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GRANDINOTE SUPREMO

juin 19

 

Massimiliano a du génie. Un point c’est tout.

Le Shinai n’a probablement pas d’équivalent dans sa gamme de prix, d’autant que, par petites touches, il a corrigé les petites coquetteries de la toute première génération qui remonte quand même à quelques années maintenant.

L’Essenza : je n’ai pas écrit d’article sur l’Essenza, qui, pour ceux qui ne sont pas familiers de la marque, est bâti sur la même base que le Shinai (cf. l’article Grandinote) mais avec des transfos de sortie dits Magnetosolid.

Je n’ai pas écrit d’article, mais c’est bien simple : j’en veux un !

Je me souviens de la première écoute en compagnie d’un client qui, me faisant confiance, avait commandé un Essenza après avoir « seulement » écouté le Shinai. Avant de partir avec son bel ampli, il m’avait demandé quand même :

- déballez-le, faites-le tourner, comme ça, quand je viendrai le prendre, on comparera ensemble.

Quelques mesures avaient suffi pour ouvrir un rayonnant sourire sur son visage (et ceux des heureux spectateurs présents ce jour-là)

 

Mais voilà, quelque temps plus tard, Massimiliano sort un nouveau préampli : le Genesi.

Zut.

Je le reçois en prêt avec des blocs Futura que je connaissais déjà… Rezut : quoique pas très pratique (uniquement utilisable en XLR !!!!), le trou creusé entre le Genesi et le Domino est de l’ordre de… De la béance, hélas.

Pour autant, même si la plénitude proposée par la puissance supérieure des Futura procure un confort, une sensation de bien-être supérieur, je continuais de penser qu’à choisir, je continuerai de privilégier l’Essenza, intégré, moins encombrant, moins contraignant….

 

Puis Armando (c’est le distributeur !) m’annonce…

- Le Supremo !

- ?

- c’est un Essenza mais dont l’étage d’entrée correspond au Genesi.

 

Aïe. Pas bon.

 

Une ou deux fois, il suggère que je le teste, mais craignant le pire (c’est-à-dire le meilleur !), je repousse hypocritement la proposition.

Jusqu’au jour où, lors d’une visite pour lui rendre des électroniques Alef (faut aussi qu’on vous cause de ça, parce que franchement, c’est du délire !), il pose le gros bébé dans mon coffre…

Fallait pas.

Parce que, trente secondes après l’avoir branché, froid, pas content du voyage, on sait qu’on a affaire à un chef d’œuvre.

Et tout est remis en question…

Oh, pas nos repères, mais la marche supérieure dans la hiérarchie monte toujours, et très haut.

La robe est la même que le Shinai : on en pense ce qu’on en veut, mais cet objet atypique réussit à être attachant.

Comme avec le Genesi, on est quand même bien embêté de n’avoir droit qu’à du symétrique.

Mais pour l’essayer derrière la perle marseillaise (le Majestuoso d’Eera (heureusement, on n’a pas le Meister !)), le symétrique est plutôt recommandé.

 

Sensation immédiate et poignante d’une densité palpable, une capacité à poser des fondations, ancrer les bases sonores dans le sol qui ramènent à nos meilleurs repères jusqu’ici (les Apurna Apogée, où les Alef Solista) alors que l’appareil est donné pour 37 W.

Ce qui se traduit par la capacité à appuyer physiquement les notes les plus basses avec une pression organique toujours parfaitement contrôlée, quelle que soit la complexité du signal.

Pour délivrer ensuite des subtilités de modulation, des profondeurs posées, des amortis de note, des métissages de couleurs dans une perspective toujours cohérente, stable, respirante et d’une richesse qui dépasse l’entendement.

La transparence, la finesse sont au rendez-vous d’une capacité par ailleurs à cogner comme un poids-lourd si nécessaire, avec puissance, panache mais sans jamais la moindre perte de contrôle, le moindre excès, le moindre débordement. La capacité dynamique est aussi subtile que grandiose.

Le tout dans un ordonnancement idéal des évènements même les plus tordus qui distille le meilleur swing qu’il nous ait été donné d’entendre (certes, le Majestuoso n’y est pas pour rien non plus : sans lui, ce sens musical hors norme n’existe pas)

Avec le Supremo, comme rarement, la séparation des informations prennent place dans un rapport espace / temps si parfaitement naturel que des duretés d’enregistrement (où que l’on considérait comme telles) disparaissent au profit d’une fluidité plausible et gouleyante, dans des variations d’attaques, de maintien et de fin de notes qui jamais ne se compliquent au sein de la masse parfois pourtant chargée, ainsi une Symphonie n°2 de Prokofiev par Walter Weller avec le London Philharmonic Orchestra enregistrée en 78 où tout dans ce qui pourrait facilement devenir un chaos épuisant est ici d’une parfaite limpidité, les cuivres nombreux, exacerbés se distinguant autant par leurs couleurs que par des grains de matière bigarrés et jamais ne venant écraser des cordes délicates ou des bois rigoureusemen différenciés pour livrer une lecture passionnante de rythme et de jeux de timbres de cette opus « de fer et d’acier » où clairement Weller, plus qu’un grand spectacle a cherché à délinéer les arrangements incroyablement complexes, chatoyants, subtils d’une œuvre intense, prenante, aux rythmes croisés et déstabilisants : Le Supremo révèle la formidable densité des dissonances de l’œuvre, déviées par la lecture de Weller décryptant avec une impensable assiduité l’équilibre quasi-chambriste (oui oui !) au point que malgré le déferlement motorique, rien n’épuise les sens où la perception, et seuls les plaisirs, émotionnel et cérébral mêlés, sont au rendez-vous.

 

Comprendre mieux que jamais via le Supremo l’aboutissement absolu du génial (je pèse mes mots) moment de Musique et de bénédiction qu’est l’album de Billie Eilish « When we all fall asleep, where do we go ? » laisse sans voix, contraint au silence les divers auditeurs qui assistent au spectacle car aussi bien la méticulosité millimétrée de la production d’une fécondité sonore qui hisse la gamine (17 ans !) au rang des plus grandes (Liesa van der Aa, Bjork (pas toujours), St Vincent), inventivité obstinément au service du texte si superbement tissé, chanté, raconté, murmuré dans des détours d’impudicité par la jeune star, que sa présence sensuelle en devient troublante, limite dérangeante…

Bon sang, à 17 ans, oser psalmodier à l’envi lors d’une longue chanson les mots les plus difficiles à chanter au monde : « I love you », avec des intentions si étonnamment expressives et émotionnellement chargées qu’elle se propulse aux sommets du genre !

Pour notre bonheur le plus complet, le système Majestuoso / Supremo sublime notre lien au déroulement artistique sans faille, à la grâce, à la douleur sombre et à l’intelligence qui sont l’apanage des plus grands. C’est bouleversant.

Je crois que personne ne s’est remis de l’intensité artistique dévoilée devant nous liée à la perfection de chaque instant, où rien n’est en trop, pas une erreur, une faute, mais rien ne manque, rien ne pourrait être changé.

L’artiste et la technique de reproduction se rejoignent pour révéler l’essence créatrice pure.

L’expressivité du Supremo atteint ainsi les sommets du genre, le plaçant très probablement en tête des intégrés à transistors, sans tomber dans le pathos de beaucoup de ses confrères à tubes !!!!

 

L’écoute du live de 1999 récemment publié de Paul Bley avec Gary Peacock et Paul Motian « When will the blues leave » - quel beau disque soit dit en passant -, révèle tout de la complicité intègre des musiciens les uns envers les autres, on « voit » qu’ils s’écoutent, s’observent, choisissent parfois le silence où le bruissement tant ils sont attentifs aux idées de ou des autres, on a l’impression qu’ils improvisent un certain nombre de leurs interventions, jouant plus sur l’amitié que sur les répétitions, ouvrant des espaces permanents au camarade de l’instant musical. Je pense en particulier à Gary Peacock, discret et réservé comme rarement.

J’avais cru lors d’une précédente écoute que le piano était, sur une partie de son ambitus, un peu dur et disproportionné pour m’apercevoir que non, pas vraiment ; là encore je pense, le magistral système Majestuoso / Supremo sépare mieux l’instrument de la réverbération. Le Supremo toutefois ne résout pas un choix de captation et de mixage qui sculpte une dimension très improbable de la batterie, mais qu’importe car il sublime la légèreté du toucher de Motian, affinée comme jamais, cette façon de frapper tout en effleurant, stopper le temps tout en procurant une autorité (grosse caisse puissante et à fond de tempo mais si clairement timbrée) et une chorégraphie qui n’appartiennent qu’à lui et font de son jeu l’un des plus aériens qui soit…

Le Supremo est un champion du swing et du phrasé.

 

Le Supremo sait forger le fer sous le feu avec la puissance d’un Vulcain, prendre possession de l’espace avec l’aplomb d’un Rodin, esquisser de délicates ondulations avec la sensibilité d’un Wang Xizhi, sinuer avec la puissance paradoxale d’un Dominguín, frémir comme la lèvre amoureuse de Cio-Cio San ou voler avec la grâce des corps émouvants, tel un Noureev du son : il réunit les extrêmes avec pour avantage face à de rares challengeurs d’être encore facilement logeable et pas totalement inaccessible.

 


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