événements

mais toujours à part


janvier 2022

 

Staccato fait peau neuve.

 

Oh, l'état d'esprit n'a pas changé, mais on avait envie de renouveler l'espace.

Nous l'avons fait. Nous sommes heureux.

 

J'espère qu'il vous plaira aussi.


Avantgarde Duo


Présentation d'un système exceptionnel chez Green*K Design

Pendant 1 mois, tous les vendredi et samedi à compter du 17 janvier.

En présence de François Gourdain (Esoteric-Synergie) le premier week-end

- amplificateur Esoteric Grandioso F1 en pure classe A : 30.000,00€

- horloge Esoteric Grandioso G1 avec coeur Rubidium (Rb) : 30.000,00€

- lecteur SA-CD Esoteric Grandioso K1X (ZE nouveauté) avec mécanique propriétaire

- Esoteric VRDS Atlas et DAC propriétaire Esoteric MasterSound Discrete DAC : 40.000,00€

- enceintes Avantgarde Acoustic Duo XD : 33.000,00€

- câbles Wing en avant-première


Accuphase en vedette


En vedette pendant quelques semaines, nous proposons l’écoute (sur rendez-vous) d’un ensemble Accuphase de haute tenue.

 

  • Le DG 68, ce formidable (unique !) Analyseur/Correcteur paramétrique entièrement numérique 67/80 bandes par DSP ultra haute vitesse

A savoir que cet appareil est aussi un convertisseur comparable au DP570, mais qui, via les bon réglages du système correcteur prend une tout autre dimension.

Cet appareil peut aussi recevoir des sources analogiques qui bénéficieront alors des corrections – abusivement appelées acoustiques – plus ou moins abouties, selon la minutie que l’on accordera au réglage, des réactions de l’enceinte dans la pièce, voire, au risque d’aller trop loin, de l’enceinte elle-même.

Un réglage fin améliorera l’interface enceinte / pièce ainsi que les problèmes de phase induits.

On a vraiment l’impression alors de progresser de plusieurs crans en qualité de conversion. C’est génial !

On peut aussi utiliser un convertisseur extérieur, et, si c’est un Accuphase (l’extraordinaire DC1000 ?), sans aucune perte via la liaison HS Link.

 

  • Le C2850, certes récemment remplacé par le C2900 mais qui n’a pas à rougir alors qu’on peut faire une excellente affaire puisqu’il en reste quelques-uns, neufs, disponibles pour réaliser une belle affaire
  •  
  • L’A48, ampli de puissance pure Classe A, qui sait développer la fougue énergétique des Accuphase avec la douceur de grands amplis à tubes.

 

Et pour tous, la qualité de fabrication inimitable qui confirme qu’on en a pour son argent.

 

Sur la photo, l’ensemble est présenté avec les Symphony 13 de hORNS.


JPO E800 + Genuin Drive


Les Journées Portes Ouvertes des 6 et 7 mars 2020 :

 

Tout d’abord, je tiens à remercier les visiteurs qui, comme toujours, ont été attentifs, curieux, intéressés et courtois.

Un grand merci à Serge de Megadisc Classic qui nous a aussi fait connaître la remarquable platine Genuin Audio Drive intégrant bras / cellule / préampli phono. Une platine de grande classe !

Un grand merci à David qui, outre la star du jour, l’intégré Accuphase E800, nous a aussi apporté un ensemble Chord le Drive / Up-scaler Blu MKII et DAC Dave.

Un ensemble que je vais apprendre à mieux connaître, car il semble explorer la musique avec beaucoup de minutie.

N’oublions pas les sublimes DAC EERA Meister et Majestuoso sur lesquels les présentations numériques ont majoritairement eu lieu, comme prévu.

Evidemment, tous ces formidables appareils ont pu librement s’exprimer grâce aux incomparables enceintes AVA de ppfff.

Dérogeant un peu avec nos habitudes, nous avons utilisé des câbles Wing dont nous aurons sûrement l’occasion de reparler !

En ce qui concerne la platine Genuin Audio, vous pouvez vous référer à l’article publié par le site « lebeauson ».

https://lebeauson.fr/a-l-oreille/144-genuin-audio-platine-drive-bras-point-cellule-sting



apurna


 

Juillet 2018

 

Mi-juillet, nous avons eu le privilège d’une séance d’essai clairement hors normes, chez nous, à la maison. Enfin presque : staCCato. Ma seconde maison. Et puis chez Green*K design aussi. Ma troisième maison ? Euh…

Au programme, une rencontre au sommet :

Les blocs Apogée d’Apurna sur les « enceintes » Pandora de ppfff.

Bon, énoncé comme ça, ça peut aussi faire sourire : qu’est-ce que c’est que ces noms ?

Je voudrais vous y voir…

Ceci dit, la hifi nous a habitués à bien pire.

Pandora de ppfff, on ne revient pas sur la description, vous pourrez vous référer à leur présentation dans la catégorie « transducteurs ».

http://www.staccato-hifi.fr/actu-staccato-hifi/marques/transducteurs/ppfff-pandora/#consulter

Apurna, vous en avez forcément entendu parler. Peut-être avez-vous ri ou grogné ou relu trois fois en découvrant les prix affichés qui propulsent quand même les objets dans la stratosphère.

J’y ai moi vu une marque française qui ose enfin l’ultra haut-de-gamme, ce qui en soi est plutôt rare ; et qui s’évertue à réunir tous les moyens et ingrédients pour percer sur des marchés exotiques du luxe et de la performance, dynamique plus rare encore.

C’est quand même un constat déprimant que la haute-fidélité française manque à ce point d’audace, se contente d’un milieu de gamme pourtant encombré, sans parler d’objets qui sont des copies de copies de kits. Syndrome Renault / Peugeot (pas le côté kit, n’exagérons rien) ? Dans le pays du grand luxe ? Curieux non ?

Focal avec les Grande Utopia me direz-vous ? Oui, certes un contre-exemple mais issu de l’industrie comme une pensée de logique montante de gamme, réclamant un porte-étendard, excellence technique affirmée haut et fort, soit…

ppfff ose avec sa gamme Parangon, Askja ose tout seul et Apurna donc. Mettant sur la table de nombreux arguments forts.

Et tant pis pour ceux qui ricanent ou secouent la tête, les goguenards.

Le projet Apurna est celui d’un couple, Catherine et Franck Borne. Derrière « un couple » j’évite d’ajouter « de passionnés » parce que franchement ce n’est pas original, d’autant qu’on peut être passionné et incompétent. Ils décident de réaliser le rêve que monsieur caresse depuis des années : proposer un ampli de référence.

M. Borne n’est pas le seul à l’avoir envisagé, mais lui part avec un beau bagage scientifique : son projet est basé sur un grand savoir technique enrichi au fil des années par des réalisations poussées dans le domaine de l’aéronautique et du spatial, la société et les collaborateurs qu’il dirige étudiant souvent les « moutons à cinq pattes » pour des clients intransigeants qui ne peuvent pas plaisanter avec la vie de milliers de passagers ou les milliards d’une fusée.

Ainsi est prise la décision de capitaliser la somme de connaissances acquises dans les deux domaines, l’autre étant celui de l’amplification audio par des essais et approches à temps perdu menés depuis trente ans.

Trois ans et demi de R&D plus tard apparaissent les premiers blocs, une partie de la R&D ayant été dévolue à l’esthétique des objets, formes, finitions de sobres à fantaisistes mais toujours élégantes, détails obsessionnels (aucune vis apparente, mais une vue sur les arcanes de l’appareils merveilleusement disposées, comme une petite ville, où s’opposent le noir des composants au doré des circuits et connexions) ou encore la télécommande « flower power » voulue féminine.

Lorsque notre curiosité a été attirée la première fois sur ces objets, nous sommes allés voir le site et avons été plutôt perplexes devant le « look » des machins qui faisaient très « m’as-tu vu ». Même l’empilage d’une foule de modèles à Munich ne leur rendait pas vraiment hommage.

Cependant, pour les avoir déjà rencontrés chez un collègue, je savais qu’en situation, ça avait une tout autre allure. Et même du charme avec un petit côté « cabinet de grand-mère » (euh : je parle du petit meuble de luxe à compartiments ou tiroirs fermés de portes…). Ne serait-ce que parce que les blocs sont nettement plus compacts que ce qu’on imagine via les photos.

En vrai (ça se dit, ça ?) les proportions fonctionnent admirablement.

Et le fait de présenter systématiquement des finitions différentes (pour les démos bien sûr) rajoute au charme.

Nous avons pu le vérifier chez staCCato et Green*K.

Il faut être honnête, c’est même plutôt beau. Surtout posés au milieu des Pandora de ppfff : on a l’impression que les objets ont été dessinés les uns en pensant aux autres.

L’ensemble est d’un chic rare.

Cette fois le bloc du bas, enclenché sur un socle inox impeccablement vernis, est en acajou laqué, un superbe acajou fil sans rapport avec ce qu’on en connaît le plus souvent.

Le bloc supérieur est en cuir blanc avec inclusions de feuilles ou pétales colorés sur le tiers bas de l’objet, comme soulevées suite à un coup de vent ; c’est facétieux et délicat. Lui aussi vient s’enclencher sur les amarres adaptées.

Je n’ai pas fait de photos, comme d’hab ; dans mon petit audi, ça n’aurait pas donné grand-chose. Merci Philippe d’avoir osé.

La mise en route des Apogée « anime » le gros cercle central de l’appareil faisant apparaître un « flocon » de neige en transparence devant une lumière diffuse. L’effet pourrait être kitsch, mais non, pas du tout, c’est même plutôt touchant. On cherche chacun de son côté ce que ce gros œil de cyclope évoque. Le Nautilus ou La Guerre des Mondes, qu’importe, là encore une idée en apparence rococo qui donne un effet bœuf. Bravo. On souhaiterait pouvoir l’éteindre, je suppose, en usage domestique. C’est prévu, je crois.

Nous utiliserons pour les essais un DAC Accuphase DC37 (je ne dispose pas du Majestuoso Eera en ce moment) et un ensemble platine MPX + Vivlab Acoustic Float Carbone + Aurorasound VIDA Suprême pour les essais, ensemble câblé en TIM-Ref Absolue Créations.

La proposition d’Apurna de faire exister ses blocs en version ampli de puissance ou intégré est une excellent idée, je ne suis pas mécontent de regrouper les fonctions tant que ce n’est pas au détriment de la qualité finale. Et puis on simplifie le câblage.

La disposition des IEC choisie par Apurna ne permet pas d’utiliser nos câbles secteurs habituels ; il faudrait soit faire modifier la prise sur les câbles soit utiliser le raccord que propose Apurna mais dont Bruno ne disposait pas ce jour-là. En tout cas, ça existe !

Les premières minutes sont un peu décevantes, mais surtout pas de conclusion ! Allons refaire le monde autour d’un bon repas, on écoutera plus tard…

Au retour d’un sobre déjeuner, c’est déjà beaucoup mieux. Je commence à retrouver ce qui m’avait quand même grandement impressionné, il y a quelques mois, sur des AVA chez 080

… Et à l’arrivée du voyage en musique (oui j’anticipe ! L’impatience, que voulez-vous…), système bien en place, épanoui et ouvert, il n’y aura qu’un seul mot :

… !!!!

Ben oui : parfois les mots me manquent. Incroyable, non ?

 

Les prix sont stratosphériques mais, une fois n’est pas coutume, le résultat aussi.

Un système de grande classe, probablement insurpassable sur de si nombreux critères ; comme par hasard - et ce n’est pas un hasard - ceux qui contribuent à raconter la vérité pure.

 

Reprenons dans l’ordre émotionnel.

D’emblée, nous sommes séduits (saisis ?) par l’hyper précision des détails, la méticulosité mélodique, la rigueur de la scène, mais Emmanuel (ppfff), en position centrale, regrette le manque d’air, et moi je suis mal à l’aise par l’impression que les timbres sont simplifiés.

Toutefois, le contrôle est tel, sensation d’une mise en place bétonnée d’une intensité sans équivoque, ponctualisation, modulations fines, fermeté sur l’ensemble du spectre qui propose une lisibilité laissant tous les spectateurs interdits, vont si loin que je tarde un peu à décider que quelque chose ne me convient décidément pas.

Or ces timbres fades (tout est relatif) et le côté un peu étriqué (tout est euh… relatif, oui, je l’ai déjà dit) ne correspondent pas à ce que j’avais écouté il y a quelques mois sur des AVA.

Aussi je suggère d’inverser la phase secteur des amplis. Nous avons certes respecté la phase théorique, mais l’expérience a prouvé depuis longtemps que la phase théorique est… Comment dire : relative ?

La manœuvre est bénéfique : certes, nous retrouvons les imperfections de ma pièce, un peu moins contrôlée semble-t-il, mais ce n’est pas l’explication, non non ! : la localisation des objets sonores paraît moins incisive que précédemment tout simplement parce que la sensation de finesse est soudain parachevée et complexifiée par des réverbs longues empreignant l’espace d’une notion de salle d’enregistrement clairement plus explicite, des variations d’amortissement de notes plus sensibles encore qui vont évidemment dans le sens d’une éloquence supérieure ; et l’air, la respiration, les couleurs et nuances idoines jaillissent, foisonnants et emballants, impliquant des diversités de swing qui n’étaient pas tout à fait là auparavant, ce dont on ne pouvait se rendre compte puisque c’était déjà copieusement luxuriant.

Après les superlatifs les pléonasmes ! Preuve qu’on a été secoués quand même…

Le swing ? Oui, et quel swing ! Quels swings plutôt : l’ensemble Apurna / Pandora est à même de délier des écheveaux complexes, permettant à l’esprit de surfer dans des croisements rythmiques et harmoniques en totale délectation, transe communicative par l’évidence du message amalgamée à la charge émotionnelle, un balancement lascif ou percutant accointé à l’émerveillement de se sentir plus impliqué et possiblement plus pertinent. Oserais-je dire plus intelligent ? Oui : l’enrichissement culturel est au rendez-vous de la coda !

Nous connaissions la capacité de Pandora à réussir ce lien entre intellect et désarroi, les blocs Apurna subliment si possible cet accord puissant, cette plénitude charnelle.

Bruno (Apurna) n’est pas loin d’admettre, d’ailleurs sans fausse pudeur, que l’association Apurna / Pandora rehausse grandement ce qu’il connaissait de leurs appareils alors que nous sommes d’accord que les sources ne sont pas à la hauteur (un Meister Eera, un B Audio ou encore un DC950 en numérique et une meilleur cellule en vinyle nous auraient probablement pétrifiés… Médusés ? Paralysés ? Euhhh… Terrifiés ? Je cherche, je cherche mes mots)

Emmanuel est transi (encore un qualificatif), Philippe (Green*K) ému (faible… Affecté ?), pour ne pas dire bousculé. De mon côté je me dis que ces gens (Apurna et ppfff) doivent comprendre qu’il leur faut réunir leurs efforts, voguer ensemble à la conquête des marchés exotiques. L’ensemble atteint l’absolu, personne ne pourra le nier.

Parce que faire des objets luxueux dont la présentation peut évoluer en s’adaptant à tous les caprices, c’est bien mais si ces objets transcendent l’espace musical, c’est mieux non ? Or qui d’autre que ppfff et Apurna peuvent se vanter de regrouper ces valeurs ? Et dans un encombrement même pas cinglé qui plus est.

Dès lors le prix n’est plus un problème s’il a l’exception, l’unicité pour objectif.

Nous entendons via cette combinaison un épanouissement d’informations que nous ne pouvions même pas deviner auparavant, au service de la gloire harmonieuse évidemment. C’en est même d’autant plus perturbant que précisément les sources sont un peu en dessous. Et que nous savons fort bien tout ce qu’on pourrait gagner avec des câbles Tim-Signature par exemple. C’est très difficile de décrire l’infinité de petits déhanchés mélodiques et harmoniques, comme en filigrane, qui pétillent derrière ou autour des lignes majeures, déjà seulement plus ou moins bien décryptées par des systèmes indignement ambitieux. Et ces pépites souvent égarées ou décalées fondent en coulée d’or des plus pures dans les intonations, pastellisations ou éclats des musiciens.

Vocalité supérieure, sens du grain affiné à l’aune des spores, de la matière tangible, caresse sensuelle et coup de poing percutant, chatoiements bigarrés ou carnations diffuses, tout est possible, magnifiant la prise de possession de l’espace par les Pandora.

On a l’impression d’un ensemble à même de réaliser un agencement ou plutôt un accomplissement de ce que nous avons aimé à divers moments, dans des combinaisons formidables mais hybrides par comparaison :

Tel grand moment lors de la découverte des extravagantes Anima de Tune Audio portées par les splendides (musicalement) Aries Cerat.

Grande Castine (hormis le grave) transfigurées par le VAN ppfff

Les Living Voice Vox Olympian amplifiées par de très beaux Kondo quand même un peu à la peine.

Les Wilson Benesh Cardinale encadrées par une bordée de CH Précision.

La rencontre (le choc) avec le DC950 sur les AVA.

Ou la formidable combinaison de Munich (la plus homogène à ce jour ?) : Eera Meister (on a hâte de le tester à fond) + Grandinote Genesi & Futura sur Pandora, le tout confié à un câblage intégralement Tim-Signature

 

Dans une terminologie plus hifi (pas trop notre truc pourtant), grave et extrême grave, livrés avec une vigueur de titan, sont d’une plénitude de couleur, de grain, de modulation que, pour le compte, je n’ai jamais connue. C’est évidemment un bonheur lorsque les déploiements harmoniques n’atrophient jamais le lien entre eux, une expérience en l’occurrence unique, sauf peut-être une fois sur une enceinte expérimentale (et réussie) basée sur un pavillon arrière…

Bien que n’étant pas fan de ce genre de démo, j’ai essayé un difficile disque d’orgue contemporain, une œuvre par ailleurs profonde, effrayante, douloureuse, jouée sur un orgue de conservatoire dont les timbres ne sont les plus aboutis qu’on puisse rêver. Qu’importe : l’intensité dramatique est à son comble grâce à la combinaison Apogée / Pandora qui différentie clairement ce qui appartient à l’air traversant le tuyau et ce qui en sort dans son développement naturel. Or, cette œuvre (La Trahison de Judas, Jacques Pichard, j’ai oublié de le dire) s’appuie sur deux « excès » : un déferlement sonore d’une rare férocité douloureuse, et un long mouvement progressif, englué, joué au pédalier, qui submerge de plomb les épaules du pêcheur. On profite à fond du double tableau : la scène ne tremble pas quand déferlent les hurlements de la folie, et les évolutions sur le pédalier font vibrer les organes par une accessibilité impeccable des tréfonds sonore ou de l’âme.

Sur tout type de musique, la scène - elle sculpte l’espace avec une stabilité que seules quelques toniques de pièce, clairement isolées et donc nettement moins gênantes que d’habitude, peuvent contrarier sans gravité - et l’image sonore prouvent un accomplissement qui repoussent plus loin encore ce qui nous émerveillait déjà sur les Pandora, accompagnant une tenue sur les signaux les plus faibles qui ne se délestent pas d’une once de chair et densité, incitant à penser que nous avons affaire à de la classe A. Même pas : alors que l’ampli délivre plus de 400 W, il préserve la sensibilité, la même structure hadale des notes et impacts ou soutiens sur les instants les plus ténus, ne déviant jamais de la probité, et amenant Pandora plus loin encore dans l’évocation d’un système à pavillon, avec l’exaltation harmonique, la cohérence en plus.

Car la particularité de ce que nous entendons, certes appartenant grandement à Pandora, est la qualité de discipline constante sur la totalité de l’immense ambitus ! Permettant d’isoler clairement les toniques de pièce, gommant ce que nous pouvions envisager comme des petits défauts de l’enceinte ; elle définit, du grave à l’aigu, une réceptivité fascinante dans les plus infimes variations de timbres ou rythmes.

Or, si cette notion de tenue est souvent employée pour définir un contrôle du grave, elle est ici flagrante jusque dans le haut du spectre. On peut connaître cette sensation sur des tweeters à compression mais décolérée du reste du spectre, sauf sur des beaux systèmes à pavillon particulièrement réussis (je pense ici à Vox Olympian de Living Voice dont la mise en phase est un modèle du genre). Pandora matérialise un aigu qui a le corps de ce genre d’enceinte ou de tweeter mais dans une intégrité idéalement homogène sur l’ensemble du spectre, comme un seul HP parfaitement linéaire, même dynamiquement. Or, les blocs Apogée d’Apurna vont soutenir cette compacité vibrante par des circonvolutions harmoniques aussi charpentées que lumineuses gravant une corpulence constante, un noyau égal aux notes à tout instant, tout niveau, de décibels ou de complexité.

Et c’est probablement cette partie de l’expérience qui définit clairement en quoi ce système bouleverse les normes : le centre de gravité, tonal, physique, corporel de la musique, est parfaitement probe, concret, palpable, le cœur gros et l’ardeur vibrante.

Bruno est enthousiasmé par tout ce qu’il entend, des musiques aussi différentes que possible, sans tomber dans la facilité du trio dépressif ou de la « chianteuse » de jazz ou du classique de la pop qu’on connait par cœur et qu’on n’écoute plus (hélas), autant de scies qui passent partout, n’ayant jamais ressenti, de son propre aveu, que la reproduction musicale pouvait atteindre un tel degré, l’émotion partagée devenant alors un bloc qui ne se détaille pas. Il a certes connu de bien belles écoutes (il cite prioritairement les AVA de ppfff et les MBL 101E MKII qui l’ont particulièrement impressionné) mais en admettant que la richesse expressive, le naturel et la précision de scène et des étagements sont en dessous de Pandora. Diplomatie ? J’en doute.

Emmanuel et moi, au même moment, éprouvons le besoin de dire que nous n’aurions sans doute jamais cru, il y a quelques années encore, pouvoir autant apprécier une électronique à transistors pour en avoir eu une flopée entre les oreilles.

Mais honnêtement, Grandinote, CH Précision, Apurna, nous obligent à reconnaître que, quand c’est bien fait, franchement, ça marche. Je parle d’exception, vous l’aurez compris. Bien sûr d’autres amplificateurs permettent de vivre agréablement en musique. Là c’est autre chose. Un cap difficile à concevoir mais aussi sublime que le choc face à une grande, très grande œuvre d’art.

Certes, la restitution proposée ce jour-là peut manquer, comme ça, à froid, un brin de magie qu’on a pu croiser parfois, à supposer qu’elle ne soit pas artificielle, mais Emmanuel et Philippe, puis Yves un peu plus tard, ému, secoué, enthousiaste, s’en passent aisément devant le constat d’une indéniable vérité, et de mon côté je n’ai pas de doute que la source permettrait sans aucun doute de la retrouver, cette petite folie perdue tant il est facile de séparer qui fait quoi dans cette configuration :

  • l’absolue vérité de l’ensemble ampli / enceinte
  • La limite de transparence pure des sources, un peu simplificatrices à l’aune du reste du système
  • Les coquetteries de la pièce, assez peu gênantes au fond dans cette configuration
  • Et l’intuition de ce qu’un cran de plus en câbles, traitement secteur ou autres pourrait encore apporter.

C’est le point noir de cette journée : l’évidence que nous sommes contraints d’aller jusqu’au bout. Meilleur DAC, meilleurs câbles (attention, nous partons déjà de loin. Simplement un tel ensemble réclame plus), une mise en œuvre plus poussée pour atteindre l’entéléchie.

Une réserve ? Oui et non.

  • Non. Non parce que les Apurna ont raison. Eh oui, c’est comme ça.

Ainsi avec les Apogée d’Apurna va-t-on plus loin encore dans le constat de l’évidence déjà décrit dans les articles sur Adelaïda et Pandora, une compréhension plus fine encore, une maîtrise du sujet aboutie, creusée dans le coeur, obsédante. En effet, comme je l’ai expliqué dans l’article sur les Adelaïda de ppfff, quand un appareil de reproduction sonore a raison, le nier s’apparente à la mauvaise foi. Bien sûr, on a parfaitement le droit de préférer une concession arrangeante !

  • Oui. Oui parce qu’en l’absence d’une source d’exception (je veux dire à la hauteur), la tension permanente d’une reproduction au cordeau, sur le fil, sur le nerf, fait un peu regretter certains instants de lien organique que nous avons pu connaître parfois, même si pas tout à fait justes.

Pour autant, l’expressivité est au zénith !

Est-ce lié à la rapidité ahurissante ? Laissant Bruno pantois qui n’avait jamais connu une telle réactivité, « dynamitant » chaque signal, distillant cependant la dynamique avec une sérénité qui la rend moins spectaculaire que parfois mais si vraie, décantée de toutes scories ou flottements. Honnêtement, je me demande si l’Apogée n’est pas l’ampli le plus rapide que je connaisse, procurant une minutie aux musiciens qui est franchement inhabituelle. Car bien évidemment telle vélocité dénoue aussi impeccablement les fins de note, leur procure une ductilité pleine et frémissante.

L’éclairage est intégral, honnête, sans une once de variation, mettant à nue la pudeur ou l’impudeur des sources et, mieux, des artistes d’autant plus humains qu’ils sont faillibles. Eux-mêmes ne se sont évidemment pas entendus comme nous le faisons ce jour.

Ce qui pose une question intéressante sur le regard qu’ils portent sur leur propre travail. Certes, ils savent, mais n’iraient-ils pas plus loin dans leur approche, leur exigence, leur inventivité sur un système tel qu’Apurna / ppfff qui leur rend un hommage dévot mais ne leur fait pas de cadeau !

 

CH Précision, Grandinote, Apurna : que de découvertes en quelques années.                                

Etablir un palmarès entre ces objets d’exception n’a pas vraiment d’intérêt ni de sens.

Je garde un petit faible pour Grandinote, pour moi de l’ordre de la relation passionnelle, un lien personnel, affectif, la petite note de poésie justement.

Un ensemble CH Précision complet (DAC, horloge, préampli et ampli de puissance) fausse un peu l’éventuelle comparaison par les performances remarquables, supérieures du DAC + Horloge, et il se peut que l’ensemble crée un lien organique à la musique plus plein. Bien sûr, je n’ai pas écouté cet ensemble sur des Pandora. Pour autant, on finit par savoir : en toute objectivité, l’Apurna a raison, plus constant, sur le fil, plus droit, plus rigoureux, il va tout simplement plus loin, nettement, objectivement, sans humour ou état d’âme. Peut-être parce que le créateur ne s’est rien interdit, n’a pas fait de concession acceptant que le prix d’un tel appareil n’a que le sens qu’on lui donne, le plaisir de la différence dans le respect de la vérité. D’autres l’ont tenté avant lui, mais sans le même talent.

La hiérarchie est donc respectée, la facture finale est fondée aussi bien sur un plan d’expression musicale que de rapport à la conception de l’objet : les Apurna se démarquent nettement par les propositions de finitions, par l’architecture générale, par les performances de toutes sortes.

Apurna ampli idéal ? Peut-être, mais attention : l’ampli ne fait pas tout ! Ni la source, ni les enceintes, ni les câbles…

La dernière partie de la journée s’est conclue chez Green*k où nous avons branché, par curiosité, les Apogée sur des enceintes réputées pas faciles à driver. A priori le terrain d’excellence des amplificateurs Apurna.

Mais le résultat s’est avéré décevant, moins bon qu’avec un (excellent) amplificateur à 4500 €.

Pourquoi ? Parce que les amplificateurs submergeaient les enceintes, les mettaient à genou, les éreintaient.

Une excellente leçon : vouloir tricher ne sert à rien et aucun des éléments d’une chaîne ne peut outrageusement surpasser les autres. A l’encontre des pensées communes de la hifi, il ne s’agit pas de complémentarité, mais un appareil foncièrement supérieur détonne, enfonce le clou de la médiocrité ou des limites environnantes.

A bon entendeur.

Alors, un bravo d’or pour les Apurna ?

Non : de diamant !



Pascal Louvet Isis IIR en résidence


Nous avons en résidence en ce moment les très intéressantes enceintes ISIS IIR de Pascal Louvet.

 

Un banc d'essai a été publié sur le nouveau et très beau site Le Beau Son (www.LeBeauSon.fr) et, une fois n'est pas coutume, nous le reprenons mot pour mot. Voir le lien ci-dessus ou le copier ci-dessous...

www.lebeauson.fr/a-l-oreille/85-a-nos-oreilles-pascal-louvet

Ce site va me rendre paresseux...


CPR JPO APURNA et ppfff


Les Journées APURNA & ppfff

Les 23 & 24 novembre 2018, nous avons eu le bonheur de présenter un ensemble de haute volée, que dis-je : de très haute volée, du côté de la suprématie, autour des luxueux amplificateurs du « joaillier » français APURNA et des géniales enceintes des « artistes » de ppfff.

Tout d’abord merci à Franck, le talentueux et méticuleux concepteur des amplificateurs sans équivalent d’APURNA, homme humble, attentif aux questions et à la perception des visiteurs de la démarche hors norme d’APURNA.

Merci à Francesco, le directeur commercial de la société qui, sillonnant les routes du monde entier, a trouvé le temps de poser ses valises quelques jours pour nous honorer de son bel accent, sa culture raffinée et sa curiosité en toute chose, son aisance diplomatique à expliquer la réalité et logique des coût et valeur des objets présentés, qui de mon point de vue se justifient par un constat incontestable : l’excellence visuelle, technique et musicale, aussi bien pour les réalisations APURNA que ppfff… Et tant pis pour les grincheux ou les aigris.

Merci à Emmanuel et Florian de ppfff d’avoir su expliquer leur choix de solutions techniques élaborées qui n’hésitent pas à plonger dans le passé pour rejoindre le futur face à l’armada technologique souvent vaine déployée dans le domaine de l’acoustique.

Merci au public toujours cordial, concentré, qui je crois a parfaitement entendu le degré d’exception atteint, médusés pour certains, secoués pour d’autres, sans la moindre contestation de l’évidence émise… et perçue.

Public hélas réduit par les circonstances : la crainte des barrages routiers a en effet dissuadé quelques-uns de nos précieux amis de faire le déplacement, je les remercie cependant de nous avoir fait savoir leur regret.

La présentation a été concentrée, à de rares moments près, sur les modèles Apogée d’APURNA que nous avions en mains depuis une semaine pour la présentation de l’ensemble Apogée + PANDORA de ppfff chez Trident, concessionnaire MASERATI ; consultez notre page Facebook pour cet évènement.

Le système complet était composé de deux sources, l’une numérique qui a concentré le plus gros des présentations avec l’envie de varier le plus possible les styles et artistes à savoir :

  • Lecteur réseau Lumïn U1 + alimentation ppfff
  • Convertisseur EERA MEISTER (quelle fantastique machine, émouvante de précision et modelé, je vais lui consacrer un BE complet au plus vite)

L’autre analogique pour quelques formidables moments de bonheur sur une vingtaine de disques amusants ou émouvants :

  • Platine Acoustic Solid Wood MPX double poulie
  • Couvre plateau VivLab
  • Bras VivLab Rigid Float 9’’ Carbon
  • Nouvelle cellule HANA ML pas rodée
  • Aurorasound VIDA Monoblocs VI-8

Ayant eu le temps d’installer et de laisser se poser les blocs intégrés Apogée d’APURNA dans leur superbe livrée « Carbone/Titane », nous avons privilégié ceux-ci plutôt que le nouveau modèle de la gamme arrivé la veille des présentations, pourtant nettement plus abordable, à savoir l’intégré Prélude, dont la matière mate satin d’une couleur crémeuse a attiré les convoitises.

Tout ce petit monde nourrissait la grandiose PANDORA de ppfff actuel modèle vedette du trublion français.

L’ensemble relié et alimenté par nos chers amis d’Absolue Créations entre Tim-Signature, Tim-Ref et Fontainebleau.

Malgré l’exiguïté de mon auditorium et ses défauts connus, nous avons atteint un niveau sans pareil d’engagement physique, de finesse frissonnante et de véracité harmonieuse, de variations dynamiques aussi étendues que modulées. Pour beaucoup, y compris nous, c’était un moment d’anthologie, une des trop rares écoutes qui marquent une vie et récompensent notre quête.

La transparence naturelle alliée à une énergie peu commune ont en effet ouvert un lien à la musique comme nous en vivons trop rarement dans une exigence de mélomane, un rapport direct aux démiurges de la musique trônant fièrement à côté du concert mais certainement pas inférieur.

Incarnation, tension nerveuse ou délicatesse sensuelle, tout est possible, et des filés les plus ténus du violon d’Aaron Rosand jouant une Partita n° 2 de Bach dans une approche intériorisée superbe, où jamais nous ne perdons l’archet, le crin comme le bois de l’instrument même à la lisière du subliminal, aux éclats furieux à des niveaux de concert de « Battle Sirens » de Tom Morello et Knife Party sans les moindres distorsion ou dureté ou début de fouillis (et pourtant !), tout n’est que jouissance pure.

Un des grands secrets de la vigueur expressive de ce système tient évidemment à sa capacité à procurer aux notes, des plus subtiles, quasi-inaudibles, aux déflagrations les plus extravagantes une densité constante, une matière concrète, une réalité palpable, une prise de possession de l’espace. Or, si c’est une caractéristique notable des réalisations ppfff, elles peuvent en perdre facilement la prérogative si l’amplificateur ne sait pas le faire, cas fréquent des gros amplis à transistors très chers débordant de watts inutiles ; là, cette personnification permanente est source intarissable d’émotions fortes, à point qu’on a du mal à comprendre comment des appareils aussi herculéens que les Apogée peuvent être aussi finement sensibles et euphoniques, jusque dans des amortis de notes émouvants de beauté, car jusqu’à présent, parmi nos nombreux essais, seuls les Grandinote en transistor, classe A et pas vraiment puissants, savaient créer ce lien.

La délicatesse est présente à tout moment, dans tous les registres de l’éloquence artistique, y compris dans les assauts forcenés de Primus, où des couleurs fines se faufilent dans des frappes insensées de basse/batterie frénétiquement entremêlées mais dont la virtuosité est ici sidérante de lisibilité. Le modelé et la plénitude sont toujours patents, permettant des niveaux de concert (dans ma petite pièce résonnante mais impeccablement tenue d’une poigne de fer par le système) sans le début d’un décrochage ou d’une distorsion.

Grâce à PANDORA, la puissance tellurique (mais raffinée) du grave des Apogée peut s’exprimer tout en nuances, couleurs et modulation jusque dans les tréfonds, bien plus bas que les fondations, du côté du noyau de la planète.

« Grosse claque » a exprimé un visiteur mélomane pourtant équipé de lourd, résumant au nom des hôtes présents au même moment la présence tangible des musiciens, si divers dans nos instants de musiques sans frontière, qui nous ont invités au spectacle, chez eux, dans le studio d’enregistrement, la salle de concert, une église ou un auditorium, où la vocalité frémissante d’une soprano laisse place au gros son percutant d’une déferlante électro, au raclement abrasif d’une énorme guitare (Tom Morello). Et toujours, une dimension plausible des instruments qui ne varie pas sur les forte ou au contraire au frôlement des silences, superbes de profondeur habitée, soit dit en passant.

Ainsi, des élucubrations acrobatiques et hystériques de Nina Hagen (jamais entendue comme ça) à la charge assassine du massacre du Dimanche Rouge dans la 11ème de Chostakovitch par Nelsons, du susurrement complice de Fischer-Dieskau dans « le Martin-Pêcheur » à l’ironie exquise et douloureuse d’Annie Clark dans « Slow Disco » et « Savior », version pour piano et voix, la ballade en musique a été si viscéralement prenante que nous sommes sortis épuisés de ces deux jours, car deux jours de concert, c’est beaucoup, c’est trop…

A ce stade, cette altitude de reproduction musicale, on rejoint l’art à l’état pur.

Et pourtant, mon salon est probablement un peu petit pour ce type de système, notamment sur des symphonies ou le gros son musclé de quelques passages de rock ou hip-hop. Qu’importe : l’immersion était totale, l’intimité avec les musiciens parfois à la limite de l’indécence.

Nous sommes passés tardivement (ma faute : je ne pouvais pas me détacher de la fascination qu’exerçaient les deux gros blocs Apogée) à l’écoute de l’intégré Prélude, modèle stéréo d’APURNA pas encore tout à fait rodé.

Toutefois, dès les premières notes, sur un appareil froid et pas installé, la parenté est flagrante, notamment l’intelligence (musicale) de la gestion de l’énergie.

Au bout d’une demi-heure, les timbres s’affinent, la scène recule, l’articulation s’assouplit, bref le système se met en place, et, les PANDORA n’ayant pas besoin de la puissance des Apogée, la proposition prouve progressivement sa logique. Evidemment on perd un peu du fantastique moelleux diapré de matières et couleurs exquises des Apogée, mais rien de l’esprit ou l’expressivité ; d’ailleurs les différences apparaissent uniquement dans le cadre d’une comparaison directe, et encore, très injuste pour le Prélude, câblée secteur deux crans en dessous (Tim-Signature trop court !)et surtout n’ayant pas eu le temps de s’ébrouer…

J’avoue mon envie de prolonger ces tests du Prélude, notamment sur ADA, AVA et ADELAÏDA, car pour avoir branché les trois divas sur les Apogée pendant les 10 jours où je les ai eus en main, j’ai été surpris de découvrir le niveau souverain que peut atteindre ADA par exemple, qu’on aurait pu craindre saturée par l’énergie et la transparence fourmillante des gros blocs, là où précisément d’autres enceintes dont deux coûteuses et prestigieuses (pas pour nous) et une que nous aimons beaucoup par ailleurs, se sont cassées la figure, totalement dépassées par le déferlement d’énergie et d’informations de toutes dimensions, formes ou origines.

J’ai même fait plusieurs fois la remarque à des visiteurs de passage, que proposer un ensemble incluant des Apogées et des ADA n’était musicalement pas absurde en dépit de la différence de budget tant les ADA ont à offrir drivées par ces « monstres ».

Autrement dit, APURNA et ppfff forment une équipe de vainqueurs niveau international et c’est la musique qui triomphe à l’arrivée ! La musique à son… Apogée ?




après-midi CH Precision


CH Precision

J’ai eu le plaisir de passer un après-midi de juillet chez Stentor/Pi pour profiter à fond des perles électroniques CH Precision. J’aurais pu écrire « le privilège » mais ça aurait un côté obséquieux façon presse hifi.

CH Precision - vous noterez l’internationalisation par l’absence d’accent sur le « e » nonobstant la francophonie de la marque -, est une société suisse pas encore très connue en France mais prestigieuse dans de nombreux pays ; j’ai eu le privilège (ah ?) d’entendre plusieurs réalisations à divers moments depuis déjà 5 ans (ou 6) à Munich, première rencontre avec un DAC qui m’avait paru assez exceptionnel sur un stand vraiment attachant, puisque, si ma mémoire ne me joue pas des tours (et franchement ma mémoire est farceuse), c’était aussi celui de ma première rencontre avec les excellentes enceintes Soundkaos, le modèle Wave.

La même année, nous avions été conviés par Fabrice, l’adorable patron de JFF Diffusion, à une écoute privilégiée des Cardinale de Wilson Benesch dans un luxueux hôtel de Munich et les électroniques étaient CH Precision, DAC et multi-amplification.

Outre l’accueil cordial et même affectionné réservé aussi bien par la « famille » Wilson Benesch que par les animateurs de CH Precision, j’avais été favorablement impressionné par cette expérience et si j’avais certes renoncé à l’idée de rentrer CH Pré(e)cision (marque peu connue dont le plus petit élément coûtait 26 000 €, d’autant qu’à l’époque, si je me souviens bien, il n’y avait pas d’intégré et il fallait donc envisager le DAC + Ampli de puissance), quelques moments de musique faits d’allant, de swing et de nuances m’avaient fait révisé ma goguenardise quant aux gros totors, redevable certes à de bien nombreuses déceptions. Soyons clair(s ? On ne va pas s’en sortir. Et encore, on n’a pas abordé l’écriture inclusive) je suis tout aussi goguenard face à la pléthore de loukoums à tubes.

Donc quand Pi Music m’annonce il y a quelques mois qu’ils (qui ça « ils » ? Pi Music suppose le masculin neutre ou le féminin pas neutre, la société Pi ? Ben eux (h) quoi, les gens de Pi… ) ont décidé de distribuer la marque, leur dis-je bravo : CH fait partie de ces repères du très haut-de-gamme qui ne relèvent pas de la fumisterie, au final pas si nombreux. De leur côté, ils sont surpris que je connaisse un tant soit peu la marque.

Nous avions donc prévu que je passe chez eux (!) à un moment où un autre car ils sont installés à quoi ? 35 kms de Nantes ? ; or, informé qu’ils avaient pour quelques temps le nouveau drive et une horloge de compétition, et qu’Olivier, mon interlocuteur habituel, était de passage trois jours dans la région, j’ai improvisé un déplacement.

 

A quelques tours de roue de la sortie d’autoroute, le groupe Stentor/Pi est idéalement installé à l’entrée d’une nouvelle zone « d’activités », dans un grand bâtiment, notable réussite d’architecture industrielle, un vaste parallélépipède dont les façades zinc sont intégralement dissimulées derrière des « stores » faits de lames irrégulières de bois brut dégageant les meurtrières des fenêtre géométriquement réparties; c’est un bel endroit aéré par un vaste parking gazonné et arboré, au bas mots 60 places pour 3 voitures un mardi de juillet ; et pour cause, je découvre stupéfait que mes interlocuteurs occupent tout le bas du bâtiment soit à mon avis un bon 1000 m2 ! Pour une toute petite équipe. Quel confort ! L’étage supérieur est momentanément inoccupé.

A droite de l’entrée, dans une pièce aveugle d’environ 50 m2 qui ne sert pas à grand-chose (les enlèvements ?) est alignée la gamme Apertura (dans de drôles de couleurs) pour une présentation des nouvelles finitions opérée la veille auprès des revendeurs.

À gauche l’atelier-bureau tout en longueur, qui doit bien couvrir 150 m2, avec des postes bien répartis et intelligemment dégroupés, alternance de bureaux et de plans de travail, largement éclairé sur deux côtés.

Ici sont donc réalisés les filtres en petite série et le montage final des enceintes, amortissants, filtres, socles et pieds sur et dans les « ébénisteries » venant de l’extérieur.

Une petite zone est dédiée au SAV.

Une porte latérale donne sur un couloir qui passe devant une petite cuisine et un petit atelier avec imprimante 3D et une fraiseuse pour les maquettes.

Le couloir ouvre sur deux zones d’entrepôt qui prennent la hauteur totale du bâtiment.

Les dimensions sont délirantes (l’idée est peut-être de ressusciter le Hindenburg ?) avec pour résultat que les stocks de pièces ou « ébénisteries » ou cartons ou zones d’expédition sont largement disséminés (ce n’est pas inclusif, c’est la grammaire). Dans l’une des deux zones de stockage a été installé un « chapiteau » photographique fait de voiles blanches semi-dépolies utilisées comme parapluie. Pratique et malin.

Une autre aire est dévolue aux mesures, sans traitement apparent, le volume du hangar faisant office de chambre sourde.

Et dans un angle a été construite une pièce dans la pièce : l’auditorium.

Il jauge, à vue de nez, 60 m² ? Soit 150 m3.

Murs blancs parsemés de panneaux acoustiques élégants, couleur crème, une lumière de plafond assez douce, un beau tapis, un meuble latéral sobre, deux jolis canapés l’un derrière l’autre faisant face à un large meuble bas où sont alignés les CH Precision. Très impressionnant. On ne peut s’empêcher de faire l’addition.

Une paire d’Apertura Edena, modèle à 8 000 € la paire environ me dit-on, mais je ne sais plus si ce sont les MKII ou les Evolution, encadre le meuble. Je penche pour cette deuxième version. On me l’a dit évidemment, mais pas familier de la nouvelle gamme, je n’ai pas enregistré la nuance sur le moment.

Les enceintes sont très éloignées l’une de l’autre (trop ?) soit environ 6 m et surtout trop ouvertes, j’en ferai la remarque pendant l’écoute mais évidemment on se contentera de me répondre que c’est la disposition que Christian Yvon (« Dieu », un de plus) souhaite.

Belle panoplie en tout cas reliée par des câbles Chord et le secteur dûment traité par les vilaines boîtes Entreq. Esthétiquement. Pas d’idée sur leur action n’ayant eu le loisir d’en isoler le fonctionnement.

J’ai apporté un disque dur mais il n’y aura pas moyen de le brancher. Trop compliqué dans cette configuration. La jolie platine vinyle n’est pas envisageable non plus car nos hôtes ont prêté les outils nécessaires à l’installation. Zauraient dû me le dire, je ne serais pas venu les mains vides…………

Olivier, pas très au fait du démat, ne pourra dans un premier temps que nous faire écouter des CD dans un choix très limité jusqu’à ce qu’il demande à Eric (M. Stentor) de nous montrer comment utiliser le NAS et que je découvre un peu plus tard en manipulant l’appli CH (intuitive mais pas la plus complète qui soit non plus) qu’il y a un abonnement Qobuz actif sur le lecteur réseau CH.

 

Le premières minutes sont ennuyeuses à souhait, sur du Gianmaria Testa je crois, sais plus, et je crains le pire pour la suite mettant ça sur le dos des Apertura me rappelant que par le passé les enceintes de la marque m’ont souvent paru propres, timbrées, élégantes et fluides, mais pas enthousiasmantes, un peu ternes côté entrain rythmique et engagement musical.

On est pourtant sur une des propositions les plus complètes de CH Precision, éléments séparés D1 + C1 + X1 + L1 + T1 + M1. On repassera pour l’alphabet mais les initiales ont un sens. Le prix directement lié à l’accumulation des acronymes aussi, sur le papier, et, soyons (je) honnête(s), au résultat.

Un Bartók (Musique pour Cordes, Percussion et Célesta) par Reiner qu’Olivier me passera suite à ma demande musique de chambre (…) commencera à me rassurer un peu.

Malgré la matité exagérée, sans doute due à un excès de traitement de la pièce (et des enceintes ?) qui éteint les harmoniques supérieures, gomme la « brillance » - la bonne j’entends, celle qui fait vivre la lumière, pas celle qui la crée -, ce que mon interlocuteur admet, on devine une richesse de timbres assez exceptionnelle, et même si peut-être les Apertura sont dépassées par les évènements (question de ratio de gamme), c’est beau.              

Je me demande dans quelle mesure la matité n’est pas aussi accentuée par le fait que nous sommes loin des enceintes, dans une pièce amortie, le tweeter à ruban, si gros soit-il, n’a pas le maintien énergétique sur la distance qu’auraient une chambre de compression ou un large bande.

Je souris d’ailleurs en entendant quelques vérités techniques assénées par mes hôtes, issues directement du discours de Dieu : les HP à gros moteurs pour leur rapidité, il n’y a pas tweeter plus rapides que les rubans, les filtres à pentes additionnées sont les meilleurs pour éviter les intermodulations et maintenir la phase, la pièce centrale d’écoulement mécanique. Etc…

On sent toutefois, derrière des thèses audiophiles infrangibles (donc à opposer à une foultitude d’autres théorèmes tout aussi incontestables issus d’autres dieux), une conception parfaitement cohérente et contenue qui a du sens, quand bien même l’expressivité des Apertura n’est pas tout à fait à la coda d’une vitalité franchement convaincante. Avec 200 k€ de matos en amont, soit.

Car ces enceintes un peu gourmées et le traitement de la pièce vont indéniablement révéler des splendeurs rares et paradoxales.

Une large tranche de médium / bas-médium (oui, c’est hélas du vocabulaire audiophile) est absolument magnifique, d’une remarquable articulation et pour le compte d’une grande justesse de timbres, en dépit d’un soupçon d’épaisseur (bas-médium) clairement imputable aux enceintes.

J’en aurai la certitude un peu plus tard (quand j’aurai débusqué l’abonnement Qobuz) sur le violon de Kopachinskaja dont les notes basses sont toujours un peu plus replètes et « huileuses » que les notes hautes, comme si, dans certains registres, la demoiselle aux pieds nus ne jouait pas directement sur la corde mais sur une gaine qui engloberait la corde.

Les câbles peut-être ?

Ma remarque laissera mes hôtes un peu décontenancés (« vous entendez ça ? »), mais ils expliqueront qu’il s’agit d’un choix pour rendre l’écoute plus facile, moins exigeante, lié à la gamme et à la logique d’électroniques adéquates, choix différent sur le modèle supérieur, plus constant, plus tendu.

Intéressant, d’autant que ce que je ressens n’est pas un problème de tension, mais d’épaisseur du trait, comme passer sur une même ligne d’un crayon 2H à un 6B ; pourtant l’argument se tient, je le comprends pour trop souvent entendre des hifistes critiquer un manque de grave sur des objets qui délivrent un message rapide, tendu, accordé.

L’éloquence un peu feutrée de la proposition musicale CH / Apertura finit par prendre du sens à la longue et je vais connaître de vrais bons moments mélomanes, impressionné par la capacité de ce qui sont quand même des « petites » Apertura (au regard de la facture des électroniques) à ne pas être saturées, engorgées par l‘afflux d’informations que l’on devine - à défaut de tout en entendre - déferlant des exceptionnelles créations suisses.

Car l’expérience prouve que bon nombre d’enceintes ne supportent un trop important décalage d’électroniques par le haut, la saturation d’informations entraînant un filtrage aléatoire et une perte de cohérence, des duretés, des laideurs harmoniques ou encore une ventripotence de gras-double selon les cas.

Or, si les Apertura Edena ne rendent sans doute pas un hommage intègre donc intégral aux abondants CH, elles ne se noient pas pour autant, ni ne s’étouffent, et conservent au contraire une louable cohérence. Peut-être bizarrement bénéficions-nous dans ce cas de figure des vertus de 2 x HP différents en rapidité et timbres accordés par un filtre à pentes très raides au final.

Même en demandant à descendre d’un cran pour quitter la combinaison préampli plus ampli vers l’intégré I1, tout nouveau je crois, même en utilisant les streamer et DAC internes optionnels de celui-ci et passé un petit temps de réétalonnage, je serai obligé et rassuré de reconnaître que les CH sont de très très grandes électroniques ; d’une classe folle même ; nous reviendrons à ma demande au DAC C1, car ce DAC est clairement l’un des quatre ou cinq meilleurs au monde, et ma remarque vaut probablement pour tous les éléments de la marque, à comparer (si nécessaire) aux amplificateurs Apurna Apogée écoutés chez nous depuis et qui placent la barre si haut que la question de la compétition n’a plus beaucoup de sens. Evidemment, faire la part des choses n’est pas toujours simple, d’autant que le DAC ici est accompagné de l’horloge externe qui rehausse copieusement la note finale mais offre aussi le mérite d’un possible progrès dans le temps. Car un rapide test avec et sans prouve que, une fois n’est pas coutume, cette horloge additionnelle apporte un incontestable plus dans la sensation de cadences plus élaborées et de timbres mieux déployés.

 

J’en arriverai en fin de soirée (15 h 30 => 20 h quand même) à apprécier grandement les Apertura Edena, conscient de leurs limites mais aussi d’une rigueur qui permet aux électroniques de s’exprimer pleinement, et donc à la musique d’installer une sérénité rassurante, à défaut des petits frissons, exubérances, hésitations, maniaqueries ou relâchements qui justifient l’humanité et que j’appelle l’expressivité.

Bien sûr, j’ai du mal à transposer l’écoute des Edena sur d’autres électroniques moins extrêmes, car on entend clairement que les CH forcent la main à ces « petites » enceintes, leur procurent une stature notable, un axe organique phénoménal et une définition supérieure (ne nous trompons pas, on est loin derrière les ppfff quelles qu’elles soient et je souriais intérieurement en me disant que j’aurais bien aimé une paire d’Adelaïda en comparaison, histoire de replacer l’église au milieu du village, et ce n’est pas qu’une question de prix, mais d’esprit).

Les Apertura restent en effet un peu éteintes quand on a côtoyé des ppfff ou des Living Voice (au bénéfice d’une plus grande homogénéité face à ces dernières) en dépit de l’intensité émise par les CH mais j’avoue avoir quand même été séduit par la proposition qui m’amène à réfléchir, moi qui ai tant de mal à trouver des objets dont au minimum je comprendrais le sens, la vocation. Or, j’ai entendu ce jour de juillet des enceintes qui respectent de nombreux fondements musicaux, soucieux de transcrire les lignes écrites sans erreur de lecture ou de diction, sans caricature ou négligence coupable ni crânerie théâtrale.

Il semble qu’Apertura, avec sa nouvelle génération, a franchi un pas qui en extrait les ouvrages de cette triste « vérité » qu’elle (qui ?) a toujours revendiquée, une vérité qui pour détourner les failles du vivant en gomme les aspérités, précisément ce qui fait la richesse de l’humain, et à l’arrivée ment par omission.

J’ai eu la démonstration qu’elles (les Edena) parviennent à swinguer, même si je sais que c’est un point fort des CH que j’avais déjà noté il y a 6 ans sur les Wilson Cardinale, qu’importe, elles savent le faire aussi, n’opposant pas le veto formel de tant d’enceintes prestigieuses à ce facteur essentiel mais indispensable de toute musique.

La gestion de la scène sonore est un modèle du genre, et par exemple lorsqu’Olivier m’a taquiné en nous mettant « LE » Oscar Peterson des audiophiles en SACD, j’ai pu constater une gestion de l’espace et du relief peu commune, avec un placement ultra précis du piano, tiers gauche un bon mètre devant l’enceinte, enrichi qui plus est d’une vérité sur la main gauche très enthousiasmante, et l’extrême grave un peu court et même caoutchouteux (voire ridicule) constaté sur le très très exigeant « Arrival » ne pose pas de problème sur le Pépé Terson.

Contrebasse quelque peu surprenante, voilée et peu boisée, mais elle est peut-être comme ça. Je ne vérifierai pas sur des ppfffWe Get Requests est de ces albums si galvaudés par les hifistes qu’ils en ont vidé la moelle artistique (avec des jugements d’ailleurs souvent cocasses sur le piano).

Batterie marquée d’un soupçon de lenteur, les attaques des Apertura resteront toujours retenues, sans être rédhibitoires non plus, car l’homogénéité dynamique irréprochable compense, avec l’aide évidente des CH bien sûr aux transitoires impeccables.

 

Je suis vraiment curieux d’essayer les Apertura avec des électroniques plus humbles, parce que ce que j’ai entendu-là était vraiment séduisant, raffiné, pétillant.

J’ai même, honnêtement, été surpris (enthousiasmé ?) de la présence des instruments, voire le grain du violon et des cuivres, sur le Kopachinskaja, preuve s’il en est que les électroniques sont remarquables pour extraire tel relief d’une paire d’enceintes à 8 000 €.

On remarque aussi le souffle des CH (la capacité pulmonaire j’entends), la sérénité d’un molosse face aux roquets, sorte de quiétude douce comme une crème renversée que procure un gros V8 même à 130 sur l’autoroute, sensation qu’un filet de gaz supplémentaire propulsera l’engin comme l’éclair s’il le faut.

En tout cas, les croisements de phrasés, subtilités de densité tenues sur les signaux les plus faibles, le recul lointain de la distorsion pas si mal suivi par les Apertura, l’aplomb physique des instruments dans une dimension et un corps harmonieux, la respiration puissante, en disent long sur les CH Precision.

D’où vient le secret ? Pas la moindre idée. Après tout, certains sont des anciens d’Anagram Technologies à la base de quelques DAC monotones dont j’ai oublié le nom des plus célèbres.

Sur les amplis la contreréaction est réglable m’a dit Olivier ajoutant qu’il l’avait choisie très faible, voire nulle. Je n’ai pas osé lui dire qu’il simplifiait sans doute un peu (par diplomatie peut-être) et, vérification faite, il semble que CH ait prévu un moyen de jouer entre contreréaction globale, donc destinée aux enceintes lourdaudes ou compliquées, et contreréactions locales, d’où je suppose que l’ampli n’utilise que des contreréaction locales en position 0 (sans).

Oui, tout ça joue, mais quand même. D’autant que l’intégré de 43 kgs pour 100 W, soit, n’est pas un monstre…

Conclusion à l’arrivée :

  • CH Precision a incontestablement sa place dans le club très fermé des grands qui peuvent fièrement revendiquer que l’ultra haut-de-gamme ne flatte pas que des jouets pour vulgaires parvenus ; avec d’autant plus de légitimité en ce qui les concerne que savoir aussi bien franchir les marécages contradictoires de la conversion numérique, l’amplification et la pré amplification réduit sérieusement les candidats à l’excellence véritable.
  • Je me demande si je n’ai pas envie de donner une nouvelle chance à Apertura dans ma difficile quête d’enceintes respectant le discours musical. Les raisons qui m’ont tenu à distance ne sont peut-être plus d’actualité.

CR des JPO Living Voice, VIVlab, VIDA


 

 

Compte rendu des Journées Portes Ouvertes consacrées à Musikae et la lecture analogique 25 et 26 mars 2016.

 

L’installation pour ces Journées était composée comme suit :

-    Platine Acoustic Solid Wood MPX à double poulie
-    Bras VIVlab « Rigid Float » 9 pouces
-    Cellule Stein Audio Aventurin 6

-    Préampli Phono Aurorasound VIDA monoblock (en 4 blocs)

-    Amplificateur intégré ppfff Van V2

-    Enceintes Living Voice IBX-RW

-    Câblage Absolue Créations variant de In-tim à Tim-Référence


A bien y regarder, nous avons assemblé là un système composé de chefs-d’œuvre d’artisans devenus des références internationales, une réunion de talents purs, de développeurs brillants, passionnés, obstinés, patients… Tout ce qu’on aime.

Le résultat était à la hauteur et même bien au-delà et moi qui regrette souvent que ma pièce d’écoute manque un peu de densité, ces jours-là clairement ce n’était pas un problème tant ce système avait une capacité à sculpter l’espace en imposant une vigueur organique rare, surtout compte tenu de la compacité de l’ensemble.

Les deux découvertes principales, je le dis sans détour, sont définitivement des bijoux.

Quelles découvertes ?

Pas la cellule Stein Aventurin que je connaissais et adorais déjà, raison pour laquelle je l’ai fait venir pour l’occasion.

La découverte a porté en deux temps sur le bras VIVlab « Rigid Float » et sur le préampli phono VIDA Mono dont j’utilise avec joie et fierté la version stéréo depuis 3 ans maintenant.

Le bras m’a laissé interdit. J’en ai pourtant manipulé quelques-uns, avec quelques préférences (un tiercé ? Graham Phantom, Moerch, Durand, Ikeda... Ca fait quatre ? Ah oui !)

Le VIVlab « Rigid Float » et sa panoplie d’inventions (parmi lesquelles une qui me paraît fondamentale : il est totalement décorrélé de la liaison bras/support)  fait oublier tout le reste une fois qu’on a compris son fonctionnement et son installation atypique. Il guide la cellule (et semble-t-il quelle qu’elle soit, légère ou lourde, totale universalité) avec une aisance déconcertante, semblant s’affranchir totalement de la position sur le sillon, du pressage, des anomalies diverses des galettes noires pour lui permettre (à la cellule) de dévoiler tout son potentiel et croyez-moi la Stein Aventurin n’est pas timide, ne manque pas de panache, de vitalité, de puissance même. Avec le VIVlab, on en profite pleinement, jusqu’à la dernière goutte de nectar musical.

Car ne nous trompons pas, écouter un bras n’a pas de sens, comme pour un câble on doit apprécier son absence afin de révéler le vrai caractère de la cellule.

Ce qui est une réussite absolue avec le VIVlab. Il sublime la cellule Aventurin 6 comme aucun autre.

J’en parle d’autant plus à l’aise que j’ai été persuadé pendant les essais et un bon moment de la présentation que ce bras coûtait 5500 € jusqu’à ce que Karl (Musikae) me corrige et me dise : non, cette version coûte 3600 €.

Or, même en le situant à 5500, je n’avais aucun problème de prix, les performances musicales le justifiant sans aucune réserve.

Les visiteurs, peu nombreux cette fois avouons-le - week-end pascal oblige -, ont été sincèrement séduits et même saisis (ça se voit !) par le naturel, la réalité charnelle, l’homogénéité et l’afflux charpenté mais sensuel de la musique très variée que nous avons dégustée sur ces deux jours, sans en passer systématiquement par des disques audiophiles, flatteurs même sur un Teppaz.

Alors un merveilleux bras au service d’une cellule d’exception soit, mais ce n’est pas tout évidemment : le préampli phono VIDA Mono, deuxième nouveauté de notre présentation, se taille une belle part dans le résultat simplement magique.

Lorsque j’ai écouté pour la première fois le VIDA il y a 3 ans, je n’étais pas particulièrement demandeur ni en recherche, pas vraiment mon marché donc pas ma priorité. J’avais accepté de le tester pour l’évaluer, point.

Sauf que, sitôt qu’on l’eut branché, je compris que je ne le laisserais pas repartir. Un tel naturel, une évidence si palpable, une telle souplesse harmonieuse, on ne passe pas à côté, c’est bien trop rare.

Donc, je ne savais pas ce que je devais attendre de la version Mono de ce VIDA, d’autant que la différence de prix (4400 à 6000) n’est pas colossale.

Oui mais voilà : passer de l’un à l’autre est du même ordre de choc que d’écouter le VIDA stéréo la première fois. Honnêtement, ça m’a agacé. Et emballé, parce que bon, c’est comme ça, il faut bien laisser le droit aux créateurs de vouloir toujours plus et, plus important, d’y parvenir.

Et puis ça ne fait pas du VIDA stéréo un appareil moins bon ou frustrant, et c’est un point rassurant : je vis très bien avec la version primitive qui va déjà bien plus loin que ce que nous connaissons par ailleurs et délivre une musique vivante et gouleyante.

Oui mais en comparaison, on a l’impression que le Mono est un joyau bien plus onéreux. Les qualités du premier VIDA mais… approfondies ? Stabilité, plénitude organique et sérénité, fluidité onctueuse jalonnée de coups de griffes quand la musique le dicte, incarnation des substances et profondeur des silences (assourdissants) etc… vraiment on doit pouvoir placer ces objets face à des ténors dépassant les 15 000 € et ce sont les stars qui rougiront !

Le reste du système on le connaît et on savait que ça ne freinerait pas ces merveilles, le Van de ppfff est un objet totalement à part dans la production mondiale, là encore un joyau brut, et il me paraît inutile de ressasser tout le bien que nous pensons des Living Voice qui, à défaut de trouver autant qu’elles le méritent leur place en France ont envahi Allemagne, Angleterre et autres pays de mélomanes…

Nous avons prouvé qu’elles ne craignent aucune musique en passant des disques exigeants, longue errance d’un Quatuor de Chostakovitch (par Fitzwilliam) à Isaac Hayes, du premier disque électro de Liesa van der Aa au Sacre du Printemps (Karajan et Maazel), de Chick Corea à du funk explosif, de Juliette Greco à l’étonnant Night Bird de Lavilliers etc…

C’était magnifique, j’en suis encore ému à l’heure d’écrire ces lignes en hommage à des objets qui nous ont procuré frissons et vibrations et que je vois repartir à regret ; mais pas pour longtemps car je vais bien évidemment donner suite.

Merci à Karl pour sa disponibilité, son engagement sur une voie difficile, celle d’extraire d’un tri patient des objets inconnus par pure passion, rejetant la facilité des modes ou des normes de la puissance mercatique.

Pas étonnant qu’on apprécie de telles collaborations


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