Marques

absolue câbles


France


 

En 2010, deux personnages bien sympathiques poussent un jour la porte du magasin, sans avoir prévenu, pour nous proposer de découvrir leurs câbles audio.
Les deux gars sont aussi différents que possible physiquement, on dirait presque un sketch !

Sans jouer les blasés, on ne peut pas s'empêcher de hausser les épaules en se disant : encore des nouveaux câbles, encore un sujet de contrariété ??? Pffff….

Toutefois, par pure cordialité et puis parce qu’on ne sait jamais, nous improvisons une écoute, ce que je n'aime guère…

Et là, soudainon se dit qu'on a probablement enfin décelé quelque chose !

Découverte lors de ce premier contact des modèles début et milieu de gamme ( Es-Tim et In-Tim, complétés entre-temps avec bonheur par la gamme Op-Tim )…

Oh certes sur le modèle In-Tim nous avons émis une ou deux petites réserves en comparaison avec notre bien aimé Strad, on trouvait une petite déficience sur le plaisir du rythme, un côté peut-être un rien trop rigoureux au sens d’austère.

Protestation d'un des acolytes !

Acquiescement circonspect de l'autre, surpris par les qualités rares du Strad : c'est bien la première fois qu'ils butent sur un compétiteur après des mois à écraser les marques les plus prestigieuses (et surtout les plus onéreuses !) sordidement flagornées par les bulletins divers.


Quelques semaines passent.


Retour des deux comparses : "on a changé une petite chose sur le modèle In-Tim suite à vos remarques"…

Ah oui, c'est le moins qu'on puisse dire !!! Ce câble a nettement progressé ! Allez une toute petite réserve pour pinailler et justifier une réputation croissante de renâcleur, voire d'intégriste ? Mais en vérité, on ne saurait pas vraiment dire ce qui nous manque, ce qu'il lui manque...

L'un des deux acolytes répond : «non, pas d'accord, ce câble est parfaitement abouti…» Alors que l'autre, s’accompagnant d'un sourire malicieux, ironise : « oui, je suis d'accord, sinon pourquoi ferions-nous un haut de gamme ? »

Tout cela en déroulant ces grosses choses que sont les Ul-Tim.

Que nous branchons aussitôt, d’autant plus curieux que déjà avec les modèles In-Tim, nous avons atteint un niveau qualitatif sans précédent ! Et, croyez-moi, on en a essayés des kilos de vermicelles immodestes !

Mais là…

Vont s’enchaîner les genres musicaux, longuement patiemment, nous conduisant frémir de bonheur.

J'ai signé sur le champ ! C'est la première fois !

Puis j'ai pris le temps de tester les câbles secteurs qui sont immédiatement entrés dans mon panthéon.

Et puis par la suite, les câbles numériques, les câbles horloge, etc…

Et depuis peu, au zénith de l’imaginaire, ils ont placé la gamme TIM-Référence, puis TIM-Signature et ont bien résisté aux assauts de nombreux challengeurs !


Bravo et merci pour la remise en question à laquelle cette rencontre nous a contraints !



accuphase donc


Nous avions également intégré le

- DAC DC-37...

... Epoustouflant.


Des DAC, ça faisait des années qu’on en écoutait parmi les plus réputés et coûteux de la planète pour un résultat qui nous inspirait dans le meilleur des cas un haussement d’épaules et dans le pire une colère pas vraiment saine contre les crétins du monde entier qui les plébiscitent.

Le DC-37, à peine sorti du carton, froid, branché rapidement derrière un Lumïn, nous a estomaqué par… Par quoi au fait ?

La justesse rythmique. Tout simplement.


Je développe un peu ?


Le premier point qui a frappé les esprits dépendait des personnes présentes ce jour-là, mais à l’arrivée tout le monde était d’accord : sacrée bécane quand même !


Ce qui m’a personnellement marqué d’emblée, c’est l’autorité de la restitution ! Cette sensation que la pièce est mieux tenue, bloquée par l’énergie délivrée, plus aucune tonique, plus de résonnance, une assurance de rocher et une incarnation frémissante, une ballade permanente entre délicatesse et vigueur, une rapidité supérieure et une façon si bouleversante de matérialiser les timbres dans l’espace, et puis ces petites choses plus compréhensibles dans le sfumato, un modelé plus habité et une ardeur rythmique tonifiante. Ce n’est pas le terrain sur lequel j’attendais Accuphase et suis d’autant plus ravi de la surprise.


Une remarquable machine !


Enfin un challenger qui tenait la route face à nos chers Eera (qui ont beaucoup évolué depuis et repris la main)

 

La claque existentielle donnée par le DC950 est décrite dans un autre article de ce même site :

http://staccato-hifi.fr/Blog_marques_sources%20et%20amplis_accuphase%20DC950.aspx#liste


Remplacé depuis par le DC1000, qui pousse encore plus loin la plénitude habitée des silences, entre autres gains. Mais attention, la rencontre avec le DG68 pourrait faire douter.

 

CF l’article suivant :

https://www.staccato-hifi.fr/blog/marques/sources-numeriques-et-amplis/accuphase-dg68/


quelques références


Ensuite (je les décris chronologiquement, pas hiérarchiquement) apparaît opportunément :


-    L’amplificateur intégré E370, remplacé depuis par l’E380. Le même, en plus subtil encore. Etait-ce possible ? Oui, il semble que oui.


J’ai longuement hésité à introduire l’E480 dans la collection du fait qu’il est assez proche de l’E650 en prix, un peu moins riche mais plus large d’emploi par une puissance affichée supérieure…


Heureusement, l’E380 vient résoudre doutes et interrogations par son placement intermédiaire, son rapport qualité/prix idéal et sa pertinence musicale manifeste.

 

On en a pourtant écouté des amplificateurs à transistors dans cette catégorie de prix. Mais retenu aucun jusqu'à présent.

Et les E370 puis E380 sont arrivés.

 

Dévoilant un Accuphase dans toute sa noblesse sitôt qu’on le déballe (qualité de fabrication qui ne connaît guère d’équivalent, respect drastique des normes, universalité d’emploi par une connectique complète et couvrant de larges possibilités, enrichies d’options via ajout facile d’une carte DAC et d’un module Phono MM/MC), il ne faut pas longtemps pour comprendre que la nouvelle cuvée prouve un progrès constant et sans aucun compromis. C’était le cas pour l’E650, ça l’est clairement pour le 380.

 

Disponible, franc, facile à vivre, cet intégré finalement pas très cher (compte tenu de sa richesse musicale, sa méticulosité expressive et sa qualité de fabrication) surprend par un flegme jamais pris en défaut même sur de violents forte, associé à une capacité de réactivité qui laisse pantois quand le message est endiablé ou les attaques cinglantes.


Après de longues heures d’écoute, on constate qu’on ne le prendra pas en défaut, rien ne vient heurter le plaisir, les timbres sont naturels, le swing impeccable et disert, transparence, modulation et dynamique tenues et d’une cohésion d’autant plus touchante qu’elle respecte l’ambitus large de l’appareil.


La maîtrise rassurante du propos, le refus de l’esbroufe sans pour autant devenir machine austère ou destinée à des mélomanes pointus et intraitables : l’universalité sans choisir la facilité de la simplification arrangeante.


Bref, quand on l’écoute, on ne se pose aucune question : la musique coule, se déroule, vit sa vie sous nos yeux et oreilles conquis…

 

De biens beaux atouts, une agréable nouveauté qui semble aller de soi, sans déroger à notre intransigeance parfois obsessionnelle…

 

 

Un petit mot sur l’E480 ?

 

De l’E380 il conserve la vocalisation souple et enchanteresse, mais il ajoute un aplomb supérieur sur des enceintes gourmandes ou complexes à charger. Un gros cœur, une réserve tranquille d’énergie ne font pas un trou colossal avec l’E380 (mon chouchou ? Je me demande) mais lui octroie une probité légèrement supérieure et une disponibilité totale dès que le message se complexifie ou l’enceinte l’embrouille.

 

Allez un petit dernier (pour le moment). Le DP450, lecteur CD d’entrée de gamme, à dire vrai le seul puisque les autres lecteurs de la marque sont CD/SACD.

Quand notre ami David est venu me faire découvrir cette nouveauté, j’ai accepté par curiosité, n’étant pas spécialement en recherche de lecteurs CD, heureux avec ce que j’avais et pas très inquiet de développer les propositions, plutôt heureux de mon rapport avec la dématérialisation.

Mais voilà : nous avons écouté le DP450 et j’ai craqué.

C’est bien simple, il est tout simplement meilleur qu’un ancien DP550 - pourtant plus haut de gamme - sur la plupart des critères qui contribuent à l’expression musicale, à commencer par le sens du rythme ou du swing. Admirable déploiement de timbres, cohérence idéale, souplesse du phrasé, élégance du verbe… Que puis ajouter ? Rien.


Ah si : la connectique du DP450 étant très complète, il ouvre la porte sur des drives extérieurs, lecteur de réseau, ordi etc… pour rejoindre les deux mondes !

Que demander de plus, surtout à ce prix qui honnêtement est une aubaine, quoi qu’en pensent les grincheux ? Rien. Décidemment

 

Un petit mot sur les éléments séparés ?

Je considère sans aucune réserve l’A75 comme un des amplis les plus fondamentalement justes que je connaisse, au milieu de tant d’insupportables frimeurs inutiles.

Et le C2900 comme un vrai must. Mais bon, ça commence à compter…

 

Nouveau magasin, nouvelles propositions, philosophie inchangée.

 

J’ai rarement fait aussi court. C’est beaucoup moins drôle quand on tombe sur des objets reconnus qui ont réellement quelque chose à dire.


accuphase


Japon

 

Une icône chez les iconoclastes ?

 

Eh bien oui !


Quand bien même il est rare qu’une marque consensuelle, réunissant tous les suffrages, soit à la hauteur de sa réputation, on peut envisager que ça arrive, n’est-ce pas ?

D'autant que celle-là concentre vraiment tous les enthousiasmes, une référence incontestée, une place à part dans le chœur des louanges !


Notre élue s’appelle donc Accuphase, et puisqu’il faut bien trier, nos choix s’étaient d’abord portés sur un couple :

 

- Lecteur CD/SACD/USB DP550

- Amplificateur intégré E600



C’est la sortie de ce superbe dernier qui nous avait décidés au départ.

Il est désormais remplacé par le E650. Et le DP550 par le DP560 puis 570, oui, c’est juste. Il y en a qui suivent, c’est rassurant.


On va éviter le petit refrain sur la qualité de fabrication (mais quand même, en déballant les objets, on est ému tant la barre est haute) ; on ne va pas en rajouter sur la fluidité de la reproduction sonore alliant idéalement l'autorité d’un hoplite à l'agilité d'un peltaste, resplendissement wagnérien et délicatesse debussienne, tenue irréprochable, subtilité lyrique sensuelle, équilibre parfait ; ni enchainer sur la suite de la longue liste des louanges, et on vous va plutôt vous inviter à venir juger par vous-mêmes sur des enceintes hors du commun.

 

Ou sur les vôtres, parce que, vue la santé des objets, on n’a rien à craindre.


un outil surprenant !


Accuphase a le don de me contraindre à reconsidérer divers acquis, voire des a fortiori qui sont devenus insidieusement des a priori.

 

Par exemple, jusqu’alors, aucun des appareils correcteurs dit « acoustiques » ou égaliseurs qu’on nous avait proposés ne nous avait conquis.

Si en effet, sur quelques combinaisons, ces bidules semblaient améliorer plus ou moins passablement le comportement de l’interaction enceintes / pièce, l’apport se faisait systématiquement au prix de la transparence fine.

Certes, des détails semblaient mieux détourés, l’énergie parfois mieux contrôlée et la scène sonore, de temps en temps, plus stable, mais la micro-dynamique, les suivis de notes complexes, tout ce qui donne le frisson, la vie, l’humanité, hop, à la trappe.

Mais bon, nous nous faisons un devoir de ne pas nous laisser dominer par les a priori, aussi notre ami David n’a pas eu à insister pour nous donner envie de découvrir l’objet en question.

 

Le DG68.

 

Alors késako ?

 

C’est un peu selon. Théoriquement cet engin dont la façade est largement mangée par un écran couleur est avant tout un Analyseur/Correcteur paramétrique entièrement numérique 67/80 bandes par DSP ultra haute vitesse.

 

Mais c’est aussi un convertisseur. De haut rang.

 

Quand bien même on peut l’utiliser avec d’autres convertisseurs. Voire derrière un préampli phono.

Si si. Puisqu’il y a des entrées analogiques. C’est, à ce propos, une utilisation que Accuphase préconise.

Là, bon, pas sûr.

 

Nous l’avons testé en sortie d’un lecteur réseau, relié en S/P-DIF RCA puisque, hélas, l’appareil ne dispose pas d’entrée USB.

Nous avons tenté quelques approches différentes de réglage, les unes automatiques (Smooth et Flat) d’autres à la main ou avec des protocoles de mesure variés.

Faire le tour de cet objet requiert quand même pas mal de temps, et de doigté, car certaines manipulations non réfléchies pourraient vite amener à griller les enceintes, par exemple en voulant obtenir du 20 HZ à 0 dB !!!

 

Mais qu’à cela ne tienne, il y a un réglage automatique qui est magique : Smooth.

Nous avons essayé le mode Flat, mais sommes tombés dans les travers d’autres correcteurs, à savoir se mêler de ce qui ne les regarde pas et commencer à tourmenter la courbe de réponse des enceintes au point d’une part d’en transformer la personnalité et surtout d’affadir totalement la musique par une simplification outrancière des dynamiques. Curieux. Mais pas nouveau.

Bonne nouvelle, sur ces deux réglages, la machine veille à ne pas saturer les enceintes et ajuste son niveau de sortie en prenant en compte les capacités dynamiques de l’enceinte.

Le réglage automatique est plutôt long, et s’effectue via à un micro fourni, placé si possible à l’emplacement d’écoute. N’en concluez pas que la correction active impose un « sweet point » (c’est technique) étroit lors de l’écoute. Bien au contraire !

Des trains d’ondes plutôt complexes permettent à l’analyseur de mesurer la courbe « dynamique » des enceintes dans leur environnement, d’estimer les aberrations tonales et toniques issues de l’interaction enceintes / pièces, sans, en mode Smooth, chercher à corriger l’enceinte.

On peut aussi varier les réglages à la main, par exemple à l’aide d’un crayon optique fourni qui permet de dessiner la courbe souhaitée. Ou encore utiliser d’autres protocoles de trains d’ondes. Il y en a un, par exemple, qui semblant progresser par bons successifs et croisés de rangs harmoniques paraît très intéressant. Ou utiliser l’engin comme un égaliseur manuel à l’ancienne. Ou entrer en mémoire des corrections mineures pour par exemple arranger un peu le son venu du décodeur télé, ou d’une liaison Bluetooth. Bref, les possibilités sont quasiment infinies.

 

L'écoute ci-dessous :


le DG68 à l'écoute


 

Nous avons d’abord écouté le DAC seul, sans correction et sans surprise, on retrouve ce qu’on avait adoré du DC37, l’autorité de bronze, la prise de possession de la pièce, mais en mieux : timbres plus délicats, des notions d’amortis de notes qui rappellent le DC950, un sens rythmique si souvent négligé par la hifi et une louable capacité à respecter les atmosphères.

 

Mais dès qu’on enclenche la correction idéalisée, le DAC est métamorphosé !

Que de subtilités, à tout point de vue ! Que de mondes cachés soudain dévoilés, sans surexposition intempestives à nos oreilles libérées des masques vicieux de l’acoustique !

Quelle(s) énergie(s) sous contrôle !

 

On peut avoir l’impression d’explosions dynamiques un peu refreinées alors qu’en fait pas du tout : elles sont simplement plus naturelles, dépourvues des duretés éventuelles dues aux toniques où à des résonances de pièce.

La scène sonore semble reculer pour un meilleur déploiement et surtout une stabilité inconditionnelle et un rare rendu des ambiances ou atmosphères.

Cette fois, il ne s’agit plus d’une prise de possession de la pièce, mais bel et bien d’une conquête !

L’épanouissement des modulations croisées sur des passages symphoniques complexes deviennent d’une parfaite compréhension dans les proportions proportion, un relief et une probité expressive qui justifieraient de doubler le prix de l’objet.

 

Un aspect remarquable de nos essais a consisté à comparer le DG68 à un de nos convertisseurs repères. Le DG68 en mode sans correction est passablement moins varié et éloquent, subtil et finaud que notre référent.

En mode « corrigé », c’est le contraire !!! Le DG68 prend la main sur presque tous les critères.

C’est très déstabilisant.

 

Pourquoi Accuphase réussit là où tant d’autres échouent ? Sans doute parce que le concept est global, les corrections, travaillées dans l’environnement du DAC, donc sur un signal court ne quitte pas une logique cohérente.

D’ailleurs, un essai certes rapide en utilisant l’entrée analogique m’a quand même moins convaincu.

En outre, nous ne sommes pas tous d’accord : certains d’entre nous ne peuvent s’empêcher - alors que nous avons tous adhéré à quelques corrections purement acoustiques de la pièce à portée d’effort de tout un chacun - d’être gênés par « l’artifice » du processus. Et de fait « entendent » l’artifice.

Moi pas. Et encore, je sais que nous n’avons pas fait, lors des essais de ce sorcier, le tour des possibilités d’affinage.

Je comprends toutefois les réserves pour nous, en magasin : la tentation d’utiliser les 30 mémoires (extensibles par carte) pour « truquer » nos démos sera difficile à rejeter. Rendre nos présentations plus probantes, soit, mais en optimisant le comportement de la pièce, c’est déontologiquement discutable.

 

Expression fausse d’ailleurs, car la pièce et ses réactions sonores ne changent pas : la fabuleuse machine Accuphase ne fait que « précorriger » - en amont donc - ce qui va exciter les défauts majeurs de l’environnement.

Attention de fait à ne pas attendre des miracles dans les cas extrêmes : le DG68 n’améliorera pas une atmosphère de cathédrale, ne remplacera jamais un minimum de précautions acoustiques.

Ecouter la même enceinte dans la même pièce avec et sans un généreux tapis sur un parquet créée une différence de « couleur générale » (ce qui ne nuit pas à la richesse harmonique de l’enceinte) et de comportement global, par exemple une plénitude organique plus ou moins accomplie. Le DG68 ne corrigera pas ce constat.

Mais il enrichira considérablement l’éloquence musicale en nettoyant de si nombreuses gênes ou scories dont on na pas forcément conscience.

 

Une machine à utiliser avec parcimonie, sachant que, chez le particulier, ce n’est pas un problème. A condition d’être bien attentif au moment du réglage de la bête et ne pas demander du 10 HZ à 0 dB à des enceintes bibliothèques.

Le résultat est si probant qu’on se demande ce que le DC1000, seul, offre de plus que le DG68 « corrigé ». Bien sûr, Accuphase a la réponse : associer les deux par le mode propriétaire HS-Link.

Ben voyons…


titan


Accuphase E800



Quand une marque « séculaire » ancrée sur ses fondamentaux, obstinément attachée à ses valeurs, ose un renouvellement de ses principes, le pari est toujours à double tranchant.

 

Personnellement, j’ai toujours regretté que l’évolution qualitative, passée un certain cran - chez le fabricant nippon qu’on ne présente plus et qui propose les mêmes façades ou châssis et en gros la même répartition de gamme depuis sa création -, impose des éléments séparés, préamplificateur + amplificateurs, avec les conséquences de complications induites.

 

Inutile de dire que j’ai vu d’un bon œil l’arrivée d’un intégré allant plus loin en gamme que l’emblématique Classe A, E650.

 

Inutile de dire que j’ai entendu d’une bonne oreille l’écart d’envol musicale et expressif comparé à l’emblématique (et irréprochable) E650 !

 

E800 entre dans la catégorie des appareils qu’on adore : poigne de fer dans un gant de velours.

 

De ces joujoux qui tout à coup installent l’architecture solide des formations écoutées, savourées plus exactement puisque telle solidité est parallèlement habitée, créant le lien organique à la musique indispensable à la plausibilité.

 

La densité, la présence et la cohérence sont idéalisées sur un spectre particulièrement étendu, dynamique, fin et l’ampli semble pouvoir tenir jusqu’à des enceintes tout de même exigeantes !

 

A preuve nos essais sur des TAD E1 TX ! Dont le E800 verrouille les possibles débordements en laissant s’épanouir les miroitements de couleurs et la précision d’un lauréat de philo.

 

Le plus fort plaisir, on l’a sans doute ressenti sur les ppfff AVA, c’est dire, parce qu’elles ne font pas de cadeaux.

 

Chatoiement des teintes et harmoniques, tenue sculpturale de l’espace, souplesse poétique des articulations, E800 comble toutes les Muses de bonheur, y compris Uranie !

 

Aussi, lorsqu’on lit les commentaires de quelques aigris qui dénoncent le prix de tels engins, méprisant autant les performances musicales que techniques, ou encore les normes de fabrication dignes d’un temple érigé à la survie de l’humanité, ne peut-on que hausser les épaules.

 

Je l’ai dit et je le répète : un Accuphase, ça coûte, mais ça vaut plus encore.


deutsche q...


Allemagne

 

Les platines vinyles…
 

un sujet souvent évoqué par nos chers clients, un sujet de convoitise, de fantasmes, un sujet de confusion au moins aussi abscons que le monde du «dématérialisé».

En effet, il faut intégrer le fonctionnement de la platine elle-même, suspendue ou non, le (ou les) moteur(s) et l'alimentation, la ou les courroies sauf si entrainement direct, le plateau, massif ou léger, double, le pallier, etc…, puis le bras, plus ou moins lourd, unipivot, tangentiel, et les compatibilités avec la compliance de la cellule, les cellules MM/MC, les réglages d’alignements, d’azimut, d’angle, de poids, d’antiskating, le niveau de sortie, le préampli phono et ses diverses variantes…

 

Autant le dire tout de suite : il y a sur le marché un nombre rassurant de bonnes platines et à des prix très variés.
Elles sont plus ou moins équilibrées ou rapides ou justes, mais à l’arrivée on en tire quand même le plus souvent un plaisir sensuel à part.
Cependant, dans cette grande famille exotique, il y a celles, nombreuses, dont le prix n’est absolument pas justifié !

Il y a celles dont la technologie sophistiquée n’apporte rien que des ennuis à terme (plutôt moins fourmillantes qu’à la grande époque du vinyle) !

Il y a celles qui en font un peu trop, même si c’est joli.

Il y a celles qu’il faut régler toutes les 5 minutes, les ressorts mal étalonnés ou autres mauvaises blagues…


Et puis il y a les conceptions saines, pensées autour de bases élémentaires dotées d’astuces mécaniques à toute épreuve, dont la réalisation est irréprochable et proposées à un prix plus que raisonnable.


Et dans cette taxinomie, Acoustic Solid est incontestablement sur le podium.

Faut dire que, côté mécanique, les Allemands ne sont pas les plus mauvais...

A l'écoute, on récolte de cette simplicité mécanique saine ce que j'aime des platines vinyles : la profondeur des silences, la rigueur, la tension, la justesse dynamique et tonale, bref ce qui permet au couple bras/cellule de d'exprimer dans les meilleures conditions incluant leur subjectivité parce que côté cellule il y en a de toutes les couleurs sur le marché.

Il y avait quelques années que je lorgnais ces engins. Mais n’ayant pas le cœur à me lancer dans l’aventure de la distribution, je repoussais continuellement le moment de les représenter. Et puis je m’interrogeais à propos des bras... La marque en propose certes, mais je ne les connaissais pas et les bras que j’envisageais étaient tous plutôt, hum, précieux, tels les MørchViv LabGrahamDurand… auxquels je ne renonce évidemment pas, simplement je cherchais une solution moins luxueuse si possible.


L'un des bras Acoustic Solid, le WTB 213, je l’ai découvert à Munich, je l’ai pratiqué un bon moment et avec une cellule quand même haut-de-gamme (5 000€ !), et j’ai été… euh… waouh ! Emballé ?


Et, désormais un distributeur s’est attelé à la tâche de faire connaître Acoustic Solid dans l’Hexagone !

Une besogne courageuse, parce que, quoi qu’on en dise, le marché de la platine vinyle n’est pas le plus simple, ne serait-ce que du fait de la multitude d’options possibles.
Pour simplifier au mieux les offres, Acoustic Solid a prévu des « packs » incluant bras et cellules et parfois des accessoires.
Les bras sont des WTB 370 base Rega pour les p’tits modèles, et les WTB 230 et WTB 213 complétement maison pour les plus gros.

Bon, la gamme étant très étendue, il va falloir choisir !


Personnellement, j’aime beaucoup la petite Solid 111 Wood ou Alu Pur.

La Solid Machine Small, si possible en alu brut…


Ma préférée ? Sans doute la Solid Wood MPX.

Ou... Oui, à bien y réfléchir : la Solid Edition.


Le bras WTB 213 coûte environ 1 400 € selon les accessoires….


La gamme va de 1 500 à 40 000 €.

Et puis les stands, les accessoires, les couvercles, les sets de réglage.

Mais à la différence d’autres marques à la gamme débordante, il y a chez Acoustic Solid une vraie unité de pensée, un axe créatif fort, une exigence constante qui ne cède jamais à la primauté du look.

 


mythes fondateurs


Chypre


Parfois, dans une vie de mélomane conscient qu’il faut bien confier sa précieuse musique à des appareils sophistiqués si on espère la savourer pleinement, l’appréhender, s’en imprégner, en humer tous les parfums, s’émerveiller aux plus infimes nuances de couleurs, il arrive (heureusement) qu’on ressente un choc lors de la rencontre avec un engin un peu différent… Ça peut se passer en poussant la porte d’un auditorium lors d’un salon, ou chez un client, ou pour nous professionnels, en recevant des appareils en test ; un coup au cœur car parfois, très rarement, un objet libère tout simplement plus de musique.

Un coup au cœur, oui ça arrive

Un choc, c’est plus rare.

Alors, reconnaissons-le, Aries Cerat a probablement été un des rares vrais chocs de la vie musicale de votre serviteur dans sa quête permanente des meilleurs instruments de reproduction.

Munich 2011, alors que ça faisait quelques années que je n’y avais pas mis les pieds, la ballade au milieu de cette débauche d’armes lourdes était à la fois enthousiasmante par les accumulations de créations cinglées et décevante par la banalité cacophonique, aussi bien dans les choix de musique que dans le résultat final, surtout dans des salles où les budgets étaient multiples de 5x0.

Certes une larme avait perlé sur le stand Kondo, mais… vinyle uniquement, mais étroitesse du lieu créant une intimité favorable, mais choix musicaux très orientés, mais tarifs alarmants…

Et puis, alors qu’on n’y croit plus vraiment, on pousse la porte d’un des auditoriums du haut (les plus prestigieux) en n’étant pas même sûrs de prendre le temps d’aller s’assoir, un peu blasés à la longue.

Premier choc : la respiration soudain, l’air, la sensation du direct, prise rectiligne avec le réel alors que le disque qui tourne est une vieillerie un peu spectaculaire et un peu vaine (Rhapsodie Hongroise de Liszt  par Stokowski), soit, mais là…

Alors nous allons nous assoir.
Et nous allons rester. Et revenir…

Jamais je n’avais ressenti une telle authenticité dans les dimensions relatives des instruments de l’orchestre dont l’enveloppe globale est parfaitement plausible, impression non galvaudée d’être au concert en dépit du côté un peu suranné de la prise de son, qu’importe, les matériaux des instruments, les humains derrière les instruments, les élans du chef sont si présents, palpables, qu’on les voit, on pourrait les toucher si on était un peu plus près.
Il est très difficile d’expliquer cette crédibilité, mais elle suppose que l’air autour des instruments revête une densité juste, et que le grain qui sépare les cuivres entre eux, les bois entre eux etc… soit d’une plénitude physique inexorable.
La rythmique implacable, les effets tziganes outrés, la rondeur des bois et l’éclat luisant des cuivres, la dramatisation hollywoodienne voulue par Stokowski sont racontés avec une justesse irréprochable par le système que nous écoutons, ou plus précisément que nous n’écoutons plus, immergés dans le bonheur immédiat aux facéties de Stokowski

Disque suivant, Madeleine Peyroux en CD sur un DAC Aries Cerat gigantesque, ici tout est gigantesque quand on s’aperçoit que le préampli phono est un bloc d’un demi mètre cube, il doit y avoir un bon quintal d’électroniques sur le sol au centre d’enceintes à pavillons, les Tune Audio vous l’aurez sans doute deviné.

Là aussi évidemment une prise de possession de l’espace surprenante, d’autant que le disque n’est pas un modèle technique, je suis médusé par la sensualité de la musique sans la moindre triche tonale, ou un quelconque sirop arrangeant, on entend clairement que la prise de son est très moyenne mais le système permet de passer au-delà pour partager « don’t wait too long » en lien amoureux avec l’étrange Madeleine…

J’étudie la pièce avec curiosité : rien, pas le moindre traitement acoustique alors qu’au même étage les moyens mis en place par les exposants sont délirants. Ici le dépouillement est total, le matériel, quelques bannières, point.

Nos hôtes voyant que nous sommes sincèrement intéressés et même interdits, bouche ouverte langue pendante, nous proposent gentiment de choisir un disque ; je désigne un vinyle de sonate de Beethoven par Perlman et Ashkenazy et découvre ébahi que j’étais toujours un peu passé à côté de cette vision majeure, et saisis enfin toute la ponctuation de l’intelligence stylistique du texte et sa lecture : violon et piano sont réels, plus que réalises : réels ; ils sont posés devant nous et on perçoit jusqu’aux sourires de complicité des deux stars, l’enthousiasme très concentré sur l’hommage rendu à un chef-d’œuvre de la musique occidentale, et tout en écoutant, je me dis : c’est donc possible ?

J’avais certes approché des sensations de ce genre il y a longtemps lors de visites chez des audiophiles barges au Japon et leurs extravagantes usines à pavillons autour de Goto ou Onken, mais toujours accompagnées de petits désagréments, instabilité, homogénéité perfectible, l’impression qu’un réglage est absolument idéal pour un disque mais pas pour le suivant et demanderait des ajustages permanents et surtout l’impossibilité de proposer une version commercialisable de systèmes en évolution permanente et demandant fer à souder et une gamme de clefs Allen à tout moment.

Là non… L’émotion inouïe d’un partage d’élans du cœur continuera avec les Rolling Stone, Pollini et puis d’autres… car nous y retournerons plusieurs fois sur les trois jours de notre visite et ne serons jamais déçus, toujours troublés, secoués, perturbés, quasi-traumatisés par cette concrétisation de la musique.

Le seul stand où nous éprouverons des bouleversements aussi délicieux et sensuels au fil des années sera celui improbable occupé tous les ans par des coréens (Silbatone) qui apportent chaque année un monument de l’histoire de la reproduction musicale, telle en 2015 une paire de grands pavillons Western Electric de 1946 (ou 1936, j’ai un doute) dont certes les alimentations à excitation utilisent des tubes NOS ( !!!!) mais qui, en dépit de couleurs un peu marquées, renvoient tout ce qu’on peut écouter par ailleurs dans ce gigantesque capharnaüm qu’est le High End de Munich au rang de pacotille ou même de néant prétentieux…

Evidemment, l'année du choc Aries Cerat Tune Audio, le camarade qui m’accompagnait décidera de distribuer les créations Tune Audio, parce que c’était l’élément final, parce que c’était drôle, parce que c’était stupéfiant.

Moi j’avais dit  « attention : nous avons découvert ces formidables transducteurs grâce aux électroniques qui participent grandement de ce résultat puissant ». C’est fou ce que je peux être sentencieux de temps à autre.

Mais je comprenais l’impossibilité d’envisager de distribuer cette armée de Panzer Art Déco chypriote en France, un ensemble électronique représentant quasiment 2 mètres cube avec une esthétique pour le moins… disons originale et quand même à des prix coquets même si plus que justifiés et justifiables face à la honteuse démesure de la hifi haut-de-gamme.

En effet, lorsqu’on avise quantité, dimensions et qualité des transformateurs et selfs très nombreux, ainsi que les inventions surprenantes qui habitent ces cuirassés, on devrait même louer le fait que les vaisseaux Aries Cerat viennent de Chypre car, issus des mauvaises habitudes des pays blasés de la hifi, ils coûteraient le double.
Au bas mot.

Fort opportunément, au fil des ans, Stavros, créateur génial des Aries Cerat, travaillera à proposer des objets un peu moins monumentaux et surtout moins coûteux mais tout aussi performants, dans la même logique de piliers de cathédrale musicale.

Ainsi, Munich 2014, on découvre un ensemble allégé à 55 000 € (et de quelques décimètres cubes) au lieu des 90 000 du premier. Quand même !

Et dans la foulée, Aries Cerat crée des intégrés (le Diana suivi du Genus) et un DAC (Kassandra II) un peu plus logeables (200 kgs sur la balance quand même. Oui : le tout) et moins inaccessibles encore (38 000 € l’ensemble) et notre ami 080 décidera aussitôt de parachever sa présentation avec ces deux derniers bijoux. C’est fait, c’est magnifique et c’est sans équivalent et compte tenu de la revendication musicale unique, ce n’est même pas cher.

 

Ecoute ci-dessous :


murs de fondation


On retrouve cette même capacité à charpenter l’espace musical, étayer la pièce d’écoute et délivrer le panthéisme artistique au naturel dans toute sa splendeur organique, son assiduité incarnée, sa bouleversante authenticité.

L’ekphrasis est très difficile à ce stade : comment en effet raconter la sensation rassurante de revenir aux fondations, voire au cœur magmatique de la planète, au noyau de notes qui semblent sereinement sortir du sol tel un arbre majestueux, croître, verdoyer, fleurir et disséminer passionnément les pétales iridescents dans la caresse du vent avant de s’évanouir dans les feux du soleil…

Aries Cerat, c’est ça : une énergie fondatrice, la sève et la sublimation.

Sensations et émotions maximales, Aries Cerat vous invite dans le lieu du spectacle de votre choix, à une place VIP…

C’est une expérience sans équivalent, réservée uniquement à ceux qui aiment la musique par le cœur, les entrailles, un contrat viscéral.

Evidemment je n’ai ni facilement les moyens ni surtout la place de faire entrer ces monstres délicats chez staCCato mais peu importe puisque nous travaillons en étroite collaboration avec mon collègue 080 à Paris qui a pris de magnifiques paris sur la capacité des amateurs de musique vraie à rejeter les a priori.

Donc si vous êtes mélomane en recherche d’une forme d’absolue, je vous convie à envisager sérieusement ces extraordinaires instruments et prendre rendez-vous chez 080 ; nous pouvons même aller les découvrir ensemble si vous êtes timide.


pensez pro !


France, fabriqué en France

 

Atlantis, c’est à la fois une nouveauté et une vieille connaissance.

 

Nous avons un temps travaillé la marque Atlantis Acoustique, société qui a connu elle-même diverses « périodes » créatives.

Pour se renouveler totalement en devenant Atlantis Lab, renouveau en partie dû à la conquête d’un marché différent, celui du monde pro, studios et salles de spectacle, avant de décliner les modèles destinés au studio en propositions faites au particulier à travers une gamme pour le moins complète - et apparemment ce n’est pas fini - allant d’enceintes « biblio » ou compacts à d’imposantes colonnes.

AT 13

AT 21

AT 16

AT 18

AT 23

AT 31

Par ordre de taille, parce que pour le reste c’est un peu plus compliqué de s’y retrouver. On a d’abord cru que le nom correspondait au diamètre du haut-parleur principal, mais non. Pas vraiment. Pas toujours.

Et des Sub (des caissons de grave) aussi. Des vrais, dotés de haut-parleurs de fort diamètre (33 et 46 cm), rapides et nerveux dont les fréquences graves sont obtenues par la surface émissive et la charge, pas pas l'élongation anormale d'équipages mobiles très lours et très lents.

 

Outre un rapport « musique/prix » imbattable – alors que fabriquée en France -, la gamme partage quatre aspects techniques pour le moins aboutis :

- un principe de charge original, possiblement unique, à savoir un haut-parleur de grave placé à l’arrière dans l’alignement du haut-parleur grave ou grave/médium, de fréquence de résonnance et rendement différents, et dont la distance soigneusement réglée permet à la fois d’étendre considérablement la réponse vers le bas, réduire les distorsions et absorber les ondes stationnaires, avec pour corollaire la totale absence de matériaux absorbants

- une structure mécanique constituée de parois sandwich incluant du chêne brut

- des filtrages très élaborés et même pour certains, novateurs

- l’emploi systématique de transducteurs de rendement élevé issus du prestigieux catalogue d’un concepteur fabricant dédié au monde professionnel.

 

Eric Buy, le concepteur de la gamme, est particulièrement fier de l’AT21, dont la vitalité, l’engagement et l’énergie laissent pantois sans tomber dans la moindre déformation caricaturale des timbres ou équilibre tonal.

Et pour leur faire franchir un cap, on peut leur adjoindre un Sub. AT21 + Sub 33, c'est une combinaison gagnante, qui connaît un grand succès dans les studios !

On peut d’ailleurs reconnaître ces points forts à toute la gamme, avec des petites variantes bien sûr de bande-passante (extension dans le bas du spectre) mais aussi de qualité de timbres, ainsi que d’énergie déployée, assez phénoménale pour l’AT31 par exemple.


AT31


Actuel porte-drapeau de la marque, l’AT31 ne passe pas vraiment inaperçue, mais ses aptitudes musicales et énergétiques dépassent encore les dimensions déjà confortables de l’objet. Expressivité majeure, suivi rythmique et mélodique garantis sans stress quelles que soient les roueries musicales, une définition subtile jamais suréclairée, et un foisonnement de timbres inattendu en font un sommet de délicatesse associé au panache flamboyant d’un concert de rock dans une salle gigantesque.

A condition de ne pas se tromper dans les associations, parce que l’AT31 peut vite devenir pointue ! Pour autant, on peut être surpris de l’association facile avec des amplificateurs peu puissants et pas forcément coûteux, tout en pouvant emporter l’objet à des altitudes où peu d’enceintes, tous prix confondus, la suivront en lui attribuant un Kondo Overture par exemple.


et les autres ?


Si toutes les enceintes d’Eric se contentent de peu de puissance, elles n’en craignent pas les assauts mais sont plus ou moins lunatiques, à l’exemple de l’AT18 qui boude certaines associations ne posant aucun problème à une AT16 ou 23 ! Et vice-versa. Oh, rien de rédhibitoire, il suffit de faire attention et pas besoin de dépenser une fortune pour les nourrir au mieux : Atoll IN200 Signature ou Tsakiridis Hermes, et hop, musique !

En effet, le bonheur est au rendez-vous des oreilles et du coeur de ceux qui considèrent que la musique ce n’est pas que du joli son !

 

Perso, j'ai un faible pour l'AT23... Pas un instant capricieuse, elle nous emporte par son enthousiasme, sa vitalité, sa bonne santé joyeuse dans un océan de nuances de modulations, de rebonds rythmiques et de couleurs frémissantes. L'AT23 est une très grande enceinte !

 

Bon, par pure honnêteté, la gamme étant issue du monde pro où l’obsession de la présentation n’est pas la priorité essentielle, on pourra éventuellement bouder des finitions pas tout à fait dans la norme des objets tous issus des mêmes usines asiatiques. Mais c’est aussi ce qui permet à Atlantis d’en donner musicalement beaucoup plus que pour son argent.

C’est un choix respectable, n’est-ce pas ?


athée ?


https://www.lebeauson.fr/a-l-oreille/224-atlantis-lab-at31-ca-alors

 

Actuel porte-drapeau de la marque, l’AT31 ne passe pas vraiment inaperçue, mais ses aptitudes musicales et énergétiques dépassent encore les dimensions déjà confortables de l’objet. Expressivité majeure, suivis rythmique et mélodique garantis sans stress quelles que soient les roueries musicales, une définition subtile jamais suréclairée, et un foisonnement de timbres inattendu en font un sommet de délicatesse associé au panache flamboyant d’un concert de rock dans une salle gigantesque.

A condition de ne pas se tromper dans les associations, parce que l’AT31 peut vite devenir pointue ! Pour autant, on peut être surpris de l’association facile avec des amplificateurs peu puissants et pas forcément coûteux, tout en pouvant emporter l’objet à des altitudes où peu d’enceintes, tous prix confondus, la suivront en lui attribuant un Kondo Overture par exemple.

En ayant bien en tête que rien n'oblige à viser de tels sommets pour profiter amplement du large faisceau de qualités expressives de l'AT31 : elle révèle toutes les qualités d'un Tsakiridis Aeolos Ultima (ou Ultra) ou d'un Atoll IN300. Que dire alors avec un Accuphase E800 ou un Grandinote Supremo ? Aïe, je recommence...

Bref, l'AT31 se contente de peu mais se satisfait du meilleur...


IN300



Suis bien embêté... Je ne sais pas dans quelle rubrique placer cet appareil que j’ai réclamé de mes vœux pendant longtemps…

 

Comme vous l’avez évidemment remarqué, j’ai séparé Atoll en deux articles : la gamme des appareils petits et médians, et la gamme 400.

Or si le terme médian devait bien caractériser cet appareil dont le prix public indicatif est 2800 €, je serais facilement tenté de le glisser du côté des 400 à l’écoute.

 

D’une présentation vraiment sobre, l’intégré / DAC IN300 revêt un ramage qui évoque le meilleur des deux gammes.

Bien sûr, on n’attend pas d’un appareil de cette gamme que la cosmétique prenne le pas sur la technique embarquée et évidemment encore moins sur l’inspiration lyrique.

 

Comme on s’en doute, le pari musical est totalement gagné : la verve joyeuse de l’IN300 emporte l’adhésion dès les premières notes.

Rapide, volontaire, l’Atoll IN300 s’engage à fond dans la volubilité ; réactif et nuancé, il manie avec aisance la lame ou l’aiguille, la paume caressante sur le satin, le pinceau délicat sur des miniatures ou estampes.

Timbres savoureux et incarnés, transparence d’un habile nettoyeur de vitre, sens du rythme d’un jazzman inspiré et groove d’un éternellement jeune musicien du Buena Vista Social Club, tout concourt au plaisir.

 

Nous l’avons testé sur nos talentueuses Mulidine Cadence qu’il accompagne avec allégresse, et sur les patriciennes Atohm GT-2HD qu’il dynamise sans effort (très belle combinaison permettant de profiter des grandes Atohm sans se ruiner) : dans un cas comme dans l’autre, il sait mettre en avant les vertus superlatives de la musique avec un enthousiasme communicatif.

 

En panne d’inspiration depuis longtemps, nous avons enfin trouvé un appareil qui vient se poser sur la même marche que les Sugden qui sont longtemps restés sans rivaux, avec, à bonheur musical possiblement supérieur (un peu moins de matière mais une résolution et un sens du rebond rythmique supérieurs, une universalité plus ouverte) un DAC de haut vol intégré.

 

Du bonheur à l’état pur et à ce prix une affaire incontournable.

 


Dac ? Dac à 300%


Nouveauté attendue venant d’Atoll ? Par moi en tout cas, oui, même avidement.

 

Suggéré autour de 2500 €, L’Atoll DAC300, convertisseur « numérique => analogique », est parfaitement placé en gamme. Euh… Même très au-delà de sa gamme !

 

Pourquoi « attendu avidement » ? Tout simplement parce que je suis en quête de convertisseurs de tout genre ou toute catégorie et jamais trop enchanté par ce que j’ai pu écouter.

Si j’ai comblé l’attente à partir de 5 000 par les Eera (avec l’agacement corollaire que ça donne l’impression que l’on s’enferme dans des codes), je n’ai rien trouvé en dessous ou alors très en dessous. Vide d’autant plus difficile à mesurer qu’un Eera Andante pourrait valoir plus si l’épanouissement musical était le seul guide d’achat.

 

Fortuitement, l’Atoll DAC300 est entré en lice !

 

C’est un Atoll, donc on en a pour son argent et ce dès l’analyse des fonctions disponibles, entrées nombreuses, variées, sorties itou dont une en symétrique et une vraie sortie casque en façade.

C’est un Atoll, donc il est beau… Euh…

En tout cas celui-là l’est, tout comme les modèles présentés depuis quelque temps, particulièrement avec sa ligne similaire mais en slim-line aux récents IN300 et 200 Signature (il faut que je pense à une petite chronique pour celui-là), simple et charmante.

Affichage net d’un bleu doux qu’on ne peut hélas pas éteindre. Ou alors j’ai pas trouvé.

C’est un Atoll, donc il devrait chanter et, à l’aune des créations normandes depuis quelques années en tout cas (je ne suis pas un connaisseur historique), sans faux col. J’étais de fait plus impatient qu’inquiet de découvrir les performances auditives du nouveau DAC.

 

A peine branché, sans les précautions d’usage (phase, température de fonctionnement optimale etc…), le plaisir embrase les oreilles : on tient avec le DAC300 une nouvelle référence, comme l’IN300 l’est dans la catégorie intégré tout terrain en affirmant un caractère fort, expressif, joyeux, fin dans un rapport qualité/prix de haut vol.

 

L’esprit du DAC300 est le même !

 

J’ai failli rendre l’appareil à Laurent venu nous le présenter dès son retour du parking, soit après trois minutes d’écoute :

« C’est bon, j’ai entendu, ça marche. Formidable, merci ! »

Mais Laurent est un ami : autant passer un bon moment ensemble. Et explorer plus avant cette machine.

D’autant que je ne lui ai pas facilité la tâche en l’installant dans un environnement qui ne cache rien, n’arrange rien : 

Lumin U1 évidemment relié en USB au DAC300

Grandinote Shinai,

et surtout les Adelaïda de ppfff ! Eh oui, un écrin de luxe pour un appareil à 2500 €.

 

Le DAC Atoll n’a pas droit à l’erreur dans ces conditions !

Câblage symétrique en Tim-Référence, mais un simple Amboise pour le secteur : autant je veux que la chaîne aval révèle tout de l’appareil sur le grill, autant fausser l’analyse d’icelui en le boostant d’emblée, surtout sans essais de compatibilité d’humeur, n’est pas un service à rendre au futur client.

 

Le reste de la journée passée à écouter et, à la demande de Laurent, à comparer le DAC300 ne procurera qu’un lot de bonnes surprises, aucune ne venant contrarier la perception enthousiasmante des premières mesures.

Transparence et rapidité s’affirment ouvertement. Le DAC300 fait preuve d’une franche autorité, un engagement direct dans la musique, avec un aplomb exemplaire sur un très large spectre construit sur un grave profond, aussi puissant et tenu que le reste. Car l’Atoll DAC300 ne manque pas d’énergie, bien au contraire, il empoigne l’espace avec fermeté mais prestance et dispose les intervenants dans leur relief naturel et une perspective vraisemblable.

La proposition est chatoyante et habitée, pourvoyant les notes d’un noyau ardent.

Les attaques sont vives et luxuriantes au profit d’une incisive lisibilité et d’un sens du swing qui fait partie de nos critères indispensables. Lisibilité qui – j’anticipe les craintes ! – ne rime pas avec chirurgie ou froideur (et en effet ça ne rime absolument pas).

Vivant, joyeux, le DAC300 n’en est pas moins d’une distinction sensible et touchante, sa rapidité procurant une savoureuse onctuosité sur les cordes ou les voix. Les articulations de modulation s’entrelacent mélodieusement, la machine, chantante et changeante, décrypte aisément des entrecroisements complexes de lignes sonores parfois alambiquées dans une symphonie de Pettersson (la n°5 par Christian Lindberg) ou dans le prodigieux « black rainbow » de St Vincent ; et si parfois les lignes sont un peu simplifiées, les réverbérations un peu courtes, on ne s’en rendra compte que par comparaison avec des cadors du genre.

A ce sujet, un rapide essai sur un support SSC que distribue Atoll – était-ce le Twinbase ? – a rapproché le DAC300 de l’appareil en comparaison.

Musiciens, instruments, artifices divers s’ébrouent librement dans un positionnement, un environnement et des dimensions relatives réalistes (Smetana par Jerusalem, Tchaïkovski par Lisa Batiashvili ou toujours St Vincent sur un fichier pourtant pas des meilleurs).

Le développement harmonique respirant n’essuie ni boursouflure ni rétrécissement, dans une extension dynamique en constants entrechats, sans pallier ni contrainte ni scories, qui n’admet aucune dureté ou réduction dans la cohérence globale. Encore un point qui fera le trou avec la plupart des compétiteurs je pense.

La rigueur est de mise, au sens où le DAC300 ne se mêle pas d’intervenir dans l’histoire que nous racontent les musiciens, il en est le relais direct, une fluide courroie de transmission, s’efface autant que possible, humblement, et si certes les rares appareils que nous avons sélectionnés (notablement plus coûteux) nous rapprochent plus encore des hommes, l’Atoll nous en dévoile d’ores et déjà l’essence physiologique, la fibre vitale.

Une telle machine à musique nous manquait dans un rapport qualité/prix aussi favorable.

Elle touche au cœur par sa justesse et son honnêteté, et l’évidence hédoniste installée dès les premières secondes n’a pas connu le moindre bémol pendant 5 heures d’essais, sur des fichiers de tous genres, techniquement (16 ou 24 bit, fréquences d’échantillonnage variées ou DSD) ou musicalement (du violon solo d’Anne-Sophie Mutter dans la superbe Folia de Penderecki à « my name is mud » de Primus, reconnaissez qu’on a ratissé large).

Je suis très heureux de l’arrivée du DAC300 Atoll, car s’il ne bouleverse pas notre hiérarchie (ouf !), il y trouve naturellement sa place, seul sur les premières marches du haut-de-gamme, et il est clair qu’il en bousculera d’autres : nous avons écouté suffisamment de bécanes indigentes (artistiquement) qui ne justifient pas leur prix pour savoir que le DAC300 va faire mal sur le marché et combler des mélomanes exigeants sans les ruiner.

 

Belle réussite !

 

Et c’est un Atoll.

 

Et c’est français !

 


et les ténors...


Tout autant que les éléments séparés de la gamme 400.

Ces éléments séparés, de même que l’intégré IN 400, bénéficient et feront bénéficier l’acquéreur, d’un rapport qualité / prix exceptionnel ! Et la nouvelle mouture du PR400, dit Signature, en fait sans aucun doute un jalon de notre bizarre profession.

Mais, pour Atoll comme pour nous, est-ce la bonne voie mercatique ?

Pas sûr ; peut-être auraient-ils dû créer une marque parallèle « ésotérique » et afficher les prix hautains qui forcent le respect ?

 

Mais, que voulez-vous, ce sont des gens honnêtes…


les 400 coups



Il y a, à travers les années, des marques dont on entend souvent parler, diversement appréciées mais actrices incontournables de la petite scène de la hifi.


Atoll est assurément une des marques les plus citées. Notamment par des jeunes gens qui ont bâti leur première chaine autour des vaillantes petites électroniques françaises.


On a tout entendu à leur propos : c’est dur, c’est gris, c’est mou, c’est sec, c’est transparent, c’est voilé, c’est neutre, c’est coloré…

Tout et son contraire.

On en a eus entre les oreilles bien sûr, arborés par des clients qui souhaitent changer un élément ou acquérir des enceintes

On s’est contenté de trouver ça très honnête, bien fait pour le prix, d’une qualité honorable, plutôt meilleure que bien des pseudo références de la hifi, voire de prétendus appareils pour mélomanes.
Bien construit, et d’un rapport qualité / prix exemplaire, surtout quand on sait que c’est fabriqué en France…

Mais bon, dans notre quête un peu bornée de la qualité absolue dans tous les créneaux de prix, on n’avait pas été bouleversés.


Et puis lors d’un improbable salon, très calme, nous prêtons une paire d’enceintes (des Audiomanufacture B8) au très sympathique représentant d’Atoll pour une démo de la nouvelle série 400 (salut Laurent !) …
Puisque le salon est vraiment très tranquille, on prend le temps d’écouter…

… Pour s’apercevoir qu’il se passe quelque chose ! Vraiment ! C’est d’autant plus saisissant que depuis des mois on cherchait un amplificateur aussi universel que possible dans une gamme 4000 à 7000 €, fouillant sans grand succès parmi les stars.


L’Atoll IN400 vaut moins de 5000, mais, comment dire ? C’est bien un des derniers auxquels on aurait pensé... Alors qu'on en a écoutés beaucoup, croyez-moi…

Comme quoi, euh, nous aussi on a des a priori...

Eh oui, c’est difficile à croire, je sais…

 

Or, même dans les conditions très particulières et limitantes de ce salon, on entend qu’on a clairement affaire à des appareils (IN400 + CD400) qui racontent avec franchise et engagement la musique et les musiciens !

Par conséquent, de fil en aiguille, d’essais en essais, de discussions en discussions, on creuse le sillon... tout en continuant à chercher la perle rare parmi les référents de la profession, celui qui fera mieux, celui qui célébrera l’honneur qui lui est profusément attribué…
Et puis on se rend à l’évidence : pas mieux ! Même le valeureux rival qu’on avait fini par choisir de guerre las.

Et donc la série 400, via les intégrés, fait son entrée chez staCCato, c’est dingue, non ?
Si, vraiment.

Parce qu’à l’écoute de la musique via l’intégré Atoll IN400, accompagné ou non du CD400, on est en présence de ce noyau, cette substance organique indispensable à la musique, faite de matières et de rythmes créant un aplomb revendicateur et si éminemment éloquent, le maître mot de nos sélections.

On l’a essayé sur des Mulidine, à qui il confère des dimensions supérieures, des Living Voice qui montrent alors un souffle herculéen et une éloquence grandiose avec panache, sur des Atlantis qu’il pilote avec délicatesse et autorité, sensibilité et vigueur, sur des Audiomanufacture qu'il maîtrise avec aisance, ou sur des Leedh C ou auxquels il offre le coffre indispensable pour affronter les pires situations, d'autres l'ont essayé pour nous et avec bonheur sur des Verity Audio, sur des Thiel…

Formidable…

L’arrivée des Atoll chez staCCato correspond à un scénario absurde qui se répète : on cherche en vain pendant des années et puis coup sur coup, on trouve deux beaux objets qui ne sont pas ridicules face à notre cher Sugden Masterclass IA4 toujours aussi somptueux mais pas absolument universel côté puissance disponible…

Une fois encore, nous n’avons pas choisi la facilité en jetant notre dévolu sur une marque certes appréciée pour ses appareils d’entrée de gamme mais encore boudée côté haut de gamme par le snobisme ambiant alors que les gens d’Atoll sont sans aucun doute parmi les rares à être vraiment partis d’une feuille blanche pour franchir le cap.


Mais en hifi les a priori ont la vie dure, n’est-ce pas ?

Depuis, sans changer de nom, IN et CD400 ont copieusement évolué. Dans le bon sens.



Le ST200 Signature n'a pas d'équivalent sur le marché, tant son rapport qualité / utilisation / prix est exceptionnel.

Polyvalence et facilité d'utilisation, soit streamer internet direct (radios internet mais aussi Tidal, Qobuz streaming ou autres), soit pilote d'un disque dur ou un NAS en procédure DLNA ou UpNP, etc..., cet appareil ludique est muni d'une excellente section DAC et aussi d'une vraie section préamplification (par opposition à un simple ampli-op numérique pour régler le volume) munie de 2 entrées analogiques, 3 entrées numériques sans compter 2 x USB indépendantes et bien sûr la lecture réseau via RJ45 ou wifi, qui vous permettra de brancher le ST200 Signature directement sur un bloc de puissance !

Mais si vous voulez allez plus loin, rien ne vous empêche de passer par un DAC externe.

 

Pas envie de vous embêter à accumuler les boiboites ? Pensez SDA200 Signature.

C’est un ST, autrement dit un lecteur de réseau décrit ci-dessus, mais qui inclut un amplificateur.

Et c’est impeccable. Par certains côtés, la restitution musicale est presque plus immédiate qu’un ensemble séparé, une fluidité exceptionnelle, une évidence naturelle, c’est vraiment une réussite.

Peut-être parce que les liaisons sont réduites, le synoptique de ce genre d’intégré ne consiste évidemment pas à introduire au chausse-pied deux appareils dans un même châssis mais bel et bien de retirer les doublons du schéma et concentrer les qualités.

Pas envie d’accumuler les câbles, envie de simplicité d’emploi, envie d’une seconde chaîne ? SDA200 Signature !

 

Croyez-moi vous ne serez pas frustrés musicalement !


Et si à un moment où un autre vous prend la tentation quand même d’écouter vos CD à l’ancienne, eh bien vous pourrez rajouter un lecteur CD « transport ». Ça tombe bien, Atoll en propose deux modèles : les DR100 et 200 Signature.

 

En outre, autour de ces supers petits bolides à prix modiques, nous allons concocter des combinaisons, des propositions spéciales, affinées, accompagnées de conditions optimisées pour vous.


les singuliers


Car là où certains choisissent le « plus beau que nature », le confort répétitif ou une fluidité un peu simplificatrice, la voie défendue par Atoll est celle de la franchise lyrique, l’enthousiasme rythmique, la vivacité et la réactivité, quels que soient les modèles.

Or, la vitalité, l’engagement musical au risque de révéler des vérités de disques que parfois on préférerait maquiller, soit, mais au profit de la justesse du swing, de l’humain, ça correspond évidemment à notre recherche permanente non ?

 

Aussi avons-nous décidé de nous spécialiser, devenir des représentants complets, une sorte de magasin pilote pour notre large ilot de l’ouest et opposer la joie de vivre française à la ploutocratie prétendue de quelques propositions célèbres…

Alors, CD ou IN80 SignatureCD ou IN100 Signaturegamme 200 Signature incluant ST ou SDAchaîne mini-format MS120 + HD120 + MA100, les options diverses, tout ce joyeux petit monde sera présenté en permanence au magasin avec du stock pour certains modèles et des modalités commerciales à l’avenant, selon que vous désirerez un ou plusieurs appareils.


tout est dans le nom


France, fabriqué en France

 

Atoll, gamme médiane

 

Premier épisode de la saga Atoll ; ou comment Atoll conquiert gentiment une place prépondérante chez staCCato après la première vague initiée par la découverte du haut de gamme (gamme 400) et les nouvelles technologies (modèles ST ou SDA).

 

Depuis toujours je cherche à composer des chaînes à budget tenus ou économiques, des chaines d’initiation ou pour amoureux de musique aux revenus modestes. Considérant toutefois que ça ne doit pas se faire à tout prix : mon but n’est pas de dire « oui » à tout ; mais bel et bien de proposer des solutions qui respectent un état d’esprit. Or, dans l’entrée de gamme, se démarquer est difficile car de fait, les appareils sont à la fois plus répandus et moins différenciés.

Ainsi, nous avons tenté diverses marques au sein desquels nous picorions tel ou tel produit qui nous paraissait un peu plus volubile que la triste moyenne, mais sans vrai succès, sans vrai bonheur ou alors à très court terme, sans avoir l’impression de construire une logique, une ligne.
Jusqu’à se rendre compte que nous ne voyions pas ce que nous avions quasiment sous le nez, une évidence telle que nous n’y pensions pas : la gamme Atoll.

Certes, nous avons abordé Atoll par le haut-de-gamme et le renouvellement technologique, mais pourquoi bouder ce qui a fait leur réputation et réjoui des milliers de mélomanes ou audiophiles à savoir les modèles à prix serrés ? D’autant que ces produits ont progressé à travers les générations suivant la courbe de technicité des grands frères, et sont des références incontestables, avec une esthétique sonore ni plus ni moins orientée ou revendiquée que leurs divers homologues anglais ou autres.


le prince des réseaux


Dans sa perpétuelle démarche visant à présenter des produits up-to-date, pour ne pas dire garder de l’avance, le fabricant normand n’a de cesse de pousser plus avant ses recherches.

 

C’est une très bonne idée de compléter la gamme 300 par un lecteur réseau/Dac/préampli !

Directement appelé Signature. On saute plusieurs étapes.

 

Accompagné, pour ceux qui aimeraient la formule d’un ampli de puissance, d’un AM300 que l’on peut relier directement au ST300. Signature. Puisqu’il est préampli.

 

Et en symétrique s’il vous plaît.

 

La logique industrielle d’Atoll permet de proposer une hiérarchie de produits dont les crans qualitatifs sont plus impressionnants que les prix.

 

Ainsi, le ST300 (Sig) coûte à peine 800 € de plus que le ST200 (Sig) mais vaut bien plus !

 

Techniquement, on peut même dire que c’est un nouveau produit plus qu’une évolution.

 

Alimentation de la partie streaming, alimentation de la partie DAC, circuits de conversion symétriques donc, issue du CD400, et j’en oublie, en font un objet haut-de-gamme.

 

Nous préparent-ils un ST400 pour ne pas avoir propulsé cet appareil dans cette gamme ? Apparemment, non.

 

Ce qui frappe en premier lieu est la richesse expressive que dégage cet engin. Certes, cette orientation est bien caractéristique de la volonté des ingénieurs d’Atoll. Mais quand même, à ce point et à ce prix, on reste baba.

 

Evidemment, l’éloquence n’aurait pas de sens si timbres, scène, ouverture, sens des modulations ou équilibre tonal n’allaient pas dans le même sens. Autrement dit, à l’écoute d’un ST300 c’est autant la justesse que l’humanité qui triomphent !


soleil levant


Japon

 

Quand je suis retourné, il y a plus de dix ans au High-End de Munich après plusieurs années sans, quelques stands m’ont intéressé, deux m’ont bouleversé.

L’un des deux, c’était Audio Note Japon, nommé désormais Kondo. Un stand dans les grands Hall du bas. Un stand si rempli de matériel qu’il devait rester la place pour 6 chaises.

Des enceintes de la marque ou en tout cas adoubées (les BiYura ?). Le choix des microsillons était évidemment d’un exceptionnel niveau artistique, mais, en luttant contre les larmes, je savais bien qu’acheter ces perles culturelles (je parle des disques) ne conduirait pas au même résultat chez moi. Le camarade professionnel qui m’accompagnait n’en pensait pas moins.

Mais les prix, les prix des appareils…

Depuis, tous les ans, je retourne écouter Kondo, désormais présenté avec des enceintes que j’apprécie moins, qui en racontent moins sur le potentiel sensible des créations Kondo. Pour autant, le niveau musical est quand même dans la marge de ce salon qui empile les références lamentables.

Sauf bien sûr quand Kondo accompagne les superlatives Living Voice Vox Olympian, mais à ce stade, on ne sait plus très bien ce qu’on écoute.

Et tous les ans je fais le même constat : des décennies après un premier contact avec Audio Note Japon (en comparaison avec Audio Note GB dans un moment que nous sommes peu à avoir partagé), je ne suis pas sûr que la haute-fidélité ait évolué dans le bon sens, à quelques exceptions près.

Aussi, lorsque Karl vient gentiment déposer l’intégré Overture PM-2, c’est forcément un moment étrange alors que je me défends d’être accro au matériel ou aux marques.

Un peu étrange de considérer que cet appareil somme toute pas énorme, qui sur le papier est un banal push-pull d’EL34, coûte quand même 32 000 €.

A l’observer de plus près, on commence à comprendre pourquoi.

Et à l’écoute ?

L’appareil est neuf, mais il donne tout de suite le ton. Et balaye tout doute : le prix est plus que justifié !

Rapide, énergique, rigoureux, nuancé, foisonnant ! Dans la veine des très rares amplificateurs à tubes que j’aime.

En quelques jours (oui : un mois quand même), il va s’ouvrir, respirer, prendre une liberté harmonique accompagnée d’une capacité des nuances de modulation qui évoquent ce qu’on a entendu de mieux en 300B mais sans les limites, imposant une intensité qui se déploie de plus en plus, y compris dans le bas du spectre, avec une tenue d’une rare fermeté, ouvrant sur des délicatesses de sous-couches cachées d’habitude dans l’extrême grave, sur des enceintes déjà gourmandes.

Pour tout dire, tous ceux qui ont pu assister aux deux présentations le trouvent plus nuancé dans le bas que les superlatifs Apurna qui passent pourtant le continu !

Certes, il n’alimentera pas toutes les enceintes de la terre, mais est très à son aise avec des TAD E-1 TX, ce qui en dit long sur son énergie car les bougresses ne se contentent pas de peu…

Je n’ai pas envie de faire des tonnes de commentaires : l’Overture PM-2 n’en fait jamais trop, mais rien ne manque ; il ne commet pas la moindre erreur et à l’arrivée, la parole est intégralement donnée aux musiciens, à l’humain…

Oui, je vais faire court : l’Overture est l’un des trois meilleurs intégrés que j’ai écoutés à ce jour.

Et mon préféré.

Or, ça en fait beaucoup, y compris des machins que vous ne pouvez qu’imaginer, et que j’ai diversement appréciés.

La sensation d’avoir trouvé une réponse à une longue quête.


et le Prima ?


C’est aussi le cas du petit Prima, modèle d’accès à la gamme (1300 € !!!!!!!!!!), dont le rapport qualité/prix laisse pantois quand on sait que cet appareil est fabriqué au Japon, mais surtout quand on l’écoute.

 

Nous n’avons pas hésité à proposer une solution qui l’incluait en compagnie d’un Kondo Ouverture II. C’est dire !

 

Aurorasound a aussi développé un ampli/casque bouleversant, et aussi un préampli et un ampli, je ne connais pas encore ces deux derniers, et nous a promis un DAC révolutionnaire !

 

Miam.


la perfection du naturel


Japon


C’est toujours agréable et si rare l’impression d’avoir en main une référence, pas de celles qu’on nous assène à longueur de pages, bien sûr : celle que l’on ressent comme une évidence.


C’est le cas avec le… quel qualificatif choisir ? … Aucun, ça nous changera !

C’est le cas, disais-je donc, avec le préamplificateur MM/MC Vida (Vinyl Disk Amplifier) d’Aurorasound, conçu par un vrai passionné, de musique.

Un double boîtier (alimentation séparée) sobre, quelques réglages très simples, des versions personnalisables selon la cellule proposées sur commande spéciale, une technique propriétaire et l’emploi de transfos Lundahl notamment pour la partie MC, etc…


Quelle importance que cet exposé technique, n’est-ce pas ?


Le résultat est un appareil qui s’oublie très vite en trouvant une place naturelle dans le suivi musical.

Que ce soit en MM ou MC, on trouve (bon certes au bout de quelques heures de rodage quand même) des qualités identiques et uniques tout en collant au plus près à la personnalité des cellules (essais menés sur des Ortofon 2M et Cadenza, une Lyra Delos et une Shelter).


musique ?


Ce qui surprend en premier lieu, c’est la gestion du (des) bruit(s) de fond, notamment le bruit de surface des vinyles qui semble avoir complètement disparu, ou en tout cas être si maitrisé qu’on pourrait se demander si cette étonnante gestion ne se fait pas au détriment d’une partie du spectre.

Eh bien non, absolument pas : la restitution est stupéfiante de précision dans tous les registres, d’un grave totalement tenu (avec un ensemble platine/bras/cellule rigoureux s’entend) à un aigu subtil, puissant et évidemment dégagé de toute brillance inutile, étonnamment mate ou superbement lumineuse au gré des disques, d’une expressivité bouleversante intégrant une gestion tout en nuance d’une dynamique parfaitement naturelle, le tout servi par une douceur, un moelleux, et une absence totale des distorsions pourtant facilement excitables en lecture vinyle.

Je ne vais pas vanter les timbres, le phrasé, le filé, etc… toutes données appartenant nativement au vinyle si ce n’est pour dire qu’avec le Vida, elles sont sublimées, sans pour autant jamais avoir la sensation d’une exagération, du plus beau que nature, du racolage si fréquent dans les installations vinyles.



Avec le Vida, tout paraît juste, tout simplement, ou en tout cas au service exclusif de la personnalité de la base lectrice.

 

Mais, puisque les créateurs de génie sont inlassables dans leur quête d’absolu, Aurorasound ne s’est pas arrêté là.

Et nous avons écouté la version dite Mono du Vida, qui se présente en 4 blocs.

Je ne savais pas ce que je devais attendre de la version Mono, d’autant que la différence de prix n’est pas négligeable.

Alors voilà : passer de l’un à l’autre est du même ordre de choc que d’écouter le VIDA stéréo la première fois. Honnêtement, ça m’a agacé.

Et emballé, parce que bon, c’est comme ça, il faut bien laisser le droit aux créateurs de vouloir toujours plus et, plus important, d’y parvenir.

 

Et puis ça ne fait pas du VIDA stéréo un appareil moins bon ou frustrant, et c’est un point rassurant : je vis très bien avec la version primitive qui va déjà bien plus loin que ce que nous connaissons par ailleurs et délivre une musique vivante et gouleyante.

Oui mais en comparaison, on a l’impression que le Mono est un joyau largement plus onéreux que le delta de prix constaté.

Les qualités du premier VIDA mais… approfondies ? Stabilité, plénitude organique et sérénité, fluidité onctueuse jalonnée de coups de griffes quand la musique le dicte, incarnation des substances et profondeur des silences (assourdissants) etc.

Vraiment on doit pouvoir placer ces objets face à des ténors dépassant les 15 000 € et ce sont les stars qui rougiront !

Des musts qui vont faire du tort à des objets nettement plus coûteux, une fois de plus chez staCCato.


pas moins


Aurorasound n’est pas un nouvel arrivant dans ces colonnes.

Dans un précédent article, j’ai commenté longuement tout le bien que je pense du VIDA, premier préampli phono proposé par la marque japonaise Aurorasound que j’ai eu le plaisir de découvrir et d’intégrer sur le champ il y a déjà de ça quelques années.

Le prix du VIDA originel n’a pas beaucoup bougé et l’objet reste un must ! Il est depuis peu secondé par le bas par un petit Prima, fabriqué au Japon et cependant proposé à 1300 € semble-t-il ! Notable effort de rationalisation car je ne vois pas Shinobu Karaki proposer un appareil au rabais. Le Prima étant paru après la découverte de l’objet de mon article en cours, je lui consacrerai un CR ultérieurement.

Le VIDA originel et ses déclinaisons sont coiffés depuis un moment déjà par une version en deux (4) blocs (Mono VI-8) qui élève l’épanouissement musical du petit frère pourtant remarquable, justifiant son prix sans souci puisque ces deux objets sont tout simplement parmi les meilleurs préamplis phono universels du marché, à quelques intouchables exceptions près peut-être.

Jusqu’à ce que Karl débarque avec un gros carton me disant « je te le laisse, c’est une nouveauté, il n’a jamais été déballé, tu verras il y a des options intéressantes… »

Mouais…

Nous déballons le machin, quand même imposant d’autant qu’il y a aussi un bloc externe en aluminium enfermant l’alimentation, pas des plus légers quand on songe qu’on alimente un préampli phono.

Ce nouveau jouet s’appelle VIDA SUPREME (excusez du peu).

Encombrant soit, mais finalement pas plus que les « mono ».

Les câbles reliant le boitier d’alimentation au boitier principal sont les nouveaux câbles « blancs », de qualité supérieure que j’avais testés avec bonheur sur le Mono VI-8.

La qualité de fabrication est impeccable même si la valeur perçue est possiblement discutable. La façade aluminium très soigneusement microbillée reprend la disposition des autres modèles à l’exception d’un gros sélecteur à droite qui permet de choisir entre cellules MM et MC bas niveau sur la carte principale et des cartes optionnelles. Il y en a deux dans la machine qui m’a été confiée. Je me pencherai plus attentivement sur l’une d’entre elles, à savoir une carte phono par composants discrets, étonnante compte tenu des choix techniques habituels (transformateurs d’adaptation).

Mais, compte tenu de la qualité musicale des réalisations Aurorasound, nul doute que le concepteur a ses raisons, d’autant qu’à pas loin de 13 000 € selon les options, il vaut mieux espérer qu’il ne s’est pas trompé.

On l'écoute ?


la preuve


Evidemment non ! Il ne s'est pas trompé. Vous vous en doutez.

Sinon, on remballe l’appareil, on murmure quelques excuses confuses et on oublie.

Toutefois, la proposition musicale du Suprême est quand même singulière. Son caractère très particulier apparait d’emblée et si le rodage donnera la ductilité qui peut manquer au début, il ne se démentira pas ; en effet, la rigueur est extrême ! Aucune complaisance. C’est évidemment l’esprit des autres modèles de la série VIDA, mais à ce point de tension, de nervosité, de tenue, c’est défrisant. Et ceux qui me connaissent voient l’image !

Cette rigueur ne peut que me plaire dans la mesure où elle ouvre totalement les vannes de l’expression technique des éléments en aval, platine, cellule, pressage etc… et de l’expression artistique ! Tout ce que je cherche parfois un peu inquiet de trouver si peu de candidats.

Car si la restitution du Suprême est déstabilisatrice, elle est incontestablement juste ! On sort des habitudes esthétisantes de la reproduction vinyle, soit, mais sans rien en perdre de la poésie, de la fluidité ou la sensualité, bien au contraire. Mais le lyrisme et l’éloquence sont donnés par les musiciens, pas par le préampli !

L’altière verticalité de la restitution m’a valu une remarque d’un auditeur qui, certes sur le ton de la plaisanterie, racontait bien sa première impression : on dirait du numérique ! Ce n’est pas faux, à condition d’accepter les indéniables qualités du numérique (quand il est bien fait) pas toujours données par le vinyle.

En l’occurrence un équilibre tonal et énergique parfaitement constant, droit, une dynamique assidûment répartie, et des fondations de statues antiques. Une puissance active distribuée également sur tout le spectre, tenue jusque dans l’extrême grave (à condition que la platine le permette).

Et cette rigueur, architecturée, tenue, droite délivre après quelques dizaines d’heures de rodage une fluidité d’une sensibilité fabuleuse, des jeux de couleurs internes proprement démoniaques, une inébranlable structuration physique de tous les registres, sans la moindre lézarde ou hésitation, des attaques franches, tendues, nettes, repoussant le « bruit » du vinyle vers les tréfonds de l’imperceptible.

Résultat : on baigne dans un océan de musique en passant par toutes les sensations des courants, des vagues, des parfums, des écarts violents ou subtils de température.

La délicatesse transparaît idéalement dans la rigueur gourmée car elle suit les évolutions les plus ténues de la musique, les plus dissimulées, les plus détournées, pas un seul instant à une déformation, une facilité jolie, un laisser aller de l’électronique (ni de la platine ou du bras, j’ai oublié de le dire : l’Acoustic Solid MPX tweakée et le bras Vivlab Carbon), et seules disques et cellules s’exposent sans la moindre altération de leurs langages mêlés.

Autre grande qualité, rare sur quelque système que ce soit : le Suprême inscrit le grave dans l’aigu, je veux dire cette existence du corps et des matières qui crée un lien permanent entre toutes les parties du spectre, entité unique qui ne se détaille pas. Qualité évidemment rendue possible par le bras Vivlab, un rapide essai sur une platine munie d’un bras moins performant faisant un peu reculer cette sensation, mais quand même, ce préampli plus que tout autre sait préserver l’unité physiologique intime.

Pour info, j’ai procédé aux essais via les sorties symétriques essentiellement.

L’essai comparatif sur la carte interne avec RIAA + gain par transfo est moins extrême, moins surprenante, même si, en première écoute on a l’impression de s’y retrouver plus facilement. Je suppose que si on a plusieurs bras et cellules avec des cellules un peu dures, l’hésitation a du sens, sinon, de notre côté, notre choix est fait. Attention toutefois : même via la carte interne à transfos, l’écart avec le VIDA Mono VI-8 justifie pleinement l’existence de cette version Suprême.

Une autre option amusante est une carte qui permet de faire transiter un signal issu d’une source haut niveau, lecteur CD ou DAC, via le Suprême.

Un peu gadgétique dans le cadre de nos essais, je devine que sur des lecteurs numériques comme il en existe encore beaucoup où la restitution est déshumanisée, cette option créera une illusion de chair ; étonnamment, la sensation de transparence est conservée, pas de perte flagrante pas plus qu’un amollissement des attaques, mais un huilé supérieur, une dynamique idéalement contrôlée. Au prix toutefois de câbles de compétitions fois deux.

Le Suprême se justifie-t-il face aux déjà formidables blocs mono du même Aurorasound ?

J’ai déjà répondu : indiscutablement oui dans sa version base et plus encore avec la carte à composants discrets, à ma grande surprise. Mieux encore que les précédents modèles, il disparaît totalement au profit du reste de la section phono, et si celle-ci n’apporte pas de colorations ou déformations marquées, c’est au bénéfice direct de la musique, sans concession, que le Suprême agit ! Une telle intégrité, c’est rare dans le monde du phono !

Afin d’être tout à fait clair et pour ne pas rentrer dans le jeu des déformations de la hifi, ça ne veut certainement pas dire qu’il faut jeter vos VIDA Mono à la poubelle, car l’arrivée du Suprême ne retire rien à ces appareils qui, aboutis et intègres, ne sont pas fomenteurs de frustration.


décidément...


Allemagne

Présentée par Green*K Design (06 63 02 72 72)

 


Décidément, vous n’êtes pas au bout de vos surprises.

 

Ça fait très longtemps que j’observe Avantgarde, depuis l’époque de la distribution par Audionote France (ou plutôt Triode & Cie), c’est dire.

Une chance que j’aie d’abord approché cette marque par le biais de Philippe Heitz, certes il y a longtemps, certes sur des versions anciennes portées par des électroniques onctueuses, expérience m’amenant à garder un œil bienveillant sur les concepts sculpturaux d’Avantgarde. Car Avantgarde a beaucoup souffert de salons ou démonstrations qui restaient à la lisière (ou très en dessous) des possibilités des produits de la marque pour souvent n’en montrer que le panache démonstratif digne au mieux de la sono de luxe.

Toutefois la curiosité restait cantonnée à une attention lointaine car pour rentrer un modèle Trio avec Basshorn, faut quand même un peu de place.

Pardon ? … Et pas mal d’argent ?

Oui, soit… Tout de suite les sujets qui fâchent…

Ce qui est bien dommage pour au moins une raison : ça a de l’allure.

Dans la foultitude d’objets disgracieux de la prétentieuse hifi haut-de-gamme qui oppose des copies de copies d’enceintes bass-reflex alambiquées sorties du même moule à des formes lourdingues voulues novatrices, rares sont les exceptions qui se distinguent un minimum par une présentation originale, affirmée et… réussie.

Et plus rares encore ceux qui soient à la fois présentables, inscrits dans le temps et ?... Et écoutables !

Bravo.

Dans la shortlist : Avantgarde Acoustic évidemment.

 

De l’allure et des vertus expressionnistes réunies dans une gamme de sculptures surprenantes, un peu encombrantes donc.

 

Puis, il y a quelques années, Avantgarde sort un objet vraiment racé, sobre, qui, dans sa version blanche, évoque un monolithe minéral : le modèle Zéro One.

Beau, inédit et logeable. Qui malencontreusement (de mon point de vue de marchand) est aussi un concept d’enceintes actives communiquant entre elles par un système propriétaire, qu’il suffit de connecter une source. Novateur, certes, mais destiné à une clientèle ciblée qui cherche à ramener la reproduction sonore au strict essentiel en privilégiant le design de l’objet plutôt que l’évolutivité.

Dommage me dis-je alors, parce que ça aurait vraiment pu me plaire.

 

Mais : le nouveau distributeur de la marque m’apprend au début de l’année 2017 que le modèle Zéro One est désormais décliné en Zero Teil Aktiv, qui, comme son nom l’indique, n’est que partiellement amplifié, la partie grave évidemment, laissant libre cours à des combinaisons de tout genre pour le reste !

Génial, non ?

J’en parle à mon ami Philippe (Green*K Design) précisément en quête de produits lui permettant de se démarquer un peu de mes propositions magasin et collant idéalement à sa volonté d’objets au design attesté et même, osons-le, beaux !

- " Et la musique ? " me demande-t-il, pas forcément rassuré par ce qu’il a écouté naguère sur les salons.


 - " Dans la mesure où on peut peaufiner l’association et où on aime bien le côté athlétique et florissant des Avantgarde, franchement face à la banalité des propositions HdG qui nous agacent, ça me convient parfaitement ", réponds-je ; " à nous d’en tirer le maximum, et puis ça va quand même dans le sens de la reproduction engagée et probante que nous défendons avant tout, n’est-ce pas ? " 

Hum... Est-ce que je parle aussi pompeusement ? Euh, pas impossible...

 

C’est décidé : on prend.

Enfin lui.

Parce que c’est plutôt chez Green*k Design qu’il faudra aller les écouter.


Bon, si ça pose un problème, on pourra aussi l’envisager chez staCCato centre-ville. Sur rendez-vous de toute façon.

D’ailleurs je les ai eues en premier pour apprendre à les connaître et déterminer les combinaisons possibles.

 

Philippe (Green*K Design) n’a pas le temps, il a un métier lui, il passe, fait : « mouais... ». Ou « bof... ». Ou « non !». Ou « ah oui, là d‘accord ! »

 

Parce qu’il faut quand même les maitriser, les bougresses. Oh, sans forcément s'infliger le prix d’un voilier de luxe. Ou d’un câble haut-de-gamme. Un rapide test avec le réjouissant tout-en-un Frankie D procure des satisfactions de premier ordre avec le monolithe.

Mais quand même.

 

Tout d’abord, ne rêvez pas : le rendement élevé et le grave amplifié ne suffisent pas pour envisager n’importe quel 300B de 8 W, sauf peut-être en essayant de brancher l’ampli de grave en XLR et encore. Rien d’impossible, mais à condition d’avoir un 300 B très énergique dans le bas, pas le cas plus fréquent.

Car même si le grave est autonome, la personnalité dans ce registre de l’ampli en amont en change clairement la fermeté et la tenue, l’intégration au reste du spectre dévolu, rappelons-le, à des pavillons dont le rendement est annoncé à plus de 100 dB.

Et évidemment la bonne rapidité sur les transitoires, ou plus précisément sur les attaques, ne pardonne rien aux amplis un peu lents, soit la grande majorité, ni aux trop simplificateurs, l’autre grande majorité. (? Oui, c'est possible)

 

Une combinaison gagnante ? Dac/Lecteur réseau Grandinote Volta (quel engin !!!!) + Accuphase E650.

L’E650 procure une poussée endiablée parfaitement appropriée à l’hyperréactivité de l’Avantgarde Zéro mais lui confère aussi un sens des nuances indispensables et la densité physique pour poser un piano dans la salle d’écoute. Mais j’aurais pu citer le Grandinote Shinai.

Une combinaison gagnante moins coûteuse mais ébouriffante de musique et de tenue ? Le tout en un Serblin & Son Frankie D1000 « + » (3500 € ! une merveille).

L'écoute ci-dessous :


... énergie...


L’Avantgarde Zero TA ne déteste pas être un peu poussée, elle semble trouver naturellement sa cohérence tonale à un bon niveau où le grave s’intègre, devient punchy et articulé.

 

Ainsi, sur le piano d’Hélène Grimaud proposant une version hardie, enlevée et d’une précision technique absolue de la sonate en si mineur de Liszt, les Zero TA installent une dimension plausible de l’instrument, puissant, présent dans sa titanesque mesure et donnent le plaisir d’entendre jusqu’au son de la touche que le doigt charmant mais vigoureux enfonce sur le clavier.

Les timbres sont un peu simplifiés, mais la force de l’interprétation est implacable, avec peut-être l’impression d’avoir la tête dans le piano, là où sont les micros cela dit, créant une étrange distorsion entre le jeu d’étouffoir dont la musicienne fait beaucoup usage écrasant les fins de notes basses alors que les notes hautes s’évadent dans une réverbération sibylline.
On ne perd pas une once de la prise de possession autoritaire de l’opus par la jolie dame !

Ce plaisir direct continue dans les élans lyriques de Leonidas Kavakos où l’archet, qu’il soit vif ou appuyé ou sautillant ou violent, nous menotte à la folie très maîtrisée du virtuose. Les Avantgarde Zero TA champlèvent d'une densité réaliste les notes les plus ténues du violon, rappelant les créations hors-normes de ppfff avec probablement un peu moins de raffinement de couleur que sur les élégantes créations françaises, un plaisir rare qui rapproche du direct et qui crée une intimité crue avec les musiciens, où la perception de l'infraliminaire pénètre sous la peau…

Les bandes originales de Batman et de la Planète des Singes, version Danny Elfman, envahissent l’auditorium en grandeur nature avec un panache qui nous éloigne grandement des standards de la hifi chichiteuse pour entrer dans la démesure monumentale, hollywoodienne (normal me direz-vous). Autrement dit, c’est jubilatoire, immédiat, entraînant ; les impacts prennent au corps, à l’estomac, les ronflements des contrebasses, les aboiements des cuivres, les battements des synthés, tout tranche l’espace comme un couteau dans le beurre car jamais déformé par la moindre distorsion. C’est à ce sujet intéressant de suivre les barregraphes de l’E650 et de constater, alors qu’on atteint des niveaux secouant les os, qu’ils sont loin de flirter avec le rouge. Le haut-rendement annoncé par Avangarde n’est pas que théorique.

« L’homme oiseau » de Jacques Higelin est un spectacle en 3D, le jeu basse / batterie un ressenti particulièrement enthousiasmant, et celui de « what reason could I give » par Neneh Cherry & the Thing une expérience physiologique intense, soutenant un grain de saxo particulièrement abrasif. On est au concert !

Enfin, à l’issue de ces premières sessions, l’orchestre du Concertgebouw dans la 5e de Chostakovitch (Haitink) marque l’esprit par la différentiation des attaques de cordes, les clameurs des cuivres, la tension des percussions et la clarté de chaque pupitre faisant craindre qu’un retour à quelque autre enceinte ne la fasse paraître bien grise.

 

Lecteur réseau Grandinote Volta + Grandinote Shinai, câblage en Tim-réf maintenant :

Bon, est-ce une surprise de constater que la combinaison sied parfaitement aux Zero TA ?

Non ! On gagne en articulation, matière et timbres, avec une présence plus volontaire et une stabilité de rocher.

 

On ne peut pas s’empêcher d’écouter des disques qui envoient du bois, à un niveau parfois déraisonnable, et il faut dire que « the Question Of U » de Prince, ou Francesca Belmonte « Hiding in the Rushes » prennent une dimension de concert ou encore « African Reggae » de Nina Hagen (fichier HR) dont la folie est survoltée par le système ; mais puisque quand même on ne peut s’en tenir à du gros son, on redescend doucement : « que tu dis » de Bertrand Belin par exemple où les appuis à fond de tempo de la batterie posent la litanie égrenée par la voix profonde parfois éraillée du « crooner sombre » avec une sérénité apaisante, ou virage total avec un récital de Leonid Kogan, réédition HR d’un disque mémorable de 1958 avec Andreï Mytnik, où le violon un peu acide (micro de l’époque ?) délivre tout son élan vital, sa belle énergie, galvanisés par le « grain » des pavillon et l’autorité naturelle du Shinai.

 

Mais surtout un moment de cœur inattendu sur les reprises de Barbara par Patrick Br… mais non : par Gérard Depardieu, décidément capable du meilleur lorsque son adolescence bousculée et à fleur de peau ressurgit, passionnée, sincère, juste, et ce mélange entre parlé et chanté, ces murmures ponctués d’éclats contenus, ce respect viscéral du texte au dépend parfois de la mélodie sont une leçon de réinterprétation, s’approprier sans trahir... La voix de baryton du grand Gérard est superbement incarnée par l'ensemble, accompagnée par un piano particulièrement beau et posé dans la pièce…

 

Dommage, Philippe est parti avant ce moment-là.

 

En conclusion, les Avantgarde Zero TA ne plairont évidemment pas à tout le monde, car le tempérament est affirmé et revendique une perception à cru de la musique. Mais que ça séduise ou non à l’arrivée, c’est une expérience à vivre et beaucoup ne s’en remettront pas ou ne pourront pas faire marche arrière.

Pour nous, c’est une suite logique ou un parallèle intéressant d’une voie déjà bien engagée par les ADA ppfff, sensiblement au même prix, celle de l’expressivité majuscule, plus exquise pour la française d’une transparence soulignant les matières comme aucune autre, plus invasive et spectaculaire pour l’allemande sur le même axe de ressenti.


figuratif


Thomas de Davis - qui est un malin - nous avait aussi préparé lors de la première rencontre les Balthus 70, haute colonne dans une catégorie de prix bienvenue (1250 €).

Honnêtement, c’est un moyen d'accéder à une forme d'excellence expressive sans se ruiner. Ajoutez le jouissif Tsakiridis Hermes et hop, vous êtes embarqués pour quelques année de vie musicale.

La Balthus va vraiment dans le sens de ce que nous aimons, à savoir des enceintes qui expriment un véritable amour des musiciens, un sentiment de liberté communicatif, sans le moindre esprit racoleur, sans austérité non plus évidemment :  vives, aérées, dotées d’une éloquente pertinence, on en a pour bien plus que son argent sur de nombreux critères.

Pas de zone critique, d’excès où que ce soit, la résolution est harmonieuse, fine à défaut de toujours subtile (mais bon, eh, oh, 1 300 euros !!!!), les timbres cohérents, distincts, dans une totale assiduité tonale et rythmique.

Esthétiquement, on ne va pas se pâmer, mais au moins l’ensemble est sobre, chantant, animé, du vrai bonheur musical assuré !

 

Formidable.

 

Le reste de la famille est à l’avenant et dépendra beaucoup de l’environnement : une Balthus 90 dans une trop petite pièce ou mal contrôlée par le reste des éléments pourra vite devenir un peu épaisse dans le bas. Mais sinon, les vertus sont les mêmes.


on continue par la 4 ?


La Courbet 4 ?

Un vrai coup de cœur !

Lorsque Thomas m’en a parlé, il était très confiant, sûr que ça allait me plaire.

Il commence à me connaître, et il sait que je n’hésite pas à lui dire ce que je pense, en détails. Il est témoin que nous avons fait les efforts nécessaires pour « apprivoiser » la nouvelle Nikita et en tirer le meilleur (en dehors du format qui ne me paraît pas facile dans mon environnement, elle me fait vraiment envie).

Nous n’avons pas eu le moindre effort à faire pour mettre en œuvre les Courbet 4 !

SDA200 Signature Atoll, des câbles Absolue Créations, et hop : musique !

La petite Courbet 4 est particulièrement joyeuse, animée, elle timbre joliment, et a un cœur gros comme ça !

L’équilibre tonal est vraiment bien calculé, pas exactement linéaire mais donnant une telle plausibilité, et un confort notable, participant à un bonheur permanent : un véritable tour de force réalisé par l’équipe de Davis de procurer des sensations dans le « grave » qui grandissent l’enceinte sans jamais freiner son enthousiasme ou sa subtilité.

Nous avons prolongé les essais avec d’autres électroniques, parfois même disproportionnées, et la petite Courbet 4 semble s’en délecter ! 

Les courbes (des Courbet) sont très réussies, comme pour la 5, malgré les proportions un peu différentes. Un joli petit objet, simple à animer, facile à optimiser.

Vous n’imaginez pas combien c’est rafraichissant pour nous, au milieu de tout ce que nous ne comprenons pas de la hifi des magazines, de découvrir de si formidables exceptions.

 

La suite ci-dessous :


8 et 3 ?


Le modèle Courbet 8 a continué d’alimenter le plaisir de la rencontre.

 

Honnêtement, je craignais que, comme trop souvent, une grimpée en gamme s’accompagne d’une boursouflure du grave et d’une définition s’affinant vers le détail pour le détail au détriment de la justesse du phrasé.

Pas du tout ! On gagne partout, en préservant la cohérence remarquable des modèles 4 et 5.

Résolution accrue mais profitant plus encore aux fins de notes, au délié. Grave plus profond mais sans la moindre lourdeur. La scène est plus vaste, l’air entre les musiciens plus « palpable » (oui, bon…). Pour faire simple : la Courbet 5 a grandi mais est l’adulte ne perd rien des qualités de l’adolescente.

Grands moments de respiration, force et volupté lors de séances de musiques en compagnie d'un Moonriver 404 Reference ou d'un Tsakiridis Aeolos Ultra.

 

Et puis il y a la Courbet 3.

 

La pièce de staCCato étant un peu difficile (gourmande en énergie dans une large zone du bas), nous présentons rarement des enceintes dites bibliothèques. D’autant que trop nombreuses sont celles qui, sous prétexte de passer pour des grandes, trichent exagérément l’équilibre tonal.

Aucun souci avec la Courbet 3, à notre grande surprise :  elle trouve sa place dans l’environnement difficile sans pour autant vouloir créer un grave surnaturel. Il est au contraire intégré, équilibré. Le tout avec les qualités de ses grandes sœurs, vitalité, couleurs, swing… Super non ?


on commence par 5 ?


France

 

Le petit Poucet

 

C’est un peu exaspérant à la longue que le salut vienne de marques qui peinent à se faire une réputation.

 

Davis est de celles-là.

 

On a beau faire passer obstinément des castings soigneux à ces marque anglaises ou danoises emblématiques qui marquent les esprits par leur torse plus chargé de médailles qu’une ruine militaire soviétique, rien à faire, musicalement ça va de ennuyeux à… amusant ? Pour ne pas dire infect. En termes d’expression, je veux dire. Pas de beauté sonore ou de raffinement ou de délicatesse, ça, on le trouve de temps en temps.

Mais la musique demande bien plus que ça.

Or, à la longue, MulidineLiving Voiceppfff ont mué de muses en imago.

On continue d’espérer. D’y croire. Renouveler l’expérience PMC par exemple.

Lorsqu’un attaché commercial de Davis propose de nous présenter des nouveaux modèles, on accepte sans trop y croire, du bout des lèvres : on ne va pas devenir ostracistes, ce serait un comble. C’est français et plombé par une côte moyenne, soit, mais quand même !

Pourquoi Davis ne parvient pas à bâtir une notoriété dans le haut-de-gamme ? C’est curieux parce que, çà et là, on en a entendues, on en a même eues au magasin, sans jamais trouver le résultat mauvais et même au contraire toujours intéressant, éventuellement pas totalement ou idéalement abouti, mais au moins dans la bonne direction : celle d’une vitalité musicale trop rare dans la morne steppe du prestige.

Pourquoi alors ? L’inconstance des lignes et performances d’un modèle à l’autre ? Des choix esthétiques souvent discutables ? C’est français ? Ça s’appelle Davis ? M. Visan n’était pas parvenu à rentrer dans le cercle étroit de l’aristocratie française ? Des dérives de stratégies commerciales ?

 

Il se trouve que le modèle qu’est venu nous présenter le sympathique Thomas a vraiment de l’allure (on a vérifié avant) et rentre dans une gamme de prix (+/-3000€) où je suis en recherche depuis des années.

Il s’agit de la Courbet 5.

Sa ligne fine, disponible en noir ou blanc satiné, au profil légèrement incliné façon PMC Twenty, posée sur un socle en bois épais et large mais pour une fois justifié est vraiment réussie sans ostentation.

Bravo.

 

L’écoute ? On ne peut que s’en réjouir après un petit temps d’adaptation, cache en place ou pas, un petit travail sur la disposition et surtout pointes indispensables alors que Thomas ne les a pas vissées immédiatement.

Je vis avec ces objets depuis quelques mois et ne m’en lasse pas : faciles à vivre, enjouées, elles soulignent les timbres par une légèreté de traits éveillés, les errances rythmiques de tout type de musicien sont illico perceptibles grâce à une belle rapidité des attaques et un prolongement des enveloppes de notes pas si fréquent.

L’homogénéité tonale dynamique est constante, la plage d’utilisation étendue bénéficiant d’un grave tendu, piqué, réactif, jamais épais ou lourd, optimisant la perception du swing mais aussi des couleurs. Un registre d’autant plus réussi que l’enceinte est quand même de petit volume.

De fait, la résolution fine et précise procure précision et transparence, entrainant surement aux oreilles déformées de certains la sensation d’un léger déficit de densité organique (quand le grave est rapide on entend souvent ce commentaire, pas aidé, c’est vrai, par ma pièce qui manque de corps).

La scène respire, faisant disparaître l’enceinte en gommant toute tonique de charge ou de caisse (pourtant chez Davis on a quelques souvenirs contraires) et la sensation de profondeurs étagées est confortable et très stable ; pas mal pour une 3 voies encore humble.

Pas tordue ou compliquée, la Courbet 5 permet de faire joujou avec de petits amplis joyeux ou subtils sans se ruiner ; mais en s’amusant à les accompagner par du plus lourd (Accuphase E380, décidément une valeur très très sûre) on sent qu’elles ne rechignent pas à s’ouvrir, offrir le meilleur sans se laisser déborder.

 

Evidemment comme pour Atoll, il va falloir passer du temps à tordre le coup aux aprioris, mais on ne va quand même pas rentrer des daubes sous prétextes qu’elles sont respectées.

A propos d’Atoll : une évidente composition pour ces Courbet 5 s’accompagnera évidemment du fantastique (il n’y a pas d’autres mots) IN300, dont le succès croissant rassure ceux qui comme moi se demandent si la qualité peut parfois primer sur l’image de marque. Qui soit dit en passant évolue très favorablement depuis quelques temps.

 

Souhaitons le même bonheur aux Courbet 5.

 

La suite ci-dessous :


décryptons !


Décidément, Davis n’arrête pas !

 

Une gamme qui, fidèle à la tradition du fabricant troyen, porte un nom de peintre : Krypton.

Si, c’est un peintre ! Mais il n’est pas d’ici.

C’est un extra-terrestre. Comme la Krypton 6, première née de la gamme !

 

Elle reprend partiellement la ligne Courbet (un peintre de notre planète celui-là), à savoir une colonne inclinée.

 

En tarif, elle ne se situe pas loin de la Balthus 70. (1 500 € la paire contre 1 250 €)

Alors que, musicalement, elle cible plus la délicatesse de la gamme Courbet ; la 4 surtout.

Si elle est moins immédiatement engagée que la Balthus, elle est aussi plus souple, plus nuancée en modulations comme en timbres. La scène sonore est étonnamment large et semble largement sortir du cadre des enceintes ; large, profonde, et surtout particulièrement respirante. Un régal sur la Symphonie n°2 de Prokofiev par Jurowsky. Où en outre elle dégage une énergie qui outrepasse ses dimensions. Mais pas que...

 

La Krypton 6 choisit délibérément une forme de douceur, sans sombrer dans la facilité de la paresse ou du manque de résolution. Elle procure un plaisir immersif sur tout type de musique, pour de longues heures de partage sans lassitude ou fatigue.

Pour autant, elle ne craint pas qu'on la bouscule, qu'on force un peu sa nature et sait se montrer bouillante sur du rock puissant façon Living Colour !

 

A ce prix et dans ces dimensions, c’est un petit miracle.


on dirait le sud


 

France

 

Présentée chez GREEN*K DESIGN

 

On pourrait finir par croire que nos choix portent obsessionnellement sur des marques françaises.

Pas du tout !

Mais quand une marque française présente des produits hors norme, pourquoi devrions-nous nous en priver ?

Depuis une bonne paire d’années (euh… plus de 15 ans), les deux compères de Montauban, Gilles Douziech et Eric Poix, concoctent des « enceintes » très particulières, autour d’une technologie rarement employée, en tout cas en large-bande, à savoir le transducteur isodynamique souvent appelé ruban. D’où les guillemets autour du mot « enceinte » et l’envie d’utiliser le terme générique que nous préférons : transducteurs.

A l’exception des paravents très… typés et pas franchement beaux (?) d’une célèbre marque américaine, nous ne connaissons guère d’entreprises qui se soient lancées dans ce type de transducteur pourtant bien tentant sur le papier.

Or, il suffit de goûter quelques notes de musique sur un modèle Diptyque pour se rendre compte que, maîtrisée et fabriquée au micron, la pratique rejoint la théorie.

Le premier modèle que Green*K design a choisi d’intégrer est le modèle intermédiaire, DP140, haute et large colonne par ailleurs très fine, d’une folle élégance grâce à ce mélange bois clair et métal noir, qui peut s’intégrer facilement dans des intérieurs très divers, d’autant que Diptyque propose de personnaliser la façade des enceintes via le document photographique de votre choix.

 

La DP140 est désormais accompagnée chez Green*K design du très élégant modèle DP107.

 

L’écoute ?

Une petite précaution s’impose : il faut quand même un bel ampli pour accompagner les hautes dames et pour deux raisons :

  • La qualité musicale, ça va de soi
  • Mais aussi les Diptyque (toutes) avouent une belle gourmandise énergétique qui ne conviendra pas aux paresseux ou aux amorphes.

Dès que les conditions requises sont, euh ?.. réunies ? eh bien on n’a que le meilleur des panneaux sans les défauts de la grande majorité des électrostatiques.

La scène musicale est large et profonde, soit, mais sait aussi être précise. Les chanteuses avec des grandes bouches et les pianos dont les touches font 1 m et encore : 1 m flou !.. Ce n’est pas le genre des Diptyque. Bon, faut quand même faire attention à la mise en oeuvre.

Tout en profitant du bonheur typique des « panneaux », à savoir éviter la sensation - fréquente avec des enceintes bass-reflex ou closes - d’un son qui sort d’une boîte, qui plus est accompagné de toniques de charges ; mais avant tout les Diptyque ont cette capacité des meilleurs panneaux à vous placer en immersion dans la musique, vous entourer, vous enrober, vous plonger dans un bain sonore chaud, une scène tridimensionnelle qui prend possession de votre espace pour l’agrandir et vous dorloter comme un grand cocon.

Les timbres sont correctement différenciés, montants si l’ampli n’est pas à la hauteur, d’une grande fraicheur prodiguée par l’air qui circule entre les musiciens ou les instruments. Le grave est parfois isolé si on ne prend garde à un placement précis (mais pas handicapant) des panneaux dans la pièce (moins sensible sur la 107).  Quand l’intégration est réussie, il fait preuve d’une belle ampleur dynamique, sans être un puncheur toutefois.

Admirable résolution, dynamiquement plutôt homogène (cf la réserve ci-dessus), cette sensation de transparence débarrassée de tout son de boîte étant quand même le point fort de ce style de produit, les DP réussissent en outre à reproduire une densité cohérente des évènements musicaux, une charpente qui ne se confond pas avec la lourdeur ou l’épaisseur de nombreux panneaux de toute technologie. Je crois que c’est ce qui nous a séduits, Magic Philippe K et moi.

La facilité à suivre et nuancer les modulations complexes et croisées dépendra évidemment de l’ampli (et la source) mais les DP prouvent qu’elles peuvent aller loin dans ce domaine, du côté des meilleures « enceintes » même si rapidité et expressivité restent en dessous de nos jalons, Mulidine, Atlantis Lab ou Living Voice.

Une approche très séduisante de la plausibilité musicale, de beaux objets, une proposition qui évite les écueils morbides de la hifi au profit d’une vocation à propager le rapport filial à la musique pour un prix plus que contenu. Que demander de plus ?

 



... et technologie


Toutes vertus qui ne feront que croître de façon très uniforme, parfaitement notable en pointant chacune des platines dans la hiérarchie.

 

C’est avec la C-Sharp que j’ai connue la marque et ce mélange d’onctuosité et de précision qui était un régal.

 

Je garde un souvenir fort d’une Fortissimo que nous avons équipée d’un bras Mørch DP8 !

 

Green*K a sélectionné la E-Flat au design si particulier et bras technologiquement novateur, tout plat. Tout comme la platine où le plateau est enfoncé dans le châssis !

 

Qu’il accompagne du préampli phono E-Glo S stimulé par l’alimentation LPS.


élégance...


Autriche

 

L’univers des platines EAT (European Audio Team) est celui de l’élégance érigée en étendard de la technologie, évitant autant que possible que celle-ci – pourtant pointue ! – soit mise en avant.

 

Pas de muscles saillants, de chromes souriants.

 

Des châssis laqués, atemporels, ou pour le haut de gamme, avec option cuir.

 

Même sur une petite Prélude, il y a quelques astuces ou points forts techniques qui, en dépit de sa parenté avec une marque grand public, font de cette petite platine très abordable un objet de peu d’équivalant.

 

Que ce soit munie d’un Ortofon 2M Red (ou Blue, bien sûr) ou d’une Hana EL (choix fréquent), on ne peut que louer les vertus musicales d’une platine qui sait associer ce que beaucoup cherchent dans l’analogique : des rouages baignant dans l’huile, à ce qui me paraît une nécessité pour sortir d’une coloration jolie mais ennuyeuse à la longue : une forme de tension et nervosité et un équilibre tonal régulier.

 

La suite ci-dessous :


résultat :


Plus haut, je disais que la musique était au rendez-vous, quel que soit le modèle de la gamme.

 

Oui, absolument, écouter c’est s'en convaincre sans effort.

A condition de considérer (ne riez pas, c’est souvent mal perçu) que le naturel est fondamental dans la reproduction musicale.


En progrès incontestable par rapport aux DAC intégrés dans les lecteurs précédents sans renier la filiation, l’ADN qui avaient mis à mal la grande majorité des références mondiales beaucoup plus coûteuses, il est évident que les Eera restent en haut du podium côté musique, et font encore plus de tort à l’absence de concurrence côté rapport musique/prix…


Car, bien évidemment, pendant que nous attendions avec abnégation les machines promises, maintenus en haleine par une brève écoute de prototype de ci de là, nous ne nous empêchions pas de chercher des réponses éventuelles dans la pléthore anarchique de propositions diverses qui inondent les pages des revues papier ou internet. Sans grand succès : d’honnêtes compromis dans le meilleur des cas.


Quel soulagement depuis l’arrivée de ces nouveaux joujoux choyés comme d’habitude par leur grincheux géniteur.


Si on retrouve le caractère paradoxal des lecteurs Eera, à la fois autoritaire et raffiné, en quoi la personnalité des Eera a-t-elle subtilement évolué ?


Considérons l’Andante par exemple. A la richesse fourmillante d’un Intégral de naguère, il ajoute une délicatesse d’articulation sensiblement supérieure, un modelé tout en douceur affirmant des timbres superbement délinéés ; et ces souplesses de ballerine libèrent des entrechats rythmiques plus frémissants encore, laissant entrevoir le monde chatoyant des musiciens sans jamais vous jeter du détail par extraction à la figure, chaque infime embryon de frisson, de couleur, de vibration pétillant à sa place dans le maelstrom musical. La fluidité prime, jamais entachée par la moindre erreur tonale ou dynamique. C’est déjà du très très haut de gamme, et nous ne nous sommes pas privés de le comparer à de bien plus ambitieux que lui, dimensions, muscles technologiques bombés, chouchous des chroniqueurs voire même de quelques amis de la profession, et les références se sont soit fait remballer, soit en tout cas ont piteusement cachés l’étiquette du prix.


Le Majestuoso fonde son aristocratie sur cette même délicatesse avec évidemment une transparence et une présence accrues et on arrive à ce moment merveilleux dans l’absolu mais frustrant pour certains où la proposition musicale fait totalement oublier la technique, clôt le débat du numérique et vous propulse sans heurt dans le plaisir fondateur de la hifi si souvent oublié : vivre votre musique…

Et c’est bien le meilleur compliment qu’on puisse faire.

Le Majestuoso distille une quantité peu imaginable d'informations quasi-moléculaires ou de l'ordre de l'atome, sa résolution est franchement exceptionnelle, bien sûr sans jamais devenir une écoute au microscope, car ce foisonnement sorcier rend hommage à toutes ces petites pépites ou gemmes qui font pétiller la musique vivante, la sensibilité artistique, la vérité de l'histoire.


Alors, parmi les meilleurs DACs du monde ?

De tous ceux que nous avons écoutés sur le critère du pur respect de l’expressivité musicale débarrassée de toute frime inutile : oui, absolument oui !

A ce stade d’affirmation, nombreux sont ceux qui hausseront les épaules en ricanant. Si si, il y en a qui ricanent : « Comment ? Quoi ? On voudrait nous faire croire qu’une toute petite équipe dans son coin pourrait faire mieux que des gros groupes aux moyens colossaux, parfois réputés jusque dans le domaine professionnel ? »

Eh oui !

Peut-être une petite équipe passionnée et attentive, ne déviant pas de sa recherche initiale, évite-t-elle précisément la surcharge inutile des circuits, la complexité craintive ou l'idéal théorique pour au contraire atteindre à une simplicité beaucoup plus ardue. Ne dit-on pas de grands artistes qu’ils ont mis des années à épurer leur art ?

Suétone a écrit : « on raconte que, lorsqu’il écrivit les Géorgiques, Virgile avait coutume de dicter tous les jours un grand nombre de vers qu’il composait le matin, et passait ensuite le reste de la journée à les réduire à un nombre infime, observant avec humour qu’il léchait son poème comme une ourse lèche son petit et lui donnait peu à peu sa forme définitive. »

Ben un Eera, c’est un peu ça !


rhââ lovely


France, fabriqué en France

 

Fin 2016, j’écrivais :

Enfin…

Enfin…

Enfin nous pouvons fêter l’arrivée d’une gamme Eera entièrement revisitée.
Et à plus d’un titre puisqu’elle se compose désormais de DAC(s) et Drive(s) entièrement fondés sur la même exigence d’une reproduction musicale bâtie sur la vérité (par opposition à l’enjolivement) et sur la rigueur, seul moyen d’atteindre le cœur de l’émotion vibrante, tonique, exaltante de nos musiques préférées…


Qu’en est-il de la compagnie des enfants de Marseille après quelques années de vie commune ?


Marseille est toujours une ville formidable !

Cosmopolite, contrastée, sombre ou lumineuse au hasard des détours dans des ruelles animées et bruissantes, toujours changeantes.

Marseille est aussi la ville bénie où naissent les Eera ! Ils n'en ont gardé que la lumière ; mais une lumière toute en nuance et finesse, une transparence de cristal, sans artifice, sans recherche d'effet, une lecture soyeuse, huilée, un sens du phrasé, du lien, de la mélodie, un refus du racolage hi-fi ou du spectacle vite harassants…

Bref, une vision féminine (dans le sens inspiré du terme : Romain Gary écrivait dans " les Racines du Ciel " : une certaine féminité extrême, avec ce que cela suppose d'intuition et de sympathie, c'est à mon sens ce qui approche le plus de la véritable intelligence…), nonobstant ce singulier aplomb des fondamentales, ce panache permanent, cette densité noble qui charpente la note autour d'un noyau, définit au mieux la substance des instruments ou les perles de la chair. Très beau ! »


Cet esprit, une parcelle de magie qui circulait dans les veines des appareils Eera à l’heure des divers DL puis EssentielTentation etc … est toujours là, intact et il a muri, grandi, s’est épanoui.

Et puis ce qui ne gâche rien, si la présentation des nouveaux appareils conserve la sobriété des anciennes générations, elle ajoute une aura de noblesse qui sans doute faisait défaut via un dessin slim line magnifiquement fabriqué, donnant l’impression d’un bloc entier d’aluminium.


Quelle est donc cette nouvelle gamme ?


Honnêtement j’ai un peu de mal à comprendre les circonvolutions technologiques de ces appareils en apparence simples tant j’ai été abreuvé d’informations pas toujours faciles à suivre car truffées de données techniques absconses par leur densité depuis… des années…

Didier prend son temps, peaufine inlassablement, complète, avec une passion parfaitement intacte, et a trouvé le moyen de faire progresser encore ses engins pourtant déjà stupéfiants à leur apparition. Après avoir beaucoup tardé à proposer sa nouvelle gamme, il a repris une avance considérable sur la concurrence et garde la main, tranquillement, aussi bien en termes de qualité/prix que de qualité/qualité !


3 DACs ultra-complets côté fonctions et connectique et pour l’instant 2 transports CD pour les inconditionnels du CD avec liaison I2s propriétaire entre les appareils.

Et un ampli. Classe A. Celui-là, je crois que j’en entends parler depuis 15 ans. J’en avais vu des morceaux, des éclatés, des bouts de truc, mais le secret était secret.

Ça y est : il existe. Et il a de l’allure. Et pour le peu qu’on a pu écouter, c’est bien du Eera. Mais puisqu’il n’est pas encore disponible, on se réserve d’en parler plus tard.


Bref, rien de compliqué en apparence.

Sauf que Didier c’est Didier. Alors attendons-nous à des surprises dans les années à venir.

La gamme actuelle ? parlons-en :

3 x DAC :

Andante II en entrée de gamme (environ 5 800 €, on est donc déjà dans le haut-de-gamme)

- Majestuoso II dans les 9 900 € (seulement ! Et je ne plaisante pas)

Meister (comprenez la logique, vous ?) : 16 000 €


et les Transports :

Legato II (5 800 €) 

- Staccato (euh) II : 12 000 €

Les DAC(s) peuvent lire tous les formats (pas de DSD sur Andante) selon les liaisons, toutes optimisées aux petits oignons (le temps passé à concocter ces merveilles n’était pas vain) avec sur de nombreux aspects techniques des refontes fondamentales de la pensée des éléments complexes qui font un DAC…

La communication entre Drive et DAC se fait par liaison propriétaire.

La suite ci-dessous :


un constat



Quand j’ai créé staCCato, j’ai écrit une sorte de profession de foi à propos de mes sélections de matériel…

Cette profession de foi n’a pas changé.
Le temps ne nous a pas donné de raisons de modifier ou nuancer cette ligne de pensée, visant (comme tout le monde, nous rétorquera-t-on…) à contourner ce morne écueil sur lequel bute la haute-fidélité haut-de-gamme majoritaire, à savoir une reproduction de la musique à peu près aussi précise qu’un ronéotype pour comprendre l'art d’un Renoir

Pas facile, croyez-moi : sur des milliers de produits disponibles asphyxiant un marché de dupes, pointer 10 marques réellement engagées dans une verve musicale relève d’un challenge olympique.

Donc après des années guère de changements. Si ce n’est un tri de plus en plus draconien…
Tout au plus avons-nous évolué dans nos relations avec des marques qui n’ont pas toujours tenu leurs promesses sur le long terme…

Pas nécessairement pour des raisons de qualité. Parfois la sauce n’a pas pris…

Mais surtout parce que, au hasard d’une rencontre, apparaît un produit, une gamme, qui tout à coup relativisent beaucoup la place sur nos rayonnages d’appareils peut-être plus prestigieux, peut-être plus célébrés par la presse, peut-être plus faciles à défendre parce que réputés… mais tellement moins enthousiasmants sur tant de critères - parmi lesquels le sacro-saint rapport qualité / prix - que l’on n’ose plus, décemment, les mettre en avant.
Et on s’aperçoit qu’on ne les utilise guère que pour valoriser les challengers discrets…
Ce qui, déontologiquement, n’est clairement pas satisfaisant.

L’autre point qui nous afflige, c’est de découvrir des produits bons ou même très bons dont les prix toutefois sont dissuasifs. Comprenons-nous : si un appareil se révèle purement et simplement le meilleur du monde, on peut à la rigueur estimer que son prix n’a pas besoin d’autre justification ; mais ceux-là, on les compte sur les doigts d'une main, comme si, dans notre monde si stupidement déclinant, des prix théoriquement accablants n’étaient fixés que pour travestir l’imposture. Car, quitte à se répéter, si on rencontre parfois des objets possiblement bons, leurs qualités ne parviennent que rarement à justifier un coût exorbitant.

Soit le prix correspond à une notion de marges qui complique la donne (mais hélas les lois du marché ne peuvent alléger les réalités du commerce international !) soit, et c’est pire, le prix astronomique est sa propre justification (c’est cher donc c’est bon !), soit l’étude a demandé un temps sans corrélation avec le résultat, soit le processus de fabrication n’est pas le bon.

Autrement dit, à l’heure où nous assistons effarés à une course à l’armement chez bon nombre de nos collègues plus ou moins proches, nous avons plutôt tendance à vider nos tablettes. Les épurer.


Parce que, honnêtement, on en écoute du matériel guindé, de ces écrins diaprés qui font roucouler la doxa et baver les pauvres naïfs que nous sommes…

… mais, au mieux, on découvre des appareils standards, archi-codés, des instruments d’a-musique s’empilant sans hiérarchie véritable dans la morne collection de la Grande Hifi Internationale...

A quoi bon alors ?

Et si l’on cessait de vouloir nous faire croire qu’il y a une révolution technologique par mois !

C'est au contraire avec un ébahissement certain que l'on constate que les légendes s'effondrent le plus souvent, ces marques qui nous ont fait rêver, qui ont apporté une importante contribution à l'illusion d'une mirifique perfection et qui s'avèrent au final si décevantes, si atones, fades ou grotesques en termes de justesse musicale, de probité expressive, d’ardeur lyrique.

 

Alors staCCato, démolisseur de mythes ?


les marques


staCCato, démolisseur de mythes ?

Non, pas besoin de nous : ces labels prétentieux le font eux-mêmes hélas.
Car bien que soutenus par des éloges enfiévrés issus de thuriféraires serviles qui confondent la religion et le sens du sacré, ils dupent de moins en moins le consommateur exigeant à qui on ne la fait plus.

Et engendrent en même temps moult dommages collatéraux, égarant jusqu'à l'épuisement les mélomanes ou les néophytes sur des fausses pistes, jusqu'à l'écœurement même ou, dans le moins honteux des cas, jusqu'à la démission ou la résignation à creuser un fossé, une frontière entre deux moitiés de cerveau, celle qui jubile à l'instant du plaisir vivant et celle qui tolère d’entendre sa reproduction domestique ramenée à quelques critères artificiels, plus souvent de l’ordre d’un vague esthétisme que d’un quelconque serment musical.

Car si mentir un peu c’est embellir la vérité, mentir beaucoup c’est la trahir !

Le plus triste est sans doute que, dans la quantité de petites marques nées de passionnés incontestables, ne surgissent guère plus de promesses lyriques que du catalogue raisonné des légendes officielles…


Comment est-ce possible ? Je ne saurais dire. C’est simplement surprenant. Sans doute parce que, à force d’adulation du seul matériel, on s’est lentement mais inexorablement éloigné d’une sensibilité musicale pure, sincère et risquée, au profit d’une idée variable de ce qu’est la vérité, conduisant à cette dérive étrange que même chez les modestes fervents, la hifi est devenue son propre jalon, la toise absurde de l’unité musicale.


Ah, certes, de temps en temps, au milieu d’heures cumulées avec patience et opiniâtreté à concentrer les sens et le plaisir vers la potentielle perle rare, il y a des surprises. Des mauvaises en pagaille, on vient d’en parler.

Et puis de bonnes, voire d’excellentes.

Il y a eu L’ASR Emitter par exemple.
   
Comme il y avait eu un peu plus tôt Unison Research (qui n’a hélas pas évolué dans le bon sens) et Jolida (oui, c’est chinois, mais né d’artisans amoureux inspirés, pas d’usines anonymes qui débitent du TPLG au kilomètre… Euh, TPLG ? Tout Pour La Gueule… Hum, désolé…)

Eera et KR-Audio évidemment ; et ceux qui verront là une collusion, une politique commerciale de collaboration avec un interlocuteur unique auront tort : si derrière Eera et KR-Audio il y a le même homme, c'est la preuve que cet homme partage avec nous une quête d'absolu…

A propos d'absolu : les câbles Absolue Créations (jeu de mots discutable, certes !), made in France : un choc en matière de câbles, enfin, quasi révolution copernicienne en ce qui nous concerne : alors que nous étions sur le point de baisser les bras, d'estimer que ce gigantesque bourbier des câbles indignement coûteux n'était qu'une mare aux canulars, nous rencontrons successivement quelques formidables réalisations d'Harmonic Technology, et la gamme complète et stupéfiante d'Absolue Créations.

C'était bien la première fois que nous étions tentés d'investir de bon cœur dans des câbles qui se payent au prix d’un ampli haut de gamme (mais quand même bien moins chers que l’abondance des compétiteurs indignes !) avec en prime le plaisir de constater que le travail est aussi bien fait dans les gammes plus modestes. Il faut entendre leurs créateurs expliquer le pinaillage obsessionnel de l'étude et la fabrication pour comprendre pourquoi eux ont réussi là où beaucoup de pseudo grands labo se moquent quand même profusément de notre naïveté consommatrice ! Et comprendre pourquoi leurs câbles ont un coût certain !

Bien sûr, depuis des compétiteurs ont relevé le défi avec bonheur, tels, chez nous : Legato, Mudra, Neodio, Nodal, Wing.

Continuons maintenant avec les heureux émerveillements autour de technologies de rupture, prouvant si nécessaire que staCCato n’a pas vocation à s’endormir sur des certitudes d’intégristes et est tout à fait prêt à foncer sur l’innovation technologique lorsqu’elle apporte autre chose qu’un brillant de mode :

- le surprenant Devialet D-Premier, intégré DAC / Préampli / Ampli / Wifi, d’une latitude d’emploi totalement universelle et dont l’amplification hybride est, pour faire simple (2500 composants tout de même, là où les objets que nous aimons en embarquent une cinquantaine…), polarisée en classe A en tension et classe D (Brrrrr….) en courant.
Eh bien, ça avait du sens quand nous avons décidé de nous engouffrer dans cette voie passionnante. Nous en sommes revenus depuis, soit, mais les premières propositions de la marque recélaient des trésors. Il arrive ensuite parfois que les choix d'évolution d'une marque ne nous conviennent pas plus.

- ensuite les révolutionnaires "enceintes" (on ose à peine les appeler ainsi) LEEDH C et E !

Des transducteurs qui ont aidé à dépoussiérer un monde composé de babioles vaines, à revenir à l’essentiel, balayer cette pollution épuisante faite de bouffissures sonores adorées des hifistes et honnies des amoureux éperdus de musique…

Le tout dans un encombrement réduit et un dessin moderne, attrayant et à même de s’intégrer dans tous les décors !

Rien de tout cela n'était parfait, soit, mais ça permettait de réveiller un monde paresseux.

 

Lumïn, AVM, Atoll nous ont ouvert une porte qu'on n'attendait pas : les tout-en-un performants, à la fois si pratiques et pourtant sans concession rédhibitoire musicalement.

Maintenant il y a aussi les extraordinaires Frankie de Serblin & Son

Et ainsi de suite...

 

L'affinage des produits mythiques Accuphase, qui, dans le passé ne nous emballait qu'à moitié, leur a ouvert une grande place sur nos étagères.

Nous essayons tout, nous sommes curieux de tout mais n'acceptons pas qu'on nous impose une confusion entre mode et révolution ou même évolution.

La preuve : nous avons résisté un certain temps aux sirènes de la musique dite dématérialisée car on a trop vite voulu nous faire croire que c'était au point.

Mais on y croyait, alors on s'est entêté, tests de machines, de logiciels, de types de fichiers, de stockage et maintenant nous sommes leaders dans le domaine.

Notons au passage que le plupart des découvertes qui nous ont emballés relèvent toutes d’une même histoire : des artisans très spécialisés qui élaborent patiemment peu de produits en se tenant rigoureusement à une philosophie fondatrice

Grandinote, par exemple.

Ou Audionote Kondo (les fondateurs !)

Living Voice évidemment.

Atlantis Lab.

Et d'autres...

D'autres viendront.

Et puis, objectivement, dans la pléthore de matériel testé essentiellement cocasse, il y a des produits bien faits, même issus de grands noms du son, d’une bonne musicalité standard, propres, sans gros défauts apparents, mais… lisses … si ennuyeux, si peu inspirés et… beaucoup trop onéreux par rapport à leur réalité technique et surtout au résultat audible…


Ce qui est plus surprenant, c’est de les voir quelques semaines plus tard sur les linéaires de magasins réputés. Mais bon…


je suis un supporteur


Pologne

 

Quand on écrivait que des accessoires ne sont pas si accessoires…

Parmi les découvertes intrigantes qui font réviser quelques principes, il y a la gamme de supports de découplage Franc Audio.

Comme estimer qu’aucun accessoire n’est universel, qu’il faut toujours procéder à des essais pour ne pas se laisser berner par l’illusion d’un apport flagrant sur un point précis de la restitution en ne se rendant pas compte de ce qu’on a perdu par ailleurs.

Ou, parce qu’on a été séduit par l’utilisation d’un support de découplage sous un appareil, en placer aveuglément partout sans se rendre compte qu’ils nuisent à certains autres.

 

Aucun danger avec la gamme des supports Franc Audio : nous n’avons à ce jour détecté aucune contre-indication, quel que soit le modèle choisi.

Sachant que la gamme s’étend des petits et tout à fait bénéfiques Ceramic Disc TH, très accessibles (80 € pièce !) jusqu’au gros (et, hum… pas très beaux) Ceramic Disc Classic ou Ceramic Disc Fat Foot à placer sous les enceintes.

 

Le résultat est quasi-magique et nous nous sommes amusés à faire un essai tout bête : égaliser le prix de deux appareils d’une même gamme par les accessoires, le plus cher sans le moins cher avec des Franc Ceramic Disc Classic et un câble secteur supérieur.

Devinez qui sort vainqueur ?…

 

Les supports Franc Audio tiennent à ce jour le haut du podium des supports de découplage, car, outre ce qu’on sait pouvoir attendre de ce type d’objets, aération, dégraissage, souplesse, disparition ou recul de quelques résonances, eux approfondissent la dynamique par le bas, décontractent la bande passante, mais surtout dégagent un déroulé rythmique clairement plus naturel, un sens de la cadence particulièrement détendu, précis, onctueux et expressif.

C’est tout simplement ébouriffant !

 

Au risque de nous répéter, les supports Franc ne vont pas transformer un petit Cambridge en Grandinote, mais quand vous estimez avoir fait les bons choix, ou si vous êtes agacés de quelques effets indésirables de toniques ou résonances dans votre pièce, essayez ces machins tout moches.

Et puis, soit, c’est un budget, mais songez aussi au prix de nombreux meubles « hifi » qui sont souvent un mensonge technique qui plus est souvent laid.

Les supports Franc remplaceront facilement ces objets au profit d’un joli meuble non spécialisé bien choisi.

 

Le catalogue Franc Audio inclut également des plaques de découplages (à penser, par exemple, pour une platine vinyle) et même des meubles, utilisant les mêmes principes mécaniques que les supports.

 

Bon… Pas forcément un régal pour les yeux… Fermez-les et écoutez.


les passe partout


Et c’est là qu’arrivent les deux frangins (car oui, décidément chez Serblin & Son, tout est affaire de famille).

 

Le fiston Serblin a en effet concocté deux autres joujoux dans le même boîtier, pourvus des mêmes fonctions.

 

Frankie D et D1000, « + » ou pas.

 

Si Frankie D est déjà bien plus serein avec des enceintes qui compliquent l’existence de Frankie pas D, Frankie D1000 ne semble guère redouter que la médiocrité des plus honteuses enceintes lourdingues de la planète. Et encore, il saura en sortir quelque chose.

 

Perso, j’ai un faible pour le D qui, s’il semble déjouer le côté un peu flatteur du petit frère, ne renonce à aucune des nuances musicales, expressives, ferventes, ni à la moindre once d’un raffinement simplement un peu plus… rigoureux ?

 

Mais mon collègue Philippe de Green*K design a opté pour le D1000 enthousiasmé par une universalité d’emploi de peu d’équivalent que ce soit face à ses Dyptique dont le rendement n’est quand même pas le point fort, ou pour contenir ses chères Avantgarde dont le rendement est, au contraire, du côté des sommets.

 

Si cette facilité à tenir quelque enceinte que ce soit est obtenue avec possiblement un sens des articulations et des début et fin de spectre un peu moins voluptueux - et encore n’est-ce plus si évident dès que l’enceinte piège les amplificateurs dans ses tentacules poisseux – le prix (compter 3500 € pour la version D1000 « + », contre 3000 € pour les deux autres) remet les pendules à l’heure !

 

Que du bonheur !


frankie premier


Serblin & Son

Frankie « + »

Frankie D « + »

Frankie D 1000

Italie

 

N’est pas Sinatra qui veut !

 

Drôle de rencontre que celle-ci.

 

Quand on m’a proposé cet objet, à savoir le Frankie « + », j’ai immédiatement fouillé pour savoir un minimum de choses sur cette marque, me doutant bien qu’il y avait un lien avec Franco Serblin, mais lequel ?

Ben, c’est très simple, c’est écrit dessus : Serblin & Son, c’est la boîte du fils.

 

Ce qui n’était pas forcément un atout parce que, en dehors des concepts de finition et présentation que Franco Serblin a créé pour Sonus Faber et ensuite pour sa propre marque, le moins qu’on puisse dire est que, côté expressivité, incarnation, les enceintes des deux marques ne m’ont jamais emballé.

 

Mais bon, c’est un bagage. Et puis là, c’est le fils.

 

L’appareil (le Frankie) a de l’allure, suffisamment élégant pour ne pas avoir envie de le planquer dans un meuble, et suffisamment complet dans sa version « + » pour pouvoir exister seul sur une console raffinée.

En effet, Frankie existe en version «  » et en version « + », la différence entre les deux consistant en une carte supplémentaire (pour le « + »), streamer et convertisseur, pourvue, outre le RJ45, de deux entrées, S/PDIF RCA et optique.

Les deux versions sont munies d’une excellente carte phono MM/MC paramétrable, qui pour une fois n’est pas un gadget par défaut ! Cette entrée est même incroyablement qualitative.

Il est disponible en version bois et version noire.

Hormis quelques aspects pratiques quelque peu surprenants (par exemple pas de télécommande mais un pilotage par une appli sur smartphone ou autre), obligation de fiches bananes pour la sortie vers les enceintes, le Frankie « + » est une sacrée machine.

Un dosage pas loin d’être idéal entre onctuosité et précision, justesse et confort, une douce main accompagnante jamais dirigiste mais autoritaire quand il le faut ! C’est savoureux et d’un goût exquis.

 

Et si, face à d’éventuels compétiteurs dans la même gamme de prix - généralement pourvues de moins de fonction -, on peut avoir pour première sensation un pouvoir de résolution ouatiné sur le Frankie, c’est pour s’apercevoir très vite que c’est plutôt lui qui a raison, respect des clairs-obscurs et des modelés d’ombres qui est l’apanage de machines passablement plus coûteuses. D’ailleurs, sa douceur est trompeuse car elle ressort d’une propension au moelleux que seules une réelle rapidité d’établissement des notes et une fine élocution de leur déclinaison peuvent procurer, accompagnant des timbres parfois chauds mais jamais caricaturaux et un sens du délié très émouvant.

 

Je pourrais tout à fait vivre avec ce machin.

 

Un défaut ? Oui, certes :  il n’aimera pas les enceintes trop gloutonnes ou compliquées.

La solution ci-dessous :


la saga


 

Grandinote, épisode 2 :

 

Ayant eu le bonheur de découvrir sur le salon staCCato-LaRosière un ensemble Préampli Domino + 2 blocs Futura, qui promenaient allégrement la musique sur les fidèles Tune Audio Marvel, j’avoue que la curiosité de prolonger l’expérience sur nos diaboliques ppfff AVA me tentait énormément, mais, comme on craint toujours un peu d’abuser, on n’ose pas demander.

Et puis, une présentation client s’organisant autour d’un couple Grandinote / AVA, je me suis dit que c’était l’occasion.

Un vendredi matin (pour une présentation le lendemain) je reçois, déballe soigneusement et installe le trio, sachant que ce n’est pas forcément la combinaison que je vise à moyen terme pour le magasin, plutôt curieux de l’évolution Magnetosolid-VHP du Shinai, autrement dit l’Essenza.

15 secondes de musique.

C’est le temps qu’il faut pour comprendre qu’on a affaire à un système très très au-dessus des normes.

Plus précisément, au-dessus de ce que sont nos exigences d’éloquence et donc à la fois à côté et très très au-dessus des sirènes de la Grande Hifi Internationale.

 

Shinai / AVA nous ont déjà permis de frôler les sommets, offrant enfin ce pourquoi nous nous battons depuis des années (décennies même), après des milliers d’écoute et de kilomètres (et de bons moments entre amis, soit !), quitte à envisager des objets totalement inaccessibles dont très peu (2 ?) ont engendré le regret que ça n’avait hélas pas de sens commercialement pour nous (pensez donc, plus de 200 000 € rien que les enceintes…).

 

Domino + Futura / AVA dépassent ce sommet pour flirter avec le Nirvana.

 

Du Shinai, le trio Domino + Futura reprend cette capacité à l’incarnation, au corps, à la plénitude et au frémissement, mais il ajoute une illumination notable, toujours au service de la musique, pas du détail pour le détail, posant chaque parcelle, chaque angström sonore exactement à sa place dans la perspective musicale.

L’esprit malin du chanteur joyeux, du musicien fervent insufflant immédiatement l’envie de danser, emporté dans une transe diabolique, ou de pleurer, touché au cœur par la grâce d’une phrase incisive, de fléchir sous la pression viscérale d’un instant herculéen ou dramatique, de frémir bouche-bée devant la beauté exposée sous nos yeux émerveillés, est toujours présent, bien évidemment, mais exalté, affiné, plus implacable aussi, fouissant plus profondément en soi la compréhension de l’humain dans l’ombre de chaque fragment, chaque pépite de musique, de quelque nature qu’elle soit, nous invitant dans une zone d’intimité que probablement les musiciens ne supposaient pas, soit, mais c’est si émouvant, aussi bien pour ressentir les incertitudes parfois que les affirmations souvent, la grandiloquence ou l’humilité, la petite coquetterie pour dissimuler une disette technique, ou la prouesse sidérante d’un instant d’exaltation pure, remonter le fil des leptons dans le générateur de son d’un sorcier de l’électro, sentir la colophane sur les cordes et le vernis sur le bois, le maillet sur la peau ou le cuivre de la cymbale ride.

Voir la musique !

 

DominoFuturaAVA. Youpi !

 

Mais bien évidemment, la combinaison imposera son potentiel de magie et vérité sur bien d’autres enceintes !



Italie


Grandinote et staCCato c’est une histoire qui remonte à loin.

Par une succession de hasards et rencontres, mon attention avait été attirée il y a quelques années (en 2013 pour être précis) par cette marque méconnue et j’avais obtenu du (sympathique et discret) distributeur qu’il me prête un Shinai, robuste intégré en pure classe A de 2 x 37 W, un machin assez énorme, dont l’esthétique en profondeur tient à la fois du groupe électrogène et d’une vision du futur par le cinéma de science-fiction des années 50.

En même temps, honnêtement, ça a de l’allure. Certes, quand on regarde l’architecture interne par la grille supérieure on se dit qu’on est un peu exposé à des milliers de volts, mais évidemment non, ce ne sont pas des parties dangereuses qui touchent quasiment la grille. Ça prouve en revanche que le Shinai est plein jusqu’à ras bord.

Oui, soit, mais des intégrés balèzes en classe A, il y en a quand même une tripotée sur le marché : qu’est-ce qui devrait différencier celui-là ?

Je ne m’étais pas trop posé la question avant de l’écouter et ai cru comprendre par la suite que, en gros, il utilise une topologie d’ampli à tubes, notamment via des étages de sortie sur transformateurs.

Qu’importe. Retour au passé.

Nous avions déballé cet engin, c’était au début de l’été, je me souviens, il faisait chaud, les demoiselles déambulaient dans la ville, bronzées, joyeuses, euh… je m’égare… puis nous l’avions branché, impatients et...

Bof…

Certes Armando (le sympathique distributeur) m’avait prévenu que l’appareil venait directement de l’usine, mais même si nous savons l’importance du rodage, il n’est pas rare que les premières minutes d’écoute en disent long.

Là non. C’était gris, épais, voilé.

Mais, pourtant, là où mes amis étaient déçus, je me suis dit : non, il se passe quelque chose, ce machin tout neuf affirme une sorte de caractère qui m’intéresse, du grain, une présence charnelle intéressante, je crois qu’il a beaucoup à dire derrière le voile et l’épaisseur.

Alors je l’ai fait tourner, tourner, tourner, et lentement, un peu dans le désordre, un jour oui, un jour non, l’appareil s’est épanoui, lente chrysalide de géant, il s’est transformé radicalement pour devenir une bête hallucinante, un Minotaure dans une vision psychanalytique, objet de fantasme, incarnation de la virilité désirée dans le labyrinthe féminin, la bête qui révèle tout le désir enfui, un monstre organique, d’une intensité corporelle rare, capable d’une sensualité cachée sous des muscles roulant.

Imposant une carrure de pilier néo-zélandais, ce machin paradoxal semble prendre plaisir à cueillir des fleurs et les réunir en un bouquet charmant.

Solide et délicat, le Shinai de Grandinote rappelle ce que Aries Cerat fait avec du tube, toute proportion gardée soit, mais l’esprit est le même, cette sensation d’aplomb, de structuration de l’espace naturel, de timbres pleins jusqu'à la moelle, incarnés, de modulations sensuelles, d’un gargantuesque appétit de vie, d’une verve tonitruante de Falstaff pourtant capable d’enfiler le tutu et les pointes pour entamer des entrechats angéliques.

Pas universel par sa puissance et ayant une tendance à en faire un peu trop peut-être (face à la rigueur tonale d’un E650 Accuphase par exemple), il semble pourtant capable d’embarquer dans son auguste enthousiasme des enceintes capricieuses…

Sachant être onctueux (cordes superbes), débordant de panache sur de la musique punchy, mordant (cuivres granuleux à souhait), sculptant des notes d’une densité rare, modulant comme un patineur artistique, il est présent partout, incarnant l’être humain que ce soit dans les murmures comme dans les éclats.

Un rien trop beau peut-être ? Un rien trop italien ? L’est-on jamais trop ? Non, c’est l’expression d’un caractère fort, ce qui fait qu’une Maserati dégage un charme que les meilleures sportives allemandes n’auront jamais en dépit de qualités objectives possiblement supérieures.

Le Shinai est un des meilleurs intégrés à transistor du monde, il chante, il suit les musiciens dans leurs élans, folies, hésitations, dans leur humanité, et les amplis de toute technologie dotés de cette capacité son trop rares pour qu’on passe à côté.

Pourquoi ne l’avais-je pas sélectionné à l’époque ?

J’avais longuement hésité me disant « marque pas connue, une de plus, encore un truc pas universel qu’il va falloir défendre plus ardemment que les piliers de la doxa etc… »

Depuis, le Shinai est repassé par le magasin.

Suivi par son évolution : l'Essenza.

Base identique, meilleurs transformateurs de sortie.

Tout un programme...



Massimiliano a du génie. Un point c’est tout.

Le Shinai n’a probablement pas d’équivalent dans sa gamme de prix, d’autant que, par petites touches, il a corrigé les petites coquetteries de la toute première génération qui remonte quand même à quelques années maintenant.

L’Essenza : je n’ai pas écrit d’article sur l’Essenza, qui, pour ceux qui ne sont pas familiers de la marque, est bâti sur la même base que le Shinai (cf. l’article Grandinote) mais avec des transfos de sortie dits Magnetosolid.

Je n’ai pas écrit d’article, mais c’est bien simple : j’en veux un !

Je me souviens de la première écoute en compagnie d’un client qui, me faisant confiance, avait commandé un Essenza après avoir « seulement » écouté le Shinai. Avant de partir avec son bel ampli, il m’avait demandé quand même :

- déballez-le, faites-le tourner, comme ça, quand je viendrai le prendre, on comparera ensemble.

Quelques mesures avaient suffi pour ouvrir un rayonnant sourire sur son visage (et ceux des heureux spectateurs présents ce jour-là)

 

Mais voilà, quelque temps plus tard, Massimiliano sort un nouveau préampli : le Genesi.

Zut.

Je le reçois en prêt avec des blocs Futura que je connaissais déjà… Rezut : quoique pas très pratique (uniquement utilisable en XLR !!!!), le trou creusé entre le Genesi et le Domino est de l’ordre de… De la béance, hélas.

Pour autant, même si la plénitude proposée par la puissance supérieure des Futura procure un confort, une sensation de bien-être supérieur, je continuais de penser qu’à choisir, je continuerai de privilégier l’Essenza, intégré, moins encombrant, moins contraignant….

 

Puis Armando (c’est le distributeur !) m’annonce…

- Le Supremo !

- ?

- c’est un Essenza mais dont l’étage d’entrée correspond au Genesi.

 

Aïe. Pas bon.

 

Une ou deux fois, il suggère que je le teste, mais craignant le pire (c’est-à-dire le meilleur !), je repousse hypocritement la proposition.

Jusqu’au jour où, lors d’une visite pour lui rendre des électroniques Alef (faut aussi qu’on vous cause de ça, parce que franchement, c’est du délire !), il pose le gros bébé dans mon coffre…

Fallait pas.

Parce que, trente secondes après l’avoir branché, froid, pas content du voyage, on sait qu’on a affaire à un chef d’œuvre.

Et tout est remis en question…

Oh, pas nos repères, mais la marche supérieure dans la hiérarchie monte toujours, et très haut.

La robe est la même que le Shinai : on en pense ce qu’on en veut, mais cet objet atypique réussit à être attachant.

Comme avec le Genesi, on est quand même bien embêté de n’avoir droit qu’à du symétrique.

Mais pour l’essayer derrière la perle marseillaise (le Majestuoso d’Eera (heureusement, on n’a pas le Meister !)), le symétrique est plutôt recommandé.

 

La suite ci-dessous :


aïlleuh...


Sensation immédiate et poignante d’une densité palpable, une capacité à poser des fondations, ancrer les bases sonores dans le sol qui ramènent à nos meilleurs repères jusqu’ici (les Apurna Apogée, où les Alef Solista) alors que l’appareil est donné pour 37 W.

Ce qui se traduit par la capacité à appuyer physiquement les notes les plus basses avec une pression organique toujours parfaitement contrôlée, quelle que soit la complexité du signal.

Pour délivrer ensuite des subtilités de modulation, des profondeurs posées, des amortis de note, des métissages de couleurs dans une perspective toujours cohérente, stable, respirante et d’une richesse qui dépasse l’entendement.

La transparence, la finesse sont au rendez-vous d’une capacité par ailleurs à cogner comme un poids-lourd si nécessaire, avec puissance, panache mais sans jamais la moindre perte de contrôle, le moindre excès, le moindre débordement. La capacité dynamique est aussi subtile que grandiose.

Le tout dans un ordonnancement idéal des évènements même les plus tordus qui distille le meilleur swing qu’il nous ait été donné d’entendre (certes, le Majestuoso n’y est pas pour rien non plus : sans lui, ce sens musical hors norme n’existe pas)

Avec le Supremo, comme rarement, la séparation des informations prennent place dans un rapport espace / temps si parfaitement naturel que des duretés d’enregistrement (où que l’on considérait comme telles) disparaissent au profit d’une fluidité plausible et gouleyante, dans des variations d’attaques, de maintien et de fin de notes qui jamais ne se compliquent au sein de la masse parfois pourtant chargée, ainsi une Symphonie n°2 de Prokofiev par Walter Weller avec le London Philharmonic Orchestra enregistrée en 78 où tout dans ce qui pourrait facilement devenir un chaos épuisant est ici d’une parfaite limpidité, les cuivres nombreux, exacerbés se distinguant autant par leurs couleurs que par des grains de matière bigarrés et jamais ne venant écraser des cordes délicates ou des bois rigoureusemen différenciés pour livrer une lecture passionnante de rythme et de jeux de timbres de cette opus « de fer et d’acier » où clairement Weller, plus qu’un grand spectacle a cherché à délinéer les arrangements incroyablement complexes, chatoyants, subtils d’une œuvre intense, prenante, aux rythmes croisés et déstabilisants : Le Supremo révèle la formidable densité des dissonances de l’œuvre, déviées par la lecture de Weller décryptant avec une impensable assiduité l’équilibre quasi-chambriste (oui oui !) au point que malgré le déferlement motorique, rien n’épuise les sens où la perception, et seuls les plaisirs, émotionnel et cérébral mêlés, sont au rendez-vous.

 

Comprendre mieux que jamais via le Supremo l’aboutissement absolu du génial (je pèse mes mots) moment de Musique et de bénédiction qu’est l’album de Billie Eilish « When we all fall asleep, where do we go ? » laisse sans voix, contraint au silence les divers auditeurs qui assistent au spectacle car aussi bien la méticulosité millimétrée de la production d’une fécondité sonore qui hisse la gamine (17 ans !) au rang des plus grandes (Liesa van der AaBjork (pas toujours), St Vincent), inventivité obstinément au service du texte si superbement tissé, chanté, raconté, murmuré dans des détours d’impudicité par la jeune star, que sa présence sensuelle en devient troublante, limite dérangeante…

Bon sang, à 17 ans, oser psalmodier à l’envi lors d’une longue chanson les mots les plus difficiles à chanter au monde : « I love you », avec des intentions si étonnamment expressives et émotionnellement chargées qu’elle se propulse aux sommets du genre !

Pour notre bonheur le plus complet, le système Majestuoso / Supremo sublime notre lien au déroulement artistique sans faille, à la grâce, à la douleur sombre et à l’intelligence qui sont l’apanage des plus grands. C’est bouleversant.

Je crois que personne ne s’est remis de l’intensité artistique dévoilée devant nous liée à la perfection de chaque instant, où rien n’est en trop, pas une erreur, une faute, mais rien ne manque, rien ne pourrait être changé.

L’artiste et la technique de reproduction se rejoignent pour révéler l’essence créatrice pure.

L’expressivité du Supremo atteint ainsi les sommets du genre, le plaçant très probablement en tête des intégrés à transistors, sans tomber dans le pathos de beaucoup de ses confrères à tubes !!!!

 

L’écoute du live de 1999 récemment publié de Paul Bley avec Gary Peacock et Paul Motian « When will the blues leave » - quel beau disque soit dit en passant -, révèle tout de la complicité intègre des musiciens les uns envers les autres, on « voit » qu’ils s’écoutent, s’observent, choisissent parfois le silence où le bruissement tant ils sont attentifs aux idées de ou des autres, on a l’impression qu’ils improvisent un certain nombre de leurs interventions, jouant plus sur l’amitié que sur les répétitions, ouvrant des espaces permanents au camarade de l’instant musical. Je pense en particulier à Gary Peacock, discret et réservé comme rarement.

J’avais cru lors d’une précédente écoute que le piano était, sur une partie de son ambitus, un peu dur et disproportionné pour m’apercevoir que non, pas vraiment ; là encore je pense, le magistral système Majestuoso / Supremo sépare mieux l’instrument de la réverbération. Le Supremo toutefois ne résout pas un choix de captation et de mixage qui sculpte une dimension très improbable de la batterie, mais qu’importe car il sublime la légèreté du toucher de Motian, affinée comme jamais, cette façon de frapper tout en effleurant, stopper le temps tout en procurant une autorité (grosse caisse puissante et à fond de tempo mais si clairement timbrée) et une chorégraphie qui n’appartiennent qu’à lui et font de son jeu l’un des plus aériens qui soit…

Le Supremo est un champion du swing et du phrasé.

 

Le Supremo sait forger le fer sous le feu avec la puissance d’un Vulcain, prendre possession de l’espace avec l’aplomb d’un Rodin, esquisser de délicates ondulations avec la sensibilité d’un Wang Xizhi, sinuer avec la puissance paradoxale d’un Dominguín, frémir comme la lèvre amoureuse de Cio-Cio San ou voler avec la grâce des corps émouvants, tel un Noureev du son : il réunit les extrêmes avec pour avantage face à de rares challengeurs d’être encore facilement logeable et pas totalement inaccessible.


El et SL vont en bateau


Cellules Hana EL + SL + ML

Japon


 

Une nouvelle marque de cellules phono ? Si ça continue, il y en aura bientôt plus qu’à l’époque où les platines phonos étaient la source quasi-unique de la hifi.

Quand un distributeur nous annonce qu’il veut nous faire connaitre une nouvelle marque dans son catalogue, en général ça nous fait vraiment plaisir. Mais quand on apprend dans la même phrase qu’il s’agit de cellules phono on pense immédiatement : encore une ?

 

-    Il y a déjà tant de belles choses sur le marché !

-    Oui, mais celles-là sont des bobines mobiles (MC) vraiment très performantes et surtout au regard de leur prix…

-    Et il y a 36 modèles au catalogue et on ne choisit jamais le bon ? J’ai déjà 3 marques, ça me suffit amplement !

-    Non, il n’y a que deux modèles, enfin quatre car elles existent en haut niveau et bas niveau…

-    Ah… Bon… Envoie-nous tes découvertes alors.

Installer une cellule sur un bras, ça prend du temps, c’est délicat, il y a toujours le risque sur certains bras d’endommager les fils parfois maigrichons qui relient la cellule, bref ça fait moyennement rire.

 

Mais bon…

 

De compliance et poids faibles, les cellules Hana demandent théoriquement des bras entre moyen et déjà un peu lourds, mais semblent s’accommoder très bien de bras moyens/légers tels que le TecnoArm.

Bougonnant (faut avouer que je bougonne souvent), j’ai en effet installé la EL (425 €) sur une Michell Technodec et la SL (690 €) sur une Michell Orbe SE.

La résistance de charge pour les versions L (faible niveau) est indiquée au-dessus de 400 ohms, donc exige un pré-phono réglable.

 

Mouais. Evidemment, on aurait dû se douter que venant de Karl et son petit réseau de stars naissantes dans le domaine de la lecture analogique, les cellules Hana procureraient un plaisir immédiat.

C’est le cas, sans aucun doute ! Même neuves alors qu’il faut compter une bonne cinquantaine d’heures pour les roder, on entend que ce sont des cellules de haut vol.

La lecture respecte une qualité de silence remarquable particulièrement sur la SL (profil Shibata oblige ?) tout en délivrant une ampleur pleine, dense, subtile et d’une idéale cohérence.

Rien de spectaculaire ni spécialement démonstratif, heureusement, mais l’agréable sensation d’un solide noyau de notes, d’une justesse rythmique et tonale parfaitement naturelle, dénotant une légère matité, certes, qui repousse toute dureté ou sifflante, et intègre les registres sur une dynamique large, et ce sur les deux cellules au profit d’une transparence plus poussée et d’une tenue supérieure sur la SL.

Grave particulièrement précis sur la SL opérant un suivi de modulation qui est l’apanage des grandes cellules, il participe de l’éloquence émouvante du large ambitus, on frémit souvent à l’écoute de cette cellule que la matité rend chaleureuse sans pourtant la moindre affectation car la précision est irréprochable et homogène, les instruments idéalement détourés dans leur air propre. Elle a du corps, tout simplement.

Moins exubérante que certaines Ortofon (plus chères), moins précise que la première Lyra (le double du prix), la SL est en revanche plus incarnéebrodant un lien organique dans la matière de la musique, la faisant rentrer d’emblée dans le panthéon réduit des objets face auxquels on ne pose pas de question.

Je crois que je la préfère à une Shelter qui coûte presque le triple, même si on va moins loin dans l’exploration du sillon, la SL pose une authenticité débarrassée des scories impétueuses de la lecture analogique au profit d’une plausibilité sensible et sensuelle sans jamais frôler l’excès sirupeux dont certains se revendiquent au nom de la beauté de l’analogique. Non, elle sait répondre avec vigueur, suivre l’autorité musicale si nécessaire mais ne perd jamais son calme, une certaine désinvolture supérieure et magnifique.

 

Les Hana ne sont pas des cellules qu’on choisit pour un caractère outré, une couleur volontaire, une approche typée, mais au contraire pour avoir la tranquillité d’esprit de pouvoir tout écouter sans que l’oreille soit agacée par une coquetterie quelconque.

Bref, de ces rares produits qui font dire immédiatement penser « oui, bon voilà, ça fonctionne » et verrouillent d’emblée les commentaires superflus…

Une approche de mélomane justifiée par un prix des plus raisonnables au regard de la plénitude lyrique proposée.

 

Ah : les Hana E et S sont aussi proposées en version H dont la particularité est d’avoir un niveau de sortie plus élevée, donc exploitable par la plupart des préamplis phono MM. C’est pas clair ? Appelez-nous.

 

Et puis, parce qu’il faut bien qu’une marque progresse, Hana a évidemment progressivement complété la gamme.

Cf ci dessous :


Aime ML


A commencer par la ML.

 

Un peu plus pointue à utiliser, son réglage ne supporte pas l’approximation sous peine de dénaturer l’aigu. Mais après une installation aux petits oignons, ben on retrouve tout ce qu’on aime des « petites » Hana (hum), à savoir la rigueur, mais avec un développement supérieur des harmoniques, une profondeur plus modelée des silences et une sensation de lien organique plus sensuel avec la musique, sans jamais donner aux cambrures naturelles l’excès des portraits de pin-up des années soixante.

Mais... Mais... Mais il y a aussi la Umami Red... Oh là là !


red is beautiful


Ce n’est parce qu’une marque réussit le tour de force de cellules à bobines mobiles dont le rapport qualité / prix relève du défi qu’elle saura réussir une cellule nettement plus haut de gamme.

 

Bon, tout va bien, on a la réponse avec Hana :

 

La Umami Red est désormais dans le Top-5 de mes cellules préférées.

 

Il faut dire que j’ai essayé cette superbe pièce d’orfèvrerie sur une Kuzma Stabi R (qui est aussi ravissante qu’un char russe mais ô combien efficace. Vous me direz, un char russe aussi) et un bras 4Point9.

 

On retrouve le caractère rigoureux, minutieux des frangines, un équilibre tonal et dynamique sans le moindre laisser-aller ou complaisance, le refus d’un « faux » spectacle.

Mais multipliés par dix. D’un naturel raffiné, Umami n’est pas une timide pour autant, loin de là !

Parfait équilibre du corps sans corpulence, Umami peut même développer une énergie assez sidérante, sachant bien sûr que ce point, comme sa fermeté dans le bas, dépendront du bras et de la qualité des réglages.

Raffinement et poésie, Umami sait faire avec grâce et attention, solidité et affirmation elle sait faire sans besoin d’ostentation, déployer les couleurs elle sait faire sans tricher, swinguer elle sait faire sans forcer le trait, décrypter les frémissements enfouis dans le sillon elle sait faire sans extraire ou durcir l’aigu…

Amoureux de dégoulinades harmoniques ou épanchements rondouillards, passez votre chemin.

Amoureux de musique(s) réfléchissez bien car alors que le prix n’en fait pas un objet démocratique (3 690 €), le rapport qualité/prix est aussi unique que celui des « petites » EL, SL ou ML.

 


hORNS


 

Trouver des enceintes de qualité - je ne parle pas de critères audiophiles mais d’une réponse à un besoin mélomane possiblement maniaque de lien direct à l’humain derrière les lignes sur une portée, les instruments, un micro, un générateur de son ou une console de mixage - n’est définitivement pas une sinécure.

Ça n’est pas faute d’en avoir testé et détesté une notable quantité depuis plus d’une décennie maintenant. Des enceintes.

16 ans pour être précis.

16 ans au magasin. Je ne parle pas évidemment des « décades » précédentes de recherche éperdue et d’espoirs déçus.

A l’arrivée, on peut citer qui ? Mulidine, évidemment. Qui a cessé momentanément sa production. Living Voice, oui. ppfff ? Ben oui, mais c’est compliqué et un peu élitiste. Atlantis Lab

 

Parfois, des objets nous ont semblé intéressants, soit… Sans faire le trou, sans remettre nos repères en question, sans nourrir correctement notre insatiable soif de musique.

Nous avons fait quelques tentatives d’en proposer quelques-unes. Mais quand on n’est pas convaincus à 100%, je crois que ça se sent.

Surtout un magasin comme staCCato où nous ne sommes pas très bons pour pousser des cartons.

Sont passées quelques enceintes remarquables sur certaines de nos exigences non négociables. Mais ça n’a pas pris. Trop exotiques, pas assez mainstream pour une clientèle pas vraiment aventurière, victime collatérale d’une doxa paresseuse ayant besoin de se rassurer sur les valeurs – hélas majoritairement fausses - de la haute-fidélité.

Depuis plus de quinze ans, nous avons multiplié les écoutes, les visites de divers salons, les plus prestigieux comme les plus obscurs. Pour en revenir le plus souvent dépités par la vacuité de marques éclatantes de flagornerie qui marquent pourtant les esprits de nos contemporains, de la presse, de la fantasmagorie.

Parfois on comprend la raison de l’enthousiasme. Sans être emballés.

Parfois on ne comprend pas du tout. Ou plutôt si : on devine la confusion – voire la schizophrénie - entre l’amour ou l’envie des objets pour leur technologie apparente, leur idéologie doucereuse, leur démonstration de muscles - muscles hollywoodiens, pas sportifs hélas - et le rapport à la musique de consommateurs mélomanes, égarés par la confrontation à une médiocrité moyenne érigée en étendard du bon goût. Ou, plus précisément, du goût politiquement correct.

Parfois c’est démoralisant.

 

Heureusement, l’apparition d’une haute fidélité émergente, venue de pays longtemps placés sous les radars, procure quelques frissons délicieux.

La rencontres avec des gens pas encore usés par le poids de « l’intelligentsia », si j’ose dire alors que je vais parler d’une marque polonaise.

On pourrait évoquer Aries Cerat, Tsakiridis, Tune Audio, Rockna et j’en oublie.

 

Il y a désormais, chez nous en tout cas : hORNS.

 

Une marque rencontrée il y a un paquet d’années à Munich, mais par l’intermédiaire d’un modèle pas facile à envisager dans nos murs : l’Uniwersum.

Il y a eu l’Opéra, déjà plus logeable, mais bon, esthétiquement, ça faisait un peu hifi quand même…

 

Et puis un jour, quasiment par hasard, on découvre la FP10 dont on n’avait pas compris qu’elle était une création hORNS.

Un modèle qui, musicalement, par son engagement sincère, incarné, vivant, cochait la plupart de nos critères ! Dont tous les fondamentaux.

Surprise décuplée en apprenant le prix !

Bon, en revanche, échaudés par des expériences précédentes, on se dit que, esthétiquement, on aura du mal avec ce type de gabarit – que personnellement j’aime beaucoup -, à Nantes en tout cas.

Soit. Mais tout de même, le rapport qualité/qualité - sans même parler du rapport qualité/fabrication/finition/prix - suffisant largement à marquer l’esprit, on se dit que l’aventure est plus que tentante.

 

D’autant que, à cette occasion, on s’aperçoit que ledit fabricant a développé plusieurs gammes ou disons plutôt lignes, dont une affiche des formes plus convenues, appelée Aria.

 

Evidemment, le fait que les enceintes hORNS adoptent un pavillon dans le médium aigu n’est pas pour nous déplaire : qu’on le veuille ou non, cette technique de diffusion pose généralement une colonne vertébrale, une présence organique à part.

C’est le cas ici.

 

Découvrez les descriptions par « ligne ».

 

Ligne Aria 

https://www.staccato-hifi.fr/blog/marques/transducteurs/horns-aria/

Ligne FP

https://www.staccato-hifi.fr/blog/marques/transducteurs/horns-fp/

Ligne Symphony

https://www.staccato-hifi.fr/blog/marques/transducteurs/horns-symphony/

Ah oui, il y a aussi les modèles isolés :

Atmosphère MK 2, une conception qui a l’air plus qu’intéressante, atypique dans la gamme et d’un prix relativement conséquent (6 000 €) pour une petite enceinte (238 x 462 x 365)

Mummy MK 4 au dessin évocateur. Une variation « esthétique » sur le thème de la FP12. (6 500 €)

Uniwersum MK 4, un objet pour le moins sophistiqué, 3 voies entièrement à pavillon, luxueusement équipé et fini. (40 000 €).


aria 1 et 2


Aria I MK2 : petite colonne très fine et élégante, elle mesure 1040 x 210 x 311 et pèse quand même 32 kgs…

 

C’est une deux voies, équipée d’un 17 cm et d’un tweeter à diaphragme annulaire en aluminium.

Une compagne joyeuse, vivante et raffinée pour une pièce de petites dimensions, déjà pourvue des caractéristiques musicales des grandes sœurs : limpidité exceptionnelle, précision surprenante qui jamais ne se fera par extraction ou surexposition mais au contraire par une mise en place au cordeau des évènements sonores au profit d’une expressivité qu’on recherche obstinément chez staCCato.

 

Aria II MK2 n’est pas beaucoup plus envahissante avec 1090 x 210 x 320 (et 35 kgs (argh)) mais évidemment gagne en ampleur comme en précision, dans le bas notamment, très réactif (avec le bon ampli) très varié et impeccablement intégré.

On se réjouit du rebond, de la vie, de la richesse du swing et du sens du phrasé d’une enceinte qui timbre superbement et cohéremment.

Scène sonore remarquablement précise !

 

Aria III ci-dessous :


aria III


Avec Aria III MK2 on entre déjà dans le très haut de gamme, car si l’enceinte n’est pas encore trop volumineuse (1200 (incluant le débordement du pavillon x 300 (idem) x 360 (pour 38 kgs)), l’offrande musicale tient quand même de la très grande enceinte…

 

Tout y est, ampleur des plaines du Far West, autorité prodigieuse digne de la colère de Thor, délicatesse de Fée Clochette, l’Aria III réunit les contraires.

Mais à une condition : ne pas négliger l’amplification, ne pas limiter l’enceinte à son prix très avantageux. Elle peut bousculer des références dépassant les 25 000 € (et je sais de quoi je parle) mais en partage les mêmes exigences.

Le rodage est assez long avant de réussir à intégrer impeccablement le grave, mais quoi qu’il en soit, il faudra éviter tout amplificateur un peu fainéant ou annonçant une inutile puissance.

Oubliez aussi les 8 watts d’un ampli 300B, sauf exception.

Toutefois, sans se ruiner d'emblée, le mariage avec un Serblin&Son Frankie D se passe superbement, ainsi, toujours lui, qu'un Tsakiridis Hermes...

 

Une ligne plus que réussie : rarissime, associant un dessin raffiné à une expression artistique bien au-delà de l’ennuyeuse doxa hifi.


élégance pure


 

La gamme Aria du fabricant hORNS a le bon goût de respecter les « habitudes » de dimensions domestiques universelles.

Elles sont cependant équipées d’un aigu ou médium/aigu « chargé » par un pavillon avec tout ce que cette technique procure d’intimité, la sensation d’une plus grande proximité aux musiciens, et ce avec une souplesse de la restitution, et même suavité de tous les instants qui ne sont pas toujours raccord avec l’utilisation d’un pavillon avant.

Douceur ne signifie pas mollesse ou lenteur, bien au contraire !!!!

La rapidité des fronts d’ondes déploie des enveloppes très variées, grâcieuses et un legato exceptionnel.

 

C’est d’ailleurs une marque de fabrique.

 

Techniquement, la ligne Aria tient du paradoxe puisque, équipée d’une chambre de compression à pavillon, le rendement annoncé est plutôt faible de l’ordre de 85/86 dB.

Certes, on constate trop souvent des rendements annoncés qui font sourire quand on connaît un tant soit peu les haut-parleurs. Pas difficile de supposer que hORNS joue la carte de l’honnêteté.

Car, si on constate qu’il faut grimper un peu plus le potentiomètre que sur une Mulidine Cadence, nous n’hésiterons pas à recommander une association Aria I ou II avec un Tsakiridis Hermes : non seulement, ça le fait, mais c’est même énergétiquement saisissant.

 

Attention, ces trois enceintes méritent le meilleur en amont, et il ne faut pas se fier à leur prix très (trop !) contenu au moment de réfléchir aux compagnons.

Alors on pourra commencer par un Atoll IN200 Signature en attente de jours meilleurs, mais on pourra sans hésiter les associer à un Grandinote Supremo : elles ne retrancheront rien des pouvoirs contradictoires d’un tel colosse, sa vaillance dynamique, ses subtilités tendres, son engament philanthrope.

J’y reviendrai, mais les vertus musicales comme la qualité de fabrication sont celles d’objet qu’on estimerait nettement plus coûteux.

Le dessin de tous les modèles réussit un rare équilibre entres dimensions et formes avec des angles arrondis qui accompagnent le galbe du pavillon – lui-même attractif, « décalé », hypnotique – et en font des objets qui pourront s’intégrer à tout type d’intérieur

D’autant plus facilement qu’on peut choisir parmi 20 types de bois pour les ébénisteries, vernis de mat à brillant (absolument superbe, digne de l’Art Déco) ou tout type de couleur RAL pour les ébénisteries et pour les pavillons (ainsi, petite touche chic, que pour les évents)

La perfection des finitions atteint et même dépasse celle d’objets d’un inaccessible High-End.

Deux couleurs de piétement aluminium sont disponibles pour s’adapter au mieux à l’apparence générale : alu naturel ou noir.

Evidemment, finition sur mesure impose du délai, mais ça vaut le coût. Le coup.

Techniquement, on ne peut pas dire qu’on soit débordé d’informations. Le bornier prévu pour un simple câblage (ouf !) est d’origine WBT.

 

La ligne couvre de larges besoins :

- Colonnes de I à III. Les prix : de 3 400 à 5 100 €. La paire. Sans changement quelle que soit la finition choisie. Ce n’est pas une blague.

- Une biblio appelée Monitor

- Une Centrale et un petit Sub. Pas mon truc, mais ça existe.

Les détails ci-dessous :


un symbole


 

Je me demande dans quelle mesure la gamme FP n’est pas la plus représentative de la démarche du fabricant hORNS.

 

Rendement élevé obtenu par un transducteur de basses fréquences léger mais de fort diamètre relayé par une chambre de compression 1 pouce chargée par un pavillon…

Dans les standards de finition particulièrement élevés de la marque !

Incluant les 20 finitions bois vernis mat, satiné ou brillant, et la façade en résine minérale dans n’importe quelle couleur RAL.

 

Personnellement, j’aime beaucoup ces formats « vintage » rappelant quelques gloires de la haute-fidélité d’antan. Et pas seulement d’antan : somme toute, quelques JBL « revival » ou Harbeth, des ATC, PMC, Graham et j’en oublie, continuent de proposer ce type de format d’enceintes qu’on n’osera qualifier de « bibliothèque » ; disons : compact.

Toutes ne partagent pas l’équilibre des dimensions de la ligne FP de hORNS ni l’esthétique globale. Ni la noblesse de présentation.

Ces formats imposent certes un pied, mais hORNS ayant le bon goût d’en proposer, adapté à chaque modèle, ce n’est pas un problème majeur.

 

Dès le premier modèle, FP10 MK 3, 365 x 560 x 305 mm (et 30 kg + 25 kg de pied !), c’est du bonheur émotionnel garanti !

 

On s’en doute, les vertus expressives de la gamme Aria sont intégralement transposées mais aussi sublimées !

Energie démoniaque d’un taureau de la ganadería Miura, exceptionnel pouvoir de résolution fine d’un Leica dans un délié plus flexible encore que la gymnastique rythmique d’une Danseuse au Ruban. Incluant la vélocité éblouissante du ruban.

On entre de plain-pied dans ce que seul ce type de conception (grand diamètre rapide et compression + pavillon) peut offrir mais en réfutant tous les aprioris (statistiquement vérifiables) d’agressivité, de tonique, de projection etc…

Au contraire, la scène est prodigieusement ample et respirante, en 3D véritable et qui permettra de suivre tous les mouvements du ruban (celui de la gymnaste que je viens d’évoquer).

Bien sûr à condition de ne pas se tromper d’éléments amonts puisque le revers de ce type de transducteurs est bien évidemment de débusquer les faiblesses de ce qui l’alimente.

Parallèlement et pour les mêmes raisons, avec un tel rendement et des haut-parleurs légers et rapides, on peut enfin envisager des amplificateurs de faible puissance, tels des mono-triode chers au cœur de quelques audiophiles cultivés ou mélomanes.

Et sans se ruiner. Côté enceintes, je veux dire, parce que côté ampli, vous pouvez envisager sans hésiter jusqu’à un Ongaku d’AudioNote Kondo !

3 Modèles dans la ligne FP :

- FP10 MK 3 embarquant un 25 cm ; 365 x 560 x 305 ; 30 kg ; rendement : 96 dB sous 8 ohms

- FP12 MK 2 embarquant un 31 cm ; 443 x 655 x 417, 35 kg ; rendement : 93 dB sous 8 ohms

- FP 15 MK 2 embarquant un 38 cm ; 520 x 710 x 380 ; 50 kg ; rendement : 96 dB sous 8 ohms

 

Les prix ? De 5 300 à 8 500 €, la paire (et même 12 000 € pour la version Béryllium de la FP15) ; quelle que soit la finition ; sans pieds (rajouter environ 800 €).

Je doute que, côté rapport expressivité pure/prix comme qualité/qualité, il y ait beaucoup d’équivalent.

En vérité, je suppose que non. Je crois savoir que non.

 

 


art vivant


 

Après avoir évoqué la ligne plutôt radicale dite FP et la ligne Aria moins déstabilisante néanmoins engagée du fabricant hORNS, découvrons maintenant la ligne maîtresse : Symphony.

 

On est clairement dans du très haut de gamme nonobstant le prix cartésien face à une concurrence qui n’en est une que sur le papier.

Je ne parle évidemment pas d’objets dont les coûts se mesurent à 5 x 0 devant la virgule ! Encore que… Tant d’entre eux sont si largement surestimés.

Car, même en allant chercher du côté d’objet coûtant 3 à 4 fois le prix d’une Symphony 10 ou 13, on ne trouvera que rarement tels fièvre expressive, sensualité aussi radieuse, panache vigoureux sans ostentation, sens du respect de la ferveur des musiciens et leurs petites ou grandes histoires, imaginatives, infatuées, phobiques, oniriques ou intimes.

 

Deux modèles dans cette série dont les dimensions en font des sculptures encore envisageables :

Symphony 10 : 540 x 1350 x 420 (55 kg)

Symphony 13 : 600 x 1380 x 560 (75 kg)

En ayant en tête que ces cotes incluent le débordement du pavillon.

En outre quelques idées de design en allègent intelligemment les lignes, tels les bords ronds sur le haut de l’avant et l’arrière plutôt que les côtés.

On ne va pas revenir sur la superlativité des finitions déjà évoquée dans les autres chapitres hORNS.

Ce qui distingue les deux modèles, ce sont les diamètres des transducteurs de grave (respectivement 25 et 33 cm) et des pavillons qui chargent une compression de 2 pouces en Titane, dont le niveau est ajustable.

 

Je ne vais pas m’éterniser à décrire les ressentis à l’écoute, aussi bien l’implication physique que le velouté, la densité organique que la subtilité des couleurs, la tridimensionnalité de la scène sonore et l’aplomb général, sans nécessiter des tonnes de watts compte tenu des rendements déjà confortables (93 et 95 dB).

Que ceux qui ont été échaudés par la reproduction de type sono ou lourdingue de quelques célèbres réalisations à pavillons viennent réviser leur jugement pour mesurer le degré de virtuosité que ce type de transducteur bien pensé sait retranscrire dans des dimensions proches du réel.

Dimensions et masse du piano dont le phrasé sait être tout en nuance, depuis l'appui du gras du doigt sur la touche jusqu'à l'extinction harmonique, le potentiel grandiose de l'instrument n'a pas de limite.

Le boisé et les inflexions du plus subliminal effet de l'archet sur le violon bénéficient pleinement, bien sûr de cet effet particulier au pavillon de graver l'espace.

Mais si l'envie d'un gros rock de derrière les fagots ou une furie techno vous prennent, veillez simplement à l'état des fondations de votre maison.

Alors que dans n'importe quelle charge musicale, jamais la moindre dureté ou projection ne viendra gâcher le bonheur de vibrer ou danser...

De l'énergie, sans aucun doute, à faible ou fort niveau, mais l'énergie du vivant incluant tous les paramètres qui nous approchent au plus près de la vérité, spectrale, colorimétrique, dimensionnelle.


valeur sure


Chine


Contraction de Joyce et Linda, m'a-t-on dit, prénoms des épouses des deux créateurs.

Oh certes, depuis, on a appris la vérité sur la genèse de ces appareils, mais l’anecdote est suffisamment jolie pour la garder.

JoLida est la preuve (rare) que l'on peut accéder aux joies du tube sans se ruiner à vie ni se retrouver face à des appareils dégoulinant comme des loukoums JoLida, c'est transparent, rapide, voluptueux, nuancé : c'est déjà du tube haut de gamme, dont les performances ne vont pas disparaître au bout de quelques mois…


Je suis surpris de constater le succès dans les esprits d’audiophiles crédules de certains produits non moins chinois là où il faut passer son temps à justifier JoLida qui est pourtant une marque des plus anciennes (1992), artisanale (30 personnes, des productions se comptant en dizaines d’unités, pas en milliers, utilisant des matériaux nobles où c'est nécessaire (tôle à grain orienté d’origine allemande pour les transfo de sortie) face à des géants fournissant à peu près n’importe qui et à n’importe quel prix, et surtout JoLida est une marque proposant enfin des amplis à tubes qui ne cautionnent pas la caricature des défauts du tube souvent considérés comme leur vertu, cf notre intro au chapitre : le tube.

Or, vu le nombre de ces objets vendus sur plusieurs années et la quasi-absence de retours en SAV, je n’ai qu’à me louer de collaboration avec cette marque enthousiasmante, au-dessus de la mêlée d’une large part de la concurrence si définitivement encagée dans la malédiction des appareils à lampes certes séducteurs, certes impressionnants, mais si répétitifs et si peu inspirés par la musique à force d’une lourdeur poussive dans le bas, et dégoulinant d’harmoniques qui n’existent pas au naturel et se répètent invariablement disque par disque.

Le JD 303 ? un peu plus universel d’emploi que le 202, il n’est pas que ça : il prend une très légère distance avec le 202 sur quelques critères, un peu plus plein peut-être, un rien plus transparent.

Vous manquez de puissance ? Le 505 est fait pour vous ! Un petit joujou très universel !

Ou éventuellement encore, le JD1000 : 100 w par canal obtenu par un double Push d’EL 34, c’est du velours, de l’onctuosité et un sentiment de réserve, de tranquillité, de souplesse rare.

Un must chez Jolida : le préampli phono MM/MC universel JD9SE1

Dans sa catégorie de prix, il est seul, seul à pouvoir offrir une telle souplesse d'emploi avec des performances musicales de premier ordre, celles qui évitent la transformation du signal analogique en caricatures drôlatiques. Rigoureux, silencieux, le JD9 révèle toutes les subtilités du plus profond du sillon. En outre, il n'est pas bien difficile de le faire évoluer encore pour une somme très raisonnable (ou complètement cinglée si on veut lui faire avouer toute la vérité).

Pour faire mieux, c'est simple, l'étape suivante s'appelle Aurorasound VIDA Prima, c'est dire...

 

Dire que le lecteur CD JD100 MKII respecte les caractéristiques d’expressivité chères à la marque est un euphémisme.


Et ainsi de suite pour des produits toujours performants à condition de rester vigilants face aux mauvaises copies. Ben oui, le gag est qu’il y a des copies…

 


bien plus qu'une boîte


France

 

Appelez Green*K design qui pourra vous faire une présentation soit à Bouée soit dans ses bureaux nantais.

 

 

Que de belles évolutions depuis la toute première Boîte Concept en 2008.

 

Une gamme complète de jolis « meubles hifi connectés », dont certains incluent une platine vinyle. Connectée.

 

Un soin particulier donné à la qualité sonore, bien sûr, qui dépasse amplement et généreusement les dimensions des charges utilisées.

 

Des technologies propriétaires, des idées en pagaille et toujours un sens subtil de la déco et l'intégration.

 

Car, quel que soit le modèle "La Boite Concept", on admire une présentation élégante et variée sous forme de consoles, bouts de canapé, ou enceintes à poser sur une étagère, toutes propositions déclinables en finition variées…

 

Un beau cadeau à faire ou à se faire…


le bien nommé


France

Je ne peux pas dire que le premier contact avec Monsieur Cesaratto père, le fondateur de Legato, devenue une entreprise familiale au sens le plus louable du terme, m’ait séduit.

Un salon parisien, un système très cher - dont Legato n’était qu’un rouage (et, on le verra, une victime collatérale) -, un discours bétonné de certitudes (on comprendra par la suite que ce n'est pas de l'arrogance mais un argumentaire campé sur de solides fondements scientifiques) qui malencontreusement semblait installé dans la logique des « créateurs » de la haute-fidélité qui parfois s’estiment plus importants dans la vérité musicale que les musiciens eux-mêmes.

Pour un résultat nous présentant un « Jean-Michel à peu près » et une Diana Krall (que c’est original !) que même Shazam ne parvenait pas à identifier. Je ne blague pas : j’observais – amusé - des incrédules s’obstinant avec stupéfaction sur leurs smartphones.

Bien sûr, les câbles n'y étaient pour rien !

 

Le deuxième (contact) pas beaucoup plus (séduit) mais je l’ai accepté car, dans le discours, il y avait des points qui attiraient mon attention, notamment sur le rapport de la haute-fidélité à la musique.

Pas beaucoup plus car j’avais parfois l’impression d’être pris en otage par quelqu’un qui détenait la vérité sur tout. Genre : « il n’existe qu’une version acceptable de la Symphonie Fantastique de Berlioz ». Celle de Sir Colin Davis, évidemment. Ben oui, mais non.

Que j’ai donc refusé de passer. Au profit de celle, imprévisible, de Gardiner.

Évidemment, un tel aplomb m’est d’autant plus insupportable que c’est moi qui détiens la vérité sur tout. Qu’on se le dise…

Hum…

Bon j’exagère, car au milieu de ces petites maladresses en partie liées à la timidité et aussi, je suppose, à l'habitude de s'adresser à des cancres, Père et Fils ont été particulièrement sincères, généreux et bienveillants.

Mais surtout, on a bien été obligés de reconnaître que leurs câbles fonctionnent vraiment bien. Même remarquablement !

Et ce dès les premiers prix qui en donnent beaucoup pour votre argent.

Partant du principe qu’un câble est dissimulé derrière votre système parce que bon, ce ne sont pas des premiers prix de design.

Père et fils se soucient peu du look ou d’une éventuelle place dans le grand cirque international, ceci expliquant peut-être cela.

 

La technologie est en revanche pour le moins élaborée, intelligente, maîtrisée et ne se contente pas de tourner autour de vieilles recettes plus ou moins bien réadaptées.

On sent derrière les explications la solidité de quelqu'un qui connaît scientifiquement son sujet et ne vous embourbe pas par pléthore de poudre aux yeux.

 

Bon ne me demandez pas les noms des câbles, car j’ai toujours autant de difficulté à les mémoriser.

Notamment le XLR alors que les créateurs de Legato n’apprécient guère la liaison symétrique. Et pourtant, quel câble !!!!

D'une façon générale, on ne peut que louer stabilité, nuances, étagement des plans, cohérence des timbres liée à un équilibre tonal rigoureux, plénitude.

Et un remarquable délié…

Tous points amalgamés dans une homogénéité irréprochable qui fait que jamais on n’est frustrés à l’écoute de la musique via les premiers modèles (euh, pour le câble HP, je suis moins catégorique), alors que, évidemment, dès qu’on pousse le curseur dans la gamme, la différence est parfaitement en lien avec le prix, en préservant la même superbe homogénéité.

Ce qui est la meilleure démonstration de la démarche du fabricant !

Dans le haut-de-gamme, toutes les cases sont cochées, aussi bien l'offre que la qualité : USB, numérique, RJ (une belle leçon !), secteur et évidemment modulations et liaison vers les enceintes.

Ne manque que le câble Wifi !

 

Un seul mot pour définir le rapport d'une collection complète à l'art : sérénité...

 

Je n’ai aucune hésitation à faire démonstration de nos meilleurs systèmes en les câblant avec les entrées de gamme Legato. C’est dire.


musique dématérialisée


Les services

Grâce à notre partenaire en informatique (société indépendante), nous pouvons vous conseiller sur les points suivants :

  • Détermination de la solution et du matériel les plus adaptés à vos besoins (lecteurs réseau, serveurs, PC, logiciels, interfaces, câblage, maillons Hifi…)
  • Préparation de vos PC pour une optimisation des performances musicales de vos solutions dématérialisées
  • Optimisations Windows ou Mac
  • Implantation et suivi des drivers éventuels
  • Optimisation de la partie hard, disques durs, serveurs, SSD, horloges etc…
  • Sélection et suivi des logiciels d’extraction des fichiers audio (ripping) et player
  • Optimisation et mises à jour des logiciels d’extraction des fichiers audio et player
  • Extraction des fichiers audio (Ripping) de votre discothèque sous les formats audiophiles (Wav, Aiff, Flac…), incluant les marqueurs (tags) et classements de la bibliothèque

Possibilité de mise en œuvre à domicile de la solution retenue

 


Au-delà de notre rôle de dénicheur de raretés musicalement éloquentes dans le monde labyrinthique de la hifi, nous proposons évidemment des services concrets :

-    Optimisation de votre chaîne existante
-    Prêt contre caution de matériel, hors enceintes, pour tests à domicile
-    Comparaison en magasin d’éléments de votre équipement face à des propositions de remplacement


Musique dématérialisée, serveurs, streamers… :

Nous collaborons avec une société sérieuse spécialisée dans l'informatique

- Détermination de la solution et du matériel les plus adaptés à vos besoins (PC, logiciels, interfaces, câblage, maillons Hifi…),

- Préparation de vos PC pour une optimisation des performances musicales de vos solutions dématérialisées,
- Optimisations Windows,
- Implantation et suivi des drivers,
- Optimisation de la partie hard, disques durs, serveurs, SSD, horloges etc…

- Sélection et suivi des logiciels d’extraction des fichiers audio (ripping) et player,
- Optimisation et mises à jour des logiciels d’extraction des fichiers audio et player

- Extraction des fichiers audio (Ripping) de votre discothèque sous les formats audiophiles (Wav, Aiff, Flac…), incluant les marqueurs (tags) et classements de la bibliothèque.

- Possibilité de mise en œuvre à domicile de la solution retenue,

- Devis gratuit.
 

 

 


l'étoile du nord


Angleterre

Dans la jungle ténébreuse des non-valeurs qui peuplent la planète hifi, de temps en temps on fait de franches bonnes découvertes…

En était-ce vraiment une ?

Pas sûr.

J’avais gardé un bon souvenir de l’écoute rapide d’un (?) modèle Living Voice il y a déjà une bonne poignée d’années ; de siècles ? ; mais en l’absence de distribution, j’avais un peu oublié la rencontre.

Jusqu’au jour où un homme très courtois pousse la porte du magasin, se présente et explique qu’il représente quelques marques, parmi lesquelles…

 

… Living Voice.

 

Ben oui, hein, sinon l’anecdote n’aurait aucun sens.

Il hésite un peu, ne sait pas encore ce qu’il va faire, oui il adore, oui Living Voice est de ces marques derrière lesquelles il y a un type bourré de talent, mais… les marges sont faibles, je vous préviens…

Oui, bon, en ce qui nous concerne, ce n’est pas nouveau. Alors une de plus une de moins…
J’insiste pour faire un test et nous recevons en prêt quelques semaines plus tard une paire de Living Voice Auditorium Avatar IBX-R2

Si ce n’est pas une référence, ça !

 

Et l’aventure commença.

Depuis la gamme a évolué, diverses générations soit, toujours autour de la même philosophie.


En gros comment ça marche chez Living Voice ?

Une base d’ébénisterie commune (très sobre, élégamment proportionnée, finitions diverses, très logeable (103 x 21,5 x 27), les dames nous remercieront !), qui commence avec le modèle R25A, ouvre ensuite sur une succession d’évolutions entre deux séries parallèles (Avatar R4 (4ème génération), IBX (filtre dans l’enceinte) ou OBX  (filtre extérieur)) par changements de haut-parleurs et/ou de composants de filtrage faisant passer les gradations de 6700 € la paire à un peu plus de 20 000 €. Ainsi l’IBX R-4 coûte environ 9500 € la paire selon les finitions. Notons que les modèles ne sont pas Up-gradable.

Autrement dit une philosophie qui nous plaît, celle d’une conception saine autour d’un thème unique de plus en plus affiné.


 Car le rendez-vous musical espéré a bien eu lieu : nous avons été conquis !

Au point de revenir les dimanche et lundi pour peaufiner la relation, travailler les combinaisons, détecter les failles… Mais surtout écouter des disques de bout en bout !
C’est rare qu’un produit nouveau donne envie de revenir bosser le dimanche, croyez-moi ! Rare qu’un appareil nous inspire à ce point.

La suite plus bas :


un phare dans l'obscurité


Les nouvelles R25 sont pétillantes, très très rapides et sensibles (ce qui est prodigieux au regard de la conception on ne peut plus classique), d’une stupéfiante finesse de timbres et justesse tonale, l’irisation enchanteresse, des enchainements de couleurs bariolées et lumineuses, denses quand il le faut, un sens épuré des matièresdes substances ; même si ce ne sont pas les enceintes du marché qui ont le plus de corps (en progrès cependant par rapport aux générations précédentes d’IBX), elles font preuve d’une présence exceptionnelle, d’un engagement intègre, d’une tension souveraine, bref d’une émouvante éloquence.


Oh, ici, pas de grave qui fend les murs (dans la terminologie réductrice hifiste), pas de boursouflure confortablede mauvais cholestérol, ici c’est taillé au cordeau, c’est droit, c’est ardent et vivifiantclairement orienté vers les mélomanes (de toutes cultures évidemment !) ; les hifistes passeront leur chemin, dépités, et retourneront à leurs excroissances préférées dans le bas-médium, cette opulence grassouillette qu’ils appellent du grave ! Les Living Voice repoussent en effet très loin, en dépit d’une technique conventionnelle, l’instant où l’on détecte la charge et son accord…

Car honnêtement quand on analyse l’enceinte, on est un peu dubitatifs : un bass-reflex muni d’un évent très ordinaire, deux haut-parleurs de grave-médium convenus, loin de l’esthétique parfaite des membranes modernes style céramique (qui donnent presque toutes tout le temps le même son apparemment pur mais décharné), un tweeter assurément haut-de-gamme mais déjà utilisé maintes fois dans des évolutions diverses sans grand bonheur, on a presque l’impression d’avoir affaire à un kit magnifiquement abouti surtout quand on la compare à un pan majoritaire de la production moderne d’objets tous plus resplendissants les uns que les autres, aux laques parfaites donnant l’impression de sortir de la même usine chinoise, des produits coûteux, aux formes oblongues, équipés de H-P que l’on expose, que l’on brandit avec fierté, tel ce modèle navrant que nous avions en test en même temps, nouvelle série d’une vieille marque anglaise très estimée, chargée de badges de la presse comme autant de médailles sur le poitrail gonflé d’un amiral soviétique et aussi bouffie musicalement…


Où se situe la différence alors dans la conception de deux enceintes de prix comparable ? …
Euh, dans le talent sans aucun doute.

L’intuition et l’habileté, l’intransigeance et un amour urgent et impératif de la musique plus que de la rentabilité !


Bon, nous n’allons pas prétendre que ces objets discrets, si compacts et sous-équipés face à l’arrogance moyenne, sont absolument universels et n’ont aucune limite.

Car : les Living Voice sont un peu gourmandes en dépit d’un rendement de 94 dB, mais nous nous sommes quand même régalés avec un ampli 300B (oui, d’accord, pas n’importe lequel, rapide, tendu, pêchu et d’un contrôle dynamique exemplaire, donc pas un 300B mou du genou !).

Car : elles ne révolutionnent pas l’esthétique et la finition n’est pas absolument exemplaire (même si d’un standard élevé !).

Car : elles ne sont pas spectaculaires et ne feront pas trembler les vitres en racolant exagérément par le ventripotent.


Mais quels enthousiasme musical, authenticité rythmique, précision de tout instant sur les plus ténues fins de notes…

Quelle délicatesse et quel entrain, quel poids sur les accords qui l’exigent, quel respect des degrés divers d’inspiration de vos musiciens préférés !

Vous favorisez le matos ? Passez votre chemin.

Vous favorisez la musique ? Ne passez pas à côté de l’expérience.


Une réussite totale ! L’expression supérieure de l’artisanat intelligent !


un long fleuve tranquille


La gamme est variée, lecteur réseau sans ou avec convertisseur, amplificateurs, et même un petit tout en 1.

 

Une ballade sur l’autoroute de la musique commence avec le D2 (environ 2 500 €) pour aller jusqu’au X1 (14 000 €)

Au milieu, il y a le M1 (2 500 €), un tout-en-un remarquable, joli et chantant, qui donne accès à la facilité d'utilisation Lumïn, sa formidable cellule de streaming et n'a besoin que d'une paire d'enceintes pour laisser la musique s'exprimer.

Très belle association avec Davis Krypton 6 par exemple pour un ensemble élégant, ludique, tout en verve joyeuse...

 

De notre côté, nous utilisons depuis des années et sans le moindre souci un U1, qui est un Transport réseau (Drive) pur, pas de DAC incorporé : les performances inouïes de Lumïn en lecture réseau mais ouvrant sur le DAC de votre choix via 2 x USB et des sorties S/PDIF toutes aussi performantes les unes que les autres.


autoroute musicale


La solution "dématérialisée" avec un Grand L, comme Lumïn !

S'il est difficile, dans la pléthore des hypothèses proposées (serveur audio, ordinateur + DAC, streamer…), de trouver sa voie pour profiter au mieux de sa "musique dématérialisé", nous avons choisi la nôtre !

Les Lumïn !
 

Un lecteur de réseau pas vraiment impressionnant au premier abord et pourtant superlatif à l’usage.
Un châssis de petites dimensions, coquet, taillé dans un bloc d’aluminium et une alimentation sophistiquée à part dans un sobre coffret étroit.

Lumïn est une marque née d’un groupe qui est avant tout développeur de solutions professionnelles en vidéo et audio.

Côté entrées, on est loin de l’inflorescence de plus en plus fréquente : 2 x USB et une RJ 45, les fonctions paraissent limitées.
Alors qu'en vérité, ce type de lecteur réseau est probablement la solution la plus universelle qui soit d'autant que le Lumïn peut lire absolument tous types de fichiers sur tous types de supports, sa vocation première étant d’être inséré dans le réseau local pour piloter un NAS (Network Attached Storage, soit serveur de stockage en réseau.)
Certes pour le piloter il faut rajouter un I-Pad et quelques applications dédiées.

Mais une fois la machine configurée et les interfaces installées, c'est une réponse à la fois très pratique, intuitive et ultra performante pour qui recherche une solution dématérialisée puissante, musicalement référente et ouverte sur l'avenir puisque l'appareil progresse par évolution de Firmware.

Vous glissez un Lumïn dans votre réseau ou au plus simple vous le branchez sur votre box pour les accès internet, vous ajoutez un Disque Dur pour le stockage et hop, ça chante.

Car vous serez emporté par les qualités musicales de ces objets.

Ce qu’on remarque en premier c’est une scène large, très profonde, et aussi très stable !
De l’air, une ouverture très rafraîchissante, et puis les timbres, la délicatesse, la fluidité, le fruité une dynamique explosive mais tenue, et aucune exagération, aucune emphase, un grave rapide et délié, volubile.
Lumïn est une source à part entière ; par opposition aux sources hybrides basées sur un ordinateur existant ; les ingénieurs ont en effet développé entièrement hard et soft, sur une base Linux, qui permet d’envisager l’avenir sereinement.

Un Lumïn devient un élément superlatif supplémentaire dans la chaîne de reproduction musicale, et permet d’écouter tout type de fichiers informatiques présents dans le réseau sans avoir à allumer son ordinateur, d’autant qu’il est compatible Airplay.

Et ROON !

L’utilisation de l’appli pour choisir, trier, jouer ses fichiers est vraiment simple d’accès, complète, et dépendra essentiellement de la qualité de la préparation des fichiers en amont.

Une nouvelle ère commence, le Lumïn s’installe pour longtemps dans une stratégie haut-de-gamme voire indispensable !


illuminatrices


Japon ?

 

Les cellules phonolectrices à bobines mobiles Lyra sont conçues et fabriquées au Japon par Scan-Tech à Tokyo. Chaque modèle est l’oeuvre de Jonathan Carr en collaboration avec Yoshinori Mishima, l’artisan ( artiste ? ) qui les construit entièrement à la main. L’objectif est de reproduire le plus fidèlement possible le contenu du sillon, sans aucune « signature sonore » de la cellule elle-même.

 

Naturel et musicalité


Chaque cellule Lyra emploie un stylet de profil « Ogura PA Line Contact » à très faible masse.
La micro pointe en diamant, méticuleusement taillé et poli, permet un suivi de piste excellent et une grande résolution des moindres détails, avec une usure minimale du sillon.
Grâce au profil retenu, qui assure un excellent contact du diamant avec les parois du sillon, la lecture est peu perturbée par un défaut local ( rayure, poussière, etc. ).

 

De plus, le diamant pénètre dans le sillon à une profondeur normalement non atteinte par d'autres pointes de lecture.
Le résultat ? Moins de bruit de fond et une reproduction unique des disques joués, même usagés. L’utilisation de matériaux légers et non magnétiques pour le corps des cellules ( résonances minimales ), l’absence de coque de protection ( clarté et transparence maximales ) contribuent également au naturel et à la musicalité reconnus mondialement aux LYRA.

 


illuminatrices


Japon ?

 

Les cellules phonolectrices à bobines mobiles Lyra sont conçues et fabriquées au Japon par Scan-Tech à Tokyo. Chaque modèle est l’oeuvre de Jonathan Carr en collaboration avec Yoshinori Mishima, l’artisan ( artiste ? ) qui les construit entièrement à la main. L’objectif est de reproduire le plus fidèlement possible le contenu du sillon, sans aucune « signature sonore » de la cellule elle-même.

 

Naturel et musicalité


Chaque cellule Lyra emploie un stylet de profil « Ogura PA Line Contact » à très faible masse.
La micro pointe en diamant, méticuleusement taillé et poli, permet un suivi de piste excellent et une grande résolution des moindres détails, avec une usure minimale du sillon.
Grâce au profil retenu, qui assure un excellent contact du diamant avec les parois du sillon, la lecture est peu perturbée par un défaut local ( rayure, poussière, etc. ).

 

De plus, le diamant pénètre dans le sillon à une profondeur normalement non atteinte par d'autres pointes de lecture.
Le résultat ? Moins de bruit de fond et une reproduction unique des disques joués, même usagés. L’utilisation de matériaux légers et non magnétiques pour le corps des cellules ( résonances minimales ), l’absence de coque de protection ( clarté et transparence maximales ) contribuent également au naturel et à la musicalité reconnus mondialement aux LYRA.

 


élégante tradition


Angleterre

Des choix techniques peaufinés depuis des décennies pour un résultat dépouillé en apparence, une pureté de lignes liée à des performances musicales incontestables.

 

Les Michell soignent nos chers vinyles, en extraient la substance pour la plus grande joie de nos oreilles qui ont parfois oublié la flamboyante suavité, la plénitude immédiate, la respiration d'athlète, le lyrisme immédiatement désarmant des bon vieux 33 t…

Une belle gamme, un bien beau bras, une réalisation soignée, des dessins impérissables pour des produits affranchis des modes. Que demander de plus ? Les payer plus cher ? Ah, en effet… Certains pourraient s’en plaindre…

Gyro SEOrbe, des noms qui font rêver depuis longtemps maintenant et pour quelques siècles encore…


la fée électricité


Allemagne

 

De Mudra Akustik, on a d’abord connu un ensemble de boiboites modulaires, appelé PMS (pour Power Modul System).

Des boitiers à l’apparence « industrielle », fonctionnelle, brute.

Ce qui permet aux différents modules de ne pas coûter une fortune. Et d’aller de plus en plus loin à partir du premier module.

Qui s’appelle Input et a fonction de barrettes. 4 prises seulement, mais si on en veut plus, il y a une possible extension. Il est livré avec un câble secteur, ce qui est une bonne chose car l’entrée dans « Input » se fait par prise Neutrik.

Ensuite on peut rajouter un module Filtre, par exemple, destiné essentiellement aux sources numériques. Ou un module dit « Trafo » (un transformateur d’isolation) Ou les deux. Sachant qu’on peut décider que le module « Trafo » passe ou non par le filtrage.

Pas mal, non ?

On peut choisir la puissance des modules « Trafo » de 250 à 1500 VA. Voilà qui couvre large.

 

Or, rien qu’en branchant le seul module Input, on est saisi par une sensation de propreté soudaine, de stabilité de pilier !

Et les améliorations continueront en installant les autres modules au fur et à mesure.

Bon, ça, d’autres barrettes le font. Mais Input coûte moins de 600 € !

Ah… Tout à coup, ce n’est plus pareil !

 

Ajoutons à cette heureuse nouvelle que Mudra propose aussi des câbles secteurs pour le moins surprenants (qualitativement, j’entends) allant dans le même sens que les modules et dont le plus haut de gamme (Powercord HP) coûte moins de 520 € en 1.5 m. Inutile de préciser qu’il les coûte, mais pourrait valoir bien plus !

 

Ceci n’est qu’une succincte description de la gamme du fabricant allemand, car il y a diverses formes de barrettes, transformateurs d’isolation jusqu’à la série PX Power X-Treme que je recommande d’autant plus chaudement que la plupart des systèmes de ce type que nous avons essayés jusqu’ici nous ont plutôt laissés froid.

 


mulidine





Pas tenté par la lumière des projecteurs, Marcel Rochet a toujours été patient et obstiné (têtu ?) dans sa quête de la reproduction musicale. Jamais l'envie de voir sa société passer à la vitesse supérieure ne l'a tenté : trop de risques de voir s'échapper l'âme de ses chers transducteurs…

Son digne successeur, Marc Fontaine, est du même bois : celui dont on fait les meilleurs instruments. La gloire importe peu, la qualité de l'ouvrage seule compte.

Je n’hésite pas à affirmer qu’il est à la fois plus exigeant et plus rigoureux que son mentor.

Alors oui, quand on sort une nouvelle enceinte tous les trois ans, on n'est pas trop présent dans la presse, on n'a pas forcément les moyens ni l'envie de placardage publicitaire.


Je me souviens avec amusement du client d’un confrère qui me racontait la richesse évidente d’une marque canadienne célèbre puisqu’elle avait invité ses meilleurs revendeurs pour un voyage d’une semaine au Canada, grands hôtels, chasse photographique à la baleine, le grand jeu. Je lui ai répondu que mon cher fournisseur m’offrait généreusement un bon steak mais au moins je savais où passait l’argent : dans la réalisation des enceintes pas dans la promo façon labos pharmaceutiques…
Ah certes, les Mulidine ne font pas de cadeaux aux électroniques et ne méritent que le meilleur…

Pas gourmandes, elles s’accommodent très bien d’un (excellent) classe A, voire d’un ampli à tubes dont elles respecteront idéalement l’expressivité. Ou plus précisément celle des musiciens si l’ampli la transmet.

Car le terrain de jeu des Mulidine c’est incontestablement l’éloquence musicale, rythme, timbres, nuances, vibrations sensibles, panache et virtuosité, intériorité et concentration, extraversion ou expressionnisme…

Essayez donc de suggérer à un propriétaire de Mulidine de changer d'enceintes !

Mulidine fabrique des outils pour mélomanes.
Je sais, la formule est galvaudée ; elle a néanmoins parfois ( très très rarement ! ) du sens.

Les enceintes Mulidine sont enthousiastes, chantantes, délivrant une gamme d'intonations déconcertante de richesse.

Inconditionnels du baroque ?
Les Mulidine sont faites pour vous, leur rapidité, leur finesse, leur précision vous combleront de bonheur à l'écoute de vos révérés instruments anciens.

Amoureux du classique ou du romantique ?
La table d'harmonie d'un piano sous les doigts de Zimmerman, le violon de Milstein, ou les déferlements océaniens du Wiener Philharmoniker réjouiront vos sens : les Mulidine sont faites pour vous !

Accro au rock ou à l'indus ? Vous serez surpris de l'énergie développée par ces enceintes somme toute compactes, à condition que le travail de production soit judicieusement dosé et les divers limiteurs, compresseurs, noise-gate ou autres perturbateurs de la production artificielle soient administrés avec goût ! Eh oui, les Mulidine sont faites pour vous !


Dès les débuts de staCCato, les Mulidine étaient présentes comme une évidence après des années d’écoutes diverses.

Depuis, de nombreuses concurrentes sont passées entre nos oreilles, souvent grotesques, parfois séduisantes, même quelques fois alléchantes comme peuvent l’être certaines beautés exotiques sur papier, mais aucune n’a su réunir aussi évidemment les qualités de compacité et de sensibilité artistique sans esbroufe d’une Mulidine.

Aussi, malgré nous, elles sont restées un peu seules dans nos audis dans cette gamme de volumes et de prix…

 

Ah, et puis nous avons aussi en présentation une version un peu spéciale des Cadence, des Cadence + en quelque sorte.

Rendez-vous à la page qui leur est consacrée...



mulidine cadence plus


Mulidine Cadence +, Cadence ++ & Carbon Touch

 


Comme nous le disions dans la page réservée aux merveilleuses Mulidine :

Nous avons aussi en présentation une version un peu spéciale des Cadence, des Cadence + en quelque sorte.
Une innovation discrète certes (Mulidine pour l’instant ne communique pas sur le produit) mais ravageuse…
Oui, une Cadence + ressemble à une Cadence, a l’air d’une Cadence… Mais c’est beaucoup plus que ça. C’est à l’intérieur que la magie se passe, c’est à l’extérieur que la supériorité s’affirme et revendique une place bien au-delà du surcoût quoi qu’en disent certains spécialistes du parler sans savoir qui savourent leur pouvoir de nuisance.

La Cadence + est un objet un peu pensé pour nous, à notre suggestion, une Cadence revisitée, composants et câblage interne en Absolue Créations … Une Cadence + donc.

 

Les habitués de staCCato savent que cette culture du composant nous correspond parfaitement (By staCCato, Living Voice…). Et si sur le papier, l’évolution n’est pas impressionnante, à l’écoute… Mazette…


L’écart ne remet rien en question des qualités uniques de la Cadence bien au contraire, mais tout est amplement magnifié, la sensibilité, la dynamique extravagante, la définition des matières, les variations frissonnantes des couleurs, les ondulations rythmiques, l'incarnation, la présence sensuelle et coetera…
Ainsi l’enceinte paraît nettement plus volumineuse, plus riche, d’un ambitus plus étendu, plus réactive, plus couteuse, plus généreuse, mais aussi plus exigeante côté électronique car accuse d’autant plus les déficiences d’appareils souvent surestimés ! Et bien sûr, sur tout type de musique, la Cadence + est franchement détonante.
C’est singulier, elle pourrait coûter le double d’une Cadence mais non : à peine 960 € supplémentaire pour franchir plusieurs crans de gamme, un écart possiblement plus marqué qu’entre une Allegretto et une Cadence

 

Aussi, poussant l’idée des composants nobles plus loin toujours autour de câbles internes réalisés par Absolue Créations, est née la Carbone Touch.
La Carbone Touch réunit une évolution technologique plus avancée (et le choc là encore est immense : lorsque nous les avons branchées sur un by staCCato, nous avons vu perler aux yeux de leur créateur, venu nous les faire découvrir, les larmes qui ne mentent pas) et une finition qui transforme radicalement l’objet, lui donnant une modernité osée, cette surface Carbone qui fascine tant dans les bagnoles allemandes…

 

Une transmutation de la Cadence ? En quelque sorte !

 

Car musicalement, on a déployé les vertus par… 10 ou 1000 ? L’enceinte a immensément grandi mais sa réceptivité, sa vocalité frémissante se sont autant affutées que sa vigueur organique, c’est prodigieux, et évidemment ce modèle va chatouiller des références revendiquant les prix sidérants du luxe. Or elle coûte dans les 7000 € en finition Carbone qui n’est pas anodine dans le prix final (1608 €).


Bien sûr, l’évolution technique est disponible en finition standard et dans ce cas la paire d’enceinte est donc de 5400 €.
Il est difficile de comprendre comment une évolution de composants peut métamorphoser un objet sonore. D’autant que le principe ne tient pas de la baguette magique et ne fonctionne que si l’étude de l’objet initial est parfaitement aboutie sous peine de dévoiler plus de défauts que de qualités. La recette n’est pas facile, bien au contraire !


Dans le cas de la Cadence, on ne sublime que le meilleur, on souligne l’évidence qu’il n’y a aucun défaut natif, et on n’en revient pas qu’une enceinte aussi compacte puisse offrir une si intense musique et objectivement on tient dans l’exercice la preuve que l’étude originelle est absolument sans faille !
Quel choc…


Ne soyez pas timide, ça vaut le coup d'oreille parce que, pour peu que l'ampli soit à la hauteur, les"+" sont très significatifs !!!!

 

Bien sûr, nous essuyons déjà les tirs de quelques crétins de forums (« comment est-ce que ça peut coûter une telle différence pour un bout de fil ? ») à qui l’anonymat du web autorise un fiel dilatoire ne prouvant que l’exiguïté cérébrale, qui glosent sur le prix des évolutions en oubliant qu’ils peuvent par ailleurs idolâtrer de vaines technologies présomptueuses.
Devons-nous leur pardonner parce qu’ils ne savent pas ce qu’ils disent ? Non. C’est la même ignorance qui crée ségrégation ou ostracisme et produit les dérives que nos sociétés subissent.


Une simple démonstration soignée prouvera aux mélomanes et sans aucun doute que la question ne se pose pas en tels raccourcis. Que la question ne se pose pas du tout.

Et les autres feront l’effort de comprendre que si la Cadence ++ avait été rebaptisée, un peu redessinée, un peu artificiellement grandie pour « paraître » un plus gros modèle, personne ne se serait posé de question sur le prix.

 



harmonie V3 et "++"


Harmonie V3 par Mulidine

 

Soyons directs : tout le monde sait l’attachement que nous vouons depuis de nombreuses années aux créations enthousiasmantes de la (trop) discrète marque française Mulidine.

Or, l’attachement est porté, entretenu, choyé par deux facteurs :

  • Le patron est sympa, cultivé, doté d’un esprit fin.

Soit, mais ça ne suffirait pas si :

  • Ses enceintes n’étaient pas les seules dans leur gamme et au-delà à offrir une éloquence musicale aussi flagrante, faite de cœur et de justesse…

Ce qui, ne vous y trompez pas, en fait aussi de véritables ennemies du commerce car il nous est très très difficile de trouver d’autres enceintes pour les épauler dignement, histoire à la fois de ne pas s’enfermer et d’essayer de nourrir d’autres appétits qu’une recherche émotionnelle brute, directement axée sur la compréhension charnelle et totale de la musique.

En outre, les propriétaires d’enceintes Mulidine sont peu enclins à en changer.

Pourtant, deux précédentes expériences sur Harmonie (1 et 2), modèle plus… dois-je dire ambitieux ? Non, car réussir à ce point un modèle compact comme la Cadence et ses sœurs flamboyantes, Cadence « + » et « ++ », n’est pas moins ambitieux…

Alors disons modèle plus… gros ?, destiné à repousser d’éventuelles limites ou pourvoir des aspirations plus exigeantes, ne nous avait pas donné le sourire gourmand, satisfait ou béat qui accompagne habituellement les découvertes d’une nouvelle Mulidine.

 

Certes Harmonie V2 explorait des zones interdites à Cadence, dans l’extrême grave par exemple (encore que ce ne soit pas si simple), on devinait une rigueur de timbre plus élevée (ce point aussi est sujet à doutes car les modèle optimisés « + » et « ++ » de la Cadence n’existaient pas alors). Et certes on sentait en augmentant le volume que l’ampleur et la générosité grimpaient d’un cran mais à un niveau que peu osent se permettre de toute façon, mettant en évidence que c’était là le point faible d’Harmonie 2 : excellente enceinte à condition de mettre le paquet côté ampli et se tordre le poignet sur le bouton de volume.

Bref, nous étions restés sur notre faim.

Puis Marc (c’est M’sieur Mulidine) nous annonce la V3, patiemment revue et même copieusement redessinée à l’intérieur.

Conscient que les modèles ultra des Cadence le contraignent à une belle avancée sur son modèle haut-de-gamme (pas envie de dire Flagship), le créateur a pris, comme à son habitude, le temps de fignoler le nouveau jalon qui, dans sa version base (ce qui signifie une présentation autour des habituelles propositions de finitions bois), va coûter 8 400 € la paire, une zone de prix où les inepties sonores s’accumulent, soit, sachant que le challenge que se donne notre ami n’est jamais de se contenter de faire mieux, mais beaucoup plus audacieusement de faire bien.

Mettant fin à notre impatience, il nous propose alors une démo dans nos murs qui sera trop courte mais dont nous sortirons totalement rassurés et vraiment vraiment enthousiastes !!!!

La version apportée revêt la finition Carbon Touch qui lui sied à merveille mais fait un peu tousser côté plus-value. Je reconnais que cette présentation expose un côté technologique apparent qui souligne bien la réalité technologique élaborée en interne.

Va falloir sérieusement réfléchir au choix de la finition des miennes…

 

Moteur et action !

Il ne faut pas plus de quelques mesures du piano de Rafal Blechacz (pardon pour l’orthographe) pour entendre que l’homogénéité dynamique, qui à niveau raisonnable faisait défaut aux précédentes versions, est ici parfaitement en place.

Les timbres, d’une inhabituelle variété tout en finesse, imposent immédiatement l’évidence que l’Harmonie n’a aucune envie de plaisanter.

La rigueur semble le maître-mot pour décrire ces nouvelles Mulidine.

De toute évidence, il ne manque pas une note !

On ne détecte aucune erreur, que ce soit dans les enveloppes de note, le délié en constante évolution, ou dans les couleurs incroyablement précises, car même si on peut se demander ce qui permet d’être sûr de la validité des timbres, se dégage ici une telle sensation de justesse qu’on n’a aucun doute : les Harmonie ont raison !

Cette même sensation difficile à écrire que subliment les merveilleuses ADA de ppfff est ici donnée avec sans doute un peu plus de frugalité, de matité, de retenue, mais sans aucun doute : la vérité sans concession…

Drivée par le Shinai de Grandinote, on est saisi par l’impartialité de l’enceinte face à quelque proposition que ce soit, un Quatuor de Bartok par Takacs ou les élans cogneurs de Black Light Burns, une symphonie de Schumann (par Sawallisch) ou l’Afrobeat balançant de Tony Allen, tout paraît juste, à sa place dans l’espace, sans la moindre hésitation ou approximation.

Cette impression de rectitude qui accompagne jusqu’aux fins de notes les plus longuement déroulées vont évidemment transmettre une sensibilité à fleur de peau mais avec la même objectivité presque spartiate. C’est comme ça et pas autrement ! Non mais !

Si, en comparaison, ADA de ppfff révèle un côté plus pétillant, plus aérien, moins guindé, l’esprit est le même, on ne plaisante pas avec la parole des musiciens.

Certes, on est là pour parler des Harmonie, mais comment ne pas évoquer l’étalon du magasin quand tant de points communs les rapprochent.

En passant à un ampli à tubes ppfff Van, la rigueur s’accompagne d’une propension plus affirmée au frémissement, à la subtilité délicieuse, aux murmures dissimulés, mais on n’entre pas pour autant dans la galéjade.

La résolution homogène et magistrale de l’enceinte est d’une consistance absolue, en gamme chromatique comme en dynamiques et parce qu’elle n’est pas entachée du moindre accroc, la limpidité du message devient anthologique, on a l’impression d’écouter un seul haut-parleur, ou un panneau électrostatique mais avec bien évidemment une définition des matières et une gamme expressive très nettement supérieures.

Car le corps sans l’excès et le sens de la définition des matières distinguent clairement l’Harmonie de la plupart de ses consœurs de rang égal ou supérieur.

La compréhension des résonnances internes propres à la matière de chaque instrument, des accents de matériaux naturels aux sons synthétiques, échantillonnés, recomposés, complète en profondeur et en réceptivité la résolution mélodique ou chromatique.

Toujours avec un sentiment de sérieux irréprochable qui fait aussi des Mulidine Harmonie un instrument de travail idéal pour les professionnels, car on saura exactement (oui, enfin, avec les bonnes électroniques) ce qu’on a sur la bande.

Ça n’existe plus les bandes, je sais…

C’est intéressant cette exploration crue des matières, car nous avons en même temps dans l’auditorium des enceintes Pascal Louvet Isis IIR, particulièrement intéressantes, qui elles aussi expriment une définition des matières d’une netteté stupéfiante, mais en creux, par une lumière rasante, là où Harmonie les déploie par leur densité propre et ADA de ppfff par leur concret organique.

La partie basse du spectre de l’Harmonie ne donne pas dans le showing-off, respecte au contraire la neutralité tonale générale, en place, rapide, descendant très bas sans esbroufe ou surcharge pondérale, ni exagération sportive, elle aussi revendique une lisibilité très rare dans la reproduction musicale.

Les variations de fronts d’onde ou d’attaques sont immédiatement perceptibles, ainsi que le poids et le swing voulu sur chaque note, chaque instant, et même chaque silence qui évite ce trou noir dérangeant de la hifi traditionnelle.

Tout ceci concourt évidemment à un raffinement extrême qui véhicule des frissons délicieux, pas par la caresse ou la sensualité mais par une délicatesse des chuchotements et des trémolos qui accompagne les instants les plus ténus de la musique, des musiques : Harmonie ne vient pas vous cueillir, elle vous incite à aller chercher ces instants exquis…

Pour autant elle ne se laissera pas déborder dans les moments fougueux ou débridés, suivra les assauts sans frémir, continuant de décortiquer les fondamentaux, les couleurs, les substances, sans se contenter du coup de poing vaguement mou de ses concurrentes, elle arbore son style jusque dans le panache !

A la question piège de savoir comment l’Harmonie 3 se place face aux qualités surnaturelles des Cadence « + » et « ++ », je vais répondre par un pas de côté :

Harmonie continue clairement le chemin de la Cadence base en prenant sa place naturelle dans la hiérarchie et laissant une marche possible intermédiaire à un éventuel futur modèle, mais les Cadence « optimisées » partent sur la branche d’un Y en présentant une approche plus débridée, libre et détendue, en sublimant la conscience expressive de la pensée Mulidine.

Mais n'oublions pas que désormais, il y a : l'Harmonie "++"...

 

En conclusion l’Harmonie, sérieuse et responsable, mérite le haut du podium de la tradition Mulidine.

 



neodio origine B1


France

 

Vous connaissez notre engouement pour les réalisations géniales d’Aktyna.

Ces petits supports pour appareils ou enceintes qui magnifient la musicalité globale de votre chaîne.

 

L’Origine B1 de Neodio a le même rôle : des supports à placer sous lecteurs ou DAC ou amplis ou enceintes (et aussi un palet presseur pour vos vinyles) ou encore barrettes électriques.

 

Le rôle est le même, mais le résultat va plus loin.

Assez nettement !

Même que les nouveaux EVO DYN parus à peu près en même temps.

 

Bon, d’accord, ça peut paraître coûteux, soit mais le prix a du sens, très honnêtement, à condition bien sûr de ne pas faire n’importe quoi.

Ainsi, n’allez pas imaginer transformer un ampli banal d’entrée de gamme en une référence mondiale : comme tous les accessoires, les Origine B1 n’ont pas pour vocation de remplacer le savoir-faire des fabricants de matériel mais d’éviter de perdre de précieuses pépites musicales dans le petit fouillis des micro-vibrations ou autres qui entachent systématiquement la possible richesse expressive des appareils même les plus prestigieux.

Aussi, quand votre système est abouti, croyez-moi, vous en profiterez pleinement en faisant confiance à ces accessoires magnifiques.

Comme avec les Aktyna, on peut avoir de mauvaises surprises, ou de relatives déceptions, mais dans l’ensemble elles concerneront plutôt le matériel supporté que les supports.

 

Statistiquement, le gain est flagrant : ouverture, précision, recul des distorsions, même celles qu’on n’avait pas remarquées, meilleure intégration et fusion des registres, dynamiques ou spectraux, une scène plus stable, souvent plus profonde et en tout cas mieux définie, avec parfois l’impression que la pièce est mieux tenue, fluidité et lien entre les notes, fin des notes et présence dans les silences.

En les plaçant sous les enceintes, on enrichit la méticulosité, tout est à sa place, la rythmique coule plus naturellement.

Sous certains amplis à transistors, on gagne une fluidité, un huilé impressionnants qui pourtant s’accompagnent d’un meilleur détourage des musiciens, couleurs ou matières, d’une meilleure perception des petits écarts vivants et charnels qui traduisent l’éloquence, le talent, la sensibilité.

 

Bref : on gagne en naturel !

 

Un des premiers tests que nous avons effectués a été sous un appareil à tubes que nous avions en prêt et que nous trouvions bon mais pas exceptionnel pour un prix de 3500 € environ.

En plaçant les Origine B1, certes l’appareil passe à 4250 € mais devient franchement bon et pourrait coûter beaucoup plus !!!!
Ouverture, air autour des instruments, foisonnement harmonique, justesse, profondeur des matières et des silences, une métamorphose à tel point que j’envisage de ne le proposer que dans cette formule !

Origine B1, un must

 


NB : A propos de Neodio, si les Origine B1 sont arrivés chez nous, c’est parce que nous avons toujours respecté et apprécié les créations de la marque. Nous nous en sommes tenus un peu à distance du fait d’exigences commerciales qui ne nous convenaient pas. La situation évoluant de ce côté, nous pouvons nous aussi réfléchir à revenir à ces très belles électroniques.

 


passe partout


Stéphane, Monsieur Neodio, est un infatigable chercheur.

 

Qui trouve parfois.

 

Ça fait des décennies qu’il travaille sur les câbles de tout type et les barrettes secteur

 

Et il faut bien reconnaître qu’avec sa série Origine, il a trouvé.

 

Deux niveaux de gamme pour modulation (RCA), haut-parleur, secteur.

Des prix encore tenus pour des câbles qui, tous, sont plutôt universels.

Pas de risque à les adopter, pas d’effet néfaste de compensation.

 

A condition d’aimer la transparence et une transmission énergétique franche ainsi qu’une rapidité qui va de bonne à très bonne selon la gamme.

 

Timbres ouverts et harmoniquement déployés, aucune crispation dynamique. Des câbles qui font du bon boulot, tout simplement, à même de secouer les systèmes les plus endormis sans évidemment sombrer dans la moindre caricature ou exagération.

 

Le rapport qualité/prix est incontestablement favorable, et donc merci Stéphane !


au coeur de l'installation


France

 

Nodal, l’air de rien, ça commence à faire un petit moment qu’on en entend parler.

 

 

Une marque qui a fait ses preuves côté « électricité » avec une collection de barrettes et de câbles secteur dont les prix des premiers modèles, soit, faisaient frémir. Oui mais : objectivement, le gain est patent.

Or, depuis, Marc Lenouvel, leur créateur, a eu la bonne idée de décliner ses gammes. Un virtuose qui travaille sans relâche !

Je suis obligé d’avouer une faille personnelle : j’ai un peu de mal à considérer que dans notre domaine, la reproduction de musique, la vérité passe par des goulots aussi larges que des tuyaux d’orgue.

Aussi mon enthousiasme est-il un peu faussé par un refus de diverses normes audiophiles.

 

Pourtant, rien à dire : un câble secteur Harmonie derrière un ampli Kondo Overture II, ça catapulte le bijou plus loin encore dans le firmament expressif ! Alors que ce même ampli intégré est livré avec un câble secteur déjà hors du commun.

Et que les sceptiques par principe (ou ceux qui – comme moi – n’ont simplement pas les moyens) ne viennent pas nous agacer avec la platitude d’arguments obtus. Ces mêmes gens ont-ils ma moindre idée de ce que représente leur salaire pour une entreprise ?

 

Les barrettes secteur ?

Une barrette secteur plus grosse qu’un ampli américain haut de gamme, ça me met mal à l’aise, mais là encore, le résultat fait gagner nettement plus que le fait de changer d’ampli à delta équivalent. Sauf évidemment si l’ampli en question est mauvais.

 

Le prix en haute-fidélité est un sujet de discussion aux portes plus nombreuses que celles du Château de Barbe-Bleue, mais tout aussi mystérieuses !

 

Cela exprimé, l’ami Nodal ne s’arrête pas au « secteur ».

Il propose aussi des câbles haut-parleurs pour le moins remarquables, et ce dès le modèle Aubade, donc encore à prix raisonnable.

Bon… 1 800 € la paire, est-ce raisonnable ?

Oui, quand on sait à quoi on peut le comparer et à son avantage, trois fois oui !

La gamme suit celle des câbles secteurs : huit étapes allant de Mélodie (750 € la paire) à Rhapsodie (10 900 € la paire).

Pour les câbles secteur ? de 560 à 6 000. Euros. En 1.25 m.

Pour les barrettes ? Oh et puis zut, contactez-nous !

Côté musique ? Bien sûr quantifier génériquement ce qu'apportent les câbles ou barrettes Nodal est soit présomptueux, soit éhontément simplificateur. On peut quand même constater d'une manière générale la sensation d'un aplomb physique incarné, d'une meilleure prise de possession de l'espace et d'une vigueur tout en souplesse, sachant que grimper en gamme augmentera transparence, stabilité, richesse des couleurs et définition des matières.

Y plus qu'à essayer !

 

Ah oui : Nodal a aussi développé un système à brancher directement au compteur. A compléter dès que j’en sais plus.


sources analogiques

 

                    

              


Transducteurs

 

                                        

              hORNS     

                                              


sources numériques et amplis

                

                                             

                                                    


câbles et accessoires

                             

                           


ppfff ada


France

Fabriqué en France



ppfff ressuscite Ada !




Ada, le retour.

Le grand retour !

Depuis le temps qu'on espérait une nouvelle de ce genre !

Une rumeur de temps à autre et puis rien…

On ne l'attendait plus vraiment, et c'est pourtant arrivé !

Et le délai entre l'annonce de la nouvelle et la découverte du proto a été très court car l'étude était déjà engagée.
    
Un certain nombre d’entre vous, chers lecteurs de ce lieu, observeront que l’auteur de ces lignes est de plus en plus fou, évoquant le retour d’un truc que personne ne connaît !

Bon d’accord, Ada n’était pas un produit archi-codé issu d’une marque emblématique ; néanmoins les enceintes Ada du fabricant Strad font le bonheur d’un grand nombre de mélomanes qui n’ont certainement pas envie d’en changer car comme l’avait dit l’un d’entre eux : « Strad, les enceintes qu’on achète quand on a fait le tour de la hifi ! ».
Ce qui explique sans doute que, plusieurs années après l’arrêt de fabrication, nous continuons de recevoir des appels de retardataires ou nostalgiques qui aimeraient bien en acquérir enfin une paire.

Pour les autres, certes, il est plus difficile de comprendre la spécificité expressive d’une «non-enceinte» comme Ada et elle apparaîtra comme  une boîte qui ressemble à des boîtes.
Eh oui, on atteint sans doute la limite de l’exercice de vouloir transmettre la différence par le mot, ou de l'ecphrasis !

Une héritière directe donc ?

Soit, bonne nouvelle, excellente nouvelle ! Mais… la jeune recrue répondrait-elle à nos attentes, distordues par le fait que de notre côté nous avions apporté quelques évolutions notables aux dernières Ada+ Strad livrées.

Eh bien oui, et même au-delà, pas le moindre doute à l'écoute, pas le moindre !

On retrouve intégralement (en mieux) ce que nous avons aimé de la délicatesse, du sens de la nuance et de la sensibilité, du rythme et de la vivacité, rapidité, liberté dynamique, variations des textures, attaques et extinctions de notes, silences habités, palettes de couleurs et respect des idées musiciennes, une transparence si homogène sur l’intégralité du spectre que ce n'en est même plus impressionnant, comme si ça allait de soi (ce sera précisément une de leur faille en démo, la musicalité se déploie si facilement  qu'on aura l'impression que c'est un minimum requis).

Sauf qu’à tout cela vient s'ajouter une densité physique sidérante !

On n’aurait cru cette capacité à décrypter et concrétiser la matière ('xcusez... ça aurait pu être pire, j'avais écrit "matérialiser la matière", c'est dire) des instruments possibles que sur quelques enceintes à pavillon, le naturel organique sculptant les timbres dans la pièce, positionnant l’instrument dans sa parcelle d’air propre.

On n’a que très rarement expérimenté cette perception parfaitement plausible  de la dimension relative des instruments d’un orchestre (symphonique ou jazz dans nos premiers chocs !)

Ce qui contribue évidemment à une éloquence de premier ordre et imposer l'évidence du naturel.

En résumé : tout ce qui faisait que l’Ada était unique, en mieux.


Des réserves ?

Musicalement non, aucune.

A l’analyse point par point, pour autant que ça ait du sens, disons peut-être :

-    Une directivité verticale légèrement marquée ? Oui, c’est une particularité totalement assumée par les concepteurs et même revendiquée ! Nous avons eu une démonstration par changement de tweeter et de réglages adéquates et si l'écoute est plus facile, plus dans la norme, elle est clairement moins rigoureuse, moins incisive, moins engagée, musicalement un peu plus banale, la focalisation est moins précise alors que, sur le papier, le tweeter en question est plus performant.
Est-ce gênant à l’usage ? Non. Certains d’entre nous lors des tests étaient très nettement en dehors des axes et leurs remarques ou enthousiasmes ou surprises ou analyses étaient les mêmes que pour les autres. Peut-être la sensation d’une légère matité, et c’est tout.

-    Une écoute si loin de tout artifice qu'elle peut apparaître un peu janséniste en première écoute, rigoureuse, retenue.

Oui mais si près du texte, de la vérité ! Si le disque est joyeux, l’enceinte l’est, si le disque est maussade, l’enceinte l’est, elle n’interprète pas, c’est si rare, si peu dans les habitudes ! Rien de trop, rien de moins non plus. Expansive, elle sait l’être dès que le disque le demande.

-    Une si intense richesse, timbres, densité, rapidité, plénitude, sur l'ensemble du spectre, que les habitués d'une hifi triomphante trouveront peut-être trop de médium, ou pas assez de grave, ou que sais-je encore, un aigu court ?

J'ai beau ne pas comprendre ce genre de remarques qui ne se réfèrent qu'à des déformations, je sais que nous n'y couperont pas.

Les mélomanes – amoureux de quelque musique que ce soit - eux, sauront.

Nous avons eu lors des tests un instant de stupeur partagée (nous étions cinq à cet instant) à l'écoute de "das Lied von der Erde" par Klemperer, Ludwig, Wunderlich, le dernier Lied, l’Adieu.
Je possède heureusement une masterisation un peu sauvage de ce superbe enregistrement (mais je n’ai plus mon vinyle, il faut que je pense à le rechercher), la toute première, avant la manie des maisons de disque de vouloir éradiquer les défauts, ce qui se fait toujours au détriment de qualités également essentielles.

Nous avions pris l’habitude de la métallisation qui accompagne les notes portées de Christa Ludwig ou les note hautes des bois sur cette masterisation et d’estimer que si cette version est absolument magnifique pour l’orchestre et la direction, elle est un peu affaiblie par ladite Christa Ludwig qui supporte mal la comparaison avec Kathleen Ferrier dans le même opus.

Oui, mais non : tout à coup est apparue comme jamais la compréhension de la disposition si particulière dans Kingsway Hall, l’étrange distance séparant les pupitres ou les musiciens d’un même pupitre due à un positionnement à plat de l’orchestre.

Surtout, on entendait que la métallisation habituelle sur la voix de Christa L était en fait une réverbération un peu longue, qui délimitait sans l’ombre d’un doute l’emplacement de la diva, dessinait les mouvements de son corps, et sublimait son chant, en expliquait la poignante sobriété : dans une version concertante voulue par Klemperer, quasi chambriste, dégageant un espace physique et temporel à chaque musicien, un jeu d’échange, de questions et réponses croisées, Christa Ludwig assume humblement une place égale dans le mouvement, un instrument au milieu des autres, tous exemplaires alors que très exposés par l’impitoyable crudité de l’Ada, Christa Ludwig s’impose une forme de réserve tout en nuance, à l’écoute de ses partenaires et au service exclusif d’un même texte. C’était sublime, nous étions 5 à pleurer pendant la lecture de ce poème de 30 mn.

Et à nouveau l’inouïe capacité d’Ada à champlever la matière propre de chaque instrument, sculptant une signature si précise au-delà des écarts de couleurs entre hautbois et clarinette par exemple, les différentes flûtes, trombone et trompette, une subtilité qu’on ne peut pas comprendre tant qu’on n’a pas vécu cette expérience, qui dépasse l’identification par le timbre et la culture.

Autre anecdote des trois jours, j’ai voulu partager mon bonheur du Marc Ducret Tower Volume 1, d’autant que celui qui me l’a fait connaître était présent.

Une expérience rare : l’aspect sensuel des instruments, le grain fauve de l’ampli de la guitare, le barrissement métallique du trombone, moult astuces détorses du batteur que je n’avais jamais remarquées, des contretemps subtils ou glissements dissimulés articulant un ouvrage d’une inventivité consubstantielle. Mais à cela s’ajoutait une totale perception de la mise en scène, ce qui a confondu notre ami jazzman car il retrouvait la scénographie exacte du concert, notamment la façon très subtile de Ducret d’introduire ses notes tel un maître de ballet, mais aussi l’emplacement de chacun, les déplacements de corps.
Alors que nous avions déjà écouté cet opus sur un système plus ambitieux encore !

Puis nous avons passé un extrait d’Amok du groupe Atoms for Peace, nouvelle formation autour de Thom Yorke (on se demande pourquoi : quelle que soit la formation, ça ressemble à du Radiohead).

Une fois de plus c’était sidérant de précision, de netteté, de stabilité, d’impact et de sensations ventrales sans avoir besoin d’écouter à des niveaux de marteau-piqueur !

Bon, soit, c’était sur un ensemble composé d’un Eera Autographe, un V3 de ppfff et un câblage full Tim-Réf d’Absolue Créations pour des instants paroxystiques...

Et alors ? Les Ada le méritent !

Tout en sachant s’exprimer avec des amplis nettement plus modestes mais qualitatifs, tel du Sugden ou Exposure.

A ce propos, Ada est une des rares enceintes permettant de profiter pleinement de beaux amplis monotriode : elle ne pose aucune difficulté de charge ou d’impédance et sa sensibilité est élevée.

New Ada surpasse ce que nous en attendions même sur les critères que nos dernières évolutions avaient apporté à l'originale.

Bien sûr, comme c'était le cas pour les aînées, tout le monde ne comprendra pas forcément ces engins, dont le maître mot est "expressivité", vous vous en doutez (cf notre rubrique "Philosophie, glossaire") et qui ne visent ni à la flatterie ni au spectaculaire, mais beaucoup plus simplement au naturel.


Bien sûr, certains, au nom des vérités d'un bodybuildage technologique de nombreuses architectures aux muscles saillants diront « c'est trop cher pour ce que c'est », nonobstant, outre la qualité des composants hors normes, la réalité technique d'une enceinte comme Ada, la minutie d'une étude qui ne passe pas en force par des ajouts de matériaux inutiles, mais par l'ajustage des densités, collages, assemblages tout en finesse, difficiles à doser et pourtant si facilement compréhensibles quand on réfléchit vraiment à la transmission des vibrations.

Certains diront peut-être même que ce ne sont que des haut-parleurs classiques dans une bête boîte sans innovation (hello Thierry !) et que donc ça ne marche pas. Bref, la plupart parleront sans savoir, sans avoir pris la peine d'écouter avec leur cœur et leur sensibilité, là où les nombreux adeptes de l'ancienne Ada verseront une larme émue.

En ce qui nous concerne, la réponse est sans appel : compte tenu de qualités musicales sans équivalent, elles pourraient coûter le double et surtout le valoir !


Passons aux aspects plus techniques :

Quels sont les points communs et les différences entre Ada ppfff et son ainée ?

Réponse point par point (merci ppfff) :

-    la charge est une variation autour du modèle original à savoir une ligne façon TQWT mais pas accordée en 1/4 d'onde et intégrant le volume dans son optimisation. On pourrait assimiler la ligne à un pavillon mais sans chambre de compression. Le dessin de la ligne est totalement nouveau mais la fonction est la même
-    la nouvelle ligne optimise le principe de non transmission des vibrations via montage lâche et donc non communicant entre parois frontales et latérales
-    le principe des matériaux alternés est conservé
-    nouveaux transducteurs mais mêmes critères techniques : haut-parleur principal non filtré et filtrage simple du tweeter
-    HP principal fabriqué en Allemagne à bobine mobile de petit diamètre  et équipage mobile léger, saladier très dégagé, moteur Néodynium, qualité de fabrication à tolérances très réduites
-    tweeter à chambre de compression lui aussi inusité, optimisé par ppfff, filtré très haut en fréquence
-    montage du HP principal via matériau inerte
-    câblage interne Absolue Créations Ul-Tim
-    condensateurs très haut-de-gamme
-    connectique ETI Eichmann
-    finition unique, sauf demande spéciale avec délai supplémentaire et sur devis
-    rendement : 95 dB
-    fabrication française



ppfff Adelaïda


France, fabriqué en France

Drôle ou exaspérant, je ne saurais qualifier le constat que la vie nous assène parfois, quand par exemple, alors qu’on se complaît à l’idée d’avoir conquis des réponses rassurantes, stables, à une question donnée, on se prend en pleine figure quelques temps plus tard qu’on avait tort.

Quelle vérité est définitive ? - me direz-vous… A l’exception peut-être des « vérités sanctionnées » définies par Bachelard ? Soit, admettons. Ou du dogmatisme ? Définitivement nul et inacceptable.

L’évolution donc ? Les vérités mouvantes ou en progression ?

Oui sans doute.

Drôle ou exaspérant ? ppfff…. C’est drôle ou exaspérant, ça ? Et citer Bachelard alors qu’on n’a pas lu Bachelard depuis… hum… ? ppfff

Le constat vaut bien sûr pour des sujets fondamentaux voire métaphysiques, existentiels, transcendants, mais aussi pour de plus triviaux, des choses du quotidien qui nous rassurent, nous confortent dans des étapes de vie.

Moi par exemple j’avais trouvé, dans ma quête un peu maladive (euphémisme pour « franchement monomaniaque ») de sensations ou agitations musicales, une forme de sérénité avec ADA et AVA de ppfff.

Sérénité. Le mot vous fait sourire me connaissant ? Mmmhhh. Pas faux…

Sachant, pour avoir écouté quelques perles de la reproduction musicale, tels les monstres CessaroAvaton de Tune Audio (en dépit de détails perfectibles) ou encore Vox Olympia de Living Voice, que surpasser mes piouf était possible soit, mais de quoi parlait-on alors ? D’objets dont l’acquisition aligne 5 zéros derrière l’unité, et pour la plupart envahissant quelques mètres-cube d’espace. Or, notre magasin est tout petit. Mon seul problème.

Dans les modèles plus raisonnables, les productions de SoundKaos par exemple nous ont enchantés, c’est vrai. L’intention est la bonne et les objets ont de l’allure. De là à remettre en question ADA, sa narration engagée et sans faille des intentions des musiciens, ou AVA qui, dans un encombrement très logeable et pour un prix encore abordable (euh, j’en vois qui s’étouffent…), réussit la quadrature du cercle : vivifier l’inspiration sensible que l’on réclame à cor et à cri (ça s’écrit comme ça ?) tout en sachant flatter la petite fibre d’audiophile en nous par une capacité au grand spectacle qui, dépourvue de toute finesse, est souvent la seule vertu des ventrus systèmes de la hifi haut de gamme. Je sais, ce n’est pas la première fois que je ronchonne.

Adelaïda, entrée de gamme de « Parangon », ligne luxe de ppfff, est sur le papier une évolution de ADA.

Elle reprend donc les principes de charge et la même base de haut-parleurs que ADA. Même base, mais à l'arrivée cahier des charges différent dois-je préciser cependant.

Ainsi pensions-nous flegmatiquement (pourquoi faire simple ?) pouvoir supposer les progrès de précision ou affirmation d’Adelaïda par rapport à la formidable ADA, d’autant que nous avons déjà livré des versions un peu poussées des ADA, câblées en Tim-Ref d’Absolue Créations (je rappelle que la version base est câblée en Ul-Tim)…

 

Adelaïda donc…

Théoriquement un produit auquel je n’aurai pas accès car prévu pour un marché exotique.

Adelaïda, le vrai nom d’ADA dans le roman éponyme de Vladimir (l’écrivain, pas le dictateur), est un objet que nous avions hâte de découvrir soit, porte-parole étendard d’une marque que nous aimons, supposant, comme écrit plus haut au moins deux fois, que les « améliorations » apportées par les divers points particulièrement poussés qui la différentient de ADA seraient de l’ordre d’un changement de câbles ou de condensateurs de liaison dans un ampli à tubes : perceptible et appréciable mais pas extraordinairement significatif. Exercice où on se dit, en comparaison directe : « ah oui quand même », mais sans entraîner une frustration immédiate.

Eh ben Adelaïda ce n’est pas ça du tout.

L’écart est même violent.

Oui, c’est le mot.

Le bouleversement est profond. Adelaïda revendique une personnalité forte dans l’esprit d’un moniteur d’une intolérance sans équivalent. Sans évidemment rien retirer à ADA à qui on ne voit toujours pas de rivale même bien au-dessus de son prix par sa précision musicale, son intransigeance et sa discrétion qui la fait disparaître au profit de la musique, jamais arrangeante, jamais dérangeante non plus, sauf pour les musiciens médiocres. Ou les hifistes. Vous savez ce que j’en pense.

Je reconnais que je suis un peu mal à l’aise pour exprimer notre ressenti, car ADA avait balayé si loin les ringardises de la hifi que j’avais déballé la panoplie des superlatifs. AVA m’avait ensuite obligé à remonter le seuil.

Et par conséquent, Adelaïda (et Pandora) me mettent à l’épreuve côté vocabulaire, expression et émotions(sss)... Et croyez-moi, ça m’énerve. Ça me vexe. Ça m’humilie. Ça me plait aussi, c’est vrai.

 

Adelaïda reprend les mêmes thèmes que ADA, soit, il y a filiation, soit, il y a une même volonté d’explorer l’histoire musicale, soit…

Soit.

Certes.

Alors comment décrire la sensation qu’on a pourtant affaire à une mutation radicalement divergente tout en appartenant clairement à la même famille, la même approche, la même logique ?

Être le même en étant si différent de celui qu’on était.

Je ne sais pas.

Je ne sais pas, c’est quand même un peu court.

Je sais une chose : je ferais mieux d’arrêter là ; mais vous vous doutez bien que j’en suis incapable.

 

Il y a, par la voix d’Adelaïda, une pertinence musicale qui affirme avec une autorité perturbante : quoi que vous ayez écouté auparavant, vous étiez dans l’erreur. « J’ai raison, en tout point, sur tous les critères » - avertit-elle.

Tout simplement.

Seule Pandora, par une plénitude supérieure, peut rivaliser !!!!! Bon en creusant un écart important quand même bien sûr, mais la parenté est flagrante.

Alors que j’étais personnellement plongé dans les affres du doute (gasp…), inquiet à l’idée de m’embastiller dans une vision intégriste de la perception musicale, les divers individus, habitués ou non, qui ont écouté Adelaïda ont tous eu la même réaction sur des musiques diverses et contradictoires ; d’abord déstabilisés puis secoués, puis suffoqués comme par une révélation.

Non non, je n’exagère pas, le ressenti est de cet ordre.

L’écoute in extenso des morceaux ou opus est un signe qui ne trompe pas : on n’interrompt pas le flot musical.

Au début on est surpris par l’ultra-précision du grave qui définit les matières comme personne, (même dans ma pièce dont le déficit de corps est cruel) diffusant un swing absolu, d’une justesse sur laquelle il n’y a pas l’ombre d’un doute, ancrée bien sûr à une fidélité rythmique folle sur l’étendue sidérante du spectre.

Le swing, ce moteur de la musique si subtil dans ses caprices, ses secrets, ses dandinements mutins et déhanchements lascifs…

Le piqué a quelque chose de surnaturel. Parce que la distance au micro n’est pas celle de l’auditeur à l’instrument en live, sans doute, ce qui avec Adelaïda devient concret. Mais ce pouvoir discriminant s’accompagne heureusement d’un modelé qui évoque la différence entre de très bonnes optiques idéales au banc de mesure et quelques Leica d’anthologie où l’exploration au compte-fil des clichés prouvait une capacité au relief subtil des zones d’ombre, au modelé, qu’aucun concurrent ne savait atteindre. Oui, je devine que les sceptiques seront sceptiques. Mais qui a procédé à ces expériences ? Mmmhhh ?

La rapidité incandescente des transitoires déploie une myriade d’attaques, maintiens et extinctions quasi-infinie, créant des fondations au silence, précisant avec acuité des évolutions de timbres et matières et espaces inattendues au point qu’on redécouvre proprement non pas les disques mais les interprétations via le lien sensible ou cérébral à l’œuvre prenant une dimension quasi-métaphysique ou totalement émotionnelle, liée à sa personnalité, sa propre capacité à accepter le bouleversement.

Là encore, ce refrain vous l’avez lu maintes fois un peu partout ; oui, mais non.

Que ce soit le grandiose « Black Rainbow » de St Vincent pour l’un des auditeurs, où l’intelligence du placement de la voix, sa délicatesse aussi bien que la palette de jeux harmoniques sonores, le grain jamais entendu lors de la grimpée finale et surtout l’incroyable densité dramatique de cette sorte de canon créant une fusion à l’œuvre qui dépasse l’émotion, mènent au sublime, à l’envol.

Que ce soit le « Sacre du Printemps » par Karajan pour un autre, la version enregistrée en une seule prise par le Philharmonique de Berlin en 77, tardive réponse de Karajan bloqué par l’invective de Stravinsky 15 ans plus tôt lui reprochant un « Sacre de salon », où jamais nous n’avions « vécu » la maîtrise supérieure des nuances pastellistes et cadences, des enchaînements acrobatiques nacrés d’une narration supérieure, des jeux sur les accélérations ou ralentissements, les contrecoups de lumières en constante évolution sur les pupitres, l’inconcevable fertilité d’une création qu’on croyait pourtant connaître par cœur où Karajan superpose ou oppose les registres, de la ductilité insidieuse à la barbarie effroyable, sans aucune perte de contrôle, se jetant droit sur tous les écueils pour dévier d’un déhanché de danseur, se sortant de toutes les embrouilles de la partition avec un brio probablement jamais produit dans les quelques 70 versions dont je dispose, et ce quelle que soit ma passion pour les unes ou les autres.

Que ce soit « Requiem pour un Con » pour un troisième larron. Où les pizzicati tournants de guitare rebondissent dans les percussions si célèbres comme un ricochet subtil parfaitement écrit mais si difficile à entendre d’habitude, virgule pointée des percus, un instant de génie qui outrepasse le talent. Et la voix de Gainsbourg, d’une présence inhabituelle, sans aucun artifice.

Etc…

 

C’est très difficile de surmonter « l’expérience » Adelaïda, car autant vous prévenir : on ne baigne pas dans le confort, dans la facilité, mais bel et bien dans l’intransigeance, pour les musiciens à l’évidence, qui ne peuvent rien cacher, rien maquiller, ce qui les rend d’autant plus humains toutefois, car le lien devient celui d’une complicité ou amitié sans concession, mais aussi pour l’auditeur qui, happé par l’écoute, se voit sollicité impérieusement, contraint à participer, vivre, réfléchir peut-être, ou subir les éclats artistiques sans refuge possible dans un flou paresseux.

Mélomanes, vous vous y retrouverez naturellement à condition d’accepter que vous avez pu méjuger bon nombre de vos musiques préférées.

Moins mélomanes, vous pourrez aussi vous laisser prendre, mais votre relation à la musique en sera à jamais bouleversée.

La question peut dès lors se poser : Adelaïda ou AVA ?

Cruel dilemme. Car si l’une enfonce le clou de la maniaquerie mélomane, l’autre ouvre son cœur avec une générosité humble sans aucun semblable qui couve les musiciens d’une bienveillance rigoureuse de préceptrice.

Prêts pour l’expérience ?


vous avez dit magique ?


Qu’est-ce que c’est que ce truc encore ?

Les iconoclastes de « ppfff » continuent de s’amuser à nous présenter des objets qui ne ressemblent à rien, avec des noms à coucher dehors ?

N’exagérez pas : il y a une logique derrière tout ça.

Le nom « ppfff » par exemple : on a tout entendu à ce sujet, alors que, à la fois moyen de ne pas se prendre exagérément au sérieux et expression de la volonté de respecter la musique depuis les pianissimi jusqu’aux forte les plus fous, ppfff manifeste un credo : contrastes et nuances ; et si ces 5 lettres font gloser certains, les visiteurs d’un salon international majeur (Munich 2014) ont tous compris la référence à l’écriture musicale.

AVA, c’est Ava Gardner, évidemment, la sensualité sauvage, "The World's Most Beautiful Animal", mais aussi l’ambiguïté fragile de la « Comtesse aux pieds nus », la fascination empoisonnée de « Pandora (and the Flying Dutchman) », et c’est avant tout un beau prénom issu du prénom hébraïque H'wwah qui signifie « vivre ».

Joli, non ?

Ou alors c’est simplement le résultat d’une grande paresse, Ada, Ava…

Donc AVA.

AVA, dans ses dimensions singulières - plus large que profonde - mais de proportions élégantes, cache bien son jeu car elle est capable de déployer une exaltation absolument sidérante sans effort et sans rapport avec son gabarit très raisonnable,
Elle sait aussi garder son quant-à-soi en toutes circonstances et bien évidemment s’inscrire dans la vertueuse prodigalité volubile et délicate des créations ppfff.

Au premier contact, on découvre une enceinte qui enfin n’a pas de couleur propre.

AVA prend le large en capacités dynamiques, transparence, sensualité torride ou suggestive (c’en est troublant, quasi-érotique parfois), dispositions de boxeurs, punch de poids lourd ou vif-éclair d’un swing, fulgurance d’une flèche ou évanescence d’une fin de note qui n’arrête jamais, délicatesse inouïe des timbres accompagnés de leur matière naturelle, extraordinaire capacité à sculpter l’espace…

Les musiques se succèdent de quelque genre qu’elles soient et si AVA ne fait pas de cadeau sur la qualité de la production, on oublie vite les pauvretés de celles-ci tant la prodigalité musicale l’emporte.

Une symphonie de Shostakovich prend toute son ampleur déflagrante dans les explosions guerrières, là où dans les lignes subliminales d’un quatuor où au concert le violon frôle la limite de l’inaudible, on garde la dimension physique de l’instrument, l’air vibre imprimant une présence qui remplit le silence habité.

Car comment décrire la concrétisation charnelle, ces empoignades viriles que savent produire les AVA complètement absoutes de quelque son de structure, de colorations qui ne manquent jamais d’apparaître chez quelque rivale que ce soit (euh… On se demande bien lesquelles à la réflexion…) à ces niveaux d’exubérance physique, mais tout cela avec un sens du phrasé délicieux, un fourmillement à fleur de peau, une volupté du frisson jouissif, polyvalente, organique, à l’aise en toutes circonstances, AVA expose la quintessence du lyrisme inspiré et affirmé que permet le haut-rendement (car en l’occurrence il est très correct, de l’ordre de 92dB) sans aucune des toniques et couleurs désagréables ou répétitives qui le caractérisent généralement sur des messages complexes ou à niveau éminent et que seuls quelques systèmes à pavillons particulièrement évolués et passablement encombrants savent éviter. Et à quel prix ?

Pour faire court : c’est génial !

Que ce soit avec un Grandinote Shinai ou Supremo (enfin des enceintes qui mettent pleinement en valeur ces appareils magnifiques), des moments infinis de musique pure vous attendent.

Avec un Accuphase E800, on obtient une restitution plus réservée par exemple, mais si équilibrée, nettoyée, nette, avec à la fois une grande résolution des lignes, des timbres, une souplesse volubile impressionnante, une vitalité incisive sur les élans des contrebasses ou la poussée des percussions.

Ai-je déjà connu une enceinte capable de révéler aussi clairement, férocement même, la personnalité ou son absence des électroniques en amont ? Non.

Ai-je déjà connu une enceinte aussi facilement compréhensible et qui fait vœu d’éloquence, de sensualité, de panache, de justesse, de subtilité, de naturel, d’indéniable affirmation de l’espace en même temps ? Non.

Ai-je déjà connu une enceinte de dimensions domestiques qui relie aussi directement à l'intimité des musiciens, nous invitant à un spectacle intégral chez soi sans la moindre interprétation, erreur ou trahison ? Non.

Attention à ce propos : rendement relativement élevé, soit, AVA n’en réclame pas moins un ampli qui délivre une saine énergie surtout dans une grande pièce. Pas question (ou en tout cas c’est peu probable) de compter lui rendre justice avec un mono-triode de 8 W. Il y a des exceptions, soit. On pense au Tosca AT7 Signature.


le pas de côté


Dans le cadre du développement en cours d’un mégaprojet sur plusieurs années, ppfff a profité des études pour créer une nouvelle version de AVA, AVA II donc, qui vient se placer en parallèle de la I, ne la remplace pas, mais, alors qu’elle n’utilise pas d’électro-aimant, va plus loin dans la transparence, la définition et la sensibilité, au prix, peut-être d’un peu moins de « confort ».

 

Totalement anti-spectaculaire ou racoleuse, AVA II est à la fois somptueuse, d'une sensibilité à fleur de peau et d'une densité permanentes, ce qui signifie qu’elle préserve l’évidence organique sur les notes les plus faibles, mais est capable de pousser les murs quand il le faut.

 

Modulation à tous les étages, des decrescendo jamais entendus, une véritable expérience troublante de vivre cette atténuation progressive des incursions dynamiques, une capacité à structurer la mise en scène architecturée par les musiciens (quand c’est le cas évidemment).

Ainsi, la théâtralité inouïe du génial « Anarchytektur »  d'Einstürzende Neubauten (16/44) où soudain la puissance tellurique explose mais tout en maintien, donnant presque l'impression d'une moindre dynamique que d'habitude (même si nous n'avons pas éprouvé le besoin de comparer) tant c'est contrôlé, accompagne des effets de scène millimétrés, une prise de possession de l’espace multidimensionnel transformant l’œuvre en une scénographie palpable visible car c’est à ça que nous invite l’ensemble qui nous transporte : on est au spectacle, on voit cette chorégraphe jouée dans un théâtre pourtant synthétique, le show est total par son intensité physique, sa folie perturbante soulignant l’expressionisme parfois glaçant et toujours envoûtant d’Einstürzende Neubauten.

 

Les jeux de boisé d'un naturel suprême sur le Quatuor n°8 opus 110 de Shosta par Borodine (1960) en HR ne forment plus un disque d’accrétion mais une matière noble qui soutient les modulations curvilignes des cordes où le grain des archets fleure bon la colophane, totalement débarrassé de l'acidité habituelle révélant une hyper expressivité dans le haut du spectre, une douceur fruitée, des vibratos sensibles délimitant l'espace de chacun, des nuances sur les vagues entremêlées mais ici si parfaitement délimitées dans la vérité de timbre et de matière de chaque instrument.

 

Il faut redire que la façon de l’ensemble (Lumin U1 + Majestuoso II + Kondo Ouverture II + ppfff AVA II) de délinéer les espaces sonores sur ce quatuor de Shosta, ou sur les harmoniques sublimes et la vocalité frémissante de Janine Jansen jouant Debussy où Yves (les habitués comprendront) pensait écouter un fichier HR (pas du tout) ne connaît aucun équivalent, sauf à la rigueur en vinyle.

 

Même sensation des matières créant leur propre structuration spatiale dans l'orchestre de Mason Bates (HR) où, évitant la plus extrême confusion, la lisibilité impose une vérité de chaque instant plus structurée qu'au concert.


Inflexions prodigieuses dans l'extrême grave sur « Why » de Dani Siciliano (16/44) où j'ai vu mes collaborateurs bondir sur des notes d'infra grave jamais entendues et là poussées avec force. Sur le même titre, le piano devient un vrai piano, prenant place très en devant des enceintes, alors que les voix sont plusieurs mètres derrière, les « re-re voicodés » parfaitement étagés et quasiment exempts des distorsions qu'on a l'habitude d'entendre, en dépit d'une hygrométrie à 25%, un record bas au magasin qui durcit la restitution.

Là encore, la réalité de la scénographie composée avec maestria par l’ingénieur du son prend tout son sens…

Mêmes constats sur « keep me in your shake » extrait d’Adrian Thaws (HR), où nous sommes surpris d’entendre au bout de quelques mesures une voix parlant distinctement et jusqu’alors entremêlée au débit si particulier de Tricky qui s’enrichit d’une densité nouvelle, d’un sens de l’articulation au service du mot, un phrasé véritable et unique. Le génie du son du Kid est ici parfaitement inscrit, comme le dit un auditeur indépendant venu nous rendre visite, dans une quatrième dimension, au-delà de la prise de possession de l’espace et du temps où les gémissements entre sensuels et douloureux de Nneka placée nettement en arrière et comme en surplomb du Kid, prennent un sens profond dans les courbes narratives de l’opus. Mais la plus grande surprise vient précisément des battements dans l’extrême grave déphasé (Shake) qui dans le meilleur des cas passent de droite à gauche en semblant creuser le sol et avec le Majestuoso II partent loin derrière la ligne de front principal pour revenir à gauche avec une totale séparation des lignes harmoniques des battements et de l’effet d’infra abdominal qui suivent un chemin différent pour se rejoindre au final. Stupéfiant. Là encore, grâce aux AVA II, bien sûr, l’effet ne s’entend pas partout.

C’est d’autant plus intéressant que le Majestuoso II ne sublime rien ; à preuve « Strange Fruit » extrait de New Moon Daughter (HR) de la grande Cassandra Wilson où précisément un mixage très audiophile (au sens où tous les effets sont appuyés et donnent une sorte de gros son en apparence très buriné et précis) révèle des placements dispersés au bonheur dans l’espace qui n’en constituent jamais un ni plausible, ni réinventé, mais simplement grotesque, une trompette qui fait des allers-retours d’avant en arrière dans un tuyau évasé, une guitare de dimension surnaturelle et une voix placée à peu près n’importe comment, surlignée à l’excès par une présence surchargeant une interprétation déjà pas très sobre au moins compensée par une richesse de timbre, une profondeur vocale qui pardonne beaucoup à un surjeu façon Sarah Bernhardt d’autant plus regrettable que Cassandra Wilson est indubitablement une immense artiste.

 

Et dans le même exercice, le « tango till they’re score » de Madeleine Peyroux (HR) révèle au contraire une complicité pleine d’humour entre les musiciens, tous à leur place, sans emphase en dépit d’une mise en onde légèrement outrée, le DG68 Accuphase enrichit copieusement le timbre de Madeleine, sépare nettement la chanteuse de « l’environnement de la contrebasse » mettant en valeurs des nuances de chants, des sourires dans la voix, des clins d’œil, une distance lyrique évitant de se prendre au sérieux, c’est absolument jubilatoire !

On continue ?

Allez :

Le piano de Dariil Trifonov dans les études transcendantes de Liszt (HR) acquiert une dimension physique donnant un poids et un aplomb plausible à l’instrument qui prend place dans la pièce sous le déferlement rythmique des phalanges d’acier du jeune prodige et révèle qu’avoir la tête dans un piano n’est pas promesse que de beauté, lorsque les entrailles s’entendent comme c’est le cas ici. Mais quel beau disque, indispensable !

 

Le 5ème mouvement du concerto pour violon de Ligeti sous les doigts agiles et espiègles de Patricia Kopatchinskaja et la direction de Peter Eötvös prend un sens différent et en devient facile, tout en nous contraignant à une concentration de chaque seconde tant les idées se bousculent, les élans foutraques, les fougues inspirées, l’ironie jubilatoire, le tout dans un festival de couleurs, le violon de la demoiselle si à son aise dans l’exercice alambiqué, ardu, est concrètement implanté dans la pièce, tout comme les éclats de gemme d’un orchestre au moins aussi inspiré par son chef qui, lancés dans un dialogue anti-neurasthénique, diffusent un bonheur tout à tour frémissant, puissant, errant, amusant, perturbant, enthousiasmant, décryptant avec une facilité déconcertante cette apparente farce grimaçante ou maligne.

 

Le Chant de la Terre, version Ludwig / Klemperer, « der Abschied » est si bouleversant, placé par un DG68 Accuphase (et le système complet intégrant l’Overture II) dans Kingsway Hall, un saut dans le temps presque dérangeant nous invitant à suivre les mouvements de Christa Ludwig dialoguant avec les musiciens très exposés par le choix de direction d’Otto Klemperer où soudain apparaît qu’ils ne sont pas infaillibles, même dans le prestigieux Philharmonia, des petits instants d’hésitation, des notes un peu écourtées ou tremblées donnent une humanité plus vive encore à ce bouleversant moment de musique, on regarde les musiciens disséminés en profondeur dans la grande salle chacun dans son espace, répondant à la plainte frémissante de Madame Ludwig, car Klemperer n’a pas voulu un écrin tel Bruno Walter pour l’immense Kathleen Ferrier, mais un échange où chacun prend la parole, participe, enrichit le texte.

 

Anne-Sofie von Otter chantant « Pierre » accompagnée par Brad Meldhau (streaming HR depuis Qobuz) suggère un instant d’intimité si soutenu que la rue bruyante qui jouxte le magasin semble s’imposer le silence, car la densité des silences habités sculpte jusqu'à l'espace extérieur. Le DG68 retire toute préciosité à l’exercice de la noble Anne-Sofie, met en exergue sa minutie délicate, le respect du texte, le chant irréprochable et débarrassé de tout accent, encore un moment d’exception. Et bien sûr, le devoir de se lever pour un baisemain lorsque la dernière note s’éteint lentement, remercier Madame Von Otter pour sa trop brève visite.

 

Le mystérieux « Transit » de David Sylvian (16/44) voit la dimension ténébreuse accrue encore par la très grande définition du Majestuoso II, le clair / obscur révèle une trame plus fine, un grain plus délicat et une gamme de gris plus veloutée, un verdict impressionnant.

 

Et enfin, à la demande d’Yves, nous allons aussi écouter Bridge n°1 de Marc Ducret et ses complices où les astuces, complexités, croisements rythmiques ou harmoniques, les échos de chaque musicien dans les angles détors de l’autre, renforcent la sensation d’une complicité faite de sourires mais aussi de niches et clins d’œil, d’idées très écrites et de petites fantaisies créatives dans les espaces de liberté qu’on découvre soudain plus nombreux.

 

Je pourrais continuer longtemps comme ça car chaque disque révèle des pépites créatives, des trésors enfouis parfois, sans jamais transformer à la mode « hifi » l’ombre en lumière, mais faisant apparaître un délicat modelé dans les parties sombres, des jeux glissants de lumière dans les éclats solaires, des liens coloristes dans une palette infinie et infiniment changeante, mettant en évidence des inepties parfois aussi, aberrations de prise de son ou mixage ou masterisation ou pire encore, révélant qu’un artiste bien aimé est en fait assez pâlot, mais tant pis, tant que le lien est artistique, telles précisions musicales sont les bienvenues !


ppfff Pandora


Pandora

 

Si vous n’avez pas lu l’article concernant Adelaïda, « entrée » de gamme de la ligne ultra Parangon de ppfff, je suggère de vous y rendre pour comprendre la brutale remise en question de valeurs acquises qui a accompagné la rencontre. Je ne plaisante pas. Je n’ai pas d’humour de toute façon.

J’ai en effet eu Adelaïda et Pandora de ppfff en résidence pendant quelques semaines, accompagnées d’un ensemble un peu hybride et cependant redoutable.

  • Platine Acoustic Solid Wood MPX
  • Bras Viv Lab Rigid Float 9’’ Carbon (une merveille)
  • Cellule Shelter (un peu faiblarde dans l’environnement)
  • Préampli phono Aurora « Suprême », une bombe atomique, le très haut-de-gamme d’Aurorasound muni de quelques options, d’un aplomb et d’une stabilité sensible intense
  • Lumin U1
  • DAC Accuphase DC37

En alternance avec

  • DAC EERA Meister
  • Préampli Grandinote Genesi (coup de coeur, je vais devoir lui consacrer un article à part)
  • Blocs Mono Grandinote Futura
  • Câbles Absolue Créations Tim-Ref et Fontainebleau

Pourquoi hybride ? Parce que j’ai éprouvé le besoin de plus côté source, je suppose.

Le Meister est un très grand DAC mais je ne l’ai pas côtoyé assez longtemps, et on a senti l’envie de plus que mon fidèle DC37. Idem pour la cellule Shelter pas à la hauteur du reste. Et les blocs Futura ne sont pas nécessairement les mieux adaptés au 94/96 dB d’Adelaïda et Pandora. Un bloc Araldo de la série Magnetosolid aurait surement permis d’aller plus loin encore, pour autant que ce soit envisageable.

 

Comme raconté pour Adelaïda, Pandora - actuel « porte-drapeau » de ppfff - n’est pas qu’une légère évolution d’AVA mais bel et bien la gifle cruelle qui fait mal.

Pandora, version « ++ » d’AVA, soit, formidable, mais pas de quoi s’inquiéter non plus, supposions-nous, sûr de nous, blasés par des décennies à faire passer des cadors de la haute-fidélité sur le grill de la musique.

Eh bien si !

Le coup au plexus est terrible. La remise en question de sa relation intime à l’art plus cinglant encore. Une mise en abime.

Aïe.

Musicalement Pandora repousse les murs, les frontières, les certitudes loin loin loin au-dessus du lot, et plus loin encore au-delà des certitudes, voire de l’imagination ou des fantasmes. Au-dessus des « vérités sanctionnées ».

Le bouleversement est-il plus ou moins acceptable que lors de la rencontre avec Adelaïda ?

Plus, parce que Pandora, dans sa plénitude absolue, est possiblement plus facile à comprendre.

Plus parce que démesure, achèvement, prix, renvoient du côté de l’intouchable pour la plupart d’entre nous.

Moins, précisément parce que nous n’y avons pas accès. Quand bien même l’excellence a enfin du sens, un peu comme lors de l’écoute des gros modèles Aries Cerat, ou le DC950 Accuphase, ou un ensemble Grandinote Genesi + Araldo par exemple, ou encore les Apurna ou CH Précision.

Mais si on sait pointer quelques électroniques à même de nous combler, combien d’enceintes qui ne soient du domaine du « Château en Espagne », cinq zéros derrière l’unité mais aussi de dimensions de citadelle, précisément.

« Et alors, de quoi se plaint-il ? Formidable, non ? »

La quête permanente, le Graal par essence inaccessible est quasiment atteint. Pour ce qu’on en sait. Ou croit.

Oui, évidemment, découvrir un objet de dimensions domestiques qui vient tacler et possiblement surpasser des grosses Cessaro, c’est absolument génial, avoir sous la main des transducteurs qui malmènent son rapport fervent à la culture, c’est un grand moment.

A condition de les avoir sous la main précisément. Et d’avoir de quoi les mettre en œuvre. D’espérer les vendre aussi. staCCato est quand même un magasin, nonobstant la passion.

Or, je n’ai pas de tels moyens. Même si je suppose que de temps en temps je pourrais organiser des « rencontres », des évènements, des « pop-up ». Valoriser des objets d’exception sans la forfanterie grotesque des modes, des nauséabondes irruptions de génie d’un monde déshumanisé. Au sens de « dépourvu d’âme ». Aucun rapport avec le sens premier du mot, mais le parallèle est joli, non ? Non ? Si.

Et surtout en ai-je envie ?

Ma passion mélomane à sillonner des musiques infinies, sans frontière ni genre, en a envie, désespérément, la soudaine exégèse d’une passion pour telle version d’une œuvre qui franchit enfin un cap où l’émotion est magnifiée de la compréhension, où l’intellect accède à la sensation, à soi seule génère un bouleversement quasi érotique d’une intensité peu commune.

Mais le pragmatisme nécessaire à l’exercice de mon métier suggère de ne surtout pas trop côtoyer ces monstres de sensibilité et panache vertueux pour éviter de ruiner à jamais ma capacité à aimer des propositions plus humbles et néanmoins riches, fécondes dans bien des cas. Préserver la prudence de ne pas approcher le paradis pour ne pas perdre ses repères. L’instant de Grâce. Protéger son repaire. Fuir la drogue d’une forme d’absolu. Savoir que ce vers quoi l’on tend existe mais hors de portée pour chercher, explorer, approfondir encore, sans cesse, sans fin.

 

Ce qui choque le plus à l’écoute de cet ensemble, outre tout ce qu’on a pu décrire dans le chapitre consacré à Adelaïda, est probablement la prise de possession physique de la restitution qui évoque l’aplomb épique des meilleurs systèmes à pavillons, nanti d’une homogénéité supérieure. Et une quintessence, voire entéléchie harmonique seulement limitée par les sources.

La perception de tension, solidité, d’un squelette en Adamantium sous une musculature surhumaine est constante du grave à l’aigu, comme issue d’une source unique qui développe une énergie titanesque pourtant frémissante, d’une finesse inconcevable, la délicatesse du frôlement d’un élytre de sensualité sur la peau d’un héros conquérant. La conséquence heureuse est une « transmutation », un bouleversement voluptueux de l’intellect  qui dépasse largement l’image ou reproduction 3D pour infuser une intimité charnelle avec l’évènement en cours, la fusion de l’instant fantasmé.

Naturelle, soit, la musique coule avec une aisance inhabituelle, mais l’immersion de l’auditeur dans un lien somatique aux musiciens vogue très au-dessus d’un concept et en devient très déstabilisante, probablement irrecevable au ressenti de certains qui n’accepteront pas forcément de se savoir autant impliqués émotionnellement, nerveusement et intellectuellement dans un rapport total à la musique, quelle qu’elle soit, sans possibilité de fuir ou esquiver.

Il y a quelque chose de troublant dans la façon dont Pandora de ppfff sublime « l’intérêt » de la musique en cours. Si mince que soit le filet artistique égaré dans un fragment de muzak, Pandora le rend flagrant, capte l’attention, une petite singularité ou finesse de production, un effet de jeu pourtant timoré, une fragile hésitation touchante, un instantané de génie, et ce sans doute grâce à une aptitude impossible sans l’autorité physique et l’hypertension à incarner la théâtralité, autre maître mot de ce que l’on ressent avec Pandora.

Les mises en scène sont immédiatement perçues, fondées, burinées, qu’elles soient naturelles ou artificielles, et révèleront ainsi des choix artistiques souvent perdus dans un amalgame plus ou moins confus, creusant parfois le silence à des profondeurs palpables insoupçonnées.

Le relief n’est pas une vaste zone indéfinie mais un étagement qui part de musiciens ou vibrations implantés en avant des enceintes – zone d’intimité quasi délictueuse - pour continuer de disposer les objets sonores un à un dans leur « air »  à divers degrés d’intervalle, tous plausibles au sein de l’environnement reproduit, en couleurs, matières, mensurations relatives, offrant une intelligibilité et une identification des instruments par le matériau ou la source électrique au-delà de la couleur, le grain au-delà du son, l’évidence au-delà du concept, supérieures à bien des concerts.

Là encore, l’entrelacement de la sensation et du concret, de l’intellect et du saisissement sybarite.

Pandora rend un hommage intègre néanmoins intégral aux artistes, relate consciencieusement et si naturellement les talents, souligne le soin ou l’absence de soin apportés à la production sans jamais négliger les vertus artistiques, virtuoses ou sensibles. Pandora vous installe dans le cadre étroit ou large du lieu vivant.

Ainsi la 4ème de Chostakovitch par Nézet-Séguin et le superbe Philharmonique de Rotterdam recouvre une dimension épique d’un souffle peu commun embellie par des effets de lumières sur les timbres et les facéties rythmiques tenues avec brio qui attirent l’attention sur ce qui pourrait n’être qu’une version de plus pour atteindre ici un degré de sérieux rare, contournant les facilités, les légères vulgarités du texte, assurance catégorique obtenue sans doute par l’indescriptible présence des musiciens, le grain des instruments se développant solidement dans un espace précis, profond, celui de la pièce d’écoute devenue De Doelen.

La lecture chambriste de la 4ème de Mahler par Gatti aux commandes du Royal Concertgebouw dépasse la posture pour fourbir moult frissons puisque tout devient si habilement surprenant, rafraichissant, aucun évènement ne laissant deviner le suivant pour tisser une dentelle d’idées toute en délicatesse sans jamais virer à la préciosité, l’équilibre est parfait, une finesse millimétrée dont Pandora révèle toute la saveur unique par des jeux de couleurs et des longueurs de notes, expirations ou vibratos nulle part ailleurs aussi sensibles ou incarnés, un grand orchestre de chambre dans des jeux d’ombres et de lumières d’une superbe scénographie.

Raconter la puissance mystique qui se dégage du War Requiem de Britten dans l’interprétation de Britten, œuvre écrite pour la reconstruction de la Cathédrale de Coventry, chef d’œuvre paradoxal en cela que Britten refuse d’exalter les hauts faits de l’armée pour au contraire dénoncer l’horreur de la guerre en liant le cérémonial romain au poèmes de Wilfred Owen, présent sur le terrain, décrit par son ami Robert Graves comme « idéaliste homosexuel profondément religieux », déterminant le regard sensible exact que Britten désirait pour cette cérémonie, est un exercice périlleux.

Mais « vivre » la puissance méditative et sombre via Pandora dépasse l’entendement, pour toucher plus loin que le cœur, l’âme, l’ontologie.

Laissant épuisé et sans voix…

Plus trivialement ressent-on comme rarement la minutie maniaque de Christophe lors de ses difficiles accouchements : « tandis que » empoigne le cœur, une dimension sensible qui secoue les plus endurcis ou les plus indifférents (je le sais j’ai tenté l’expérience qui m’a coûté une fortune en mouchoir). Le dosage d’alchimiste des instants voulus par le vieux rocker joue sur une ligne exquise (ces petits éclats de guitare funk) qui insuffle à un texte pas totalement inspiré une poésie amoureuse digne d’un grand roman, portée par un chanteur convaincu, dont la nostalgie prend au collet car Pandora l’expose impudemment, l’installe devant nous dans un instant d’intimité perturbant.

Arthur H révèle une voix d’anthologie dans « la boxeuse amoureuse » où toute note (quel piano entre autres) qui l’accompagne vient établir une particularité de vibrato ou une densité organique dans les aigus qui le propulse vers les sommets et là encore la boîte à mouchoir fond. L’artiste, cette fois encore, est plus grand avec Pandora.

Une production plus « dépouillée » comme « les Paradis Perdus » par Christine and the Queens prend des proportions d’engagement qui abasourdissent, et la disposition des instants prenant corps sous nos sens ébahis dépasse sans aucun doute ce qu’a jamais pensé archiver l’invective Christine.

Et ça rien que pour le quart d’heure français.

La BOF d’Arrival nous a tous sidérés (nous étions 6 à ce moment précis) où First Encounter revêt un cœur énergétique effrayant, une affirmation glaçante et pourtant somptueuse et merveilleuse, un choc sépulcral d’intensités paradoxales, ces frissons qui probablement nous saisiraient tous si nous étions devant une créature intersidérale, faits de peur et d’admiration, de terreur et de gratitude ! Les battements lents et sourds de l’orchestre et échantillonnages, avec Pandora si florissants en harmoniques troublantes, installent un climat oppressant et formidable, pour mieux enfoncer le clou dans le cœur lors des clusters abyssaux habités d’une impensable quantité de vibrations mates. Muets de saisissements, ce partage musical dépasse largement les images du film pourtant plutôt réussi.

Keith Jarrett, Survivors’ Suite, à la demande d’un client, en vinyle (pressage d’époque), révélera aussi la justesse phénoménale de l’Aurorasound Vida Suprême.

Le silence gorge serrée en disait long sur l’envoutement embastillant les 5 auditeurs (pas les mêmes) durant la première face, à l’issue de laquelle, passés les soupirs muets et épuisés par le tourbillon bouleversant d’une expérience diabolique, la force de la concentration émotionnelle que Pandora « exige », nous passerons le seconde mais non sans avoir demandé à mes hôtes de s’exprimer. Je m’en veux vraiment de ne pas avoir enregistré, ni même noté, les ressentis des uns et des autres car jamais je n’ai entendu de commentaires d’une telle altitude, fortune des images, poids des mots, subtilités des esprits, pour éclairer cet instant surnaturel qui unit quatre musiciens épanouis par la complicité, nouvelle démonstration holistique si nécessaire.

La présence naturelle et phénoménale du jeu de Haden dans sa dimension, son boisé et lyrisme, le génie négligé de Redman (père) qui éclate ici, sans l’ombre d’un doute, inventivité volubile, fantaisies de timbres, folie free si ingénieusement maîtrisée qui incitera sans doute Jarrett à recruter Garbarek pour retrouver litanie et sensibilité avec un son aussi immédiatement identifiable, ne pas être en reste. Motian, évidemment, au toucher si reconnaissable, sa frappe parfois glissée dans un swing en évolution permanente est mythifiée par Pandora, la tension inouïe des peaux sous les variations, couleurs, ambiances et incisions d’un des plus grands batteurs de jazz, mélodiste et coloriste en diable.

La facétie de Doug Hammond dans Laughing Time éclate comme jamais, le talent groovant à la batterie, la narration détachée du vieux routard du jazz sort de la posture pour basculer vers l’affirmation d’un frondeur malin, le tout sous un swing digne d’un spicilège d’élite.

Black LakeBjork jette son cœur, ses entrailles dans l’arène musicale, sur les longues vagues infléchies comme jamais par l’inimitable mouvance d’ondulations mélodiques que révèle Pandora en creux, dans des distinctions de couleurs et matériaux inconnus, et puis ce petit chef-d’œuvre dans l’œuvre, l’énervement rythmique porté par des syncopes vocales masculines, quelques secondes de génie pur dans un titre pourtant générateur d’émotions complexes ici épurées par le noyau humain qui les animent.

L’exercice d’un Led Zeppelin est une expérience intéressante car on se retrouve exposé aux choix de production d’une époque qui ne pensait pas à la haute-fidélité telle qu’on la conçoit aujourd’hui, mais plutôt à ceux qui écoutaient sur des tourne-disques. Productions soignées, soit, mais qui ne dégueulaient pas le « bon grave épais » de nombreuses propositions actuelles. Or, passées quelques secondes pour se caler sur la « maigreur », non ce n’est pas le mot, je ne trouve pas, tant pis, en tout cas ce bas du spectre non enrobé ou bodybuildé ni par la production ni par le système si rapide dans le bas, on découvre un plaisir sans nom à respirer la rythmique, les triolets de grosse caisse, les frasques costaudes de la basse, pour ne parler que de ça évidemment, une offrande mélomane qui plus que jamais précise combien Led Zep a inventé, n’en déplaise à certain qui les considèrent comme des grands récupérateurs (je me souviens d’une discussion épique avec un détracteur cultivé qui restait malgré tout à la surface de la lecture de Led Zep. Que ne les a-t-il écoutés sur Pandora).

Idem pour The Cross de Prince (en vinyle, pressage d’époque), où les premières notes de guitare distordues toupillent malicieusement, injectant sous l’épiderme une onde de sensualité pure alors que la chanson est somme toute assez sombre ou dramatique et surtout « spirituelle » ; la suite du morceau révèle plus que jamais un chef-d’œuvre d’intelligence articulé par la batterie sèche ou en glissement de Sheila E dont le talent flagrant est de faire Tchac-Poum avec génie.

….

Je pourrais continuer longtemps, car chaque disque devient un évènement poignant, captivant, fructueux grâce à ce «Grand Casque» qu’est Pandora.

« Grand Casque », c’est l’expression choisie par l’un des auditeurs pour qualifier l’immersion totale, la contiguïté, sensation qu’il n’y a plus de distance, plus d’écran entre la musique et soi.

Bien sûr, Pandora n’est pas seule dans cette quintessence émotionnelle, l’ensemble Grandinote parachève l’absolue, c’est vrai. Mais pour avoir aussi écouté cet ensemble sur d’autres enceintes haut-de-gamme qui n’ont pas apprécié l’épreuve, submergées, dépassées, nous savons avec certitude qui fait quoi dans l’équation lyrique.

Un autre auditeur, à l’issue de Survivors’ Suite, compare l’écoute proposée par Pandora à l’instant privilégié du concert, se demandant d’ailleurs s’il pourrait vivre avec un tel système, ramenant le moment du disque à une parenthèse unique, s’opposant à l’après-midi où l’on passe d’un disque à l’autre, d’un morceau à l’autre, d’un genre à l’autre, par rebonds, par évocation d’un instant qui renvoie à une nouvelle idée, une envie dépenaillée. L’écoute de disques prenant au contraire l’unicité du concert, par essence non reproductible strictement à l’identique. C’est ce que j’appelle la révolution culturelle.

Puis le même quidam se rend compte que par ailleurs, il aura aussi du mal à rallumer sa chaîne pourtant excellente avant plusieurs jours, parce que quand même, Pandora de ppfff  est une expérience radicale de ce point de vue.

Bien sûr, les disques décrits ci-dessus, nous les connaissions (en tout cas moi), les aimions déjà, avions déjà vibré en les écoutant à un instant ou un autre, peut-être même sur un autoradio. Aussi est-il difficile de définir le décalage définitif que Pandora engendre dans la connexion à la musique, soudain si évident, qui rappelle les grands moments dont la nostalgie inévitable enchevêtre sons, sensibilité, parfums, émotions, humanité, que j’ai pu connaître en tant que directeur artistique, où l’on participe à quelque chose, un instant de création, plus ou moins actif, plus ou moins officiellement investi mais inévitablement concentré, intéressé, concerné.

Pandora, comme Adelaïda, c’est ça : une invitation à prendre part !

Recevoir dans ces conditions, c’est créer, car l’émotion est créatrice comme la mémoire est imaginative !

La fin de la passivité comme dirait l’autre.


né de tant de mers


Grèce

 

Voilà qui sonne très « grec », vous ne trouvez pas ? Devices…

En tout cas, un nom pareil, je ne vais pas le réécrire à tout bout de champ.

 

L’histoire de l’arrivée de la marque susnommée est inhabituelle, mais des bonnes surprises comme ça, on les aime bien.

Un camarade du petit monde de la haute-fidélité dont je n’avais pas eu de nouvelles depuis des lustres pousse la porte du magasin à l’improviste (un samedi !), toujours aussi relax, toujours aussi souriant et - j’allais pouvoir le vérifier - toujours aussi extravagant. Au sens de jovial et enjoué.

On parle (beaucoup), on déjeune (modérément), on boit (très peu), on parle (beaucoup beaucoup).

On refait évidemment le monde, à commencer par celui de la hifi (il faut dire que c’est vraiment tentant de le refaire), il m’expose sa nouvelle orientation commerciale, ses choix, moi mes projets.

 

Dans les marques pour lesquelles il s’est pris de passion, il en cite une qui nous a alertés à Munich et l’autre que je n’ai même pas vue.

L’une, c’est Tsakiridis Devices.

 

Fondée en 1987, la marque n’est pas à proprement parlé un petit nouveau et il suffit de voir la liste des distributeurs internationaux pour comprendre qu’une fois de plus la Hifi française reste imperméable aux pays européens considérés avec un rien de snobisme comme exotiques. Mais ça vient, ça vient, serbes, polonais, bulgares, chypriotes commencent à trouver leur place. J’ai personnellement tendance à penser que c’est plutôt de ces horizons que vient la fraîcheur, sans pour autant sombrer dans la naïveté : on a déjà écouté d’ennuyeuses propositions roumaines ou bulgares ou polonaise, ou serbes ou… Oui, bon.

J-F (c’est le camarade jovial) m’explique l’histoire de l’entreprise, les choix techniques, et surtout pourquoi lui est emballé.

Bon, je me méfie : ce garçon s’emballe souvent. Mais il a de l’oreille le bougre. En outre, la marque m’avait été recommandée par un ami grec.

De retour au magasin, je lui dis : « je suis sûr que tu as dans ta voiture quelque chose à me faire écouter »

- « Pas vraiment, j’ai un peu tout semé au fur et à mesure des visites, mais surtout je ne suis pas venu pour ça, j’avais vraiment envie de te revoir… »

 

Se ferait-il prier ? Allez j’insiste.

Aussi notre vaillant J-F va-t-il me chercher un appareil Tsakiridis Devices qu’il déballe amoureusement. Un petit intégré, l’Aeolos, premier modèle de la gamme me dit-il, regrettant de ne pas avoir son petit préféré de la gamme, l’Aeolos Ultra qui, muni de KT150, doit dépoter un peu plus et donc couvrir un plus large éventail d’enceintes.

Nous branchons l’Aeolos. J’observe un instant l’engin. Rien de nouveau sous le soleil, un push-pull d’EL34, 4 x ECC81 (JJ Tesla, pas mal). Aucune conclusion possible ni dans un sens ni dans l’autre, car la majorité des amplis à tubes est rapidement fatigante par ses excès, le manque de justesse englué dans le sirop. On appelle ça : la chaleur des tubes.

Ce n’est d’ailleurs pas facile à comprendre pourquoi à schémas très comparables on constate autant de différence à l’écoute qui ne sont pas que de l’ordre de la qualité des composants. La conception des alimentations ? Surement. Pour autant, certains appareils d’apparence saine sont incroyablement guimauve à l’arrivée… Bah…

 

Je suis rassuré par la qualité perçue de la fabrication du bébé hellène, façade épaisse avec deux petits boutons ronds – allumage / extinction et sélecteur d’entrée -, châssis bien ajusté, couvercle de tubes original, solide peinture granuleuse, l’Aeolos a beaucoup plus de cachet que sur les photos.

4 x entrées ligne à commutation relais, rien de bien folichon, pas de phono ou d’USB ; sous le capot protecteur deux vumètres (pour le réglage du bias) et 4 commutateurs (2 par canal) qui permettent de jouer sur un réglage de contreréaction (bien !!!) et sur un passage de mode pentode à triode (mouais…).

Il est vrai que l’EL34 se comporte bien en triode, mais souvent la proposition alternative est saugrenue.


Allez hop, musique…


… Eh oui, vraiment : musique !

 

 

J’ai lancé en premier un nouveau titre de Juana MolinaLas Culpas II, totalement à fond dans l’univers planant et déjanté de l’artiste.

L’Aeolos installe l’exacte sensualité, matinée d’humour, de la dame, très émouvante compréhension de son univers, des inflexions fines et variées, une suite de timbres ouverte et cohérente. Admirable profondeur également, en scène sonore comme en densité ainsi que, sur quelques effets sonores, une présence affirmée avec un beau grain.

 

Je vais continuer sur la lancée féminine, Sinéad O’ConnorSt Vincent et la version « MassEducation » de Savior. Grave erreur, je vais avoir du mal à refouler les larmes : cet ampli est vraiment voluptueux et incarne avec cœur ces dames suprêmes, et le désespoir délicat de la géniale Annie Clark, intégralement exposé par la chaîne alors installée, est bouleversant.

Pour autant, je ne sens pas de surplus de complaisance « tubesque », de paresse arrangeante, de timbres au miel. Un poil de courbure dans le bas, peut-être, une souplesse trop cambrée, un rien de confusion sur les forte qui me surprend parce que théoriquement on ne tire guère sur les étages de puissance avec les enceintes alors installées. Passer en mode pentode ?

Non, je préfère me méfier de mon meuble de fière apparence mais passablement résonnant quand même et place des supports Franc Audio sous l’Aeolos ; d’accord ce n’est pas donné, mais ça vaut le coût parce que ce que j’entends propulse l’Aeolos et les supports à une altitude que peu d’amplis connaissent !

Le prix d’Aeolos ? Je préfère ne pas le dire, vous allez croire que c’est une blague. Fabriqué en Europe, les amis…

 

Nous avons peu de temps après adopté Aeolos Ultra, qui a le mérite d’être plus universel car plus puissant, mais aussi clairement plus riche, justifiant sans peine les 1000 € supplémentaires. Sachant que la différence ne tient pas qu'aux tubes mais aussi aux composants internes.

 

Sur la même configuration, nous procéderons à des essais de passage mode triode vers pentode (ultra-linéaire ?). Curieusement, les allers-retours engendreront des divergences de réception chez les interlocuteurs présents ; ce n’est pas fréquent, en général tout le monde est vite d’accord. Toutefois, à l’arrivée les votes pencheront vers le mode triode, plus aéré, plus respirant, plus souple, mais aussi un peu moins tenu, moins ferme. Le swing, les variantes d’accents fins, les déliés de notes et la sensibilité tendent en faveur de la position triode, avec possiblement sur des récepteurs très pointus, un soupçon de mansuétude aussi. Autrement dit, la position pentode n’est pas du tout rédhibitoire, loin de là. N’oublions jamais le prix de l’appareil : 3 790 € ! Je parle de l'Ultra.

 

Au début je préférerai personnellement le mode pentode dans ma pièce difficile en passant sur des Mulidine Cadence. Le moelleux élégant du Tsakiridis Devices Aeolos Ultra (eh oui, je l’ai réécrit en entier) constaté préalablement pouvait approcher sur les Cadence d’une bienveillance raffinée certes, un rien déboutonnée toutefois. Et surtout, sur certains forte, on arrivait à une limite de tenue qui me plaît moins, pas insupportable évidemment ; or, je le répète, ma pièce est très très énergivore. Mais c’était au début. Car entretemps, le rodage a fait son travail… et là…

Un rapide essai des deux propositions de contreréaction sur les Cadence ne m’apprend pas grand-chose, l’action est faible et naturellement en faveur de Low Feedback ; la différence entre les deux positions donnant l’impression d’un écart de l’ordre d’1,5 dB, il ne fallait pas non plus s’attendre à un conflit. On est loin de l’approche avec et sans sur un ppfff VAN où l’écart atteint 9 dB.

 

L’écoute sur les Cadence alors ? Franchement, c’est beau ! Riche et juste, avant tout !

A défaut des attaques les plus réactives qu’on ait pu connaître sur nos rares références, il y a du mordant sur les notes tendues, les frappes des touches de piano ont de la densité, sans vrouiller… Hum, oui c’est un néologisme. Pour décrire la sensation hélas fréquente en hifi que les instruments sont dépourvus de variation des fronts d’attaque, la note tourne sans affirmation. Grâce à l’Aeolos, les cuivres resplendissent, les violons sont boisés mais bondissants, la batterie et la basse percutante de Primus parfaitement différenciées, le tout dans un bain de timbres parfaitement cohérents, pas les plus riches de la planète mais parmi les plus affirmés et à leur place eu égard au prix et même au-delà ; l’écoute de la très rafraichissante récente version de Petrushka par Gergiev (jamais je ne me serais attendu à donner du « rafraichissant » à Gergiev) avec le Mariinsky est particulièrement édifiante, l’approche de la star russe consistant précisément à habilement dégager les couleurs de chaque pupitre dans une approche rythmique intelligemment sinueuse par ailleurs.

Sur des musiques qui cognent un peu plus, enfin, je veux dire qui assènent un « gros son », tel le Primus précité ou Tom Morello : Atlas Underground, on est surpris par la plénitude, la solidité physique du petit Tsakiridis Devices.

On ne va évidemment pas tomber à terre renversé par des coups au plexus, mais les impacts dynamiques et rythmiques montrent une capacité énergétique qui mettrait à mal moult amplis - y compris à transistors - plus coûteux, dans le même exercice.

 

Bien !

 

Si l’Aeolos base (donc pas Ultra) est un rival direct du vénérable Jolida JD303, que dit la comparaison entre les deux ? A tubes égaux, bien sûr.

La qualité perçue de la réalisation est un peu en faveur du petit grec par la noblesse des matières et du montage.

En termes d’expressivité, l’un et l’autre se valent : rigueur et tension un peu supérieures sur le Jolida, une souplesse de Salomé et un rayonnement de timbres en faveur du grec ; l’humanité est au rendez-vous des deux appareils, évitant l’un comme l’autre de tomber dans la bête « chaleur » du tube synonyme de boursouflure d’édredons et de transparence variable.

Le bas du spectre est insensiblement plus véloce, nerveux sur le Jolida mais aussi parce que Jolida a fait le choix de ne pas laisser descendre inutilement son JD, là où le Tsakiridis Devices semble vouloir explorer plus bas, au dépend d’un parfait contrôle à bas niveau. Les forte sont possiblement mieux tenus sur le JD, sans doute aussi parce qu’ils sont un peu moins « libres » … Toutefois, quand les deux appareils sont placés sur les supports Franc Ceramic, ou des B1, ou sur un support de qualité, les forte deviennent comparables avec parfois l’impression d’une puissance subjective un peu plus élevée sur le JD, face à un épanouissement physique légèrement plus plein sur l’Aeolos.

 

Match nul à l’arrivée.

 

Pour une fois qu’un appareil à tubes n’est pas anéanti ou relativisé par une comparaison avec le JD, même à plusieurs fois son prix, je suis conquis. Or le petit grec est même un peu moins cher.

 

Mais, depuis est arrivé le vaillant Hermès !

à suivre ici :

https://www.staccato-hifi.fr/blog/marques/sources-numeriques-et-amplis/tsakiridis-hermes/


sérénité et opiniâtreté


 

Dès qu’on a appris l’arrivée d’une Version Ultima de l’Aeolos, et surtout en quoi il consistait, on a eu le sourire !

 

Et pour cause, il s’agit ni plus ni moins que d’un Aeolos Ultra dont les composants, - principalement les condensateurs de liaison, d’alimentation, les transformateurs de sortie et une pléthore de petites choses -, ont été remplacés par des référents sélectionnés ou fabriqués aux petits oignons, dignes de compétiteurs ô combien plus chers.

Parce que, franchement, c’est presque dérangeant de mesurer le niveau d’équipement rapporté au prix final, à 5 800 € !

L'explication est (hélas) simple : la faible taux horaire de la main-d'oeuvre spécialisée en Grèce dans un appareil qui en requiert beaucoup.

La démarche de travailler autour de composants supérieurs (condensateurs de liaison référents, résistances au top ou mieux encore : transfos de sortie 16 couches) dans un schéma et des affinages qui ont prouvé toute leur valeur (l’Aeolos Ultra) ne peut que nous plaire, nous qui avons longtemps proposé des versions patiemment « optimisées » de notre bien-aimé Jolida JD303.

Autrement dit, le résultat sonore n’aurait pas dû être une surprise puisque nous avons l’expérience de ce qui pourrait parfois ressembler à un coup de baguette magique.

 

Et pourtant, surpris, nous l’avons été, bel et bien !

 

D’abord l’ampli, à usage égal, paraît plus puissant, énergique (encore !) que son référent, l’Ultra. Mais surtout on repousse incroyablement loin les frontières du possible, notamment par un sens de la définition et des demi-teintes qu’on n’espère guère que sur quelques rares références, le tout dans un silence de fonctionnement parfait !

Mais attention, le félin masque le fauve : la délicatesse d’un horloger rivalise avec la capacité à la tension et à la morsure d’un tigre.

Sans aucun artifice, trucage ou faiblesse tonale.

Une scène sonore déployée, aérée, stable mais vivante et un sens du balancement ou du groove qui invitent au délassement paresseux ou enjoué !

Navigation jamais égarée sur les flots des modulations des plus frissonnantes aux plus tempêtueuses, il n’est pas un seul critère où l’Aeolos Ultima laisse entrapercevoir la moindre faille.

 

Or nous avons quand même testé un paquet d’amplis à tubes depuis quelques années, dont des machins théoriquement incontournables et largement surestimées.

 

Pour faire mieux qu’un Ultima, il faut directement envisager de passer chez Aries Cerat, ou Kondo ! C’est dire !


prends ton envol !


 

« Pour une fois qu’un appareil à tubes n’est pas anéanti ou relativisé par une comparaison avec le JD, même à plusieurs fois son prix, je suis conquis » – écrivais-je dans la page consacrée à la marque Tsakiridis et à propos de l’Aeolos base.

Mais, depuis est arrivé le vaillant Hermès !

Bon : on aime ou pas sa bouille plus audiophile avec ses transfos apparents.

Lui utilise des tubes EL84, un tube qui peut être très rapide, mais manque de puissance. Limite compensée sur le Hermès par 4 tubes par canal délivrant une puissance souvent très suffisante de 20 W.

 

Il est à ce propos particulièrement volontaire et se débrouille même sur des enceintes à priori trop grosses ou compliqués pour lui à un point que c’en est surprenant.

 

Je vais un peu vite : j’ai oublié de préciser que le petit bonhomme est muni d’une carte DAC/USB et qui, franchement est pour le moins bluffante avec pour conséquence que, pour se constituer un système simple, efficace, chantant, enjoué, il suffit d’un ordinateur avec un bon logiciel et d’une paire d’enceinte qui ne bridera pas l’enthousiasme joyeux du petit messager.

Outre qu’il est volontaire, ce petit intégré grec sait utiliser ses facultés d’énergie et de rapidité pour distiller des timbres subtils dans une transparence et une précision si homogènes qu’on n’en sent guère les limites que par comparaison avec un Aeolos Ultra, par exemple.

Ce petit machin est diabolique et saura accompagner des enceintes bien au-delà de son prix.

 

Un vrai coup au cœur !

 

Honnêtement, si je devais choisir, je le préfère à l’Aeolos base, sans doute un peu plus raffiné mais moins enjoué, moins « rock & roll »…

 

Quand on passe à l’Ultra, ben évidemment, il n’y a plus de comparaison directe possible…

 

Au moment du choix, il ne faudra pas s’inquiéter : on est si loin, que ce soit avec l’un ou l’autre, de la baudrucherie des amplis à tubes vadrouillant de mollasson à vulgaire, de trop beau pour être vrai à trop incohérent pour être vrai, qu’il n’y aura pas faute ou erreur et peut-être des arguments plus personnels entreront en ligne de compte, fabrication en Europe, look, perception personnelle d’un ensemble etc…

 

Nous ne sommes pas du genre chez staCCato à empiler les références dans une même catégorie de prix, mais quand un appareil chante vaillamment, on ne va quand même pas se l’interdire !


flotter sur le sillon


Japon


Ce n’est pas forcément facile de décrire l’écoute d’un bras phono : nous ne sommes plus dans la pleine époque de la lecture analogique où il était naturel de présenter divers bras en magasin et de nombreuses cellules pour comparer des combinaisons croisées.

Pourtant, je me sens à l’aise avec la certitude que les bras VIVlab « Rigid Float » 9 pouces aluminium et mieux encore, Carbone, que j’ai essayés, se situent sur le podium des meilleurs bras disponibles et possiblement sur la plus haute marche.

 

Pourquoi une telle conviction ?

 

Parce que, une fois accepté le positionnement un peu atypique et le réglage plutôt surprenant voire théoriquement inquiétant de ce bras, on ne constate plus le moindre des défauts de lecture qu’on a toujours considérés comme inévitables en phono, on ne distingue plus la plus infime différence entre le début et la fin du sillon et on jouit pleinement de la musique en oubliant totalement la source.

Ai-je déjà eu l’impression d’aussi peu entendre un bras, d’aussi peu entendre la lecture vinyle, je ne crois pas.

Non seulement la cellule (de qualité évidemment) va chercher au plus profond du sillon, révélant la substance des notes, mais elle encaisse les écarts dynamique les plus extravagants avec une sérénité déconcertante et livre une délicatesse jusque dans les forte les plus extrêmes, repoussant la distorsion, la perte de suivi, l’instabilité géométrique, c’est réellement une expérience du vinyle qui place le VIVlab « Rigid Float » du côté des Durand, Moerch, Graham Phantom ou Primary Control en réunissant probablement les qualités de tous au profit de plus de plaisir ou de plus de neutralité vis-à-vis de la cellule qui pourra s’exprimer intégralement sans souci de compensation ou adaptation.

 

D’autant que le VIVlab « Rigid Float » semble pouvoir convenir à des cellules de poids et comportements très différents (d’autant plus qu’il existe en 7, 9 et 11 pouces) tout en mettant en scène les personnalités de chacune, mes propres essais ayant porté sur une Ortofon Cadenza, une Shelter Model 5000 et l’extraordinaire Stein Aventurin 6.

On peut en outre l’utiliser comme un second bras, puisque muni de son propre socle, il trouvera sa place à l’extérieur du châssis de platine si nécessaire. Mais je subodore qu’une fois installé, il deviendra le bras principal.

Pas de réglage d’antiskating, performance rendue possible par le principe propriétaire et révolutionnaire de son unipivot qui « flotte » dans un bain d’huile magnétique.

Le réglage de la cellule se fait par déplacement du bras complet, socle inclus, ce qui rend le passage d’une cellule à une autre plutôt facile si on décide d’avoir plusieurs « clef de Nelson » à savoir le système de montage de la cellule sur le bras assez particulier mais très pratique.

Quand on fait l'effort de comprendre, car j'ai vu un certain nombre de confrères rejeter ce bras "par principe".

De nombreux audiophiles ou mélomanes du monde entier ne s’y sont pas trompés : le VIVlab flotte désormais au firmament des bras d’exception, à la différence que son prix n’oblige pas à revendre le reste de sa chaîne.

 



flotter sur le sillon


Japon


Ce n’est pas forcément facile de décrire l’écoute d’un bras phono : nous ne sommes plus dans la pleine époque de la lecture analogique où il était naturel de présenter divers bras en magasin et de nombreuses cellules pour comparer des combinaisons croisées.

Pourtant, je me sens à l’aise avec la certitude que les bras VIVlab « Rigid Float » 9 pouces aluminium et mieux encore, Carbone, que j’ai essayés, se situent sur le podium des meilleurs bras disponibles et possiblement sur la plus haute marche.

 

Pourquoi une telle conviction ?

 

Parce que, une fois accepté le positionnement un peu atypique et le réglage plutôt surprenant voire théoriquement inquiétant de ce bras, on ne constate plus le moindre des défauts de lecture qu’on a toujours considérés comme inévitables en phono, on ne distingue plus la plus infime différence entre le début et la fin du sillon et on jouit pleinement de la musique en oubliant totalement la source.

Ai-je déjà eu l’impression d’aussi peu entendre un bras, d’aussi peu entendre la lecture vinyle, je ne crois pas.

Non seulement la cellule (de qualité évidemment) va chercher au plus profond du sillon, révélant la substance des notes, mais elle encaisse les écarts dynamique les plus extravagants avec une sérénité déconcertante et livre une délicatesse jusque dans les forte les plus extrêmes, repoussant la distorsion, la perte de suivi, l’instabilité géométrique, c’est réellement une expérience du vinyle qui place le VIVlab « Rigid Float » du côté des Durand, Moerch, Graham Phantom ou Primary Control en réunissant probablement les qualités de tous au profit de plus de plaisir ou de plus de neutralité vis-à-vis de la cellule qui pourra s’exprimer intégralement sans souci de compensation ou adaptation.

 

D’autant que le VIVlab « Rigid Float » semble pouvoir convenir à des cellules de poids et comportements très différents (d’autant plus qu’il existe en 7, 9 et 11 pouces) tout en mettant en scène les personnalités de chacune, mes propres essais ayant porté sur une Ortofon Cadenza, une Shelter Model 5000 et l’extraordinaire Stein Aventurin 6.

On peut en outre l’utiliser comme un second bras, puisque muni de son propre socle, il trouvera sa place à l’extérieur du châssis de platine si nécessaire. Mais je subodore qu’une fois installé, il deviendra le bras principal.

Pas de réglage d’antiskating, performance rendue possible par le principe propriétaire et révolutionnaire de son unipivot qui « flotte » dans un bain d’huile magnétique.

Le réglage de la cellule se fait par déplacement du bras complet, socle inclus, ce qui rend le passage d’une cellule à une autre plutôt facile si on décide d’avoir plusieurs « clef de Nelson » à savoir le système de montage de la cellule sur le bras assez particulier mais très pratique.

Quand on fait l'effort de comprendre, car j'ai vu un certain nombre de confrères rejeter ce bras "par principe".

De nombreux audiophiles ou mélomanes du monde entier ne s’y sont pas trompés : le VIVlab flotte désormais au firmament des bras d’exception, à la différence que son prix n’oblige pas à revendre le reste de sa chaîne.

 



viv lab TS-SUS2


Je suis toujours méfiant quand on me confie des gadgets à tester et prends généralement la précaution de multiplier les conditions de test, vérifier l’efficacité à long terme etc…

Evidemment, c’est un peu plus difficile lorsqu’on vous propose un couvre-plateau qui demande, pour des tests parlants, de régler la hauteur du bras à chaque aller-retour et donc vérifier le poids sur la pointe etc…

Mais je n’ai pas hésité à prendre le temps d’essayer le TS-SUS2, dernière création de Viv Lab, dont les bras ne cessent de m’émerveiller, considérant que ces gens savent ce qu’ils font.

Ayant reçu la boite mystérieuse sans explication préalable et mon japonais étant rouillé, j’ai d’abord craint qu’il ne s’agisse d’une variante de ces nombreux couvre-plateaux souvent gadgétiques et qui résistent rarement, passées les premières flatteries, à des tests approfondis surtout sur des platines bien conçues.

Dans le cas du TS-SUS2, on peut difficilement parler de couvre plateau dès qu’on découvre l’objet.

Il s’agit en effet d’un cercle d’aluminium dont le rebord multiplement percé semble un peu plus haut que le centre, et dont l’intérieur creusé de larges alvéoles dégage amplement la partie réceptrice du plateau.

L’objet est accompagné d’un petit palet presseur pas bien lourd que je remplacerai pour mes essais par deux autres que je connais bien dont l’excellent SSC à découplage magnétique.

En posant le premier disque sur le plateau, on comprend plus clairement une partie de son fonctionnement : le léger débordement de la lèvre extérieure permet au palet presseur de vraiment plaquer le disque sur la structure avec pour effet de redresser efficacement les disques un peu (voire nettement) voilés.

Il ne s’agit évidemment pas du seul effet mais celui-là est notable.

J’en ai mesuré immédiatement l’efficacité sur un disque fétiche (Chick Corea chez ECM, Trio Music), fétiche et néanmoins voilé où soudain les désagréments de pleurage, mêmes légers, de voile sur certaines attaquent disparaissent, enrichissant la géniale inventivité du trio (Miroslav Ladislav Vitouš et Roy Haynes). Mais l’effet va bien plus loin que cette correction mécanique.

L’apport de ce couvre-plateau est en effet remarquable, addictif, que le disque soit voilé ou non, lourd ou léger, avec des effets certes plus ou moins significatifs, mais jamais à rebours.

D’emblée la musique est à la fois plus posée, mieux installée, mieux structurée. Une allégation harmonieuse plus solide, comme si la densité globale gagnait en homogénéité, reculant le bruit de fond pour installer une profondeur des notes mieux détourée. Silence et aération acquièrent en ampleur, le faux spectacle ou la flatterie arrangeante disparaissent au profit d’une justesse supérieure des amortis de note ou croisements de lignes harmoniques…

Evidemment, tout ceci enrichit sensiblement les timbres, plus aérés, mieux ordonnés, ainsi que le défilement rythmique mieux tenu et donc plus varié, un déroulement mélodique à la fois plus souple et mieux cadencé.

Le ressenti des matières gagne significativement et assez nettement sur certains disques, la structuration de l’espace devenant plus stable.

Certains apports du  TS-SUS2 s’apparentent sans problème à ce que donnerait une cellule supérieure, toutefois bien plus coûteuse que lui et d’autres sont d’un ordre plus difficile à estimer, déjà par le simple fait de pouvoir remettre à plat des galettes tordues.

Cet objet qui, on l’aura compris, n’est pas un gadget. Est-il adapté à tout type de plateau ? Je ne vois pas pourquoi il ne le serait pas en y réfléchissant (sauf les très rares platines à aspiration), à condition d’être sûr de pouvoir opérer un réajustage de la vitesse de rotation car sa masse n’est pas neutre, et bien sûr de pouvoir aligner la hauteur du bras.

En attendant, moi je l’adopte et je vous conseille d’en faire autant…


les ailes du désir


France, fabriqué en France

 

Si ça continue, la quantité de fabricants français de câbles audio va dépasser celle des impôts et taxes.

Sans parler des fabricants dans le monde où le nombre de zéro de la liste doit frôler celui du montant de la dette nationale.

Parfois le prix desdits câbles aussi.

 

Alors, après en avoir écouté seulement des centaines, on pourrait se croire blasés. Quoi, encore un ?

 

Mais que voulez-vous, on est curieux, toujours insatisfaits.

 

Parfois, on en est récompensés. Pas difficile de deviner que ce fut le cas dès la première rencontre avec les câbles Wing Audio (en 2019). Et avant tout - parce que ça compte - la famille de créateurs.

Le nom Wing Audio est facile à comprendre dès lors que l’on sait que le leader est un pilote/ingénieur ; à la retraite désormais, mais c’est depuis belle lurette qu’il a commencé ses études autour des phénomènes du comportement des câbles qui le titillaient au point de reprendre un cursus universitaire pour mieux en explorer certains. Pas loin de quinze ans de recherche en sollicitant des moyens techniques que peu peuvent s’offrir.

Et quelques brevets déposés au passage. Pas que pour les câbles : Wing concocte aussi des enceintes acoustiques. Mais pour l’heure, le sujet est : les câbles.

Les premiers que nous avons découverts formaient la gamme 2.1, modulation RCA et XLR, HP, USB. Soit, théoriquement, le deuxième cran dans la hiérarchie.

Qui furent, plus de dix ans après le vrai premier choc en matière de câbles chez staCCato, une révélation, corroborant quelques petites imperfections que nous soupçonnions dans nos repères qui pourtant avaient résisté à de nombreux assauts concurrentiels.

 

Mais aussi poussant tellement plus loin les curseurs d’une « vraie transparence », par opposition à des coups de zoom procurés par un équilibre tonal imparfait ou pas constant selon la dynamique.

Une transparence allant vers une approche encore plus sensible de l’humanité car, plus que tout autre, dévoilant les variations cachées, les nuances poétiques, les souplesses d’une Prima Ballerina Assoluta, et la concentration affutée, la tension nerveuse et musculaire d’un sportif vibrant d’adrénaline à l’instant de l’élan…

A l’écoute de la série 2.1, on se disait : que peut-on espérer de plus ?

Tant l’impression d’avoir supprimé les câbles de l’équation complexe que représente une composition hifi est totale.

 

Puis les bougres nous apportent une série 3.1.

Rezut ! Si : on peut aller plus loin encore ! 

Aux lumières épanouies de la nature s’ajoute la sensation organique de faire corps avec elle. La profondeur et l'étagement encore plus structurés des plans, et un déroulement de la cadence de plus en plus naturel. C’est sidérant et problématique à la longue, cette sensation de « sans fin » …

N’empêche, c’est au même moment que nous découvrions le Kondo Ouverture II et nous étions sur le point d’émettre une ou deux réserves que les câbles Wing ont définitivement écartées pour révéler le chef d’œuvre.

 

Obsessionnels et perfectionnistes (c’est la même chose ? Non, la maniaquerie peut conduire à l’erreur), les gens de Wing se sont retirés de longs mois pour deux raisons :

- Parfaire le process de fabrication très complexe de leur production.

- Préparer une « gamme d’accès », à savoir la gamme 1.1.

 

C’est chose faite !

 

La gamme 1.1 ci-dessous, sans photo car c’est à peine sorti du four :


le rêve d'Icare réalisé


1.1, c’est une ligne quasi-complète, modulations, HP, USB et secteur.

 

Présentation simplifiée et même dépouillée : pas de gainage cuir.

 

Soit.

 

Car la perfection est au rendez-vous ! La même rigueur, minutie scrupuleuse (une redondance méritée), quasi janséniste, au service de l’expression des musiciens et des éléments qui composent votre système.

 

Conduisant à la même interrogation dans la relation à cette marque : que peuvent apporter les gammes supérieures (qu’on n’a pas écoutées depuis un moment) ? Tout en ayant, cette fois, aucun doute que, oui, bien sûr, le gain sera patent.

En aura-t-on besoin ? A chacun de voir.

 

J’ai écrit janséniste ; ça pourrait paraître peu flatteur. Dans notre esprit, ça l’est : la vocation de ces câbles est de ne pas exister, avec le corolaire déconcertant que parfois on n’entend qu’eux par ce qu’ils révèlent d’imperfection ou d’approximation des appareils environnants !

 

Attention, l’expérience peut défriser. Mais si l’écoute vous déplaît, dites-vous bien une chose : ce ne sera pas du fait des câbles Wing.

 

NB : les photos illustrant cette portion d'articles ne représentent pas les 1.1


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