de vos musiques préférées.

Moins mélomanes, vous pourrez aussi vous laisser prendre, mais votre relation à la musique en sera à jamais bouleversée.

La question peut dès lors se poser : Adelaïda ou AVA ?

Cruel dilemme. Car si l’une enfonce le clou de la maniaquerie mélomane, l’autre ouvre son cœur avec une générosité humble sans aucun semblable qui couve les musiciens d’une bienveillance rigoureuse de préceptrice.

Prêts pour l’expérience ?


athée ?


https://www.lebeauson.fr/a-l-oreille/224-atlantis-lab-at31-ca-alors

 

Actuel porte-drapeau de la marque, l’AT31 ne passe pas vraiment inaperçue, mais ses aptitudes musicales et énergétiques dépassent encore les dimensions déjà confortables de l’objet. Expressivité majeure, suivis rythmique et mélodique garantis sans stress quelles que soient les roueries musicales, une définition subtile jamais suréclairée, et un foisonnement de timbres inattendu en font un sommet de délicatesse associé au panache flamboyant d’un concert de rock dans une salle gigantesque.

A condition de ne pas se tromper dans les associations, parce que l’AT31 peut vite devenir pointue ! Pour autant, on peut être surpris de l’association facile avec des amplificateurs peu puissants et pas forcément coûteux, tout en pouvant emporter l’objet à des altitudes où peu d’enceintes, tous prix confondus, la suivront en lui attribuant un Kondo Overture par exemple.

En ayant bien en tête que rien n'oblige à viser de tels sommets pour profiter amplement du large faisceau de qualités expressives de l'AT31 : elle révèle toutes les qualités d'un Tsakiridis Aeolos Ultima (ou Ultra) ou d'un Atoll IN300. Que dire alors avec un Accuphase E800 ou un Grandinote Supremo ? Aïe, je recommence...

Bref, l'AT31 se contente de peu mais se satisfait du meilleur...


vous avez dit magique ?


Qu’est-ce que c’est que ce truc encore ?

Les iconoclastes de « ppfff » continuent de s’amuser à nous présenter des objets qui ne ressemblent à rien, avec des noms à coucher dehors ?

N’exagérez pas : il y a une logique derrière tout ça.

Le nom « ppfff » par exemple : on a tout entendu à ce sujet, alors que, à la fois moyen de ne pas se prendre exagérément au sérieux et expression de la volonté de respecter la musique depuis les pianissimi jusqu’aux forte les plus fous, ppfff manifeste un credo : contrastes et nuances ; et si ces 5 lettres font gloser certains, les visiteurs d’un salon international majeur (Munich 2014) ont tous compris la référence à l’écriture musicale.

AVA, c’est Ava Gardner, évidemment, la sensualité sauvage, "The World's Most Beautiful Animal", mais aussi l’ambiguïté fragile de la « Comtesse aux pieds nus », la fascination empoisonnée de « Pandora (and the Flying Dutchman) », et c’est avant tout un beau prénom issu du prénom hébraïque H'wwah qui signifie « vivre ».

Joli, non ?

Ou alors c’est simplement le résultat d’une grande paresse, Ada, Ava…

Donc AVA.

AVA, dans ses dimensions singulières - plus large que profonde - mais de proportions élégantes, cache bien son jeu car elle est capable de déployer une exaltation absolument sidérante sans effort et sans rapport avec son gabarit très raisonnable,
Elle sait aussi garder son quant-à-soi en toutes circonstances et bien évidemment s’inscrire dans la vertueuse prodigalité volubile et délicate des créations ppfff.

Au premier contact, on découvre une enceinte qui enfin n’a pas de couleur propre.

AVA prend le large en capacités dynamiques, transparence, sensualité torride ou suggestive (c’en est troublant, quasi-érotique parfois), dispositions de boxeurs, punch de poids lourd ou vif-éclair d’un swing, fulgurance d’une flèche ou évanescence d’une fin de note qui n’arrête jamais, délicatesse inouïe des timbres accompagnés de leur matière naturelle, extraordinaire capacité à sculpter l’espace…

Les musiques se succèdent de quelque genre qu’elles soient et si AVA ne fait pas de cadeau sur la qualité de la production, on oublie vite les pauvretés de celles-ci tant la prodigalité musicale l’emporte.

Une symphonie de Shostakovich prend toute son ampleur déflagrante dans les explosions guerrières, là où dans les lignes subliminales d’un quatuor où au concert le violon frôle la limite de l’inaudible, on garde la dimension physique de l’instrument, l’air vibre imprimant une présence qui remplit le silence habité.

Car comment décrire la concrétisation charnelle, ces empoignades viriles que savent produire les AVA complètement absoutes de quelque son de structure, de colorations qui ne manquent jamais d’apparaître chez quelque rivale que ce soit (euh… On se demande bien lesquelles à la réflexion…) à ces niveaux d’exubérance physique, mais tout cela avec un sens du phrasé délicieux, un fourmillement à fleur de peau, une volupté du frisson jouissif, polyvalente, organique, à l’aise en toutes circonstances, AVA expose la quintessence du lyrisme inspiré et affirmé que permet le haut-rendement (car en l’occurrence il est très correct, de l’ordre de 92dB) sans aucune des toniques et couleurs désagréables ou répétitives qui le caractérisent généralement sur des messages complexes ou à niveau éminent et que seuls quelques systèmes à pavillons particulièrement évolués et passablement encombrants savent éviter. Et à quel prix ?

Pour faire court : c’est génial !

Que ce soit avec un Grandinote Shinai ou Supremo (enfin des enceintes qui mettent pleinement en valeur ces appareils magnifiques), des moments infinis de musique pure vous attendent.

Avec un Accuphase E800, on obtient une restitution plus réservée par exemple, mais si équilibrée, nettoyée, nette, avec à la fois une grande résolution des lignes, des timbres, une souplesse volubile impressionnante, une vitalité incisive sur les élans des contrebasses ou la poussée des percussions.

Ai-je déjà connu une enceinte capable de révéler aussi clairement, férocement même, la personnalité ou son absence des électroniques en amont ? Non.

Ai-je déjà connu une enceinte aussi facilement compréhensible et qui fait vœu d’éloquence, de sensualité, de panache, de justesse, de subtilité, de naturel, d’indéniable affirmation de l’espace en même temps ? Non.

Ai-je déjà connu une enceinte de dimensions domestiques qui relie aussi directement à l'intimité des musiciens, nous invitant à un spectacle intégral chez soi sans la moindre interprétation, erreur ou trahison ? Non.

Attention à ce propos : rendement relativement élevé, soit, AVA n’en réclame pas moins un ampli qui délivre une saine énergie surtout dans une grande pièce. Pas question (ou en tout cas c’est peu probable) de compter lui rendre justice avec un mono-triode de 8 W. Il y a des exceptions, soit. On pense au Tosca AT7 Signature.


pensez pro !


France, fabriqué en France

 

Atlantis, c’est à la fois une nouveauté et une vieille connaissance.

 

Nous avons un temps travaillé la marque Atlantis Acoustique, société qui a connu elle-même diverses « périodes » créatives.

Pour se renouveler totalement en devenant Atlantis Lab, renouveau en partie dû à la conquête d’un marché différent, celui du monde pro, studios et salles de spectacle, avant de décliner les modèles destinés au studio en propositions faites au particulier à travers une gamme pour le moins complète - et apparemment ce n’est pas fini - allant d’enceintes « biblio » ou compacts à d’imposantes colonnes.

AT 13

AT 21

AT 16

AT 18

AT 23

AT 31

Par ordre de taille, parce que pour le reste c’est un peu plus compliqué de s’y retrouver. On a d’abord cru que le nom correspondait au diamètre du haut-parleur principal, mais non. Pas vraiment. Pas toujours.

Et des Sub (des caissons de grave) aussi. Des vrais, dotés de haut-parleurs de fort diamètre (33 et 46 cm), rapides et nerveux dont les fréquences graves sont obtenues par la surface émissive et la charge, pas pas l'élongation anormale d'équipages mobiles très lours et très lents.

 

Outre un rapport « musique/prix » imbattable – alors que fabriquée en France -, la gamme partage quatre aspects techniques pour le moins aboutis :

- un principe de charge original, possiblement unique, à savoir un haut-parleur de grave placé à l’arrière dans l’alignement du haut-parleur grave ou grave/médium, de fréquence de résonnance et rendement différents, et dont la distance soigneusement réglée permet à la fois d’étendre considérablement la réponse vers le bas, réduire les distorsions et absorber les ondes stationnaires, avec pour corollaire la totale absence de matériaux absorbants

- une structure mécanique constituée de parois sandwich incluant du chêne brut

- des filtrages très élaborés et même pour certains, novateurs

- l’emploi systématique de transducteurs de rendement élevé issus du prestigieux catalogue d’un concepteur fabricant dédié au monde professionnel.

 

Eric Buy, le concepteur de la gamme, est particulièrement fier de l’AT21, dont la vitalité, l’engagement et l’énergie laissent pantois sans tomber dans la moindre déformation caricaturale des timbres ou équilibre tonal.

Et pour leur faire franchir un cap, on peut leur adjoindre un Sub. AT21 + Sub 33, c'est une combinaison gagnante, qui connaît un grand succès dans les studios !

On peut d’ailleurs reconnaître ces points forts à toute la gamme, avec des petites variantes bien sûr de bande-passante (extension dans le bas du spectre) mais aussi de qualité de timbres, ainsi que d’énergie déployée, assez phénoménale pour l’AT31 par exemple.


art vivant


 

Après avoir évoqué la ligne plutôt radicale dite FP et la ligne Aria moins déstabilisante néanmoins engagée du fabricant hORNS, découvrons maintenant la ligne maîtresse : Symphony.

 

On est clairement dans du très haut de gamme nonobstant le prix cartésien face à une concurrence qui n’en est une que sur le papier.

Je ne parle évidemment pas d’objets dont les coûts se mesurent à 5 x 0 devant la virgule ! Encore que… Tant d’entre eux sont si largement surestimés.

Car, même en allant chercher du côté d’objet coûtant 3 à 4 fois le prix d’une Symphony 10 ou 13, on ne trouvera que rarement tels fièvre expressive, sensualité aussi radieuse, panache vigoureux sans ostentation, sens du respect de la ferveur des musiciens et leurs petites ou grandes histoires, imaginatives, infatuées, phobiques, oniriques ou intimes.

 

Deux modèles dans cette série dont les dimensions en font des sculptures encore envisageables :

Symphony 10 : 540 x 1350 x 420 (55 kg)

Symphony 13 : 600 x 1380 x 560 (75 kg)

En ayant en tête que ces cotes incluent le débordement du pavillon.

En outre quelques idées de design en allègent intelligemment les lignes, tels les bords ronds sur le haut de l’avant et l’arrière plutôt que les côtés.

On ne va pas revenir sur la superlativité des finitions déjà évoquée dans les autres chapitres hORNS.

Ce qui distingue les deux modèles, ce sont les diamètres des transducteurs de grave (respectivement 25 et 33 cm) et des pavillons qui chargent une compression de 2 pouces en Titane, dont le niveau est ajustable.

 

Je ne vais pas m’éterniser à décrire les ressentis à l’écoute, aussi bien l’implication physique que le velouté, la densité organique que la subtilité des couleurs, la tridimensionnalité de la scène sonore et l’aplomb général, sans nécessiter des tonnes de watts compte tenu des rendements déjà confortables (93 et 95 dB).

Que ceux qui ont été échaudés par la reproduction de type sono ou lourdingue de quelques célèbres réalisations à pavillons viennent réviser leur jugement pour mesurer le degré de virtuosité que ce type de transducteur bien pensé sait retranscrire dans des dimensions proches du réel.

Dimensions et masse du piano dont le phrasé sait être tout en nuance, depuis l'appui du gras du doigt sur la touche jusqu'à l'extinction harmonique, le potentiel grandiose de l'instrument n'a pas de limite.

Le boisé et les inflexions du plus subliminal effet de l'archet sur le violon bénéficient pleinement, bien sûr de cet effet particulier au pavillon de graver l'espace.

Mais si l'envie d'un gros rock de derrière les fagots ou une furie techno vous prennent, veillez simplement à l'état des fondations de votre maison.

Alors que dans n'importe quelle charge musicale, jamais la moindre dureté ou projection ne viendra gâcher le bonheur de vibrer ou danser...

De l'énergie, sans aucun doute, à faible ou fort niveau, mais l'énergie du vivant incluant tous les paramètres qui nous approchent au plus près de la vérité, spectrale, colorimétrique, dimensionnelle.


hORNS


 

Trouver des enceintes de qualité - je ne parle pas de critères audiophiles mais d’une réponse à un besoin mélomane possiblement maniaque de lien direct à l’humain derrière les lignes sur une portée, les instruments, un micro, un générateur de son ou une console de mixage - n’est définitivement pas une sinécure.

Ça n’est pas faute d’en avoir testé et détesté une notable quantité depuis plus d’une décennie maintenant. Des enceintes.

16 ans pour être précis.

16 ans au magasin. Je ne parle pas évidemment des « décades » précédentes de recherche éperdue et d’espoirs déçus.

A l’arrivée, on peut citer qui ? Mulidine, évidemment. Qui a cessé momentanément sa production. Living Voice, oui. ppfff ? Ben oui, mais c’est compliqué et un peu élitiste. Atlantis Lab

 

Parfois, des objets nous ont semblé intéressants, soit… Sans faire le trou, sans remettre nos repères en question, sans nourrir correctement notre insatiable soif de musique.

Nous avons fait quelques tentatives d’en proposer quelques-unes. Mais quand on n’est pas convaincus à 100%, je crois que ça se sent.

Surtout un magasin comme staCCato où nous ne sommes pas très bons pour pousser des cartons.

Sont passées quelques enceintes remarquables sur certaines de nos exigences non négociables. Mais ça n’a pas pris. Trop exotiques, pas assez mainstream pour une clientèle pas vraiment aventurière, victime collatérale d’une doxa paresseuse ayant besoin de se rassurer sur les valeurs – hélas majoritairement fausses - de la haute-fidélité.

Depuis plus de quinze ans, nous avons multiplié les écoutes, les visites de divers salons, les plus prestigieux comme les plus obscurs. Pour en revenir le plus souvent dépités par la vacuité de marques éclatantes de flagornerie qui marquent pourtant les esprits de nos contemporains, de la presse, de la fantasmagorie.

Parfois on comprend la raison de l’enthousiasme. Sans être emballés.

Parfois on ne comprend pas du tout. Ou plutôt si : on devine la confusion – voire la schizophrénie - entre l’amour ou l’envie des objets pour leur technologie apparente, leur idéologie doucereuse, leur démonstration de muscles - muscles hollywoodiens, pas sportifs hélas - et le rapport à la musique de consommateurs mélomanes, égarés par la confrontation à une médiocrité moyenne érigée en étendard du bon goût. Ou, plus précisément, du goût politiquement correct.

Parfois c’est démoralisant.

 

Heureusement, l’apparition d’une haute fidélité émergente, venue de pays longtemps placés sous les radars, procure quelques frissons délicieux.

La rencontres avec des gens pas encore usés par le poids de « l’intelligentsia », si j’ose dire alors que je vais parler d’une marque polonaise.

On pourrait évoquer Aries Cerat, Tsakiridis, Tune Audio, Rockna et j’en oublie.

 

Il y a désormais, chez nous en tout cas : hORNS.

 

Une marque rencontrée il y a un paquet d’années à Munich, mais par l’intermédiaire d’un modèle pas facile à envisager dans nos murs : l’Uniwersum.

Il y a eu l’Opéra, déjà plus logeable, mais bon, esthétiquement, ça faisait un peu hifi quand même…

 

Et puis un jour, quasiment par hasard, on découvre la FP10 dont on n’avait pas compris qu’elle était une création hORNS.

Un modèle qui, musicalement, par son engagement sincère, incarné, vivant, cochait la plupart de nos critères ! Dont tous les fondamentaux.

Surprise décuplée en apprenant le prix !

Bon, en revanche, échaudés par des expériences précédentes, on se dit que, esthétiquement, on aura du mal avec ce type de gabarit – que personnellement j’aime beaucoup -, à Nantes en tout cas.

Soit. Mais tout de même, le rapport qualité/qualité - sans même parler du rapport qualité/fabrication/finition/prix - suffisant largement à marquer l’esprit, on se dit que l’aventure est plus que tentante.

 

D’autant que, à cette occasion, on s’aperçoit que ledit fabricant a développé plusieurs gammes ou disons plutôt lignes, dont une affiche des formes plus convenues, appelée Aria.

 

Evidemment, le fait que les enceintes hORNS adoptent un pavillon dans le médium aigu n’est pas pour nous déplaire : qu’on le veuille ou non, cette technique de diffusion pose généralement une colonne vertébrale, une présence organique à part.

C’est le cas ici.

 

Découvrez les descriptions par « ligne ».

 

Ligne Aria 

https://www.staccato-hifi.fr/blog/marques/transducteurs/horns-aria/

Ligne FP

https://www.staccato-hifi.fr/blog/marques/transducteurs/horns-fp/

Ligne Symphony

https://www.staccato-hifi.fr/blog/marques/transducteurs/horns-symphony/

Ah oui, il y a aussi les modèles isolés :

Atmosphère MK 2, une conception qui a l’air plus qu’intéressante, atypique dans la gamme et d’un prix relativement conséquent (6 000 €) pour une petite enceinte (238 x 462 x 365)

Mummy MK 4 au dessin évocateur. Une variation « esthétique » sur le thème de la FP12. (6 500 €)

Uniwersum MK 4, un objet pour le moins sophistiqué, 3 voies entièrement à pavillon, luxueusement équipé et fini. (40 000 €).


élégance pure


 

La gamme Aria du fabricant hORNS a le bon goût de respecter les « habitudes » de dimensions domestiques universelles.

Elles sont cependant équipées d’un aigu ou médium/aigu « chargé » par un pavillon avec tout ce que cette technique procure d’intimité, la sensation d’une plus grande proximité aux musiciens, et ce avec une souplesse de la restitution, et même suavité de tous les instants qui ne sont pas toujours raccord avec l’utilisation d’un pavillon avant.

Douceur ne signifie pas mollesse ou lenteur, bien au contraire !!!!

La rapidité des fronts d’ondes déploie des enveloppes très variées, grâcieuses et un legato exceptionnel.

 

C’est d’ailleurs une marque de fabrique.

 

Techniquement, la ligne Aria tient du paradoxe puisque, équipée d’une chambre de compression à pavillon, le rendement annoncé est plutôt faible de l’ordre de 85/86 dB.

Certes, on constate trop souvent des rendements annoncés qui font sourire quand on connaît un tant soit peu les haut-parleurs. Pas difficile de supposer que hORNS joue la carte de l’honnêteté.

Car, si on constate qu’il faut grimper un peu plus le potentiomètre que sur une Mulidine Cadence, nous n’hésiterons pas à recommander une association Aria I ou II avec un Tsakiridis Hermes : non seulement, ça le fait, mais c’est même énergétiquement saisissant.

 

Attention, ces trois enceintes méritent le meilleur en amont, et il ne faut pas se fier à leur prix très (trop !) contenu au moment de réfléchir aux compagnons.

Alors on pourra commencer par un Atoll IN200 Signature en attente de jours meilleurs, mais on pourra sans hésiter les associer à un Grandinote Supremo : elles ne retrancheront rien des pouvoirs contradictoires d’un tel colosse, sa vaillance dynamique, ses subtilités tendres, son engament philanthrope.

J’y reviendrai, mais les vertus musicales comme la qualité de fabrication sont celles d’objet qu’on estimerait nettement plus coûteux.

Le dessin de tous les modèles réussit un rare équilibre entres dimensions et formes avec des angles arrondis qui accompagnent le galbe du pavillon – lui-même attractif, « décalé », hypnotique – et en font des objets qui pourront s’intégrer à tout type d’intérieur

D’autant plus facilement qu’on peut choisir parmi 20 types de bois pour les ébénisteries, vernis de mat à brillant (absolument superbe, digne de l’Art Déco) ou tout type de couleur RAL pour les ébénisteries et pour les pavillons (ainsi, petite touche chic, que pour les évents)

La perfection des finitions atteint et même dépasse celle d’objets d’un inaccessible High-End.

Deux couleurs de piétement aluminium sont disponibles pour s’adapter au mieux à l’apparence générale : alu naturel ou noir.

Evidemment, finition sur mesure impose du délai, mais ça vaut le coût. Le coup.

Techniquement, on ne peut pas dire qu’on soit débordé d’informations. Le bornier prévu pour un simple câblage (ouf !) est d’origine WBT.

 

La ligne couvre de larges besoins :

- Colonnes de I à III. Les prix : de 3 400 à 5 100 €. La paire. Sans changement quelle que soit la finition choisie. Ce n’est pas une blague.

- Une biblio appelée Monitor

- Une Centrale et un petit Sub. Pas mon truc, mais ça existe.

Les détails ci-dessous :


on continue par la 4 ?


La Courbet 4 ?

Un vrai coup de cœur !

Lorsque Thomas m’en a parlé, il était très confiant, sûr que ça allait me plaire.

Il commence à me connaître, et il sait que je n’hésite pas à lui dire ce que je pense, en détails. Il est témoin que nous avons fait les efforts nécessaires pour « apprivoiser » la nouvelle Nikita et en tirer le meilleur (en dehors du format qui ne me paraît pas facile dans mon environnement, elle me fait vraiment envie).

Nous n’avons pas eu le moindre effort à faire pour mettre en œuvre les Courbet 4 !

SDA200 Signature Atoll, des câbles Absolue Créations, et hop : musique !

La petite Courbet 4 est particulièrement joyeuse, animée, elle timbre joliment, et a un cœur gros comme ça !

L’équilibre tonal est vraiment bien calculé, pas exactement linéaire mais donnant une telle plausibilité, et un confort notable, participant à un bonheur permanent : un véritable tour de force réalisé par l’équipe de Davis de procurer des sensations dans le « grave » qui grandissent l’enceinte sans jamais freiner son enthousiasme ou sa subtilité.

Nous avons prolongé les essais avec d’autres électroniques, parfois même disproportionnées, et la petite Courbet 4 semble s’en délecter ! 

Les courbes (des Courbet) sont très réussies, comme pour la 5, malgré les proportions un peu différentes. Un joli petit objet, simple à animer, facile à optimiser.

Vous n’imaginez pas combien c’est rafraichissant pour nous, au milieu de tout ce que nous ne comprenons pas de la hifi des magazines, de découvrir de si formidables exceptions.

 

La suite ci-dessous :


un phare dans l'obscurité


Les nouvelles R25 sont pétillantes, très très rapides et sensibles (ce qui est prodigieux au regard de la conception on ne peut plus classique), d’une stupéfiante finesse de timbres et justesse tonale, l’irisation enchanteresse, des enchainements de couleurs bariolées et lumineuses, denses quand il le faut, un sens épuré des matièresdes substances ; même si ce ne sont pas les enceintes du marché qui ont le plus de corps (en progrès cependant par rapport aux générations précédentes d’IBX), elles font preuve d’une présence exceptionnelle, d’un engagement intègre, d’une tension souveraine, bref d’une émouvante éloquence.


Oh, ici, pas de grave qui fend les murs (dans la terminologie réductrice hifiste), pas de boursouflure confortablede mauvais cholestérol, ici c’est taillé au cordeau, c’est droit, c’est ardent et vivifiantclairement orienté vers les mélomanes (de toutes cultures évidemment !) ; les hifistes passeront leur chemin, dépités, et retourneront à leurs excroissances préférées dans le bas-médium, cette opulence grassouillette qu’ils appellent du grave ! Les Living Voice repoussent en effet très loin, en dépit d’une technique conventionnelle, l’instant où l’on détecte la charge et son accord…

Car honnêtement quand on analyse l’enceinte, on est un peu dubitatifs : un bass-reflex muni d’un évent très ordinaire, deux haut-parleurs de grave-médium convenus, loin de l’esthétique parfaite des membranes modernes style céramique (qui donnent presque toutes tout le temps le même son apparemment pur mais décharné), un tweeter assurément haut-de-gamme mais déjà utilisé maintes fois dans des évolutions diverses sans grand bonheur, on a presque l’impression d’avoir affaire à un kit magnifiquement abouti surtout quand on la compare à un pan majoritaire de la production moderne d’objets tous plus resplendissants les uns que les autres, aux laques parfaites donnant l’impression de sortir de la même usine chinoise, des produits coûteux, aux formes oblongues, équipés de H-P que l’on expose, que l’on brandit avec fierté, tel ce modèle navrant que nous avions en test en même temps, nouvelle série d’une vieille marque anglaise très estimée, chargée de badges de la presse comme autant de médailles sur le poitrail gonflé d’un amiral soviétique et aussi bouffie musicalement…


Où se situe la différence alors dans la conception de deux enceintes de prix comparable ? …
Euh, dans le talent sans aucun doute.

L’intuition et l’habileté, l’intransigeance et un amour urgent et impératif de la musique plus que de la rentabilité !


Bon, nous n’allons pas prétendre que ces objets discrets, si compacts et sous-équipés face à l’arrogance moyenne, sont absolument universels et n’ont aucune limite.

Car : les Living Voice sont un peu gourmandes en dépit d’un rendement de 94 dB, mais nous nous sommes quand même régalés avec un ampli 300B (oui, d’accord, pas n’importe lequel, rapide, tendu, pêchu et d’un contrôle dynamique exemplaire, donc pas un 300B mou du genou !).

Car : elles ne révolutionnent pas l’esthétique et la finition n’est pas absolument exemplaire (même si d’un standard élevé !).

Car : elles ne sont pas spectaculaires et ne feront pas trembler les vitres en racolant exagérément par le ventripotent.


Mais quels enthousiasme musical, authenticité rythmique, précision de tout instant sur les plus ténues fins de notes…

Quelle délicatesse et quel entrain, quel poids sur les accords qui l’exigent, quel respect des degrés divers d’inspiration de vos musiciens préférés !

Vous favorisez le matos ? Passez votre chemin.

Vous favorisez la musique ? Ne passez pas à côté de l’expérience.


Une réussite totale ! L’expression supérieure de l’artisanat intelligent !


AT31


Actuel porte-drapeau de la marque, l’AT31 ne passe pas vraiment inaperçue, mais ses aptitudes musicales et énergétiques dépassent encore les dimensions déjà confortables de l’objet. Expressivité majeure, suivi rythmique et mélodique garantis sans stress quelles que soient les roueries musicales, une définition subtile jamais suréclairée, et un foisonnement de timbres inattendu en font un sommet de délicatesse associé au panache flamboyant d’un concert de rock dans une salle gigantesque.

A condition de ne pas se tromper dans les associations, parce que l’AT31 peut vite devenir pointue ! Pour autant, on peut être surpris de l’association facile avec des amplificateurs peu puissants et pas forcément coûteux, tout en pouvant emporter l’objet à des altitudes où peu d’enceintes, tous prix confondus, la suivront en lui attribuant un Kondo Overture par exemple.


aria 1 et 2


Aria I MK2 : petite colonne très fine et élégante, elle mesure 1040 x 210 x 311 et pèse quand même 32 kgs…

 

C’est une deux voies, équipée d’un 17 cm et d’un tweeter à diaphragme annulaire en aluminium.

Une compagne joyeuse, vivante et raffinée pour une pièce de petites dimensions, déjà pourvue des caractéristiques musicales des grandes sœurs : limpidité exceptionnelle, précision surprenante qui jamais ne se fera par extraction ou surexposition mais au contraire par une mise en place au cordeau des évènements sonores au profit d’une expressivité qu’on recherche obstinément chez staCCato.

 

Aria II MK2 n’est pas beaucoup plus envahissante avec 1090 x 210 x 320 (et 35 kgs (argh)) mais évidemment gagne en ampleur comme en précision, dans le bas notamment, très réactif (avec le bon ampli) très varié et impeccablement intégré.

On se réjouit du rebond, de la vie, de la richesse du swing et du sens du phrasé d’une enceinte qui timbre superbement et cohéremment.

Scène sonore remarquablement précise !

 

Aria III ci-dessous :


mulidine cadence plus


Mulidine Cadence +, Cadence ++ & Carbon Touch

 


Comme nous le disions dans la page réservée aux merveilleuses Mulidine :

Nous avons aussi en présentation une version un peu spéciale des Cadence, des Cadence + en quelque sorte.
Une innovation discrète certes (Mulidine pour l’instant ne communique pas sur le produit) mais ravageuse…
Oui, une Cadence + ressemble à une Cadence, a l’air d’une Cadence… Mais c’est beaucoup plus que ça. C’est à l’intérieur que la magie se passe, c’est à l’extérieur que la supériorité s’affirme et revendique une place bien au-delà du surcoût quoi qu’en disent certains spécialistes du parler sans savoir qui savourent leur pouvoir de nuisance.

La Cadence + est un objet un peu pensé pour nous, à notre suggestion, une Cadence revisitée, composants et câblage interne en Absolue Créations … Une Cadence + donc.

 

Les habitués de staCCato savent que cette culture du composant nous correspond parfaitement (By staCCato, Living Voice…). Et si sur le papier, l’évolution n’est pas impressionnante, à l’écoute… Mazette…


L’écart ne remet rien en question des qualités uniques de la Cadence bien au contraire, mais tout est amplement magnifié, la sensibilité, la dynamique extravagante, la définition des matières, les variations frissonnantes des couleurs, les ondulations rythmiques, l'incarnation, la présence sensuelle et coetera…
Ainsi l’enceinte paraît nettement plus volumineuse, plus riche, d’un ambitus plus étendu, plus réactive, plus couteuse, plus généreuse, mais aussi plus exigeante côté électronique car accuse d’autant plus les déficiences d’appareils souvent surestimés ! Et bien sûr, sur tout type de musique, la Cadence + est franchement détonante.
C’est singulier, elle pourrait coûter le double d’une Cadence mais non : à peine 960 € supplémentaire pour franchir plusieurs crans de gamme, un écart possiblement plus marqué qu’entre une Allegretto et une Cadence

 

Aussi, poussant l’idée des composants nobles plus loin toujours autour de câbles internes réalisés par Absolue Créations, est née la Carbone Touch.
La Carbone Touch réunit une évolution technologique plus avancée (et le choc là encore est immense : lorsque nous les avons branchées sur un by staCCato, nous avons vu perler aux yeux de leur créateur, venu nous les faire découvrir, les larmes qui ne mentent pas) et une finition qui transforme radicalement l’objet, lui donnant une modernité osée, cette surface Carbone qui fascine tant dans les bagnoles allemandes…

 

Une transmutation de la Cadence ? En quelque sorte !

 

Car musicalement, on a déployé les vertus par… 10 ou 1000 ? L’enceinte a immensément grandi mais sa réceptivité, sa vocalité frémissante se sont autant affutées que sa vigueur organique, c’est prodigieux, et évidemment ce modèle va chatouiller des références revendiquant les prix sidérants du luxe. Or elle coûte dans les 7000 € en finition Carbone qui n’est pas anodine dans le prix final (1608 €).


Bien sûr, l’évolution technique est disponible en finition standard et dans ce cas la paire d’enceinte est donc de 5400 €.
Il est difficile de comprendre comment une évolution de composants peut métamorphoser un objet sonore. D’autant que le principe ne tient pas de la baguette magique et ne fonctionne que si l’étude de l’objet initial est parfaitement aboutie sous peine de dévoiler plus de défauts que de qualités. La recette n’est pas facile, bien au contraire !


Dans le cas de la Cadence, on ne sublime que le meilleur, on souligne l’évidence qu’il n’y a aucun défaut natif, et on n’en revient pas qu’une enceinte aussi compacte puisse offrir une si intense musique et objectivement on tient dans l’exercice la preuve que l’étude originelle est absolument sans faille !
Quel choc…


Ne soyez pas timide, ça vaut le coup d'oreille parce que, pour peu que l'ampli soit à la hauteur, les"+" sont très significatifs !!!!

 

Bien sûr, nous essuyons déjà les tirs de quelques crétins de forums (« comment est-ce que ça peut coûter une telle différence pour un bout de fil ? ») à qui l’anonymat du web autorise un fiel dilatoire ne prouvant que l’exiguïté cérébrale, qui glosent sur le prix des évolutions en oubliant qu’ils peuvent par ailleurs idolâtrer de vaines technologies présomptueuses.
Devons-nous leur pardonner parce qu’ils ne savent pas ce qu’ils disent ? Non. C’est la même ignorance qui crée ségrégation ou ostracisme et produit les dérives que nos sociétés subissent.


Une simple démonstration soignée prouvera aux mélomanes et sans aucun doute que la question ne se pose pas en tels raccourcis. Que la question ne se pose pas du tout.

Et les autres feront l’effort de comprendre que si la Cadence ++ avait été rebaptisée, un peu redessinée, un peu artificiellement grandie pour « paraître » un plus gros modèle, personne ne se serait posé de question sur le prix.

 



harmonie V3 et "++"


Harmonie V3 par Mulidine

 

Soyons directs : tout le monde sait l’attachement que nous vouons depuis de nombreuses années aux créations enthousiasmantes de la (trop) discrète marque française Mulidine.

Or, l’attachement est porté, entretenu, choyé par deux facteurs :

  • Le patron est sympa, cultivé, doté d’un esprit fin.

Soit, mais ça ne suffirait pas si :

  • Ses enceintes n’étaient pas les seules dans leur gamme et au-delà à offrir une éloquence musicale aussi flagrante, faite de cœur et de justesse…

Ce qui, ne vous y trompez pas, en fait aussi de véritables ennemies du commerce car il nous est très très difficile de trouver d’autres enceintes pour les épauler dignement, histoire à la fois de ne pas s’enfermer et d’essayer de nourrir d’autres appétits qu’une recherche émotionnelle brute, directement axée sur la compréhension charnelle et totale de la musique.

En outre, les propriétaires d’enceintes Mulidine sont peu enclins à en changer.

Pourtant, deux précédentes expériences sur Harmonie (1 et 2), modèle plus… dois-je dire ambitieux ? Non, car réussir à ce point un modèle compact comme la Cadence et ses sœurs flamboyantes, Cadence « + » et « ++ », n’est pas moins ambitieux…

Alors disons modèle plus… gros ?, destiné à repousser d’éventuelles limites ou pourvoir des aspirations plus exigeantes, ne nous avait pas donné le sourire gourmand, satisfait ou béat qui accompagne habituellement les découvertes d’une nouvelle Mulidine.

 

Certes Harmonie V2 explorait des zones interdites à Cadence, dans l’extrême grave par exemple (encore que ce ne soit pas si simple), on devinait une rigueur de timbre plus élevée (ce point aussi est sujet à doutes car les modèle optimisés « + » et « ++ » de la Cadence n’existaient pas alors). Et certes on sentait en augmentant le volume que l’ampleur et la générosité grimpaient d’un cran mais à un niveau que peu osent se permettre de toute façon, mettant en évidence que c’était là le point faible d’Harmonie 2 : excellente enceinte à condition de mettre le paquet côté ampli et se tordre le poignet sur le bouton de volume.

Bref, nous étions restés sur notre faim.

Puis Marc (c’est M’sieur Mulidine) nous annonce la V3, patiemment revue et même copieusement redessinée à l’intérieur.

Conscient que les modèles ultra des Cadence le contraignent à une belle avancée sur son modèle haut-de-gamme (pas envie de dire Flagship), le créateur a pris, comme à son habitude, le temps de fignoler le nouveau jalon qui, dans sa version base (ce qui signifie une présentation autour des habituelles propositions de finitions bois), va coûter 8 400 € la paire, une zone de prix où les inepties sonores s’accumulent, soit, sachant que le challenge que se donne notre ami n’est jamais de se contenter de faire mieux, mais beaucoup plus audacieusement de faire bien.

Mettant fin à notre impatience, il nous propose alors une démo dans nos murs qui sera trop courte mais dont nous sortirons totalement rassurés et vraiment vraiment enthousiastes !!!!

La version apportée revêt la finition Carbon Touch qui lui sied à merveille mais fait un peu tousser côté plus-value. Je reconnais que cette présentation expose un côté technologique apparent qui souligne bien la réalité technologique élaborée en interne.

Va falloir sérieusement réfléchir au choix de la finition des miennes…

 

Moteur et action !

Il ne faut pas plus de quelques mesures du piano de Rafal Blechacz (pardon pour l’orthographe) pour entendre que l’homogénéité dynamique, qui à niveau raisonnable faisait défaut aux précédentes versions, est ici parfaitement en place.

Les timbres, d’une inhabituelle variété tout en finesse, imposent immédiatement l’évidence que l’Harmonie n’a aucune envie de plaisanter.

La rigueur semble le maître-mot pour décrire ces nouvelles Mulidine.

De toute évidence, il ne manque pas une note !

On ne détecte aucune erreur, que ce soit dans les enveloppes de note, le délié en constante évolution, ou dans les couleurs incroyablement précises, car même si on peut se demander ce qui permet d’être sûr de la validité des timbres, se dégage ici une telle sensation de justesse qu’on n’a aucun doute : les Harmonie ont raison !

Cette même sensation difficile à écrire que subliment les merveilleuses ADA de ppfff est ici donnée avec sans doute un peu plus de frugalité, de matité, de retenue, mais sans aucun doute : la vérité sans concession…

Drivée par le Shinai de Grandinote, on est saisi par l’impartialité de l’enceinte face à quelque proposition que ce soit, un Quatuor de Bartok par Takacs ou les élans cogneurs de Black Light Burns, une symphonie de Schumann (par Sawallisch) ou l’Afrobeat balançant de Tony Allen, tout paraît juste, à sa place dans l’espace, sans la moindre hésitation ou approximation.

Cette impression de rectitude qui accompagne jusqu’aux fins de notes les plus longuement déroulées vont évidemment transmettre une sensibilité à fleur de peau mais avec la même objectivité presque spartiate. C’est comme ça et pas autrement ! Non mais !

Si, en comparaison, ADA de ppfff révèle un côté plus pétillant, plus aérien, moins guindé, l’esprit est le même, on ne plaisante pas avec la parole des musiciens.

Certes, on est là pour parler des Harmonie, mais comment ne pas évoquer l’étalon du magasin quand tant de points communs les rapprochent.

En passant à un ampli à tubes ppfff Van, la rigueur s’accompagne d’une propension plus affirmée au frémissement, à la subtilité délicieuse, aux murmures dissimulés, mais on n’entre pas pour autant dans la galéjade.

La résolution homogène et magistrale de l’enceinte est d’une consistance absolue, en gamme chromatique comme en dynamiques et parce qu’elle n’est pas entachée du moindre accroc, la limpidité du message devient anthologique, on a l’impression d’écouter un seul haut-parleur, ou un panneau électrostatique mais avec bien évidemment une définition des matières et une gamme expressive très nettement supérieures.

Car le corps sans l’excès et le sens de la définition des matières distinguent clairement l’Harmonie de la plupart de ses consœurs de rang égal ou supérieur.

La compréhension des résonnances internes propres à la matière de chaque instrument, des accents de matériaux naturels aux sons synthétiques, échantillonnés, recomposés, complète en profondeur et en réceptivité la résolution mélodique ou chromatique.

Toujours avec un sentiment de sérieux irréprochable qui fait aussi des Mulidine Harmonie un instrument de travail idéal pour les professionnels, car on saura exactement (oui, enfin, avec les bonnes électroniques) ce qu’on a sur la bande.

Ça n’existe plus les bandes, je sais…

C’est intéressant cette exploration crue des matières, car nous avons en même temps dans l’auditorium des enceintes Pascal Louvet Isis IIR, particulièrement intéressantes, qui elles aussi expriment une définition des matières d’une netteté stupéfiante, mais en creux, par une lumière rasante, là où Harmonie les déploie par leur densité propre et ADA de ppfff par leur concret organique.

La partie basse du spectre de l’Harmonie ne donne pas dans le showing-off, respecte au contraire la neutralité tonale générale, en place, rapide, descendant très bas sans esbroufe ou surcharge pondérale, ni exagération sportive, elle aussi revendique une lisibilité très rare dans la reproduction musicale.

Les variations de fronts d’onde ou d’attaques sont immédiatement perceptibles, ainsi que le poids et le swing voulu sur chaque note, chaque instant, et même chaque silence qui évite ce trou noir dérangeant de la hifi traditionnelle.

Tout ceci concourt évidemment à un raffinement extrême qui véhicule des frissons délicieux, pas par la caresse ou la sensualité mais par une délicatesse des chuchotements et des trémolos qui accompagne les instants les plus ténus de la musique, des musiques : Harmonie ne vient pas vous cueillir, elle vous incite à aller chercher ces instants exquis…

Pour autant elle ne se laissera pas déborder dans les moments fougueux ou débridés, suivra les assauts sans frémir, continuant de décortiquer les fondamentaux, les couleurs, les substances, sans se contenter du coup de poing vaguement mou de ses concurrentes, elle arbore son style jusque dans le panache !

A la question piège de savoir comment l’Harmonie 3 se place face aux qualités surnaturelles des Cadence « + » et « ++ », je vais répondre par un pas de côté :

Harmonie continue clairement le chemin de la Cadence base en prenant sa place naturelle dans la hiérarchie et laissant une marche possible intermédiaire à un éventuel futur modèle, mais les Cadence « optimisées » partent sur la branche d’un Y en présentant une approche plus débridée, libre et détendue, en sublimant la conscience expressive de la pensée Mulidine.

Mais n'oublions pas que désormais, il y a : l'Harmonie "++"...

 

En conclusion l’Harmonie, sérieuse et responsable, mérite le haut du podium de la tradition Mulidine.

 



... énergie...


L’Avantgarde Zero TA ne déteste pas être un peu poussée, elle semble trouver naturellement sa cohérence tonale à un bon niveau où le grave s’intègre, devient punchy et articulé.

 

Ainsi, sur le piano d’Hélène Grimaud proposant une version hardie, enlevée et d’une précision technique absolue de la sonate en si mineur de Liszt, les Zero TA installent une dimension plausible de l’instrument, puissant, présent dans sa titanesque mesure et donnent le plaisir d’entendre jusqu’au son de la touche que le doigt charmant mais vigoureux enfonce sur le clavier.

Les timbres sont un peu simplifiés, mais la force de l’interprétation est implacable, avec peut-être l’impression d’avoir la tête dans le piano, là où sont les micros cela dit, créant une étrange distorsion entre le jeu d’étouffoir dont la musicienne fait beaucoup usage écrasant les fins de notes basses alors que les notes hautes s’évadent dans une réverbération sibylline.
On ne perd pas une once de la prise de possession autoritaire de l’opus par la jolie dame !

Ce plaisir direct continue dans les élans lyriques de Leonidas Kavakos où l’archet, qu’il soit vif ou appuyé ou sautillant ou violent, nous menotte à la folie très maîtrisée du virtuose. Les Avantgarde Zero TA champlèvent d'une densité réaliste les notes les plus ténues du violon, rappelant les créations hors-normes de ppfff avec probablement un peu moins de raffinement de couleur que sur les élégantes créations françaises, un plaisir rare qui rapproche du direct et qui crée une intimité crue avec les musiciens, où la perception de l'infraliminaire pénètre sous la peau…

Les bandes originales de Batman et de la Planète des Singes, version Danny Elfman, envahissent l’auditorium en grandeur nature avec un panache qui nous éloigne grandement des standards de la hifi chichiteuse pour entrer dans la démesure monumentale, hollywoodienne (normal me direz-vous). Autrement dit, c’est jubilatoire, immédiat, entraînant ; les impacts prennent au corps, à l’estomac, les ronflements des contrebasses, les aboiements des cuivres, les battements des synthés, tout tranche l’espace comme un couteau dans le beurre car jamais déformé par la moindre distorsion. C’est à ce sujet intéressant de suivre les barregraphes de l’E650 et de constater, alors qu’on atteint des niveaux secouant les os, qu’ils sont loin de flirter avec le rouge. Le haut-rendement annoncé par Avangarde n’est pas que théorique.

« L’homme oiseau » de Jacques Higelin est un spectacle en 3D, le jeu basse / batterie un ressenti particulièrement enthousiasmant, et celui de « what reason could I give » par Neneh Cherry & the Thing une expérience physiologique intense, soutenant un grain de saxo particulièrement abrasif. On est au concert !

Enfin, à l’issue de ces premières sessions, l’orchestre du Concertgebouw dans la 5e de Chostakovitch (Haitink) marque l’esprit par la différentiation des attaques de cordes, les clameurs des cuivres, la tension des percussions et la clarté de chaque pupitre faisant craindre qu’un retour à quelque autre enceinte ne la fasse paraître bien grise.

 

Lecteur réseau Grandinote Volta + Grandinote Shinai, câblage en Tim-réf maintenant :

Bon, est-ce une surprise de constater que la combinaison sied parfaitement aux Zero TA ?

Non ! On gagne en articulation, matière et timbres, avec une présence plus volontaire et une stabilité de rocher.

 

On ne peut pas s’empêcher d’écouter des disques qui envoient du bois, à un niveau parfois déraisonnable, et il faut dire que « the Question Of U » de Prince, ou Francesca Belmonte « Hiding in the Rushes » prennent une dimension de concert ou encore « African Reggae » de Nina Hagen (fichier HR) dont la folie est survoltée par le système ; mais puisque quand même on ne peut s’en tenir à du gros son, on redescend doucement : « que tu dis » de Bertrand Belin par exemple où les appuis à fond de tempo de la batterie posent la litanie égrenée par la voix profonde parfois éraillée du « crooner sombre » avec une sérénité apaisante, ou virage total avec un récital de Leonid Kogan, réédition HR d’un disque mémorable de 1958 avec Andreï Mytnik, où le violon un peu acide (micro de l’époque ?) délivre tout son élan vital, sa belle énergie, galvanisés par le « grain » des pavillon et l’autorité naturelle du Shinai.

 

Mais surtout un moment de cœur inattendu sur les reprises de Barbara par Patrick Br… mais non : par Gérard Depardieu, décidément capable du meilleur lorsque son adolescence bousculée et à fleur de peau ressurgit, passionnée, sincère, juste, et ce mélange entre parlé et chanté, ces murmures ponctués d’éclats contenus, ce respect viscéral du texte au dépend parfois de la mélodie sont une leçon de réinterprétation, s’approprier sans trahir... La voix de baryton du grand Gérard est superbement incarnée par l'ensemble, accompagnée par un piano particulièrement beau et posé dans la pièce…

 

Dommage, Philippe est parti avant ce moment-là.

 

En conclusion, les Avantgarde Zero TA ne plairont évidemment pas à tout le monde, car le tempérament est affirmé et revendique une perception à cru de la musique. Mais que ça séduise ou non à l’arrivée, c’est une expérience à vivre et beaucoup ne s’en remettront pas ou ne pourront pas faire marche arrière.

Pour nous, c’est une suite logique ou un parallèle intéressant d’une voie déjà bien engagée par les ADA ppfff, sensiblement au même prix, celle de l’expressivité majuscule, plus exquise pour la française d’une transparence soulignant les matières comme aucune autre, plus invasive et spectaculaire pour l’allemande sur le même axe de ressenti.


8 et 3 ?


Le modèle Courbet 8 a continué d’alimenter le plaisir de la rencontre.

 

Honnêtement, je craignais que, comme trop souvent, une grimpée en gamme s’accompagne d’une boursouflure du grave et d’une définition s’affinant vers le détail pour le détail au détriment de la justesse du phrasé.

Pas du tout ! On gagne partout, en préservant la cohérence remarquable des modèles 4 et 5.

Résolution accrue mais profitant plus encore aux fins de notes, au délié. Grave plus profond mais sans la moindre lourdeur. La scène est plus vaste, l’air entre les musiciens plus « palpable » (oui, bon…). Pour faire simple : la Courbet 5 a grandi mais est l’adulte ne perd rien des qualités de l’adolescente.

Grands moments de respiration, force et volupté lors de séances de musiques en compagnie d'un Moonriver 404 Reference ou d'un Tsakiridis Aeolos Ultra.

 

Et puis il y a la Courbet 3.

 

La pièce de staCCato étant un peu difficile (gourmande en énergie dans une large zone du bas), nous présentons rarement des enceintes dites bibliothèques. D’autant que trop nombreuses sont celles qui, sous prétexte de passer pour des grandes, trichent exagérément l’équilibre tonal.

Aucun souci avec la Courbet 3, à notre grande surprise :  elle trouve sa place dans l’environnement difficile sans pour autant vouloir créer un grave surnaturel. Il est au contraire intégré, équilibré. Le tout avec les qualités de ses grandes sœurs, vitalité, couleurs, swing… Super non ?


et les autres ?


Si toutes les enceintes d’Eric se contentent de peu de puissance, elles n’en craignent pas les assauts mais sont plus ou moins lunatiques, à l’exemple de l’AT18 qui boude certaines associations ne posant aucun problème à une AT16 ou 23 ! Et vice-versa. Oh, rien de rédhibitoire, il suffit de faire attention et pas besoin de dépenser une fortune pour les nourrir au mieux : Atoll IN200 Signature ou Tsakiridis Hermes, et hop, musique !

En effet, le bonheur est au rendez-vous des oreilles et du coeur de ceux qui considèrent que la musique ce n’est pas que du joli son !

 

Perso, j'ai un faible pour l'AT23... Pas un instant capricieuse, elle nous emporte par son enthousiasme, sa vitalité, sa bonne santé joyeuse dans un océan de nuances de modulations, de rebonds rythmiques et de couleurs frémissantes. L'AT23 est une très grande enceinte !

 

Bon, par pure honnêteté, la gamme étant issue du monde pro où l’obsession de la présentation n’est pas la priorité essentielle, on pourra éventuellement bouder des finitions pas tout à fait dans la norme des objets tous issus des mêmes usines asiatiques. Mais c’est aussi ce qui permet à Atlantis d’en donner musicalement beaucoup plus que pour son argent.

C’est un choix respectable, n’est-ce pas ?


aria III


Avec Aria III MK2 on entre déjà dans le très haut de gamme, car si l’enceinte n’est pas encore trop volumineuse (1200 (incluant le débordement du pavillon x 300 (idem) x 360 (pour 38 kgs)), l’offrande musicale tient quand même de la très grande enceinte…

 

Tout y est, ampleur des plaines du Far West, autorité prodigieuse digne de la colère de Thor, délicatesse de Fée Clochette, l’Aria III réunit les contraires.

Mais à une condition : ne pas négliger l’amplification, ne pas limiter l’enceinte à son prix très avantageux. Elle peut bousculer des références dépassant les 25 000 € (et je sais de quoi je parle) mais en partage les mêmes exigences.

Le rodage est assez long avant de réussir à intégrer impeccablement le grave, mais quoi qu’il en soit, il faudra éviter tout amplificateur un peu fainéant ou annonçant une inutile puissance.

Oubliez aussi les 8 watts d’un ampli 300B, sauf exception.

Toutefois, sans se ruiner d'emblée, le mariage avec un Serblin&Son Frankie D se passe superbement, ainsi, toujours lui, qu'un Tsakiridis Hermes...

Bien sûr, un Shinai Grandinote fera un copain idéal !

 

Une ligne plus que réussie : rarissime, associant un dessin raffiné à une expression artistique bien au-delà de l’ennuyeuse doxa hifi.


ppfff ada


France

Fabriqué en France



ppfff ressuscite Ada !




Ada, le retour.

Le grand retour !

Depuis le temps qu'on espérait une nouvelle de ce genre !

Une rumeur de temps à autre et puis rien…

On ne l'attendait plus vraiment, et c'est pourtant arrivé !

Et le délai entre l'annonce de la nouvelle et la découverte du proto a été très court car l'étude était déjà engagée.
    
Un certain nombre d’entre vous, chers lecteurs de ce lieu, observeront que l’auteur de ces lignes est de plus en plus fou, évoquant le retour d’un truc que personne ne connaît !

Bon d’accord, Ada n’était pas un produit archi-codé issu d’une marque emblématique ; néanmoins les enceintes Ada du fabricant Strad font le bonheur d’un grand nombre de mélomanes qui n’ont certainement pas envie d’en changer car comme l’avait dit l’un d’entre eux : « Strad, les enceintes qu’on achète quand on a fait le tour de la hifi ! ».
Ce qui explique sans doute que, plusieurs années après l’arrêt de fabrication, nous continuons de recevoir des appels de retardataires ou nostalgiques qui aimeraient bien en acquérir enfin une paire.

Pour les autres, certes, il est plus difficile de comprendre la spécificité expressive d’une «non-enceinte» comme Ada et elle apparaîtra comme  une boîte qui ressemble à des boîtes.
Eh oui, on atteint sans doute la limite de l’exercice de vouloir transmettre la différence par le mot, ou de l'ecphrasis !

Une héritière directe donc ?

Soit, bonne nouvelle, excellente nouvelle ! Mais… la jeune recrue répondrait-elle à nos attentes, distordues par le fait que de notre côté nous avions apporté quelques évolutions notables aux dernières Ada+ Strad livrées.

Eh bien oui, et même au-delà, pas le moindre doute à l'écoute, pas le moindre !

On retrouve intégralement (en mieux) ce que nous avons aimé de la délicatesse, du sens de la nuance et de la sensibilité, du rythme et de la vivacité, rapidité, liberté dynamique, variations des textures, attaques et extinctions de notes, silences habités, palettes de couleurs et respect des idées musiciennes, une transparence si homogène sur l’intégralité du spectre que ce n'en est même plus impressionnant, comme si ça allait de soi (ce sera précisément une de leur faille en démo, la musicalité se déploie si facilement  qu'on aura l'impression que c'est un minimum requis).

Sauf qu’à tout cela vient s'ajouter une densité physique sidérante !

On n’aurait cru cette capacité à décrypter et concrétiser la matière ('xcusez... ça aurait pu être pire, j'avais écrit "matérialiser la matière", c'est dire) des instruments possibles que sur quelques enceintes à pavillon, le naturel organique sculptant les timbres dans la pièce, positionnant l’instrument dans sa parcelle d’air propre.

On n’a que très rarement expérimenté cette perception parfaitement plausible  de la dimension relative des instruments d’un orchestre (symphonique ou jazz dans nos premiers chocs !)

Ce qui contribue évidemment à une éloquence de premier ordre et imposer l'évidence du naturel.

En résumé : tout ce qui faisait que l’Ada était unique, en mieux.


Des réserves ?

Musicalement non, aucune.

A l’analyse point par point, pour autant que ça ait du sens, disons peut-être :

-    Une directivité verticale légèrement marquée ? Oui, c’est une particularité totalement assumée par les concepteurs et même revendiquée ! Nous avons eu une démonstration par changement de tweeter et de réglages adéquates et si l'écoute est plus facile, plus dans la norme, elle est clairement moins rigoureuse, moins incisive, moins engagée, musicalement un peu plus banale, la focalisation est moins précise alors que, sur le papier, le tweeter en question est plus performant.
Est-ce gênant à l’usage ? Non. Certains d’entre nous lors des tests étaient très nettement en dehors des axes et leurs remarques ou enthousiasmes ou surprises ou analyses étaient les mêmes que pour les autres. Peut-être la sensation d’une légère matité, et c’est tout.

-    Une écoute si loin de tout artifice qu'elle peut apparaître un peu janséniste en première écoute, rigoureuse, retenue.

Oui mais si près du texte, de la vérité ! Si le disque est joyeux, l’enceinte l’est, si le disque est maussade, l’enceinte l’est, elle n’interprète pas, c’est si rare, si peu dans les habitudes ! Rien de trop, rien de moins non plus. Expansive, elle sait l’être dès que le disque le demande.

-    Une si intense richesse, timbres, densité, rapidité, plénitude, sur l'ensemble du spectre, que les habitués d'une hifi triomphante trouveront peut-être trop de médium, ou pas assez de grave, ou que sais-je encore, un aigu court ?

J'ai beau ne pas comprendre ce genre de remarques qui ne se réfèrent qu'à des déformations, je sais que nous n'y couperont pas.

Les mélomanes – amoureux de quelque musique que ce soit - eux, sauront.

Nous avons eu lors des tests un instant de stupeur partagée (nous étions cinq à cet instant) à l'écoute de "das Lied von der Erde" par Klemperer, Ludwig, Wunderlich, le dernier Lied, l’Adieu.
Je possède heureusement une masterisation un peu sauvage de ce superbe enregistrement (mais je n’ai plus mon vinyle, il faut que je pense à le rechercher), la toute première, avant la manie des maisons de disque de vouloir éradiquer les défauts, ce qui se fait toujours au détriment de qualités également essentielles.

Nous avions pris l’habitude de la métallisation qui accompagne les notes portées de Christa Ludwig ou les note hautes des bois sur cette masterisation et d’estimer que si cette version est absolument magnifique pour l’orchestre et la direction, elle est un peu affaiblie par ladite Christa Ludwig qui supporte mal la comparaison avec Kathleen Ferrier dans le même opus.

Oui, mais non : tout à coup est apparue comme jamais la compréhension de la disposition si particulière dans Kingsway Hall, l’étrange distance séparant les pupitres ou les musiciens d’un même pupitre due à un positionnement à plat de l’orchestre.

Surtout, on entendait que la métallisation habituelle sur la voix de Christa L était en fait une réverbération un peu longue, qui délimitait sans l’ombre d’un doute l’emplacement de la diva, dessinait les mouvements de son corps, et sublimait son chant, en expliquait la poignante sobriété : dans une version concertante voulue par Klemperer, quasi chambriste, dégageant un espace physique et temporel à chaque musicien, un jeu d’échange, de questions et réponses croisées, Christa Ludwig assume humblement une place égale dans le mouvement, un instrument au milieu des autres, tous exemplaires alors que très exposés par l’impitoyable crudité de l’Ada, Christa Ludwig s’impose une forme de réserve tout en nuance, à l’écoute de ses partenaires et au service exclusif d’un même texte. C’était sublime, nous étions 5 à pleurer pendant la lecture de ce poème de 30 mn.

Et à nouveau l’inouïe capacité d’Ada à champlever la matière propre de chaque instrument, sculptant une signature si précise au-delà des écarts de couleurs entre hautbois et clarinette par exemple, les différentes flûtes, trombone et trompette, une subtilité qu’on ne peut pas comprendre tant qu’on n’a pas vécu cette expérience, qui dépasse l’identification par le timbre et la culture.

Autre anecdote des trois jours, j’ai voulu partager mon bonheur du Marc Ducret Tower Volume 1, d’autant que celui qui me l’a fait connaître était présent.

Une expérience rare : l’aspect sensuel des instruments, le grain fauve de l’ampli de la guitare, le barrissement métallique du trombone, moult astuces détorses du batteur que je n’avais jamais remarquées, des contretemps subtils ou glissements dissimulés articulant un ouvrage d’une inventivité consubstantielle. Mais à cela s’ajoutait une totale perception de la mise en scène, ce qui a confondu notre ami jazzman car il retrouvait la scénographie exacte du concert, notamment la façon très subtile de Ducret d’introduire ses notes tel un maître de ballet, mais aussi l’emplacement de chacun, les déplacements de corps.
Alors que nous avions déjà écouté cet opus sur un système plus ambitieux encore !

Puis nous avons passé un extrait d’Amok du groupe Atoms for Peace, nouvelle formation autour de Thom Yorke (on se demande pourquoi : quelle que soit la formation, ça ressemble à du Radiohead).

Une fois de plus c’était sidérant de précision, de netteté, de stabilité, d’impact et de sensations ventrales sans avoir besoin d’écouter à des niveaux de marteau-piqueur !

Bon, soit, c’était sur un ensemble composé d’un Eera Autographe, un V3 de ppfff et un câblage full Tim-Réf d’Absolue Créations pour des instants paroxystiques...

Et alors ? Les Ada le méritent !

Tout en sachant s’exprimer avec des amplis nettement plus modestes mais qualitatifs, tel du Sugden ou Exposure.

A ce propos, Ada est une des rares enceintes permettant de profiter pleinement de beaux amplis monotriode : elle ne pose aucune difficulté de charge ou d’impédance et sa sensibilité est élevée.

New Ada surpasse ce que nous en attendions même sur les critères que nos dernières évolutions avaient apporté à l'originale.

Bien sûr, comme c'était le cas pour les aînées, tout le monde ne comprendra pas forcément ces engins, dont le maître mot est "expressivité", vous vous en doutez (cf notre rubrique "Philosophie, glossaire") et qui ne visent ni à la flatterie ni au spectaculaire, mais beaucoup plus simplement au naturel.


Bien sûr, certains, au nom des vérités d'un bodybuildage technologique de nombreuses architectures aux muscles saillants diront « c'est trop cher pour ce que c'est », nonobstant, outre la qualité des composants hors normes, la réalité technique d'une enceinte comme Ada, la minutie d'une étude qui ne passe pas en force par des ajouts de matériaux inutiles, mais par l'ajustage des densités, collages, assemblages tout en finesse, difficiles à doser et pourtant si facilement compréhensibles quand on réfléchit vraiment à la transmission des vibrations.

Certains diront peut-être même que ce ne sont que des haut-parleurs classiques dans une bête boîte sans innovation (hello Thierry !) et que donc ça ne marche pas. Bref, la plupart parleront sans savoir, sans avoir pris la peine d'écouter avec leur cœur et leur sensibilité, là où les nombreux adeptes de l'ancienne Ada verseront une larme émue.

En ce qui nous concerne, la réponse est sans appel : compte tenu de qualités musicales sans équivalent, elles pourraient coûter le double et surtout le valoir !


Passons aux aspects plus techniques :

Quels sont les points communs et les différences entre Ada ppfff et son ainée ?

Réponse point par point (merci ppfff) :

-    la charge est une variation autour du modèle original à savoir une ligne façon TQWT mais pas accordée en 1/4 d'onde et intégrant le volume dans son optimisation. On pourrait assimiler la ligne à un pavillon mais sans chambre de compression. Le dessin de la ligne est totalement nouveau mais la fonction est la même
-    la nouvelle ligne optimise le principe de non transmission des vibrations via montage lâche et donc non communicant entre parois frontales et latérales
-    le principe des matériaux alternés est conservé
-    nouveaux transducteurs mais mêmes critères techniques : haut-parleur principal non filtré et filtrage simple du tweeter
-    HP principal fabriqué en Allemagne à bobine mobile de petit diamètre  et équipage mobile léger, saladier très dégagé, moteur Néodynium, qualité de fabrication à tolérances très réduites
-    tweeter à chambre de compression lui aussi inusité, optimisé par ppfff, filtré très haut en fréquence
-    montage du HP principal via matériau inerte
-    câblage interne Absolue Créations Ul-Tim
-    condensateurs très haut-de-gamme
-    connectique ETI Eichmann
-    finition unique, sauf demande spéciale avec délai supplémentaire et sur devis
-    rendement : 95 dB
-    fabrication française



ppfff Pandora


Pandora

 

Si vous n’avez pas lu l’article concernant Adelaïda, « entrée » de gamme de la ligne ultra Parangon de ppfff, je suggère de vous y rendre pour comprendre la brutale remise en question de valeurs acquises qui a accompagné la rencontre. Je ne plaisante pas. Je n’ai pas d’humour de toute façon.

J’ai en effet eu Adelaïda et Pandora de ppfff en résidence pendant quelques semaines, accompagnées d’un ensemble un peu hybride et cependant redoutable.

  • Platine Acoustic Solid Wood MPX
  • Bras Viv Lab Rigid Float 9’’ Carbon (une merveille)
  • Cellule Shelter (un peu faiblarde dans l’environnement)
  • Préampli phono Aurora « Suprême », une bombe atomique, le très haut-de-gamme d’Aurorasound muni de quelques options, d’un aplomb et d’une stabilité sensible intense
  • Lumin U1
  • DAC Accuphase DC37

En alternance avec

  • DAC EERA Meister
  • Préampli Grandinote Genesi (coup de coeur, je vais devoir lui consacrer un article à part)
  • Blocs Mono Grandinote Futura
  • Câbles Absolue Créations Tim-Ref et Fontainebleau

Pourquoi hybride ? Parce que j’ai éprouvé le besoin de plus côté source, je suppose.

Le Meister est un très grand DAC mais je ne l’ai pas côtoyé assez longtemps, et on a senti l’envie de plus que mon fidèle DC37. Idem pour la cellule Shelter pas à la hauteur du reste. Et les blocs Futura ne sont pas nécessairement les mieux adaptés au 94/96 dB d’Adelaïda et Pandora. Un bloc Araldo de la série Magnetosolid aurait surement permis d’aller plus loin encore, pour autant que ce soit envisageable.

 

Comme raconté pour Adelaïda, Pandora - actuel « porte-drapeau » de ppfff - n’est pas qu’une légère évolution d’AVA mais bel et bien la gifle cruelle qui fait mal.

Pandora, version « ++ » d’AVA, soit, formidable, mais pas de quoi s’inquiéter non plus, supposions-nous, sûr de nous, blasés par des décennies à faire passer des cadors de la haute-fidélité sur le grill de la musique.

Eh bien si !

Le coup au plexus est terrible. La remise en question de sa relation intime à l’art plus cinglant encore. Une mise en abime.

Aïe.

Musicalement Pandora repousse les murs, les frontières, les certitudes loin loin loin au-dessus du lot, et plus loin encore au-delà des certitudes, voire de l’imagination ou des fantasmes. Au-dessus des « vérités sanctionnées ».

Le bouleversement est-il plus ou moins acceptable que lors de la rencontre avec Adelaïda ?

Plus, parce que Pandora, dans sa plénitude absolue, est possiblement plus facile à comprendre.

Plus parce que démesure, achèvement, prix, renvoient du côté de l’intouchable pour la plupart d’entre nous.

Moins, précisément parce que nous n’y avons pas accès. Quand bien même l’excellence a enfin du sens, un peu comme lors de l’écoute des gros modèles Aries Cerat, ou le DC950 Accuphase, ou un ensemble Grandinote Genesi + Araldo par exemple, ou encore les Apurna ou CH Précision.

Mais si on sait pointer quelques électroniques à même de nous combler, combien d’enceintes qui ne soient du domaine du « Château en Espagne », cinq zéros derrière l’unité mais aussi de dimensions de citadelle, précisément.

« Et alors, de quoi se plaint-il ? Formidable, non ? »

La quête permanente, le Graal par essence inaccessible est quasiment atteint. Pour ce qu’on en sait. Ou croit.

Oui, évidemment, découvrir un objet de dimensions domestiques qui vient tacler et possiblement surpasser des grosses Cessaro, c’est absolument génial, avoir sous la main des transducteurs qui malmènent son rapport fervent à la culture, c’est un grand moment.

A condition de les avoir sous la main précisément. Et d’avoir de quoi les mettre en œuvre. D’espérer les vendre aussi. staCCato est quand même un magasin, nonobstant la passion.

Or, je n’ai pas de tels moyens. Même si je suppose que de temps en temps je pourrais organiser des « rencontres », des évènements, des « pop-up ». Valoriser des objets d’exception sans la forfanterie grotesque des modes, des nauséabondes irruptions de génie d’un monde déshumanisé. Au sens de « dépourvu d’âme ». Aucun rapport avec le sens premier du mot, mais le parallèle est joli, non ? Non ? Si.

Et surtout en ai-je envie ?

Ma passion mélomane à sillonner des musiques infinies, sans frontière ni genre, en a envie, désespérément, la soudaine exégèse d’une passion pour telle version d’une œuvre qui franchit enfin un cap où l’émotion est magnifiée de la compréhension, où l’intellect accède à la sensation, à soi seule génère un bouleversement quasi érotique d’une intensité peu commune.

Mais le pragmatisme nécessaire à l’exercice de mon métier suggère de ne surtout pas trop côtoyer ces monstres de sensibilité et panache vertueux pour éviter de ruiner à jamais ma capacité à aimer des propositions plus humbles et néanmoins riches, fécondes dans bien des cas. Préserver la prudence de ne pas approcher le paradis pour ne pas perdre ses repères. L’instant de Grâce. Protéger son repaire. Fuir la drogue d’une forme d’absolu. Savoir que ce vers quoi l’on tend existe mais hors de portée pour chercher, explorer, approfondir encore, sans cesse, sans fin.

 

Ce qui choque le plus à l’écoute de cet ensemble, outre tout ce qu’on a pu décrire dans le chapitre consacré à Adelaïda, est probablement la prise de possession physique de la restitution qui évoque l’aplomb épique des meilleurs systèmes à pavillons, nanti d’une homogénéité supérieure. Et une quintessence, voire entéléchie harmonique seulement limitée par les sources.

La perception de tension, solidité, d’un squelette en Adamantium sous une musculature surhumaine est constante du grave à l’aigu, comme issue d’une source unique qui développe une énergie titanesque pourtant frémissante, d’une finesse inconcevable, la délicatesse du frôlement d’un élytre de sensualité sur la peau d’un héros conquérant. La conséquence heureuse est une « transmutation », un bouleversement voluptueux de l’intellect  qui dépasse largement l’image ou reproduction 3D pour infuser une intimité charnelle avec l’évènement en cours, la fusion de l’instant fantasmé.

Naturelle, soit, la musique coule avec une aisance inhabituelle, mais l’immersion de l’auditeur dans un lien somatique aux musiciens vogue très au-dessus d’un concept et en devient très déstabilisante, probablement irrecevable au ressenti de certains qui n’accepteront pas forcément de se savoir autant impliqués émotionnellement, nerveusement et intellectuellement dans un rapport total à la musique, quelle qu’elle soit, sans possibilité de fuir ou esquiver.

Il y a quelque chose de troublant dans la façon dont Pandora de ppfff sublime « l’intérêt » de la musique en cours. Si mince que soit le filet artistique égaré dans un fragment de muzak, Pandora le rend flagrant, capte l’attention, une petite singularité ou finesse de production, un effet de jeu pourtant timoré, une fragile hésitation touchante, un instantané de génie, et ce sans doute grâce à une aptitude impossible sans l’autorité physique et l’hypertension à incarner la théâtralité, autre maître mot de ce que l’on ressent avec Pandora.

Les mises en scène sont immédiatement perçues, fondées, burinées, qu’elles soient naturelles ou artificielles, et révèleront ainsi des choix artistiques souvent perdus dans un amalgame plus ou moins confus, creusant parfois le silence à des profondeurs palpables insoupçonnées.

Le relief n’est pas une vaste zone indéfinie mais un étagement qui part de musiciens ou vibrations implantés en avant des enceintes – zone d’intimité quasi délictueuse - pour continuer de disposer les objets sonores un à un dans leur « air »  à divers degrés d’intervalle, tous plausibles au sein de l’environnement reproduit, en couleurs, matières, mensurations relatives, offrant une intelligibilité et une identification des instruments par le matériau ou la source électrique au-delà de la couleur, le grain au-delà du son, l’évidence au-delà du concept, supérieures à bien des concerts.

Là encore, l’entrelacement de la sensation et du concret, de l’intellect et du saisissement sybarite.

Pandora rend un hommage intègre néanmoins intégral aux artistes, relate consciencieusement et si naturellement les talents, souligne le soin ou l’absence de soin apportés à la production sans jamais négliger les vertus artistiques, virtuoses ou sensibles. Pandora vous installe dans le cadre étroit ou large du lieu vivant.

Ainsi la 4ème de Chostakovitch par Nézet-Séguin et le superbe Philharmonique de Rotterdam recouvre une dimension épique d’un souffle peu commun embellie par des effets de lumières sur les timbres et les facéties rythmiques tenues avec brio qui attirent l’attention sur ce qui pourrait n’être qu’une version de plus pour atteindre ici un degré de sérieux rare, contournant les facilités, les légères vulgarités du texte, assurance catégorique obtenue sans doute par l’indescriptible présence des musiciens, le grain des instruments se développant solidement dans un espace précis, profond, celui de la pièce d’écoute devenue De Doelen.

La lecture chambriste de la 4ème de Mahler par Gatti aux commandes du Royal Concertgebouw dépasse la posture pour fourbir moult frissons puisque tout devient si habilement surprenant, rafraichissant, aucun évènement ne laissant deviner le suivant pour tisser une dentelle d’idées toute en délicatesse sans jamais virer à la préciosité, l’équilibre est parfait, une finesse millimétrée dont Pandora révèle toute la saveur unique par des jeux de couleurs et des longueurs de notes, expirations ou vibratos nulle part ailleurs aussi sensibles ou incarnés, un grand orchestre de chambre dans des jeux d’ombres et de lumières d’une superbe scénographie.

Raconter la puissance mystique qui se dégage du War Requiem de Britten dans l’interprétation de Britten, œuvre écrite pour la reconstruction de la Cathédrale de Coventry, chef d’œuvre paradoxal en cela que Britten refuse d’exalter les hauts faits de l’armée pour au contraire dénoncer l’horreur de la guerre en liant le cérémonial romain au poèmes de Wilfred Owen, présent sur le terrain, décrit par son ami Robert Graves comme « idéaliste homosexuel profondément religieux », déterminant le regard sensible exact que Britten désirait pour cette cérémonie, est un exercice périlleux.

Mais « vivre » la puissance méditative et sombre via Pandora dépasse l’entendement, pour toucher plus loin que le cœur, l’âme, l’ontologie.

Laissant épuisé et sans voix…

Plus trivialement ressent-on comme rarement la minutie maniaque de Christophe lors de ses difficiles accouchements : « tandis que » empoigne le cœur, une dimension sensible qui secoue les plus endurcis ou les plus indifférents (je le sais j’ai tenté l’expérience qui m’a coûté une fortune en mouchoir). Le dosage d’alchimiste des instants voulus par le vieux rocker joue sur une ligne exquise (ces petits éclats de guitare funk) qui insuffle à un texte pas totalement inspiré une poésie amoureuse digne d’un grand roman, portée par un chanteur convaincu, dont la nostalgie prend au collet car Pandora l’expose impudemment, l’installe devant nous dans un instant d’intimité perturbant.

Arthur H révèle une voix d’anthologie dans « la boxeuse amoureuse » où toute note (quel piano entre autres) qui l’accompagne vient établir une particularité de vibrato ou une densité organique dans les aigus qui le propulse vers les sommets et là encore la boîte à mouchoir fond. L’artiste, cette fois encore, est plus grand avec Pandora.

Une production plus « dépouillée » comme « les Paradis Perdus » par Christine and the Queens prend des proportions d’engagement qui abasourdissent, et la disposition des instants prenant corps sous nos sens ébahis dépasse sans aucun doute ce qu’a jamais pensé archiver l’invective Christine.

Et ça rien que pour le quart d’heure français.

La BOF d’Arrival nous a tous sidérés (nous étions 6 à ce moment précis) où First Encounter revêt un cœur énergétique effrayant, une affirmation glaçante et pourtant somptueuse et merveilleuse, un choc sépulcral d’intensités paradoxales, ces frissons qui probablement nous saisiraient tous si nous étions devant une créature intersidérale, faits de peur et d’admiration, de terreur et de gratitude ! Les battements lents et sourds de l’orchestre et échantillonnages, avec Pandora si florissants en harmoniques troublantes, installent un climat oppressant et formidable, pour mieux enfoncer le clou dans le cœur lors des clusters abyssaux habités d’une impensable quantité de vibrations mates. Muets de saisissements, ce partage musical dépasse largement les images du film pourtant plutôt réussi.

Keith Jarrett, Survivors’ Suite, à la demande d’un client, en vinyle (pressage d’époque), révélera aussi la justesse phénoménale de l’Aurorasound Vida Suprême.

Le silence gorge serrée en disait long sur l’envoutement embastillant les 5 auditeurs (pas les mêmes) durant la première face, à l’issue de laquelle, passés les soupirs muets et épuisés par le tourbillon bouleversant d’une expérience diabolique, la force de la concentration émotionnelle que Pandora « exige », nous passerons le seconde mais non sans avoir demandé à mes hôtes de s’exprimer. Je m’en veux vraiment de ne pas avoir enregistré, ni même noté, les ressentis des uns et des autres car jamais je n’ai entendu de commentaires d’une telle altitude, fortune des images, poids des mots, subtilités des esprits, pour éclairer cet instant surnaturel qui unit quatre musiciens épanouis par la complicité, nouvelle démonstration holistique si nécessaire.

La présence naturelle et phénoménale du jeu de Haden dans sa dimension, son boisé et lyrisme, le génie négligé de Redman (père) qui éclate ici, sans l’ombre d’un doute, inventivité volubile, fantaisies de timbres, folie free si ingénieusement maîtrisée qui incitera sans doute Jarrett à recruter Garbarek pour retrouver litanie et sensibilité avec un son aussi immédiatement identifiable, ne pas être en reste. Motian, évidemment, au toucher si reconnaissable, sa frappe parfois glissée dans un swing en évolution permanente est mythifiée par Pandora, la tension inouïe des peaux sous les variations, couleurs, ambiances et incisions d’un des plus grands batteurs de jazz, mélodiste et coloriste en diable.

La facétie de Doug Hammond dans Laughing Time éclate comme jamais, le talent groovant à la batterie, la narration détachée du vieux routard du jazz sort de la posture pour basculer vers l’affirmation d’un frondeur malin, le tout sous un swing digne d’un spicilège d’élite.

Black LakeBjork jette son cœur, ses entrailles dans l’arène musicale, sur les longues vagues infléchies comme jamais par l’inimitable mouvance d’ondulations mélodiques que révèle Pandora en creux, dans des distinctions de couleurs et matériaux inconnus, et puis ce petit chef-d’œuvre dans l’œuvre, l’énervement rythmique porté par des syncopes vocales masculines, quelques secondes de génie pur dans un titre pourtant générateur d’émotions complexes ici épurées par le noyau humain qui les animent.

L’exercice d’un Led Zeppelin est une expérience intéressante car on se retrouve exposé aux choix de production d’une époque qui ne pensait pas à la haute-fidélité telle qu’on la conçoit aujourd’hui, mais plutôt à ceux qui écoutaient sur des tourne-disques. Productions soignées, soit, mais qui ne dégueulaient pas le « bon grave épais » de nombreuses propositions actuelles. Or, passées quelques secondes pour se caler sur la « maigreur », non ce n’est pas le mot, je ne trouve pas, tant pis, en tout cas ce bas du spectre non enrobé ou bodybuildé ni par la production ni par le système si rapide dans le bas, on découvre un plaisir sans nom à respirer la rythmique, les triolets de grosse caisse, les frasques costaudes de la basse, pour ne parler que de ça évidemment, une offrande mélomane qui plus que jamais précise combien Led Zep a inventé, n’en déplaise à certain qui les considèrent comme des grands récupérateurs (je me souviens d’une discussion épique avec un détracteur cultivé qui restait malgré tout à la surface de la lecture de Led Zep. Que ne les a-t-il écoutés sur Pandora).

Idem pour The Cross de Prince (en vinyle, pressage d’époque), où les premières notes de guitare distordues toupillent malicieusement, injectant sous l’épiderme une onde de sensualité pure alors que la chanson est somme toute assez sombre ou dramatique et surtout « spirituelle » ; la suite du morceau révèle plus que jamais un chef-d’œuvre d’intelligence articulé par la batterie sèche ou en glissement de Sheila E dont le talent flagrant est de faire Tchac-Poum avec génie.

….

Je pourrais continuer longtemps, car chaque disque devient un évènement poignant, captivant, fructueux grâce à ce «Grand Casque» qu’est Pandora.

« Grand Casque », c’est l’expression choisie par l’un des auditeurs pour qualifier l’immersion totale, la contiguïté, sensation qu’il n’y a plus de distance, plus d’écran entre la musique et soi.

Bien sûr, Pandora n’est pas seule dans cette quintessence émotionnelle, l’ensemble Grandinote parachève l’absolue, c’est vrai. Mais pour avoir aussi écouté cet ensemble sur d’autres enceintes haut-de-gamme qui n’ont pas apprécié l’épreuve, submergées, dépassées, nous savons avec certitude qui fait quoi dans l’équation lyrique.

Un autre auditeur, à l’issue de Survivors’ Suite, compare l’écoute proposée par Pandora à l’instant privilégié du concert, se demandant d’ailleurs s’il pourrait vivre avec un tel système, ramenant le moment du disque à une parenthèse unique, s’opposant à l’après-midi où l’on passe d’un disque à l’autre, d’un morceau à l’autre, d’un genre à l’autre, par rebonds, par évocation d’un instant qui renvoie à une nouvelle idée, une envie dépenaillée. L’écoute de disques prenant au contraire l’unicité du concert, par essence non reproductible strictement à l’identique. C’est ce que j’appelle la révolution culturelle.

Puis le même quidam se rend compte que par ailleurs, il aura aussi du mal à rallumer sa chaîne pourtant excellente avant plusieurs jours, parce que quand même, Pandora de ppfff  est une expérience radicale de ce point de vue.

Bien sûr, les disques décrits ci-dessus, nous les connaissions (en tout cas moi), les aimions déjà, avions déjà vibré en les écoutant à un instant ou un autre, peut-être même sur un autoradio. Aussi est-il difficile de définir le décalage définitif que Pandora engendre dans la connexion à la musique, soudain si évident, qui rappelle les grands moments dont la nostalgie inévitable enchevêtre sons, sensibilité, parfums, émotions, humanité, que j’ai pu connaître en tant que directeur artistique, où l’on participe à quelque chose, un instant de création, plus ou moins actif, plus ou moins officiellement investi mais inévitablement concentré, intéressé, concerné.

Pandora, comme Adelaïda, c’est ça : une invitation à prendre part !

Recevoir dans ces conditions, c’est créer, car l’émotion est créatrice comme la mémoire est imaginative !

La fin de la passivité comme dirait l’autre.


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